‹ Leçons cliniques sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 38 sur 252 · CINQUIÈME ET SIXIÈME LEÇONS · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ET SIXIÈME LEÇONS

DU €IIA]\€RE

VAHIÉTÉS. — COMPLICATIONS. — TriAITEMENT.

Sommaire : Loin d'êlre astreint à une forme unique, le chancre est susceptible au conlraire fie variétés multiples.

Inconstance des divers attributs du chancre. — A part l'érosion de surface, il n'est pas un seul de ces attributs qui ne puisse faire défaut. — Plusieurs ou même la plupart peuvent manquer à l'appel. — Du chancre sans caractères. — Sous celte dertiière forme, le chancre est identique avec l'érosion la plus vulgaire. — Exemples cliniques.

Variétés. — Variétés d'étendue, de proportions. — Grands chancres. — Petits chancres. — Chancres nains. — Quatre exemples de ces chancres minimes, rudimentaircs.

Variétés de forme anatomique . — I. Chancre érosif; — II. Chancre exulcéreux. — Ces deux premières formes sont de beaucoup les plus communes et constituent les types habituels du chancre féminin. — 111. Chancre ulcéreux. — Exemple clinique.

— Le chancre ne devient guère ulcéreux qu'aux dépens de sa propre substance, c'est-à-dire du néoplasme qui lui sert de base et qui constitue l'induration. — IV. Chancre papuleux. — Sa fréquence chez la femme; son identité d'aspect avec la papule secondaire.

Variétés de siège. — La condition de siège est une de celles qui influent le plus activement sur la physionomie du chancre. — Exemple. — Du chancre de la peau.

— Chancre ecthymateux ou mieux ciiancrc croûteux. — Siège habituel de ce chancre. — Physionomie. — Pourquoi ce chancre expose à de fréquentes méprises.

Chancre du sein. — Descriptions anciennes ne donnant qu'une idée très-fausse de cet accident. — Origine. — Nombre des lésions. — Siège. — Symptômes. — Début essentiellement insidieux par un bouton insignifiant. — Période de complet développement. — Deux formes : 1° forme ecthymateuse ; 2° forme de plaie à découvert. — Ces deux formes se produisent-elles indilTéremmcnt '■' — Étendue. — Configuration. — Aspect général. — Induration. — Le sein est une des régions où l'induration spécifique se formule le mieux. — Macule consécutive. — Ab.-icnce habituelle de cicatrice persistante. — Survie de l'imluration. — Intérêt diagnostique et pratique qui se rattache à celte survie de l'induration, indice posthume du chancre mammaire.

Chancres génitaux. — Variétés de siège. — Chancres des portions cutanées de la vulve; — des grandes lèvres; — des petites lèvres; — du clitoris; — duniéalurinaire.

DU CllANCR li.

— Chancres du col utérin. — Fré(|ucncc réelle do cette lésion. — Siège. — Nombre.

— Élendiio. — Aspect. — Couleur. — Bords. — Sécrétion. — Indolence absolue.

— Par l'ensemble de ses caractères, cette lésion est merveilleusement faite pour

passer inaperçue. État de la base — Le toucher <lu col ne fournit en général

que des résultats négatifs au point de vue de rin(kn-alion. — En certains cas cependant il permet de constater soit un certain degré d'hypertro|)hie du col avec dureté morbide, soit des indurations partielles, circonscrites. — Cas de M. Uicord, observé sur une femme affectée de prolapsus utérin. — Le cliancre du col n'est guère i cniarquable en somme que par sou état habituel de lésion papuleme et par sa teinte

d'un gris lardmé. Particularité curieuse relative à l'évolution de ce chancre. !\Iôme

abandonné à sa marche naturelle, en dehors de toute intervention thérapeutique, le chancre du col .se modifie, se répare et se cicatrise avec une rapidité souvent extraordinaire — Modifié, ce n'est plus qu'une plaie simple, vulgaire d'aspect, aussi inoffensive que possible en apparence. — Erreurs auxquelles expose le chancre sous cette dernière forme. — Conséquences pratiques; conséquences doctrinales. — Période ultime. — Cicatrisation et absence de sti^imatc ultérieur. — Disposé à guérir spontanément, le chancre du col ne réclame qu'une thérapeutique des plus simples.

Chancres de Vanus. — Division : 1° Chancre péri-anal. — Deux formes : forme étalée; forme fissuraire. — Comment le chancre, sous cette dernièrè forme, peut se dérober à l'examen et risque de passer inaperçu. — 2° Chancre intra-anal. — Siège. Aspect. — État de la base. — Conditions matérielles s'opposant à ce que l'induration puisse être perçue sur ce poinL — Cas spéciaux dans lesquels l'induration peut devenir appréciable. — Du chancre dit ère feuillet de livre.

Complications. — Le chancre syphilitique, qui n'a que peu de complications chez l'homme, en a moins encore chez la femme. — Origine éventuelle et nature simplement inflammatoire de ces complications. — Du chancre enflammé. — Accidents périphériques. — Vulvite partielle. — Œdème. — Induration scléreu.ie. — Phagédénisme. — Le phagédénisme n'est le plus souvent qu'une menace, qu'une imminence morbide, sans devenir un accident réel.

Traitement. — Question du traitement dit abortif. — En détruisant le chancre naissant prévient-on par cela seul l'infection constitutionnelle? — Opinions anciennes.

— Opinion de M Ricord. — Discussion. — Une analogie défectueuse. — Le chancre est-il à la vérole ce que la morsure du chien enragé esta la rage? — Faits cliniques. — Que penser des prétendus chancres syphilitiques cautérisés dans les quatre premiers jours de la contagion? — Est-il possible d'établir le diagnostic du chancre syphilitique dans les quatre premiers jours de la lésion? — Résultats fournis par la cautérisation alors qu'on cautérise de véritables chancres. — Conclusion : le chancre n'est que le premier phénomène de la vérole confirmée, et l'on n'anéantit pas la vérole en détruisant le' chancre.

De la cautérisation destructive comme méthode thérapeutique du chancre. — Inutilité et désavantages de cette méthode.

Traitement usuel. — Axiome expérimental : moins on fait au chancre, mieux il s'en trouve et mieux il guérit. — Soins hygiéniques, bains, lotions, pansements, etc. — Excellents résultats fournis par l'hygiène, l'eau froide et la charpie. — Exigence des gens du monde réclamant un traitement pharmaceutique. — Traitement du chancre douloureux, enflammé. — Médications diverses préconisées contre le chancre. Leurs succès faciles contre une lésion qui guérit seule. — Quelques remèdes notablement nuisibles. — Abus des cautérisations au nitrate d'argent dans le traitement du chancre. A quelles indications répond seulement l'emploi de ce Caustique.

Des indurations qui survivent au chancre. — Méthodes ciiirurgicales proposées contre elles. — Déplorable résultat fourni par l'excision d'une induration cliancreuse. — Inutilité de toute intervention ai-.tive contre une lésion destinée à se résoudre et à guérir par les seules forces de la nature.

108 DU ClIANCKE. — VARIÉTÉS.

Dans nos prccédenlcs conlerences, Messieurs, je vous ai décrit le chancre de la femme sous son type le plus commun, le plus complet. Or, il en est du chancre comme de toute maladie. Le chancre ne se présente pas toujours sous le même aspect et avec une physionomie invariablement identique. Loin de là; il est susceptible au contraire de variétés nombreuses, soit que l'un de ses caractères vienne à s'exagérer, à s'atténuer, à faire défaut, soit que plusieurs de ses caractères subissent à la fois des modifications d'ordres divers.

Ces variétés du chancre nous occuperont tout d'abord aujourd'hui.

Des nombreux attributs du chancre il n'est pas un seul, à part le processus érosif, qui soit absolument constant et que l'on retrouve à coup sûr dans tous les cas possibles. Déjà je vous ai montré que l'un des plus importants, des plus essentiels en pratique, est sujet à des variétés nombreuses. Déjà vous avez vu l'induration, très-accentuée chez certaines malades, s'atténuer sur d'autres au point de n'être plus que difficilement perceptible, au point même de ne plus pouvoir servir au diagnostic. Eh bien, ce que je vous ai dit de l'induration, je pourrais presque vous le répéter à propos de chacun des autres signes du chancre. Étendue, configuration, état des bords, état du fond, coloration, aspect, etc., tout cela n'est pas moins variable. Sur chacun de ces points, quand on descend à une analyse minutieuse, on rencontre des différences multiples d'un cas à un autre.

Il y a plus, Messieurs. C'est qu'en certains cas — rares, exceptionnels même, je l'accorde — plusieurs ou même la plupart des signes qui constituent la caractéristique du chancre s'allèi'cnt, s'atténuent à la fois, et même peuvent faire simuUanémenl défaut. Le chancre alors, pour ainsi dire, n'est plus un chancre, quant à son aspect du moins, quant à ses apparences. Il se dépouille à ce

Page 1