ARTICLE DIXIÈME. — ENVELOPPES DU CERVEAU
On retrouve dans les oiseaux la faux du cerveau; elle a, dans le dindon, la forme d’un segment de cercle; elle s'étend du milieu de l'intervalle des ouvertures des nerfs olfactifs jusqu’à la lente du cervelet. La faux du cervelet manque ; sa tente est peu étendue, soutenue par une lame osseuse, et il y a en outre deux replis particuliers, un de chaque côté, qui séparent les hémisphères d’avec les tubercules bijumeanx.
Dans les vertébrés à sang froid, il n’y a aucun de ces replis. La dure-mère des reptiles et des poissons est toujours adhérente à la surface interne du crâne, elle est meme souvent séparée du cerveau par une humeur muqueuse ou huileuse plus ou moins solide. [Dans certains poissons, comme les cyprins , les cottes , elle est ponctuée de noir; dans d’autres, comme les brochets, l 'orphie, la perche, elle a un brillant métallique.]
b. La membrane arachnoïde a été nommée ainsi par rapport à sa texture extrêmement délicate et transparente, qui l’a fait comparer à une toile d’araignée. [Elle est de la nature des membranes séreuses, et par conséquent toujours en contact avec elle-même par l’une de ses faces, tandis que par l’autre elle «st en contact avec la dnre et la piemère. De son feuillet externe, elle tapisse toute la cavité de la dure-mère et ses replis, et lui donne cet aspect lisse et brillant dont il est question plus haut ; de son feuillet interne] elle enveloppe la piemère , mais elle ne s’enfonce pas avec clic dans les sillons du cerveau ; elle est tendue au-dessus de ces enfoncements, et forme là comme un pont, à l’exception cependant des endroits dans lesquels se prolonge la membrane interne de la dure-mère ; elle forme un vaste entonnoir dans lequel est reçue la moelle épinière. Ce sac paraît naître dans l’homme immédiatement au-dessous de l’origine des nerfs optiques.
Dans les vertébrés à sang froid, chez lesquels, Comme nous l’avons déjà dit, le cerveau ne remplit pas toute la cavité du crâne, à beaucoup près, l'arachnoïde est remplacée par une cellulosité lâche qui occupe tout l’espace compris entre la dure et la pie-mère, et elle est ordinairement abreuvée d’une humeur de consistance de gelée, comme dans les poissons cartilagineux, et quelquefois sanguinolente. Dans la carpe, et dans le muge et le sausnon, cette humeur ressemble à une écume huileuse. [Dans l’ esturgeon et le thon, c’est une graisse assez compacte.]
c. La pie-mère est la membrane qui enveloppe lmmédiatement la substance du cerveau ; elle s’enfonce dans tous les sillons qui sont tracés sur sa surface et qui en forment les circonvolutions. Elle Parait composée de vaisseaux sanguins; mais cependant les artères et les veines ne font que la pénétrer. On a remarqué qu’elle est beaucoup plus olide, et qu’elle a un plus grand nombre de vais-
seaux sur les endroits où elle ne recouvre que la substance grise du cerveau, que dans ceux où elle enveloppe la substance médullaire et les nerfs : elle suit aussi la moelle vertébrale, qu’elle enveloppe; elle pénètre dans plusieurs ventricules, mais elle ne s'attache point à leurs parois; elle flotte dans leur intérieur en y supportant les vaisseaux : on nomme les prolongements qu’elle y forme plexus choroïdiens.
Les replis de la pie-mère, qui pénètrent dans les circonvolutions, sont attachés à la substance du cerveau par une cellulosité fine qui parait être produite par des vaisseaux sanguins d’une ténuité extrême.
Le plus grand des prolongements de la pie-mère se trouve, chez les mammifères, dans la partie des ventricules antérieurs qui correspond au-dessous de la voûte et au-dessus des couches optiques. C’est une toile vasculeuse repliée sur elle-même, et formant une espèce de cordon. Lorsqu’elle est étendue, on lui trouve une forme à peu près triangulaire. Les vaisseaux qui la pénètrent sont entrelacés d’une manière bien plus serrée sur les bords de cette toile : ce sont eux qu’on désigne plus particulièrement sous le nom de plexus choroïdes. II y a encore un plexus à peu près semblable au milieu de la face inférieure de cette toile, et positivement sur l’ouverture du troisième ventricule.
Dans les oiseaux, il y a deux bandes étroites qui pénètrent dans les ventricules et qui en occupent toute la longueur.
11 y a bien une disposition analogue dans les poissons ; mais là le plexus adhère aux parois des ventricules et n’y flotte point.
[Dans les tortues, les plexus choroïdes sont assez volumineux, et lorsqu’on les développe, ils ont l’apparence de folioles à l’extrémité de leurs ramuscttles (I).]
On trouve deux autres prolongements de la piemère dans le quatrième ventricule situé sous le cervelet, un pour chaque côté. Us sont libres et sans adhérence bien marquée : il n’y en a pas dans les oiseaux, [mais ils sont extrêmement considérables dans les tortues, où ils complètent le plafond du quatrième ventricule, comme nous l’avons dit plus haut.
Dans quelques reptiles, la pie-mère a une coloration brunâtre; dans le muge, parmi les poissons, elle est d’une couleur orangée.
Il y a toujours entre la pie-mère et l’arachnoïde, dans la cavité du crâne et dans celle du rachis, un liquide que l’on nomme liquide cérébro-spinal, et dont nous parlerons à l’article de la moelle épinière. ]
(r) Voy. Bojanus, Août. test, europ., pl. XXI, 6g. 9<-
NEUVIÈME LEÇON. — CERVEAU DES ANIMAUX VERTÉBRÉS
ARTICLE XL