SYMPTOMES
vitré aucun flocon, aucune exsudation qui puisse en (roublerla transparence. D'autres fois, et généralement à une époque un peu avancée de la maladie, on aperçoit à l'éclairage direct du miroir des flocons plus ou moins nombreux qui semblent nager dans l'humeur vitrée. Ces flocons se présentent sous forme « de filaments très fins, constituant une espèce de toile d'araignée qui se déplace en tous sens, se plie et se replie sur elle-même dans les mouvements de l'œil ». Quelquefois encore ce sont « comme des cheveux entoi'tillés ou des grains de poussière qui remplissent le corps vitré » *.
Aussi, examinée à travers ce milieu trouble, la papille optique se présente-t-elle nuageuse et comme voilée. Cela devait être et cela est. On croirait, en voyant la papille sous cet aspect, l'apercevoir à travers une lentille sale ou dépolie. Elle fait l'effet, comme on l'a dit très justement, de la lime voilée par un nuage ». Pour certains ophtalmoscopistes cette apparence, nuageuse de la papille serait un signe des plus importants, voire un signe pathognomonique de la maladie.
Dans la plupart des cas, surtout à une époque voisine du début, le trouble du corps vitré et l'aspect nuageux de la papille sont les seuls signes que l'on perçoive à l'ophtalmoscope. Tout au plus arrive-t-on avec difficulté à reconnaître sur le fond de l'œil quelques altérations de couleur, quelques modifications de teinte, auxquelles les plus habiles seuls peuvent rattacher une signification diagnostique. Plus tard seulement, on distingue sur la choroïde de véritables taches. Ces taches sont habituellement petites, dissé-
cet égard. Il est le plus probable que c'est la membrane hyaloidiennc qui devient opaque dans son segment postérieur. Cette opacité se rencontre, en effet, quelquefois sur les yeux des cadavres. Chez un sujet syphilitique, je fus frappé de voir la membrane hyaloïdicnne plus opaque d'un côté que de l'autre. D'autres faits analogues m'ont confirme dans cette manière de voir, et j'ai pu depuis me convaincre que cette membrane se trouve en effet bien souvent altérée et opaque par suite de l'affection syphilitique. » — Galezowski.
1 . Galezowski, Traité des maladies des yeux, Paris, 187-2. — Une partie des descriptions qui vont suivre est empruntée soit à ce livre, soit à Texcellcnt mémoire que le même auteur a présenté à l'Académie de médecine sous le titre suivant : Étude sur les amblyopies et les amauroses syphilitiques. (Séance du 23 février 1869.)
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minées, disposées en groupes, blanciiâtres ou grisâtres. Elles occupent tantôt le pôle postérieui- de l'œil, tantôt les parties périphériques. Ce sont là ou bien des taches d'atrophie choroïdienne, résultant de la résorption in situ des cellules pigmenlaires, ou bien des exsudais. Leur teinte blanche est parfois relevée et rendue plus apparente par ce lait qu'à leur voisinage ou même à leur contour, existent de petits amas pigmentaires, noirs comme du charbon.
Sur trois malades, que j'ai observés avec MM. deWecker et Galezowski, j'ai vu d'une façon non douteuse la choroïde couverte de petites taches blanches confluentes, arrondies, semblables à de fines mouchetures, et disposées les unes par rapport aux autres en demi-lune, en fer à cheval. On eût dit une syphilide cerclée du fond de l'œil. Je crois que, sans exagération, on pourrait donner à cette forme de la maladie le nom de syphilide choroidienne circinée. ,
Telle est, d'une façon sommaire, la choroïdite syphilitique, énvisagée seulement dans ses symptômes les plus essentiels, dans ses formes les plus communes.
Traitée à temps et par des moyens énergiques, la maladie, lorsqu'elle n'a pas dépassé ce degré, peut être enrayée dans son développement et guérir. Abandonnée à elle-même, au contraire, elle ne fait que s'accroître. Les troubles visuels deviennent de plus en plus accusés; la vue s'affaiblit, lentement, il est vrai, mais progressivement. Des complications se produisent, complications que nous étudierons bientôt, et, finalement, le mal peut aboutir à la perte absolue de la vision.
C'est assez vous dire. Messieurs, si nous sommes ici en présence d'une affection grave. La choroïdite, en effet, est la plus redoutable des ophtalmies secondaires. Et elle est redoutable à diverstitres, de plusieurs façons, que je voudrais vous faire bien comprendre.
Elle est redoutable, d'abord, par son apparence même de bénignité. Elle ne fait pas souffrir, d'une part, et cette absence de