RELEVÉ DE 249 CAS DE CHANCRES SYPHILITIQUES OBSERVÉS CHEZ LA FEMME
Chancres des grandes lèvres 114. cas.
— des petites lèvres 55
— ~ de la fourchette 38
— du col utérin 13
— de la région clitoridienne 10
— de l'entrée du vagin 9
— du méat urinaire ou de l'urètre 7
— • de la commissure supérieure de la vulve. . . 2
— du vagin (proprement dit) 1 (?).
De ces chiffres 'qui concordent sur la plupart des points, mais non sur tous, avec les résultats obtenus par d'autres observateurs, il ressort ceci :
1° Que les chancres des grandes lèvres sont de beaucoup les plus
pus virulent. Et si, dans le coït, ces parties ont été souillées indirectement, il peut se faire que, la vulve et le vagin restant indemnes, l'anus soit contagionné sans avoir mérité de l'être.
Je m'excuse d'avoir à parler de telles choses; mais, si je n'en parlais ici, dans cet hôpital dont une salle sinistre est consacrée aux victimes d'attentats criminels, je ne sais trop où les jeunes médecins feraient sur ces tristes matières une éducation que les tribunaux réclament souvent d'eux. — Je poursuis donc, et je dis que l'expert, constatant sur une femme ou sur une jeune enfant un chancre anal, n'a pas le droit d'afflrmer que ce chancre dérive d'un contact direct. 11 ne peut que soupçonner un attentat spécial; il n'en a pas la démonstration formelle. S'il allait au delà du soupçon, s'il concluait sans réserves, il dépasserait les limites des données scientifiques exactes et rigoureuses. Or, trop souvent, dans les cas de ce genre et d'autres analogues, la médecine légale a commis ce que j'appellerai des abus de science, en affirmant ce qu'elle aurait dû laisser douteux. Il importe que ses allégations, notamment dans ces questions spéciales et peu connues, soient contenues dans la stricte limite des faits positifs et des vérités cliniques incontestables.
fréquents, et cela dans une proportion considérable sur 249 cas) ;
2 Qu'au second rang, mais à longue dislance, se placent les chancres des petites lèvres; — et au troisième, pour un chilïre quelque peu inférieur, ceux de la fourchette;
3° Qu'après ces trois localisations qu'on peut dire habituelles, les chancres qui affectent d'autres départements des organes sexuels ne figurent plus que pour une moyenne relativement très basse ;
4» Qu'au quatrième rang (remarquez cecii) se placent les chancres du col;
5" Au cinquième, pour un nombre cà peu près égal, ceux de la région clitoridienne, de Ventrée du vagin, du méat urinaire et de Vurètre;
6° Au sixième, ceux de la commissure supérieure de la vulve; 7° Au dernier, ceux du vagin.
Mais de ce tableau il ressort encore deux particularités très intéressantes, sur lesquelles je dois appeler votre attention. C'est, en premier lieu, la fréquence des chancres du col; — c'est, en second lieu, Vexcessive rareté des chancres du vagin.
Quelques mots à ce double point de vue.
Le chancre du col passe pour une rareté pathologique. M. Clerc, dans sa statistique, n'en mentionne qu'un seul cas sur un total de 413 chancres de diverses régions. M. Carrier ne le cite même pas dans la sienne. Les traités de gynécologie s'en préoccupent à peine, et certains même le passent sous silence. Bref, de l'aveu général, le chancre utérin serait une lésion véritablement exceptionnelle.
Je proteste énergiquement pour ma part et contre ces statis- 'tiques et contre cette croyance commune. Si je consulte en effet mes souvenirs, je suis bien certain d'avoir rencontré le chancre utérin d'une façon assez fréquente. Et, si je m'en rapporte à mes notes, je trouve, sur un total de 249 chancres génitaux, 13 cas de chancres du col ; ce qui donne une proportion d'un chancre du col contre 18 chancres d'autres régions. Dans le tableau que je viens de placer sous vos yeux, le chancre utérin figure en quatrième ligne par ordre de fréquence, immédiatement après le