‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 174 sur 252 · TROUBLES DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

TROUBLES DU SOMMEIL

leurs qui affligent si fréquemment les malades à cette période de la diathèsft, douleurs d'origines très diverses, mais présentant presque toutes comme caractère commun la tendance aux exacerbations nocturnes.

Vous comprenez sans peine, Messieurs, que, si les syphilitiques n'avaient à souffrir que de cette variété d'insomnie, il serait au moins superflu d'ouvrir à ce symptôme un chapitre spécial. C'est tout autre chose dont j'ai à vous parler; c'est une autre espèce d'insomnie qui se trouve en cause ici , comme vous allez en juger, à savoir : une insomnie propre, essentielle, sui generis.

Celle-ci se distingue de la précédente en ce qu'elle n'est provoquée par aucune souffrance, en ce qu'elle ne résulte d'aucune cause appréciable. Dans cette variété, le malade est privé de sommeil sans avoir aucune raison pour ne pas dormir. Ecoutez-le vous raconter ce qu'il éprouve : il vous dira « qu'il passe des nuits blanches sans savoir pourquoi ». Se couchant le soir, fatigué par ses souffrances et par le travail du jour, il ne parvient pas à s'endormir. Vainement il se tourne et se retourne dans son lit, vainement il cherche une position propice, ferme ses paupières, s'ingénie de mille procédés pour appeler le sommeil ; le sommeil ne vient pas, et de longues heures s'écoulent ainsi dans une pénible attente. Parvient-il à s'assoupir un instant, bientôt il est réveillé par un cauchemar, par un rêve, ou même sans motif; et toute la nuit se passe dans une agitation semblable jusqu'au matin, où, brisé, épuisé, il arrive à goûter quelque repos. Encore ce repos n'est-il souvent qu'incomplet, entrecoupé de demi-réveils, troublé, non réparateur, au total; si bien que le malade se lève courbaturé, énervé, p^iis fatigué le matin que la veille au coucher, également impropre à un travail de corps ou d'esprit.

Ces troubles du sommeil et cette variété spéciale d'insomnie sont des phénomènes assez fréquents chez la femme. Il ne se passe guère de jour où quelqu'une de nos malades ne s'en plaigne à nous lors de notre visite, en témoignant de l'étonnement que lui cause cette agitation nocturne « sans motif». L'une d'elles me disait encore ce matin : « Depuis plusieurs nuits il m'a été impossible de dormir. Si je souffrais, je comprendrais cela; mais je

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