‹ Leçons cliniques sur les maladies du foieChapitre 2 sur 104 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

C'est en lisant les leçons faites en 1876 h la Faculté par M. le professeur Gharcot, que j'ai eu l'idée de prendre directement connaissance des travaux de M. Murchison sur la physiologie et la pathologie du foie, et après avoir retiré un grand profit de cette lecture, j'ai pensé que d'autres personnes peut-être y trouveraient aussi matière à instruction. C'est ce qui m'a décidé à entreprendre la tâche toujours un peu ingrate d'une traduction et contribuer ainsi à vulgariser parmi nous, autant qu'il le mérite, l'ouvrage de M. Murchison.

Ce qui m'a, en effet, le plus frappé dans ce livre, c'est le côté éminemment pratique qui le distingue et pour lequel, je ne crains pas de le dire, aucun autre livre sur ce sujet ne saurait lui être comparé. Toutes les questions de symptomatologie, de diagnostic différentiel et de thérapeutique y sont traitées avec un soin extrême et avec toute la compétence que peut donner une longue pratique nosocomiale et particulière, appuyée sur une pratique antérieure dans l'Inde. Je n'en dis pas plus là-dessus, car il ne m'appartient pas de faire l'éloge de mon auteur.

Il est un point cependant sur lequel je désire insister.

Dans sa préface, l'auteur se défend d'avoir voulu faire un traité sur la matière, et, par suite, il n'entend pas offrir au public médical un ouvrage complet. Au point de vue le plus

VllI PRÉFACE.

rigoureux, il a raison; mais il est tout aussi vrai que son livre embrasse l'ensemble de la pathologie hépatique, telle que l'offre communément la pratique. La restriction de l'auteur tient plutôt à une tendance assez générale de ses compatriotes : en Angleterre, on fait peu de traités complets; un auteur y expose volontiers ce qu'il a vu; mais quant à un ouvrage compendieux, renfermant les opinions de tout le monde et les faits les plus rares, on en voit moins la nécessité.

Un mot, pour finir, sur les quelques annotations (1) que j'ai cru pouvoir ajouter. *

Par sa nature, cet ouvrage ne comportait évidemment pas de notes, parce que des leçons cliniques ne sont pas un exposé didactique. Je n'ai donc pas eu la prétention, qui serait nécessairement ridicule, de compléter un livre de ce genre, qui n'a nul besoin d'être complété. J'ai pensé seulement qu'il y avait peut-être quelque intérêt à rappeler, au courant de la plume, un certain nombre de travaux, français pour le plus grand nombre, de manière à indiquer que si nous n'avons pas encore en France un traité sur les affections du foie, les matériaux cependant ne manqueraient pas pour l'entreprendre.

4 avril 1878.

(1) Les notes qui sont sans indication d'auteur sont de M. Murchison. Celles du traducleui' sont toujours suivies du signe : (N. U. T.)

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