PREMIER GROUPE : TYPE ÉRYTHÉMATEUX
SYPHILIDES ÉRYTHÉMATEUSES.
Ce premier groupe est constitué par toutes les syphilides dont le propre est de consister en un simple érythème, c'est-à-dire en des taches rosées se produisant sans saillie, sans squames à leur surface, sans soulèvement de l'épiderme, sans aucune lésion apparente du derme sous-jacent.
Il comprend plusieurs espèces, qu'il n'est pas sans intérêt pratique de distinguer, à savoir :
i" La roséole;
2° La roséole ortiée;
3" La roséole circinée.
Première espèce : Roséole.
C'est la plus commune de toutes les syphilides. Elle est si commune que peu de malades lui échappent, à moins que le traitement mercuriel ne soit institué dès le début de l'infection.
C'est aussi la plus précoce de toutes les éruptions syphilitiques. C'est elle qui, pour ainsi dire, inaugure la période secondaire, de la sixième à la huitième semaine après le début du chanci'C.
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Il résulte en effet de l'expénence commune qu'elle l'ail le plus habiluellemenl son apparilion vers le quaranle-cinquième jour de la maladie (en complant non pas de l'origine de la contagion, mais, ce qui est plus pratique, du jour -où s'est produit l'accident primitif).
Ce n'est pas à dire toutefois qu'elle ne puisse se manifester à un stade plus reculé de la diathèsc. U est très commun au contraire de la rencontrer à une époque quelconque de la première année, dans le cours de la seconde année ou môme au delà, lorsqu'un traitement mercuriel en a retardé l'apparition ou lorsqu'elle récidive. Mais dans les cas de cet ordre, c'est-à-dire alors qu'elle s'éloigne du terme auquel normalement elle est. appelée à figurer dans l'évolution naturelle de la maladie, il est à remarquer qu'elle ne se présente plus avec les mêmes caractères, qu'elle est généralement modifiée, altérée dans sa forme, comme j'aurai bientôt l'occasion de l'établir.
Sous son type normal elle consiste en ceci : une éruption plus ou moins confluente et disséminée de taches érythémateuses.
Ce sont des taches qui la constituent, et rien autre; des taches sans saillie, sans squames, sans altération appréciable de l'épiderme ou du derme cutané. Ces taches sont ce que seraient des maculatures faites à la peau, soit avec un pinceau, soit avec le doisl chargé de couleur.
Étudions d'abord ces taches en elles-mêmes ; plus tard nous parlerons de leur disposition réciproque, de leur distribution, de leur confluence et de leur évolution.
Comme étendue, les taches de la roséole varient de la surface d'une petite lentille, d'un pépin de poire, à celle d'une pièce de 20 à 50 centimes ; rarement elles sont plus larges, si ce n'est dans le cas où plusieurs d'entre elles, situées au voisinage les unes des autres, viennent à se fusionner de façon à constituer des plaques d'une étendue double ou triple environ.
Leur configuralion ne présente rien de spécial. Elles sont en général irj-égulièrement arrondies; mais on en trouve de toutes formes, d'ovalaires, d'elliptiques, d'allongées, de déchiquetées sur leurs bords, etc.
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Leur coloration varie suivant leur ftge : naissantes, elles offrent une teinte d'un rose tendre, d'un rose fleur de pêcher ; — adultes (passez-moi l'expression), elles sont d'un rose plus foncé, plus sombre, d'un rose rougeâtre comparable à la coloration habituelle de la rougeole; — plus vieilles et tendant à se faner, elles prennent un ton d'un rose jaunâtre, fauve, et deviennent comme maculeuses.
Parallèlement à cette succession de teintes, on observe ceci : au début, les taches pâlissent et disparaissent absolument sous la pression du doigt; — plus tard, elles ne s'effacent qu'incomplètement; — plus tard encore, elles ne s'effacent plus du tout.
Les taches de la roséole sont absolument indolentes; elles n'éveillent ni chaleur, ni prurit. Aussi restent-elles très souvent ignorées du sujet qui les porte. Très souvent, en pratique, le médecin est le premier à en constater l'existence et à les montrer au malade étonné.
Au point de vue de leur disposition, elles semblent semées au hasard et ne présentent rien de fixe. On a dit qu'elles peuvent se grouper en cercles, en croissants, les unes par rapport aux autres. Je n'ai rien observé de semblable, quant à moi, et je tiens au contraire pour certain que la roséole est une des syphilides qui affectent le moins de tendance à la configuration cerclée.
Ces taches ont une confluence variable. A moins que le mercure ne soit intervenu de bonne heure, il est assez rare de n'en trouver qu'un petit nombre; presque toujours, elles sont assez abondantes pour tigrer la peau, en laissant entre elles toutefois des portions relativement considérables de téguments sains. Quelquefois encore elles sont si nombreuses et si rapprochées les unes des autres que certaines régions en sont littéralement criblées.
Comme siège, les régions qu'elles affectent de préférence sont : les flancs et les parties latérales du thorax (points où elles font en général leur apparition première), l'abdomen, la poitrine et le dos. — Elles sont encore assez communes sur les membres, spécialement sur leur face interne. — Elles sont, au contraire, très rares sur le visage (sauf au niveau du front, près de la racine
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des cheveux), cl enfin loiil ;i fait exceptionnelles sur les mains
Dans la très grande majorité des cas, la roséole se produit d'une façon absolument latente, inappréciable, sans aucun phénomène réactionnel ou sympathique. Quelquefois cependant son
t. Comme éruption, la roséole syphilitique est d'un diagnostic des plus simples. Elle ne court risque; d'être confondue d'aspect qu'avec trois maladies : la rougeole, la roséole simple, et Vcrijthéme résineux (dù à l'ingestion de copahu ou de cubèbe). Mais il est très facile en général de la distinguer de ces trois types morbides en tenant compte dos particularités suivantes :
1. — La rougeole, tout d'abord, a des phénomènes fébriles incomparablement plus intenses que ceux dont la roséole sypbilitique s'accompagne en certains cas; — sa fièvre propre prélude toujours à l'éruption pour une durée de trois à quatre jours; — son éruption est bien plus générale et envahit la face, les membres, les extrémités, etc.; — celte éruption est précédée et accompagnée de catarrhes spéciaux (catarrhe nasal, catarrhe oculaire, catarrhe laryngé, et surtout catarrhe bronchique), etc., etc.
II et m. — Quant à la roséole simple et à l'éruption résineuse, on les distinguera de la roséole syphilitique par un ensemble de signes des plus simples et des mienx tranchés, que, pour la commodité du lecteur, nous résumerons dans les deux tableaux suivants :
ROSÉOLE SYPHILITIQUE ;
I. — Affection apyrétique (sinon toujours, du moins dans la presque totalité des cas) ;