C. Muscles des arachnides
[ Les muscles du corps des arachnides sont peu nombreux ; le thorax et la tête étant d une seule pièce, n’ont point de muscles pour les mouvoir l’un sur l’autre. M. Meckel a trouvé six paires de muscles verticaux dans le thorax des scorpions , servant sans doute à la respiration. Les autres masses musculaires qui occupent unegrande partie du thorax sont destinées à mouvoir les premiers articles des pieds. L’abdomen est pourvu de muscles longitudinaux qui s étendent du bord antérieur de chaque anneau à celui de l’anneau suivant, et sc divisent en faisceaux supérieurs, inférieurs et latéraux. Dans les araignées, M. Meckel décrit également quatre muscles du thorax situés entre les faisceaux musculaires des hanches , analogues à ceux des scorpions , et autour de l’abdomen une membrane musculaire, mince, formée de fibres transverses. ]
D. Muscles des myriapodes.
[ Lorsqu’on enlève la partie cornée de l’anneau d'une scolopendre , on trouve des muscles dont la direction varie. Les uns sont obliques , les autres longitudinaux, d’autres verticaux, d’autres transverses.
De l’angle postérieur externe de chaque arceau supérieur riait un muscle mince dont les fibres se portent en haut et en arrière en divergeant; ces muscles peuvent se distinguer en grands et en petits. Les premiers naissent de deux en deux anneaux, et, s’épanouissant, sur le côté du corps , viennent s’insérer le long de la ligne médiane de l’arceau suivant : les petits naissent de l’anneau intermédiaire entre les grands ; ils ont une direction semblable ; mais leur trajet est plus court, et ils sont difficiles à distinguer. La fonction de ces muscles est évidemment de courber le corps en arc de leur côté. Dans chaque flanc un muscle à fibres à peu près verticales descend s’insérer aux petites pièces cornées de la base des pattes ( les épinières), et sert peut-être à la respiration en déprimant le corps. Un faisceau bien distinct de ce muscle va se fixer par un tendon à l’apophyse inférieure de la hanche, de sorte qu’il sert par sa position de puissant fléchisseur. Les muscles longitudinaux sont au-dessous des obliques: ils sont forts , et naissent de la partie antérieure d’un anneau pour se terminer à la partie postérieure de 1 anneau suivant. Mais , au milieu de leur trajet, les différents trousseaux dont ils se composent livrent passage aux trousseaux nés du second anneau, de sorte que par cette disposition le milieu de ces muscles correspond toujours au point commun où l’un d’eux se termine, et où un autre
commence.
En dessous on t rouve également à chaque angle postérieur d’un arceau un muscle oblique , mais dont les fibres n’arrivent pas jusqu’à la ligne médiane inférieure , et de chaque côté un muscle longitudinal, mais moins fort que celui du dos, et qui de plus ne va que du bord antérieur d’un anneau au bord antérieur du suivant. Enfin les muscles des pattes sont tout à fait transversaux, et se portent sans raphé d’une patte à l’autre , de sorte que leur contraction doit nécessairement mouvoir ensemble les pattes de la même paire. ]
E. Muscles des annélides.
Les vers à sang rouge ne sont pas pourvus d’organes du mouvement aussi parfaits que les chenilles. Privés de pattes écailleuses et membraneuses, quelques-uns se traînent ou rampent sur le corps à l’aide de poils ou de soies roides, dont ils sont recouverts en trfut ou en partie. Tels sont les aphrodiles, les amphinonies , les néréides, les lombrics, etc. Deux ordres de muscles servent à leur mouvement.
Les uns s’étendent dans toute la longueur de leur corps, et forment quatre faisceaux principaux, dont deux appartiennent au ventre et deux au dos. Ces quatre muscles constituent, pour ainsi dire, la masse du corps. Ou les trouve immédiatement au-dessous de la peau. Leurs fibres sont parallèles; mais leur longueur n’excède pas celle des anneaux. Ils sont interrompus dans les plis de chacun d’eux par des espèces d’intersections que produit un tissu cellulaire serré. C’est à l’intérieur qu’on reconnaît plus manifestement l’organisation de ces muscles. On voit qu’ils sont séparés entre eux par une ligne longitudinale et enveloppés dans des espèces de poches d’un tissu cellulaire très-serré qui répondent à chaque anneau du corps. Ces quatre muscles produisent les grands mouvements. Quand ceux du dos se contractent eu tout ou en partie, par exemple, ils relèvent la portion du corps à laquelle ils appartiennent. Le même effet, mais en sens contraire, est produit par l’action contractile des muscles du ventre.
Le second ordre des muscles des annélides est spécialement destiné au mouvement des épines ou soies roides. Leur nombre égale celui des faisceaux de poils. Ainsi les faire connaître pour l’un d’eux, c’est la même chose que si on les décrivait pour tous.
Les soies, les poils, les épines, les tubercules, etc., qui font plus ou moins de saillie à la surface du corps de ces animaux, sont manitéslement mobiles. Ils rentrent et sortent à volonté. Les muscles qui produisent ces mouvements ne sont visibles que lorsque l’animal est ou vert, qu’il est privé de son canalinleslinal, etque sa peau est retournée. Alors
SIXIEME LEÇON. — MOUVEMENT DES ANIMUAX SANS VERTÈBRES
on remarque que chaque faisceau tle poils est reçu tlans la concavité d’un cône charnu, dont la base est attachée aux museles longitudinaux, et dont le sommet se fixe à l’extrémité interne des poils. Toutes les fibres qui forment ce cône sont longitudinales, mais enveloppées par un tissu cellulaire serré. Par leur contraction, elles tirent les poils au dehors et dans le sens qu’elles déterminent. Cette première sorte de muscles, qui appartient à chacun des faisceaux de poils, pourrait être nommée les muscles protracteurs des épines.
Le mouvement par lequel les épines sorties peuvent rentrer dans l’intérieur est produit par une autre sorte de muscles, qu’on pourrait appeler rétracteurs. Ils ont beaucoup moins de fibres que les premiers : aussi leur action doit-elle être faible. Ils sont couchés sur la face interne des muscles longs, à peu de dislance des trous dont ceux-ci sont percés pour laisser passer les poils j et ils s insèrent au faisceau même des épines, à peu près à la hauteur où celles-ci doivent entrer intérieurement . On conçoit que, lorsque les muscles protracteurs se contractent, ils poussent au dehors le réfracteur, qui, lorsque celui-ci se contracte à son tour, tend à reprendre le parallélisme de ses fibres, et lire' ainsi les épines en dedans.
C’est à l’aide de ces muscles et des épines qu’ils meuvent que ces vers rampent et changent lentement de lieu.
Une autre famille d’annélides, dépourvue d’épines et’ de soies, n’a pas la même organisation musculaire : aussi sa manière de ramper diffèret-elle beaucoup de celle des premiers.
Elles se traînent à l’aide des deux extrémités de leur corps, qu’elles appliquent alternativement sur le plan qu’elles veulent parcourir. Une organisation particulière les rend propres à ce genre de progression.
Les unes, comme les sangsues, ont la tête et la queue terminées par une espèce de disque charnu contractile qui ressemble un peu à ceux des poulpes. L’organisation de ces deux disques, qui font l’office des ventouses ou des suçoirs, n’est pas facile à déterminer; car, lorsque la peau qui les recouvre est enlevée, on n’y voit que des fibres trèsdéliées entrelacées diversement.
Quoique cet ordre de vers à suçoirs soit très-
[M. Délia Clilaje compte trois couches de muscles très-minces situés sous la peau. La plus externe est composée de libres obliques disposées de telle sorte, que celles de droite s’entre-croisent avec celles de gauche pour former uu réseau. La seconde couche se compose de fibres longitudinales qui divergent vers la queue pour former la ventouse. La troisième couelie se compose de fibres circulaires. Ces diverses couches de muscles étant mises eu action produisent rallongement ou le raccourcissement du corps.]
contractile, on a cependant beaucoup de peine à reconnaître les muscles qui meuvent leur corps. Eu effet, toute leur peau peut être regardée comme un muscle ou une espèce de sac charnu, à fibres circulaires et longitudinales, qui renferme les vaisseaux, les viscères et les glandes. Celte peau musculeuse est épaisse et recouverte intérieurement par un tissu cellulaire très-serré et très-solide ¥.
Lorsque l’animal veut changer de lieu, le corps appuyé sur l’une de ses extrémités, à l’aide de la ventouse qui la termine, il contracte isolément les fibres circulaires de sa peau ; alors son corps diminue de diamètre et s'allonge. Quandson extrémité libre est parvenue ainsi au point sur lequel l’animal a voulu la porter, il l’y applique, et le suçoir s y colle pour devenir le point fixe d’un nouveau mouvement : car l’animal, après avoir détaché son premier suçoir mis en usage, le ramène vers le second à l’aide des fibres longitudinales de sa peau, et ainsi de suite. Voilà le mécanisme de la progression des vers à disques terminaux.
ARTICLE III
DES ORGANES Dû MOUVEMENT DES ANIMAUX RAYONNES ou ZOOPHYTES.
Les organes du mouvement des animaux rayonnés varient tant dans leur nature, leur forme et leui action, que, dans l’impossiblilé d’en donner une idée générale précise, nous serons obligés de les étudier particulièrement dans chacune des classes de cet embranchement. [Bans les premières on trouve encore la fibre musculaire réunie en faisceaux ou étendue en couches, mais dans les dernières il n’y en a plus de traces, et la substance entière du corps, molle et quelquefois même gélatineuse, paraît être uniquement un tissu contractile dans lequel on n’aperçoit ni fibres ni vaisseaux *\ Plusieurs zoophytes sont entièrement mous ; mais la plupart sont soutenus par des parties dures, cornées ou calcaires, externes ou internes. ]