ARTICLE TREIZIÈME. — NERFS PELVIQUES ET CAUDAUX
ait de trois à cinq vertèbres lombaires, le plexus crural n’est formé que de deux paires de nerfs; il en est de même dansles au 1res sauriens; mais dans les grenouilles il l’est de trois paires.]
D. Dans les poissons.
Il n’y a point de différences distinctes entre les nerfs de la colonne vertébrale : tous se distribuent dans les espaces intercostaux et interépineux, [et ne présentent d’autres particularités que celles que nous avons déjà indiquées, c’est à-dire que chaque branche supérieure fournit un blet au nerf dorsal de Weber, et chaque branche inférieure un filet au nerf latéral et au nerf de la nageoire anale. Dans les poissons thoraciques et jugulaires, c’est de la quatrième paire spinale que les nageoires ventrales tirent leurs nerfs. Dans les poissons abdominaux et dans les chondroplérygiens, les ventrales reçoivent leurs nerfs de paires plus reculées. Ce sont les septième et huitième paires spinales qui les fournissent dans la carpe.
ARTICLE XIII
DES NERFS Pliï.VIQUES ET CAUDAUX.
Les nerfs pelviques ou sacrés sortent du canal vertébral par les trous appelés vulgairement sacrés, ordinairement an nombre de cinq, quelquefois plus, quelquefois moins. La branche postérieure qui sort par les trous postérieurs est la moins considérable; elle s’unit à sa sortie avec les branches postérieures des nerfs situés immédiatement audessus et au-dessous; elle sedistribuepar beaucoup de filaments dans les muscles et la peau des fesses et dans les parties latérales de l’anus. La branche antérieure est celle qui produit les nerfs sacrés ou pelviques proprement dits. [En s’unissant entre elles, ces branches contribuent à former un plexus nommé plexus sacré ou sciatique, qui se compose des branches antérieures des deux derniers nerfs lombaires et des trois ou quatre premiers sacrés, et qui est situé au-devant du muscle pyramidal, derrière les vaisseaux hypogastriques, le rectum et la vessie. ]
La première paire se porte vers l’échancrure ischialique dans l’intérieur du bassin. Après avoir fourni quelques filets aux ganglions inférieurs du grand nerf sympathique, elle s’unit et se confond avec la paire sacrée qui suit. Puis, un peu plus loin, elle reçoit le gros tronc formé par la quatrième et la cinquième paire des lombes ; elle donne en outre un rameau qui, se séparant du cordon ischialique, lorsqu’il passe dans I échancrure, va se distribuer dans l’épaisseur du muscle moyen fessier.
La seconde paire fournit des rameaux qui se distribuent à peu près de la même manière que ceux de la première; mais elle se partage dans l’intérieur du bassiu en deux portions, dont la supérieure s’unit au tronc de la première paire, comme nous l’avons vu, et dont la seconde va se confondre avec la troisième paire pour former le nerf ischiatique. Deux filets, sous le nom de petit sciatique , se détachent de la partie postérieure de celte paire et la suivent dans l’échancrure; mais ils s’en séparent au delà. L’un se perd dans le muscle grand fessier; l’autre s’unit à un rameau de la paire suivante, forme un petit tronc unique, et se resépare ensuite pour se distribuer à la partie postérieure de la cuisse et de la jambe au-dessous de la peau, et aux téguments de la fesse, de l’anus et du péDis ou de la vulve.
La troisième paire s’unit, ainsi que nous l’avons indiqué, au cordon inférieur de la deuxième. Elle est béaucoup plus petite, donne d’abord des fdels pour le grand sympathique, ensuite elle en fournit un grand nombre qui se distribuent dans l’intérieur du bassin sur le col de la vessie, et jusque sur les parties latérales du vagin dans la femme, et constituent les nerfs vésicaux inférieurs; ils forment là un plexus très-considérable, en s’unissant à des filets du nerf grand intercostal, et donnent les nerfs hémorrhoïtlaux moyens. Cette paire fournil encore beaucoup de rameaux, dont les uns se portent à la partie postérieure de la cuisse, et d’autres sous la peau des fesses.
La quatrième paire des nerfs sacrés se distribue à peu près de la même manière que la précédente. Elle donne en outre quelques filets aux muscles de l’anus, et un gros rameau qui s’unit à d'autres qui viennent du nerf sciatique pour former un tronc très-remarquable, Vhémorfhoïdal inférieur, qui passe entre les deux ligaments sacro-sciatiques, et qui se partage ensuite en deux branches, dont l’une se perd dans les muscles de l'anus et dans J’obturaieur interne, et l’autre se porte aux muscles du pénis et sous les téguments de cet organe, on sous les téguments de la vulve dans la femme.
Enfin, la cinquième paire, qui est la moins grosse de tontes, se distribue à peu près comme la quatrième; [elle fournit comme celle-ci des filets au grand sympathique, et est principalement destinée à la région coceygicnne. ]
Il n’v a point de nerfs caudaux ou coccygiens dans l’homme, [à moins que l’on ne considère avec quelques anatomistes, comme nerfs coccygiens, une dernière paire qui passe quelquefois entre le sacrum et la première vertèbre coccygienne, s’anastomose avec le grand sympathique et avec la cinquième paire sacrée, et donne des filets à la région coccygienne. ]
Les mammifères et les oiseaux ne présentent guère de différences digues de remarque dans
DIXIÈME LEÇON. - NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS
leurs nerfs pelviques. [Le plexus sciatique est toujours formé île trois, quatre ou cinq paires de nerfs, et plus distinct que dans l'homme, mais il reçoit cependant toujours un rameau anastomotique du plexus crural.] Il y a des nerfs coccygiens dans les mammifères; ils sortent du canal vertébral par les trous dont sont percées les premières vertèbres caudales : nous allons les faire connaître d’après le lapin.
La première paire sort entrela dernière pièce du sacrum et la première vertèbre de la queue. Elle sort du bassin au-devant du muscle ischio-coccygien par l’échancrure ischialique; elle se partage alors en deux branches, l’une qui s’unit au nerf sciatique, l’autre qui continue de se porter entre le bassin et la queue jusque dans une glande située sous la sixième paire caudale, glande dans laquelle cette branche se termine; mais dans ce trajet elle s’unit à beaucoup d’autres nerfs ; elle en produit d’autres, et constitue ainsi un plexus très-remarquable, que nous nommerons plexus caudal.
La première branche ou plutôt le premier filet qui s’en détache, se glisse sous les muscles fessiers, dans l’épaisseur desquels il se perd; puis, du côté interne, il s’y joint un petit filet anastomotique qui paraît provenir de la seconde paire caudale; du côté externe, trois ou quatre filets qui forment un plexus en forme de réseau, duquel partent beaucoup de filaments pour les muscles, et un gros filet qui se plonge dans le bassin, et qui Va se perdre dans la verge, où on le suit très-facilement, parce qu’il diminue peu de grosseur. Ensuite, et du côlé interne, trois ou quatre filets qui proviennent de la troisième, quatrième et cinquième paire des nerfs caudaux; puis de nouveau, du côté externe, cinq ou six filaments pour les muscles de la verge et ceux qui s’attachent à l’ischion ; enfin, le tronc de la première paire caudale se termine dans la glande dont nous avons parlé.
[Le nombre des paires coccygiennes varie suivant la longueur de la queue. 11 est inutile de dire que dans les cétacés, où il n’y a pas de membres abdominaux, on ne trouve ni plexus crural ni plexus sciatique ; les paires coccygiennes, au contraire, sont proportionnées aux énormes muscles de la queue.
Dans les oiseaux, le plexus, ou plutôt le nerf sciatique, car il n’y a plus entrelacement, mais seulement réunion de plusieurs branches pour former un nerf, est composé de quatre paires, qui sortent toutes de cette partie sacrée moyenne, dépourvue d’apophyses transverses, dans laquelle est logé le lobe épais du rein ; après eux viennent les nerfs coccygiens, qui s’unissent en un véritable plexus, et fournissent les filets qui se rendent à l’anus et aux parties voisines, et ceux des muscles de la queue.
Dans la tortue d’Europe, le plexus sciatique est formé de deux paires sacrées et d’une branche descendante de la dixième dorsale ( on sait que ces animaux n’ont point de vertèbres lombaires ). Le nombre des nerfs coccygiens est de trentequatre.
Ce plexus n’est formé, dans le caïman à lunettes, que d’une paire sacrée et d’une branche descendante venant du plexus crural; les premières paires coccygiennes composent, avec plusieurs filets du grand sympathique, un véritable plexus qui fournit des ramuscules à l’anus et à la queue. Le nombre de ces paires coccygiennes égale celui des Vertèbres de la queue.]
Dans les poissons, les nerfs sacrés et caudaux ne sont pas distincts. Nous avons indiqué la distribution de ceux qui se portent aux nageoires ventrales. Ceux de la queue ressemblent aux in tercostaux; ils se perdent dans les muscles, [en fournissant toujours les deux branches d’anastomose pour le nerf de la ligne latérale et pour le nerf dorsal de Weber, aussi loin qu’ils se prolongent. ]
ARTICLE XIV