‹ Leçons cliniques sur les maladies du foieChapitre 88 sur 104 · AUGMENTATION DE VOLUME DE LA VÉSICULE BILIAIKE · texte numérisé non relu

AUGMENTATION DE VOLUME DE LA VÉSICULE BILIAIKE

cancéreux, du volume d'une petite orange, qui englobait et avait oblitéré le canal cyslicjue. Les parois de la vésicule étaient, sur le quart de leur étendue à partir du canal, épaissies par dépôt cancéreux; les trois quarts antérieurs n'avaient pas été atteints par la maladie ; la vésicule biliaire tout entière était pâle et trcs-distciukie, au point de faire une saillie de deux pouces en avant au bord antérieur du foie; elle contenait un liquide laiteux, lloconneux, montrant au microscope de nombreuses lamelles épithéliales, et deux calculs biliaires à peu prés gros comme des billes. Pas trace d'ulcération en aucun point de sa membrane muqueuse, et pas d'adliérence entre sa surface externe et aucun viscère. Bile dans le duodénum. La muqueuse de l'estomac, la rate, les reins et les poumons étaient sains.

OBS. CLXXVL — Destruction de la vésicule par une ulcération cancéreuse et communication de la cavité en résultant avec le côlon transverse. — Cancer du foie.

S. P..., âgé de cinquante-six ans, peintre en voitures, se confia à mes soins le 14. août 1856. Il me raconta qu'étant jeune homme, il avait été affecté d'ictère précédé de violentes crampes d'estomac. Quatorze ans avant que je le visse, il avait eu une attaque de fièvre rhumatismale, suivie de palpitations et autres signes d'affection cardiaque. Son père avait vécu jusqu'à un âge trèsavancé et sa mère était morte à quatre-vingt-six ans d'un cancer de l'utérus. 11 était le dernier fils de sa mère, qui l'avait eu à près de cinquante ans.

Trois mois avant qu'il me demandât des soins, il commença à éprouver pour la première fois une douleur dans la région du foie, mais il continua régulièrement son travail jusqu'au milieu de juillet. Vers cette époque, il fut pris de violentes douleurs abdominales, de vomissements et de diarrhée. Il continua encore son travail pendant une quinzaine, quoique irrégulièrement, mais le 1^'' août il fut obligé de prendre le lit. Le 7 août survint de l'ictère. Voici comment je le trouvai à ma visite le 14 août. Emaciation considérable, conjonctives d'un jaune intense ; le faciès est anxieux, il a un aspect cachectique et exprime de la souffrance. Enduit jaunâtre sur la langue; les vomissements continuent; presque tout ce que le malade prend est immédiatement rejeté et parfois probablement avant que l'estomac ait été atteint. Diarrhée. Sa femme assure qu'il y a deux ou trois jours il a évacué par les garde-robes une certaine quantité de matière noire comme du sang. Il éprouve dans la région hépatique une douleur aiguë, qui le traverse, et vient par intervalles. La matité hépatique sur la ligne mammaire droite s'étend à 4 pouces au-dessous du rebord costal, et on peut sentir une tumeur dans la région de la vésicule, de 2 à 3 pouces de diamètre, non mobile, en apparence liée au foie et très-douloureuse à la pression. Le malade ne peut dormir à cause de la douleur. Pouls à 100. On entend un bruit de souffle diastolique sur le milieu du sternum.

Prescription : diète lactée, vin, opiacés et divers médicaments pour arrêter les vomissements, tels que l'huile de naphte et l'acide cyanhydrique dilué. Bien d'ailleurs ne parut efficace : le malade déclina graduellement et mourut le 19 août. Avant la mort, les selles avaient pris une couleur et une consislance tout à fait normales.

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