ARTICLE HUITIÈME. — DES MUSCLES DU COUDE-PIED
devant d’eux attaché dans l’homme, où il est fort considérable, à la face postérieure de la partie supérieure du péroné et du tibia.
Cesmuscles sont très considérables dans l’homme
qui a les gras de jambe plus forts que la plupart des quadrupèdes.
Ces trois muscles se rencontrent presque toujours : le soléaire est moins considérable dans les mammifères que dans l’honnne ; il s’attache ordinairement à la face externe de la tête supérieure du péroné ; quelquefois cependant il descend jusqu’à la partie moyenne, comme dans la? et l 'éléphant. l\ est surtout très grêle daus les ruminants et les solipèdes. M. Duvernoy ne l’a pas trouvé dans le phoque, ni Meckeltlans V hyène et les kanguroos.
[Le gastroenémien interne est presque toujours un peu plus fort que l’externe. Quelquefois, comme dans les kanguroos, il s’unit de bonne heure au gastroenémien externe, lequel a une seconde attache à la capsule articulaire du genou.]
Dans l’homme, le plantaire grêle (femori-calcanien ) laisse épanouir son tendon sur le boni externe du tendon d’Achille, et n’a guère d’autre usage que d’en soulever la capsule; aussi est-il très petit.
Dans les singes, il se continue manifestement avec l’aponévrose plantaire. Nous verrons plus loin que, dans les autres mammifères, il tient lieu de fléchisseur perforé.
Dans les oiseaux, les tendons des gaslrocncmiens restent séparés jusques tout près du talon. Le soléaire est porté du côté interne, et s'y attache le long d’une ligne âpre qui appartient au tibia. Il est proportionnellement plus considérable que dans les mammifères.
[Le gastroenémieu interne des autruches, des casoars et des outardes, s’attache à toute la face latérale et antérieure de la capsule du genou.
On trouve également, comme le remarque M. Mcckel, un plantaire dont il n’a point été parlé dans la première édition; ce muscle est petit dans le plus grand nombre des oiseaux, et il manque même dans les oiseaux de proie.]
Le pied est fléchi sur la jambe, et la jambe sur le pied par le tibial ou jambier antérieur (tibiosus-tarsien) qui est attaché à la face antérieure du tibia. Son tendon, après avoir passé dans le ligament annulaire de la jambe, se porte au bord interne du pied et s’insère au premier cunéiforme et au métatarsien du pouce.
Dans les animaux qui n’ont pas de pouce (le chien, le lapin), il s’insère au matatarsien du deuxième doigt, qui est chez eux le premier.
Il doit toujours y relever un peu le bord interne du pied.
[lia souvent deux faisceaux d’origine entre lesquels passe l’extenseur commun.
Dans le paresseux aï, l’un des faisceaux s’attache àloulc la longueur du bord du péroné.
Dans les cochons, ces deux faisceaux, dont l’un vient par un fort tendon du condyle externe du fémur et enveloppe l'extenseur commun, ne se réunissent point en un seul muscle, de sorte que ccs animaux ont deux jambière antérieurs parallèles.
Dans l'hippopotame, où il y a également deux jambiers, le plus interne s’attache à la rotule, et l’externe qui naît également par un tendon du condyle externe du fémur s’élargit beaucoup en descendant. Arrivé au coude-pied, il se partage en un faisceau interne épais qui insère son tendon auprès de celui du jambier interne au métatarsien interne, et en un faisceau externe, aplati, qui fournit deux tendonsqui vont se fixer aux métatarsiens interne et externe en formant une anse qui donne une languette au ligament annulaire.] Dans les bisulques et solipèdes, le jambier antérieur s’insère à la face antérieure de la base de l’os du canon.
lien est de même dans les oiseaux.
Outre l’action du tibial antérieur, le bord interne du pied est encore relevé par le tibial postérieur ou jambier postérieur ( tibio-sous-tarsien) attaché à la face postérieure du tibia et du péroné. Son tendon se glisse derrière la malléole interne, va s’insérer sous la plupart des os du tarse.
Son tendon contient, dans les singes, un os sésamoïde considérable, placé sous l’os scaphoïde.
Dans les animaux sans pouce, tels que le chien, le tendon du tibial postérieur s’insère au bord externe de la base de l’os métatarsien du premier doigt, et même dans le lapin, il s’étend jusqu’à la première phalange; en sorte qu’il sert d’abducteur à ce doigt-là.
Il manque tout à fait dans les cochons, les mammifères à canon et dans les oiseaux.
Le bord externe du pied est relevé par les muscles péroniers. L’homme en a trois, qui sont attachés à l’os péroné, et dont les tendons passent derrière la malléole externe.
Le long péronier (péronéo-sous-tarsien) s engage sous l’os cuboïde, et traverse la plante du pied pour s’insérer à l’os métatarsien du pouce, et au premier cunéiforme.
Lccourf(péronéo-sns-métatarsien) va droit s’insérer à la base externe de l’os métatarsien du petil doigt.
Le moyen (péronéo-sus-métatarsien) va jusqu’à celle de sa première phalange, et sert à écarter ce doigt des autres.
Le long péronier a, clans les singes, l’office essentiel de rapprocher le pouce des autres doigts. Dans les animaux qui n’ont point de pouce, il va s’insérer à l’os métatarsien du premier doigt.
Dans les animaux ruminants, il traverse de meme sous la jointure du canon, et va s’insérer au premier cunéiforme.
Les deux autres péroniers sont, dans les singes
et dans les onguiculés, comme dans l’homme, excepté que, dans les rongeurs, le moyen donne aussi un tendon à la première phalange du pénultième doigt, eu sorte qu’il y fait les fonctions d’abducteur des deux doigts externes.
Dans les ruminants, il en donne aux deux doigts. Le court y manque.
[Dans l’ai, il n’y a point de long péronier; le eourt est un large muscle qui s’insère dans toute la longueur du péroné et sur le tendon de l’extenseur commun, qui vient lui-même du condyle du fémur; le moyen, qui ne vient que de la partie inférieure du péroné, sert d’extenseur des deux doigts externes. ]
Le cheval n’a qu’un seul péronier qui unit son tendon à celui de l’extenseur du doigt, sur le milieu de la face antérieure du canon.
Dans les oiseaux, il y a le court péronier qui s’insère à la base externe de l’os du métatarse, et un muscle qui parait être analogue du moyen péronier (l’accessoire des fléchisseurs des doigts, Vicq-d’Azyr). Son tendon se bifurque; une des lanières se porte en arrière et s’attache à la face postérieure de la tête du métatarse; l’autre descend le long de la face externe de cet os, et va s’unir à celui du fléchisseur perforé du doigt moyen.
[Le court péronier n’existe point dans les autruches, les casoars et les outardes. M. Meckel dit qu’il n’existe pas non plus dans les hérons et les cigognes. ]
B. Dans les reptiles.
[Dans les tortues terrestres, les mouvements du pied sur la jambe, et des diverses parties du pied les unes sur les autres, sont très bornés; aussi les muscles qui les exécutent sont-ils peu distincts.
11 n’y a qu’un péronier, qui se confond par un de ses bords avec l’extenseur commun, et qui s’insère au calcanéum el au cuboïde.
11 n’y a que le gastroenémien externe qui s’attache au fémur, l'interne s'attache au tibia et s’unit avec le soléaire. Celui-ci est divisé en trois portions, une externe, une moyenne et une interne; ces muscles réunis aux deux péroniers et au long fléchisseur, forment sous le pied une masse tendineuse épaisse, étendent le pied sur la jambe et fléchissent celle-ci surla cuisse, mais il n’est presque plus possible d’en distinguer les différentes portions.
Le tibial antérieur est distinct.
Dans les tortues marines , où le pied est, comme la main, aplati en forme de rame, les gaslrocuéiniens se comportent comme dans les lorlucs terrestres; le soléaire est également très fort. On trouve un plantaire grêle qui s’insère à la tubérosité externe du fémur, par un tendon long, arrondi, et qui se termine en s’élargissant beaucoup,
en parlie au calcanéum et en partie sur l’aponévrose plantaire. Par sa position ce muscle est adducteur du pied. Le tibia! antérieur conserve ses insertions ordinaires, mais le postérieur se porte de dehors en dedans et va se perdre sur l’aponévrose plantaire.
Dans les crocodiles les muscles sont plus distinels. Le gastroenémien interne ne s’attache également qu’au tibia; l’externe unit son tendon avec celui du fémoro-coccygien, que nous avons vu descendre jusqu’au condyle; le plantaire grêle naît en grande parlie sur le tendon du droit antérieur lequel passe obliquement de dedans en dehors sur le genou et va s’attacher au calcanéum; ce qui peut le faire comparer à l’accessoire du long fléchisseur des oiseaux. Les deux jambiers existent : on ne trouve que deux péroniers, l’un, très fort, s al tache sur presque toute la longueur du péroné, l’aulrc, petit, ne vient que de l’extrémité inférieure de cet os.
Dans les sauriens, du moins dans le sauvegarde, le gastrocnérnieji externe s’insère en partie au fémur et en partie au tendon du demi-membraneux; il est en outre intimement uni par sou bord au tibial postérieur. Un seul muscle h deux têtes, l’une allant au condyle du fémur et l’autre au péroné, est évidemment la réunion du plantaire et du soléaire. Il n’y a qu’un péronier; le tibial antérieur fournit deux tendons qui s’insèrent aux métacarpiens des troisième et quatrième doigts.
Dans la grenouille , le gastroenémien externe existe seul; il a cependant un petit tendon par lequel il s’insère h la capsule articulaire. Son tendon inférieur se porte sur le talon, y glisse sur l’articulation inférieure du tibia, et s’épanouit sous le pied pour former l’aponévrose plantaire. C’est ce muscle extrêmement épais qui donne à la jambe cette forme voisine île celle de la jambe humaine,
forme qui n’est point cachée, comme dans les au très reptiles et dans les mammifères, par les muscles biceps, demi-membraneux et demi-nerveux* attendu que ces muscles, comme dans l’homme, s’insèrent ici très pics de l’articulation du tibia.]
Il n’y a ni soléaire, ni plantaire grêle.
Le jambier antérieur vient de la partie inférieure du fémur par un fort tendon. Vers le milieu du tibia il se divise en deux ventres, dont l'un envoie son tendon à la base t ibiale de l’os interne du tarse et l’autre à la même base de l’os externe.
Un accessoire de ee muscle naît également par un tendon de la tète inférieuredu fémur, et s’insère aux trois quarts inférieurs de la face antérieure du tibia jusqu’auprès de la tête articulaire inférieure. M. Cuvier l’a nommé , sur ses dessins , cruro-tibial.
Le jambier postérieur est comme dans l’homme; mais il «e se fixe qu’à un seul os du tarse (celui qui est du côté interne. )