‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales. [electronic resource]Chapitre 8 sur 17 · C. Folie périodique et circulaire · texte numérisé non relu

C. Folie périodique et circulaire

II. — Ti'oubles intellevtuels chez rindividu à développement organo-phy-

sique complet.

A. — Les Psychonévroses.

1" Psychonévroses typiques aiguës ou sub-aiguës, se développant sur une base nerveuse saine et avec troubles vaso-moteurs.

A. Formes ( 1" Mélancolie. ( Avec forme intermédiaire de la primaires. ( 2" Manie ( mélancolie agitée.

B. Formes ( 1" Délire systématisé du premier degré (Wahnsinn). secondaires ( 2° Démence (Blodsin).

2" Psychonévroses chroniques se développant sur une base de dégénérescence : délire systématisé du second degré (Verriicktheit) :

A. Délire des persécutions ( 1" Dépressif.

primaires. ( 2" Avec idées de grandeur.

B. Délire systématique du / 1» Forme psycho-convulsivc. — Maladie second degré. Sensu- \ du doute.

stricto. S 2" Forme psycho-cataleptique. — Délire

(Verriicktheit). f systématisé sensoriel.

B. — Cérébro-psychoses.

!•> Avec phénomènes d'excitation motrice; les manies (Manien).

A. Mania furiosa (avec la manie transitoire).

B. Mania gravis.

G. Delirium acutum.

2" Avec tension motrice. Elats d'atonie.

A. Mélancolie atonique.

B. Délire systématisé katatonique.

G. Démence primaire : stupor aiguë et sub-aiguë.

3" Avec parésie progressive, forme typique de la démence paralytique.

G. — Cérébropathies. — Paralysies modifiées, image clinique de la démence

avec paralysie.

A. Méningo-encéphalite chronique et aiguë.

B. Pachyméningite et hœmatomc.

G. Scléro-encéphalite diffuse avec ou sans symptômes d'irritation.

D. Encéphalite diffuse avec altération en foyers, points de ramollissement, apoplexie, eclasies capillaires avec foyers miliaircs, scléroses multiples.

E. Encéphalite diffuse, suite de néoplasmes.

P. Péri-encéphalite chronique avec tabès préexistant des cordons postérieurs, paralysie tabétique.

G. Atrophie cérébrale primaire avec tabès spinal, démence tabétique.

H. Encéphalite syphilitique avec troubles psychiques.

En 18t8, tout est confusion. M. Schûle accumule dans le groupe des dégénérescences, des états qui, par des caractères généraux fortement accusés, réclament une existence indépendante; tels sont : l'épilepsie, l'hystérie, les folies périodiques ; nous ne parlons pas de la folie hypochondriaque qui se fond dans le délire chronique et dans les délires des dégénérés, comme nous l'avons déjà dit. De plus, on est surpris de trouver la maladie du doute à côté du délire systématisé, constituant une forme psycho-convulsive.

Aujourd'hui tout est changé :

Classification du D"" SchQle (1886).

I. — Troubles intellectuels chez l'individu complètement développe' .

1° Troubles du cerveau sain (rûstigen). (Psychonévroses proprement diles :)

A. Mélancolie. ) . , ,

B. Manie typique. ) ^^^c leurs états secondaires.

2° Troubles du cei'veau invalide (invaliden) (cérébro-spychoses).

A. Les manies graves (furor, mania gravis).

B. Délire systématisé (Wahnsinn). ^

c. Démence primaire aiguë; stupeur hallucinatoire.

D. Folies hystérique, épileptique et hypocondriaque, auxquelles se joignent : les folies périodiques, circulaires et alternantes ; les folies, suite d'affections physiques extra-cérébrales (folies fébrile, puerpérale), d'intoxication.

3" Les états d'épuisement pernicieux du cerveau :

A. Epuisement aigu du cerveau avec danger immédiat. — Délire aigu.

B. Epuisement chronique avec dégénérescence, paralysie progressive, démence paralytique type.

4° Ce'rébropathies psychiques : affections résultant de troubles cérébraux organiques sub-aigus ou chroniques, diffus ou en foyer, paralysies progressives modifiées,

II. — Tr^jubles intellectuels à base de développement incomplet ou de dégénérescence héréditaire.

A. La névrose héréditaire : les folies transitoires.

B. La folie héréditaire simple : la folie par obsession (folio du doute et du toucher), la folie de la chicane.

G. Le délire systématique originel (originaire Verrûcktheit).

D. La folie morale (folie dégénérative héréditaire).

E. L'idiotisme.

Le groupe des dégénérés ressemble à peu près au nôtre ; quant aux autres formes (folies hystérique, épileptique, folies périodiques) qu'il contenait auparavant, elles sont réunies à part, et il suffirait de peu de chose pour leur accorder une plus grande importance. En résumé, la classification actuelle de M. Schiile reproduit nos grandes hgnes et les deux classifications ne présentent que de légères différences.

Si l'on compare maintenant la classification de Krafît Ebing de 1883 et celle de Schiile de 1878, on voit quelles grandes affinités les rapprochaient, bien que celle du premier soit plus claire : Krafft Ebing comprend deux groupes de maladies mentales, suivant qu'elles atteignent le cerveau normalement développé, ou que celui-ci est frappé d'arrêt de développement. Ce dernier comprend simplement l'idiotie et le crétinisme. Le premier groupe, le plus étendu, le deuxième de Schiile, comprend (voir pour comparer, le tableau de Schiile de 1878):

A. Les psychonévroses, c'est-à-dire les états simples curables (manie et mélancolie) et les états secondaires incurables (Verriicktheit secondaire).

B. Les dégénérescences psT/chiques, a) folie raisonnante, b) folie morale, c) Verriicktheit primitive, d) folies par obsession, e) folies névrosiques (épilepsie, hystérie, hypochondrie), [) folies périodiques.

C. Les céréhropathies : démence paralytique, syphilis cérébrale, alcoolisme chronique, clémence sénile, déhre aigu.

Il est permis d'espérer que dans sa prochaine édition Krafft- Ebing ne voudra pas être en retard sur l'évolution essentiellement clinique du D'' Schiile.

Signalons un nouveau pas fait dans ce sens, en 1885, par le Congrès d'Anvers, dont une des commissions a proposé pour la statistique internationale la classification suivante. Nous mettons la nôtre en regard, pour qu'on puisse mieux les comparer.

Classification proposée pour la statistique Formes correspondantes de la internationale par la Commission nom- classification de M. Magnan me'e au Congrès d'Anvers de 1885. (1882).

Idiotie (imbécillité, débilité mentale, créti- ]

nisme) 1 Polic des héréditaires.

Démence simple (primitive ou consécutive) . '

Manie ' Manie.

Mélancolie Mélancolie.

Délire (aigu ou chronique, comprenant tous .

les cas où prédomine un trouble primitif ' Délire chronique.

ou consécutif dans les idées \

Folie morale, comprend en général les folies ,

impulsives, les folies par obsessions. . . [ Folie des héréditaires.

Folie circulaire Polies intermittentes.

Aliénations mentales compliquées de :

Paralysie Paralysie générale.

Epilepsie Epilepsie.

Hystérie Hystérie.

Tumeurs et foyers cérébraux Lésions circonscrites,

Aliénations mentales par intoxication (Indi- Alcoolisme et autres intoxica-

quer l'agent toxique) lions.

Pour terminer, donnons quelques explications sur certains termes techniques que l'on voit employés par les Allemands dans leurs classifications, et qui n'ont pas leur équivalent en français. Ce sont les mots : Wahnsinn, et primare et sccihidare Verrûcktheit. Ces explications nous ont été fournies par le D"" Siemerling, médecin assistant de M. le P' Westphal.

Le mot Wahnsinn n'est plus employé que dans la langue juridique. Les expressions primare et secùndare Verrûcktheit employées par Zeller et Griesinger, remontent aune époque où l'on croyait que chaque VerrûcktheU procédait forcément d'une mélancolie préexistante. Cette période de mélancolie était primitive {primare), et la Verrucktheit était secondaire, d'où sa dénomination scundare Verrûcktheit. Mais comme il y avait une série de cas dans lesquels il n'existait aucun stade mélancolique, on a choisi pour eux la dénomination de pr/;;?«re Verri'œktheit. On s'est longtemps servi de ces expressions, mais elles sont tombées en désuétude, et elles ont été remplacées par la simple dénomination de Verrùcktheit (Paranoia). Les symptômes qui constituent la Verrucktheit sont essentiellement ceux-ci : toujours il s'agit d'hallucinations et d'idées délirantes dans le sens le plus étendu de ces mots. D'après l'invasion plus ou moins rapide et la durée plus ou moins longue de la maladie, on a distingué la Verrucktheit en aiguë ou chronique. En résumé, la Verri'œktheit des Allemands correspond au délire chronique ou aux monomanies des Français. » Ces mots placés à dessein entre guillemets, nous montrent que les Allemands n'ont pas encore conçu exactement l'évolution de notre délire chronique, puisqu'ils le confondent en partie avec les monomanies que nous n'admettons plus isolées, et qui se rangent pour la plupart dans le groupe des dégénérescences mentales.

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