‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 209 sur 252 · PALPITATIONS · texte numérisé non relu

PALPITATIONS

le mouvement, la marche, un déplacement subit, l'ascension d'un escalier, une émotion, etc. ; tantôt ils se manifestent sans cause, au repos, au lit même ou pendant le sommeil. Ils sont plus souvent diurnes que nocturnes; sur quelques malades cependant je les ai vus se manifester de préférence pendant la nuit.

Yenez-vous à rechercher la raison organique de ces troubles circulatoires, fort souvent il arrive que vous ne constatiez rien qui puisse les expliquer (et je ne parle ici, bien entendu, que des cas simples, ceux où il n'est pas de causes étrangères à invoquer comme origine de tels phénomènes). D'une part, en effet, vous ne trouvez aucune lésion cardiaque; le cœur a son volume normal et ses bruits normaux. Impossible donc de suspecter une altération organique des orifices ou des valvules. D'autre part, absence absolue de tout souffle anémique, cardiaque ou vasculaire, comme aussi de tout signe permettant de supposer une diminution des globules. Enfin, aucun antécédent de troubles semblables ; c'est dans la période secondaire, pour la première fois, que ces phénomènes se sont produits. De là conséquemment cette triple conclusion toute naturelle: i" ces palpitations sont de nature purement dynamique ; — 2" elles ne tiennent pas à un état anémique du sang; — 3° elles se rattachent comme origine à une influence diathésique; elles font partie des accidents de la période secondaire; en un mot elles sont d'essence syphilitique.

Elles sont d'essence syphilitique, ai-je dit. Tout le prouve, Messieurs. Apparues en effet pour la première fois dans le cours de la période secondaire, ces palpitations sont presque toujours associées chronologiquement à des manifestations franchement spécifiques ; — elles récidivent parfois à l'occasion de poussées successives; — de plus, elles ne durent jamais qu'un certain temps, comme c'est ie propre des accidents de cette période; — elles s'atténuent sous l'influence des agents antidiathésiques ; — finalement, elles disparaissent en laissant l'organisme indemne de tous troubles de cette, nature.

C'est un fait assurément des plus curieux que devoir la syphilis, même secondaire, môme jeune, retentir jusque sur le cœur. YdX

Page 1