II. Des muscles
A. Muscles des insectes.
§ I. Insectes parfaits.
[Les muscles des insectes ont une consistance moins grande que ceux des vertébrés, et se composent de filets parallèles, souvent indépendants les uns des autres, et quelquefois aussi réunis par faisceaux **. ]
1° Muscles de la tête.
Les muscles qui meuvent la tête sont situés dans l’intérieur du thorax. Nous nous bornerons à faire connaître ici ceux qui se trouvent le plus généralement.
Les releceurs ou extenseurs de la tète sont ordidinairemeut situés dans la partie supérieure du prolhorax, et les abaisseurs inférieurement. Immédiatement au-dessous de la partie moyenne dorsale du prothorax, on trouve une paire démuselés qui s’attachent à la partie antérieure de l’écusson; quand cette partie existe, ou à la partie supérieure de la poitrine ; ecs muscles s’insèrent à la partie postérieure de la tête au bord du trou occipital; ils tirent la tète eu arrière et la relèvenL quand elle est baissée.
Sur les parties latérales de cette première paire, on en trouve une autre beaucoup plus grêle, qui, s’insérant aussi sur le bord du trou occipital, mais plus extérieurement, se dirige obliquement vers les parties latérales et postérieures du pru-
** [M. Strauss a décrit une disposition toute particulière de la fibre musculaire des insectes , qu’il a observée au microscope et qu’il représente avec un grossissement de 8oo. [Anat. du hanneton > pl. 2, fig. û3 et 24.) ]
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thorax où elle s’attache. Ces muscles font tourner la tête de côté lorsqu’ils agissent séparément ; ils la redressent et portent la bouche dans la ligne moyenne, lorsqu’ils se contractent ensemble. On devine aisément que dons les insectes dont l’articulation de la tête se fait en genou, ces muscles rotateurs sont plus forts et plus prononcés.
Les fléchisseurs de la tête sont au nombre de quatre, deux de chaque côté. La première paire s’attache dans la partie interne et inférieure de la poitrine, sur l’apophyse appelée entosternale, qui, dans les coléoptères, est de figure carrée avec les quatre angles terminés par des branches solides. Ces muscles se portent directement à la partie inférieure du trou occipital. D’après leur position, ils doivent porter directement la tête en arrière.
La seconde paire, beaucoup plus courte, vient de la partie intérieure latérale du prothorax, et se porte sur les côtés des précédents aux usages desquels elle participe, quand les deux muscles agissent ensemble; mais quand l’un d’eux se contracte séparément, il fléchit la tête de son côté ’.
2° Muscles du thorax.
[Les anneaux qui composent le tronc étant peu mobiles, n’ont que peu ou point de muscles moteurs propres. Dans les coléoptères, cependant, où le corselet, ou prothorax, est tout à fait séparé du reste du tronc, M. Strauss compte quatre paires de muscles, se portant du thorax sur le prothorax et le mettant en mouvement, à savoir : le rétracteur supérieur, le rélracteur inférieur , l'élévateur, et le rotateur.
Les deux autres anneaux du thorax sont généralement unis enlr’eux de manière à ne pouvoir exercer aucun mouvement l’un sur l’autre ; mais celte partie est susceptible de compression et de dilatation, et l’on Irouve dans sou intérieur des muscles très-forts an nombre de quatre de chaque côté, qui rapprochent la partie dorsale de la ventrale, et qui contribuent au mouvement général des ailes, fixés qu’ils sont à l’écusson du mésothorax et aux épidemes d’articulations; peut-être contribuent-ils aussi à la respiration]. Leur couleur et leur texture diffèrent de celles des autres muscles, car ils sont d’un jaune rougeâtre et d’un tissu fort lâche.
3° Muscles de l’abdomen.
Les mouvements de l’abdomen sont de deux sortes : l'un total, et l’autre partiel.
Le mouvement total de l’abdomen n’est bien
marqué que dans les insectes chez lesquels il est pédiculé : il y a alors une véritable articulation, une espèce de charnière, rendue solide par des ligaments élastiques qui ont beaucoup de force. Des muscles attachés dans l’intérieur de la poitrine [semblables à ceux du reste de l’abdomen, mais plus distincts], déterminent l’étendue de son mouvement.
Quant aux insectes dont l’abdomen est sessile, les muscles qui meuvent la première pièce sont les mêmes que ceux qui agissent d’un anneau sur un autre.
Le mouvement partiel des anneaux est produit par des muscles très-simples. Ce sont des fibres musculaires qui s’étendent de tout le bord antérieur d’un anneau au bord postérieur de celui qui précède. Si les fibres du côté du dos se contractent, par exemple, l’abdomen, devenant plus court en dessus, se recourbe vers le dos. Si ce sont les fibres du côlé du ventre ou les latérales qui se raccourcissent, l’abdomen se fléchit sous le ventre ou se porte de l’un ou de l’autre côté. L’étendue du mouvement est ensuite subordonnée au nombre et à l’espèce d’articulation des anneaux.
4° Muscles des pattes.
Le mouvement de chaque article, ne se faisant que dans un seul plan, n’est opéré que par deux muscles qui sont enveloppés dans l’article précédent, un extenseur et un fléchisseur.
Dans les coléoptères, les hanches se meuvent par une espèce de rotation sur leur axe longitudinal, lequel, comme nous l’avons dit, est placé en travers, et fait avec l’axe ou ligne moyenne du corps un angle plus ou moins approchant de 90°. La cuisse **, étant attachée à l’extrémité interne de la hanche, est d’autant, plus écartée de la cuisse opposée, qu’elle est plus fléchie sur sa propre hanche. On sent que la position du plan dans lequel cette flexion se fait dépend de la situation de la hanche. Lorsque celle-ci est tournée en avant, le plan est vertical; lorsqu’elle est tournée en arrière, il devient toujours plus oblique, et même horizontal dans les espèces qui nagent. C’est donc du mouvement peu sensible de la hanche que dépendent les mouvements les plus remarquables de la patte.
Les muscles de chaque paire de hanches et de cuisses sont placés dans la partie du thorax qui est au-dessus, et, pour les bien voir, il faut couper le corps de l’insecte par tranches verticales.
Au-dessus de la dernière paire, dans la poitrine, est une pièce écailleuse en forme d’Y (l’entotho-
* [M. Strauss compte dans le hanneton sept muscles que de la jugulaire, et l’élévateur droit de la jugulaire,
de la tête : l’élévateur, l’abaisseur, le rotateur, le fléchis- *’ [U faut entendre ici par ce mot le trochanter et le seur latéral, le rétracteur de la jugulaire, l’élévateur obli. fémur réunis. ]
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rax); sa t ijTfc donne attache au muscle qui fait tourner la hanche en arrière, en s’insérant «à son k°rd postérieur. Celui qui la fait tourner en avant cst attaché au dos et s’insère par un tendon mince a son Lord antérieur.
Le muscle qui étend la cuisse en la rapprochant de l’autre est très-considérable, et s’attache 5 toute la branche de l’entotliorax pour s’insérer au bord interne du trochanter. Son antagoniste est logé dans l’épaisseur meme de la hanche.
Quant aux doux paires de cuisses antérieures, les muscles qui les étendent sont attachés aux parties dorsales qui leur répondent, et non à des pièces intérieures particulières; mais ceux qui les fléchissent sont toujours situés dans l’épaisseur même des hanches.
Les muscles qui font tourner celles-ci sont aussi attachés aux parois du prol borax, savoir : celui qui les porte en arrière à la partie dorsale, et celui qui les porte en avant à la partie latérale. Dans les dytisques , dont la hanche de derrière est, comme nous l’avons vu, soudée et immobile, ces muscles semblent sc porter au trochanter qui en a ainsi quatre, deux extenseurs et deux fléchisseurs.
Les autres ordres d’insectes sont à peu près conformés de la meme manière que les coléoptères.
[Le mouvement particulier du lémur sur le trochanter étant très-borné, le fléchisseur et l’extenseur de cette pièce sont peu développés.]
^es muscles de la jambe sont situés dans l’intérieur du fémur; l’extenseur est court et grêle, attaché à son bord externe ( le fémur supposé étendu dans la longueur du corps); le fléchisseur est beaucoup plus lort et plus long, il est situé du côté interne et. dans toute la partie supérieure.
Il y a de même deux muscles pour chacun des articles du tarse, l’un sur la face supérieure ou dorsale : c’est un extenseur, il est petit; l’autre sur la face inférieure, plus marqué et agissant comme fléchisseur *.
[Dans les insectes marcheurs, sauteurs ou fouisseurs, les muscles des pattes sont plus puissants que dans ceux qui volent beaucoup et se servent peu de leurs pattes. Dans le taupe-grillon , par
* [Ces muscles extenseurs et fléchisseurs se partagent souvent en plu5;eurs faisceaux. Ainsi M. Strauss compte dans le hanneton quatre fléchisseurs de la hanche de la Première paire de pattes, et trois de la hanche des deux dernières paires; les extenseurs de celles-ci sont également doubles. Suivant ce même entomologiste, la première phalange seule du tarse reçoit (dans le hanneton) jm extenseur qui naît sur la face inférieure delà jambe; L^xtensiun des autres phalanges aurait lieu passivement. ia eC^SSeur tarse naît sur toute la longueur des Ct“s interne et externe de la jambe, et son tendon traverse 1 a f * «
ace plantaire des quatre premières phalanges et
Xe 11 UIle Petite pièce de l'intérieur delà dernière en
exemple, qui se creuse des chemins souterrains, le prothorax loge de grosses masses musculaires qui font mouvoir la cuisse. Dans les sauterelles c’est le fémur qui est fourni de muscles volumineux .]
5° Muscles des ailes.
Les muscles qui meuvent les ailes sont de deux sortes : les uns, petits et courts, qui sont destinés à les étendre ou à les plier en même temps qu’ils les éloignent ou les rapprochent de l’axe du corps, et d’autres, un peu plus longs, propres à produire le mouvement d’élévation et d’abaissement par lequel l’air, frappé, fait éprouver à l’insecte la résistance qui détermine la nature de son mouvevement dans l’espace.
[Ces derniers agissent soit immédiatement sur l’aile comme extenseurs ou fléchisseurs , ou, mieux, comme élévateurs ou abaisseurs; soit médiatement en faisant mouvoir les pièces sur lesquelles les ailes s’articulent. Quelques-uns de ceux-ci paraissent être les analogues des muscles longitudinaux supérieurs des anneaux de l’abdomen, ce sont les prétracteurs et les rétracleurs des pièces dorsales du thorax.
Dans les coléoptères, les premières ailes, ou élytres, ne servent que peu ou point au vol, et les muscles qui les meuvent sont peu nombreux. On compte dans le hanneton** trois muscles directs : un extenseur, qui est en même temps fléchisseur de la hanche moyenne ; un fléchisseur, et un adducteur; et deux muscles iudirects, le rétracteur et Yabaisseur de l’écusson; ce dernier est un de ces muscles qui se dirigent presque verticalement de bas en haut, que nous avons indiqués aux muscles du thorax ***.
Les muscles des secondes paires d’ailes sont plus nombreux. Ils sont, dans le hanneton ****, au nombre de treize : cinq directs, c’est-à-dire qui agissent immédiatement sur l’aile comme releveurs et abaisseurs, el huit indirects, c’est-à-dire, qui font avancer, reculer, tourner ou abaisser les pièces qui peuvent agir sur les mouvements do l’aile ****». ]
fléchissant toutes les phalanges à la fois. La dernière phalange cependant renferme un extenseur et un fléchisseur des crochets.]
** Strauss. Loc. cil., p. 162.
*** M. Chabrier les appelle stemo-dorsaux .
**** Strauss. Loc. cit p. i65.
***** [M. Chabrier a décrit, outre lesorganes du vol des hannetons, ceux de la libellule (grande aeshne), du bourdon, et de plusieurs autres insectes; mais malheureusement sa nomenclature diffère de celle de M. Strauss, ce qui rend les rapprochements très— difficiles. Voyez sou ouvrage déjà cité.]
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§ II. Muscles des larves d'insectes.
[Nous avons parlé, en général, des organes cxtéricursdu mouvement des larves]. Nous croyons utile de décrire en particulier les muscles de quelques-uns. Ainsi, nous ferons connaître successivement ceux des chenilles; de la larve d’un scarabée qui vit sous terre; d’un hydrophile qui nage; etd'un capricorne qui vit dans les sinuosités du bois.
a. Muscles des chenilles.
La couche la plus profonde des muscles de la chenille est formée de quatre rangées principales. Deux répondent au dos, et deux au ventre. Leur direction est longitudinale.
Ceux du dos sont séparés entre eux par le vaisseau longitudinal, et ceux du ventre par les trachées.
Ils commencent sur l’union du premier anneau avec le second, par deux faisceaux de fibres un peu séparées entre elles, qui s’insèrent à une espèce de ligne tendineuse produite par l’union du second anneau avec le troisième. Il en est de même entre tous les anneaux du corps. Sur le troisième, les fibres des deux faisceaux, quoique distinctes encore, sont beaucoup plus grosses. Sur le quatrième, il n’y a plus que le faisceau interne dont les fibres soient séparées. La fibre continue, sans intersection apparente, sur tous les autres anneaux. Elle diminue d’épaisseur vers les derniers, et forme de neauveau plusieurs faisceaux, d’abord trois, quatre, enfin cinq ou six.
Ces muscles, par leur conlraction, raccourcissent le corps lorsqu’ils agissent avec ceux du ventre; ils le recourbent en dessus lorsqu’ils agissent sans eux.
Les muscles longitudinaux du ventre sont séparés entre eux par le cordon médullaire , d’avec ceux du dos, par les trachées. Ils ont absolument la même direction que ceux du dos. Ils commencent aussi sur l’union du premier avec le second anneau par des faisceaux nombreux qui se réunissent sur le troisième , où ils ne semblent plus former qu’une seule masse. Les fibres se séparent ensuite plus bas ou plus haut, selon les espèces, et forment quatre à cinq cordons charnus, qui se terminent vers la dernière paire de pattes fausses.
Ces muscles sont auxiliaires des dorsaux dans le raccourcissement du corps. Us leur sont opposés lorsqu’ils agissent séparément ; car alors ils recourbent le corps en dessous.
Entre les muscles longs du dos et la peau, on en trouve de courts , mais dont la direction est oblique.
Les uns sont étendus de dehors en dedans , vers la ligne dorsale, entre les intersections annulaires.
Les autres occupent aussi le même intervalle , mais sont opposés en direction ; de sorte qu’ils forment avec eux une espèce de V en se portant de dedans en dehors.
Ces deux ordres de muscles obliques n’ont pas partout la meme quantité de fibres. Celles qui sont placées dans les premiers anneaux sont plus étroites et plus longues. Celles du quatrième , cinquième et sixième sont beaucoup plus courtes. Elles deviennent ensuite, dans quelques espèces, beaucoup plus longues et plus nombreuses. Dans d’autres, au contraire, elles continuent d’être larges et courtes.
Ces fibres agissent isolément sur chaque anneau, qu’elles raccourcissent par leurs contractions simultanées; mais comme elles ne s’étendent pas sur toute la longueur de l’anneau, les parties qui correspondent aux plis, et sur lesquelles les muscles obliques ne passent plus, s’allongent quand, par l’action de ces derniers, l’anneau diminue de diamètre; ce qui facilite la progression.
Sous les muscles longs du ventre, il y en a une seconde couche dont les fibres sout obliques. Ils ont beaucoup de rapport avec ceux du dos. On peut aussi, d’après leurs directions, les distinguer en deux ordres.
Les uns sont plus rapprochés de la ligne moyenne
ventrale, dans laquelleest étendu le cordon noueux des nerfs. Ils se portent, en montant de dedans eu dehors, dans les intervalles de chacun des anneaux.
Les autres ne sont point aussi obliques, à l’exception des trois premières paires supérieures ; de manière que ces muscles forment avec les précédents une espèce d’A figuré ainsi.
Les muscles obliques de dedans en dehors, ou les plus internes, ont beaucoup de fibres. Ils sont ordinairement composés île trois ou quatre faisceaux distincts. Ceux qui remontent de dehors en dedans, ou les plus externes, ont moins de fibres, et jamais plus de deux faisceaux.
Ces muscles doivent agir à peu près comme les obliques du dos; mais aussi ils doivent étendre immédiatement la peau des pattes sur lesquelles ils sont situés.
Outre les muscles longitudinaux et obliques du dos et du ventre, il en est de latéraux, c’est-à-dire qui sont situés au-dessous et au-dessus des stigmates ou boutonnières, qui doivent être décrits à part. Us sont de trois ordres. Il en est de droits, de transverses et d'obliques.
Les muscles droits latéraux sont placés entre chacun des anneaux, au-dessus des stigmates. Ils sont tous situés longitudinalement au-dessus les uns des autres. Leurs points d’atlache sout recouverts par les muscles transverses. Us doivent recourber le corps sur les côtés lorsqu’ils agissent séparément , cl lorsqu’ils se contractent de concert avec
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le long <1 u dos et du ventre, raccourcir le corps, et aider ainsi la progression.
Les muscles transverses latéraux sont de deux sortes. Les uns, un peu plus longs que les autres, naissent sur les intervalles laissés libres par l’attache des droits latéraux , et s’insèrent à la terminaison des obliques externes du ventre. Ils forment un peu l’éventail dans la disposition de leurs fibres. Les autres ont les faisceaux de libres parallèles ; ils sont un peu plus courts, et sont étendus dans chacun des anneaux entre les muscles droits latéraux et les obliques du ventre. Ces muscles doivent diminuer le diamètre de chaque anneau, et par conséquent l’allonger dans chacun «le ses plis; ce qui est une des conditions de la progression.
Les muscles obliques latéraux sont situés «le l’un et de l’autre côté des droits. Ils se portent, en montant obliquement de bas en haut, sous l’insertion de chacun de ces mêmes muscles droits latéraux, dontilsaidentles mouvements lorsqu’ils agissent ensemble.
Tels sont les muscles du corps en général ; mais les vraies et les fausses pattes, ainsi que la tête, ont des muscles propres qu’il faut décrire séparément.
Les muscles des pattes vraies ou écailleuses sont situés dans l’intérieur des trois articulations qui les lorment. On peut les distinguer en ceux qui meuvent ces articulations et en ceux qui agissent sur l’ongle qui les termine.
Les muscles de la première pièce ou article sont au nombre de cinq ou six faisceaux attachés au rebord supérieur, et s’insèrent aussi au rebord supérieur de l’article suivant. Ceux du second article sont à peu près en nombre égal, et s’insèrent au rebord supérieur du troisième.
Les muscles de l’ongle se terminent par deux tendons; mais ils sont formés de plusieurs faisceaux qui s’attachent, les uns sur le second et le troisième article, par deux plans distincts ; les autres, sur une ligne qui correspond à la convexité de l’ongle; et enfin, les derniers, sur celle qui répond à sa concavité. Ces deux tendons s’insèrent à deux tubercules de l’extrémité supérieure de l’ongle, du côté de sa concavité et de sa pointe : ils servent à le fléchir. 11 est probable qu’il se redresse par l’élasticité de son articulation.
Les muscles des pattes membraneuses ou fausses sont au nombre de deux pour chacune. Leur direction, par rapport au corps, est à peu près transversale. Ils s’étendent, du cenlre de la patte où ils s’insèrent , jusqu’au delà du stigmate du côté du dos, où ils s’attachent par des bandelettes latérales et plus ou moins obliques. L’un de ces •nuscles est situé au-devant «le l’autre, qu’il recouvre en partie.
Leur usage est de retirer le cenlre de la patte
en dedans, et défaire rentrer dans l’intérieur les crochets dont son limbe est armé.
Il est probable que les muscles obliques du ventre produisent l’effet contraire par leurs contractions.
Quant aux muscles de la tête , nous ne ferons connaître ici que ceux qui produisent son mouvement total. Nous renvoyons les autres aux diverses fonctions auxquelles ils sont destinés.
Les muscles qui agissent sur la tête, la fléchissent en dessus, eu dessous et sur les côtés.
Les fléchisseurs en dessus sont en grand nombre : ils s’attachent sur le second et sur le premier anneau, et ils s’insèrent à divers points de l’occiput : les uns plus près de la ligne moyenne , les autres plus latéralement. Ils forment, en général, deux faisceaux. Le plus interne est le moins volumineux.
Les fléchisseurs latéraux sont tris-obliques. Ils prennent naissance de la partie inférieure ou ventrale du corps, et se portent sur les parties latérales de l’occiput.
Les fléchisseurs en dessous paraissent être la continuité des muscles droits du ventre. Ils sont formés de huit ou neuf faisceaux.
b. Muscles de la larve d’un scarabée.
Le corps des larves des scarabées est arqué, convexe du côté qui répond au dos, concave du côté des pattes. Le dos et le ventre sont séparés par un rebord membraneux, plissé, situé au-dessous des stigmates. Ces larves n’ont que six pattes articulées, il n’y en a point de membraneuses.
Quand on ouvre la larve dans la longueur du corps, soit par le dos, soit par le ventre, on distingue trois couches de muscles profonds : les latérales, les dorsales et les ventrales.
La couche des muscles du dos est formée de deux séries de libres assez distinctes. L’une externe, occupant les intervalles des dix premiers anneaux; c’est-à-dire de ceux qui sont garnis de stigmates. Les muscles qui la forment sont étroits et dans une direction longitudinale. La seconde série est produiLe par des fibres un peu obliques étendues dans le même espace, mais plus vers la ligne moyenne. Ces muscles sont plus larges et plus forts du côté de la tête ; plus étroits et moins fibreux vers la queue, ils se terminent entre le onzième et le dixième anneau, par un filet charnu très-étroit.
L’usage de ces muscles doit être de raccourcir la portion dorsale de chacun des anneaux; mouvement qui diminue la convexité de cette partie et sert ainsi à la progression.
Entre le neuvième et le dixième anneau il v a.
vers la ligne moyenne, deux petits muscles un peu obliques; mais entre le douzième et le der-
nier, on n'aperçoit plus qu’une série de petits muscles courts qui occupent toute la convexité que décrit la courbe. Ces muscles agissent manifestement comme les précédents, et sont leurs accessoires.
Quand on a enlevé la première couche des muscles du dos, on rencontre au-dessous des fibres toutes semblables, mais opposées en direction.
Enfin, à cette même couche dorsale, on aperçoit des lignes de fibres musculaires très-courtes audessus du plein que forment inférieurement le neuvième et le dixième anneau. Ces petits muscles servent très-probablement, mais d’une manière moins sensible, aux mêmes usages que tous les précédents.
La couche des muscles du ventre a beaucoup d’analogie avec celle du dos. Comme eux, ils forment des plans opposés en direction, les plus profonds se portant du côté interne, et ceux qui sont les plus proches de la peau se dirigeant en montant du côté externe, ce qui produit dans la ligne moyenne ventrale une petite figure très-régulièrement rhomboïdale au milieu de chaque anneau.
L’action de ces muscles est opposée à celle des muscles du dos.
Sur le dernier segment et vers la partie qui correspond à l’anus, on remarque un trousseau de fibres transversales qui doivent, par leur contraction, servir de sphincter.
La couche latérale des muscles est formée de trois ordres de fibres bien distinctes par leur direction. Ils représentent une sorte de lacet passé dans des mailles. Tous ces muscles sont situés derrière les stigmates, et s’insèrent aux plis, qui séparent le ventre d’avec le dos, de l’un et de l’autre côté.
Le premier ordre est absolument transversal ; il s’étend sur l’union de chaque anneau avec le suivant, dans l’espace compris entre les muscles ventraux et les dorsaux. Il doit manifestement, par ses contractions , diminuer le diamètre du corps, et. par conséquent l’étendre sur sa longueur. Ces muscles sont en général très-étroits.
Le second ordre est formé par des fibres obliques qui se portent en montant de dehors en dedans, vers la ligue moyenne ventrale de l’union d’un anneau inférieur sur l’union du précédent. Ces muscles sont larges et très-forts. Ils servent à former le pli de séparation entre le dos et le ventre.
Le troisième ordre est moins oblique que le précédent dont il paraît l’accessoire. Chacun des muscles qui le composent vient du milieu d’un anneau et va s’insérer sous la tête, ou l’insertion des précédents, c’est-à-dire, du côté du ventre.
Il faut remarquer que les deux derniers anneaux n’ont point de ces muscles latéraux.
Les muscles de la tète sont très-forts. Les flé-
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chisseurs sont attachés sur les muscles ventraux, au-dessus de 1 union du second anneau avec le troisième. Ils sont formés de trois faisceaux principaux, qui s’insèrent, en se rapprochant les uns des autres, sur la parLie postérieure et inférieure de la tête à la base de la ganache.
Les muscles extenseurs ou releveurs de la tête sont aussi formés de trois faisceaux, mais plus longs et plus forts. Ils s’attachent sur la région latérale en plongeant sous les muscles transverses et obliques, depuis le sixième anneau où s’attache l’un d’eux, et le cinquième et le quatrième qui en reçoivent chacun un autre; ils s’insèrent aux parties latérales postérieures de la tête.