‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 240 sur 367 · C. Dans les oiseaux · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux

Le nerf obturateur provient aussi du plexus formé par les paires lombaires. Il passe par le trou sous-pubien avec le tendon de l’obturateur interne, et se divisp aussitôt après sa sortie du bassin en un grand nombre de rameaux qui se terminent dans les muscles qui enveloppent l’os de la cuisse, et principalement dans ceux qui entourent son articulation et dans les muscles adducteurs.

Le fémoral est évidemment formé par les trois dernières paires de nerfs lombaires qui forment un plexus au-dessus du bassin, etduquel se détache le nerf obturateur. Parvenu dans l’aine, le nerf crural se partage en trois branches principales, lesquelles se divisent et se subdivisent dans les différents muscles de la face antérieure et interne de la cuisse ; beaucoup se terminent à la peau, sur laquelle on les suit très-facilement.

Le nerf sciatique est produit dans les oiseaux principalement par les quatre paires pelviennes supérieures ; il se porte vers l’échancrure ischiatique du bassin, derrière la cavité cotyloïde. Sorti du bassiu,il se divise en deux portions principales : Tune postérieure, qui est un faisceau composé de sept ou huit branches qui se perdent dans les muscles fessiers et adducteurs de la cuisse ; l’autre portion est un cordon simple, très-gros, qui parait être le tronc du nerf. Il suit la direction du fémur, donne quelques branches grêles qui se portent dans les muscles fléchisseurs de la jambe. Arrivé vers la partie moyenne et postérieure de l’os de la cuisse, le tronc se divise en deux nerfs : l’un, qui est le plus rapproché des os, et qui paraît être le

poplité externe ; l’autre, qui est le plus gros et qui tient lieu du tibial.

Ce dernier, arrivé à la hauteur du jarret, se divise en deux branches. La plus grosse des deux se partage en six ou sept rameaux destinés aux muscles de la partie postérieure de la jambe, et principalement aux jumeaux et au soléaire; l'autre branche continue de se porter derrière les os de la jambe. Arrivée sous le talon, elle passe dans une coulisse, et continue de se porter sous les os du métatarse; parvenue vers leur extrémité digitale, elle se partage en quatre, ou trois, ou deux portions, selon le nombre des doigts de l’oiseau. Ces filets se portent sur le bord péronier de chacun des doigts.

Le nerf poplité externe , ou la seconde branche principale du sciatique, est, comme nous l’avons dit, celle qui est le plus près des os. Arrivée sous le jarret, elle se porte vers le bord péronier de la jambe, et se partage eu beaucoup de filets qui se perdent dans les muscles de la partie antérieure de la jambe. Deux des filets, beaucoup plus gros et plus longs, suivent les os de la jambe : l’un sur le bord péronier, l’autre sur le tibial, lis passent ainsi au-dessus de l’articulation du tarse dans deux coulisses qui leur sont particulières; ils se rapprochent ensuite, et se trouvent situés dans la gouttière antérieure des os du métatarse, après quoi ils se séparent de nouveau. La branche tibiale se porte entre le second et le troisième doigt, et la péronière entre le troisième et le quatrième, quand il existe; elles en suivent les bords et s’y terminent sous la peau, près de l’ongle. On voit par cette description, faite d’après la ciyogne spécialement, quoique nous ayons fait des recherches à cet égard dans plusieurs autres oiseaux, que les nerfs du membre abdominal sont à peu près les mêmes que dans les mammifères.

[ L 'aigle, la corneille et la poule nous ont montré exactement les mêmes dispositions, et il y a tout beu de croire qu’il en est de même dans tous les oiseaux, ]

I). Dans les reptiles.

[ Du plexus crural de la tortue d’Europe , ou plutôt de la patte d’oie formée par la réunion des septième, huitième et neuvième paires dorsales, sortent d’abord un filet pour le muscle droit abdominal, un autre pour l’oblique, un troisième pour l’iliaque, un quatrième pour le psoas et le grand fessier ; le plexus fournit ensuite le nerf crural, qui se distribue comme à l’ordinaire. Le nerf obturateur ne sort pas du plexus; il est formé par la branche moyenne de la neuvième paire, dont la branche antérieure va au plexus, et la postérieure à la dixième paire.

Le nerf sciatique donne quelques ratnuscules au

DIXIÈME LEÇON. — NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS

moyen fessier, à l'obturateur externe, et se continue en un gros nerf qui ne se ramifie plus qu’à la hauteur du jarret. Il donne les nerfs péronier et tibial. Ce dernier se divise immédiatement eh deux rameaux : 1° un interne, qui se distribue dans les muscles profonds de la jambe, de la face plantaire du pied, et pour lequel seul M. Bojanus réserve le nom de nerf poplité; 2° un externe, le tibial proprement dit, qui donne des filets aux muscles externes et à la peau des mêmes parties.]

Dans les lézards, il y a un petit filet nerveux qui provient du nerf fémoral, et qui tient lieu du nerf sous-pubien. Le nerf fémoral lui-même est formé des deux dernières paires lombaires, cl passe au-dessus des os du, bassiu pour se distribuer aux muscles de la partie antérieure de la cuisse. Le nerf sciatique est produit par les trois paires de nerfs qui suivent et qui reçoivent aussi un filet de la dernière paire lombaire. Le cordon unique qu’elles forment suit le bord interne de la cuisse; et en se subdivisant dans les muscles, il se porte jusqu’aux doigts du pied.

La distribution des nerfs du membre abdominal est à peu près la même dans la salamandre. Il n’y a de différences que dans la manière dont le plexus est formé. Ici le nerf fémoral est produit par une seule paire lombaire qui envoie une branche au plexus sciatique qui est formé par les deux paires suivantes.

Dans la grenouille, trois paires de nerfs entrent dans la composition du plexus fémoral ; elles parcourent toute la longueur des os iléons, qui sont ici fort étendus, avant de se réunir pour former le plexus. A la hauteur de la cuisse il s’en sépare un nerf qui tient lieu de fémoral antérieur, qui se distribue, comme par une irradiation, aux muscles de la partie antérieure de la cuisse. Le reste du plexus se porte dans le bassin, et forme un gros cordon qui sc porte à la partie postérieure de la cuisse, qu’on peut regarder comme le nerf sciatique. Il s’en détache de suite un grand nombre de filets pour les muscles de la cuisse. Vers la partie moyenne et postérieure, il se partage en deux branches qui passent sous le jarret et qui représentent les deux nerfs poplités interne et externe, qui se distribuent ensuite à la patte de derrière à peu près de la même manière que dans le pied de l’homme.

E. Dans les poissons.

La nageoire ventrale, qui représente le pied de

(i) Cependant quelques anatomistes (Hirzel, ünlersuchungen ûber die rerbindungen des sjrmpathischen Nervens mit den Himnerven. In-4'\ Heidelberg, t8s5.-s- Bazin, du Système nerveux de la -vie animale et de la vie

derrière, reçoit des nerfs qui proviennent des paires vertébrales.

Dans les poissons cartilagineux, comme la raie, huit ou neuf paires se portent directement en dehors vers la nageoire ventrale. Lés quatre ou cinq premières se réunissent en un seul tronc qui passe par un trou particulier dont est percé le cartilage qui soutient les rayons; les autres paires se portent directement au dessus des rayons. Tous ces nerfs se distribuent sur les muscles, absolument de la même manière que dans la nageoire pectorale.

Dans les poissons osseux, comme les silures, les paires vertébrales qui se distribuent dans les muscles intercostaux envoient des filets qui vont se perdre dans les muscles propres à mouvoir la nageoire. Quelques-uns des filaments peuvent être manifestement suivis jusque sur la membrane qui recouvre les rayons.

ARTICLE XVI

BU NERF GRAND SYMPATHIQUE, APPELÉ ENCORE GRAND INTERCOSTAL OU TRI-SPLANCHNIQUE.

A. Dans l’homme.

Ce nerf ne peut point être considéré comme provenant immédiatement du cerveau (1). Il est en communication d’une manière toute particulière avec plusieurs paires encéphaliques, et avec les trente paires des nerfs vertébraux. [ Chaque nerf vertébral, après la réunion de ses racines sensitives et motrices en un ganglion d’où sortent les nerfs qui viennent de nous occuper, donne un filet probablement composé des mêmes éléments, et qui se porte sur le côté de la vertèbre; là, au point de rencontre avec le sympathique, il se produit un autre ganglion. Chacun de ces ganglions communique par des filels avec celui qui le précède et avec celui qui le suit, en sorte qu’il résulte de leur ensemble un cordon noueux étendu depuis la tête jusqu’au bassin. Le cordon d’un côté communique avec celui du côte opposé, dans le crâne et dans le coccyx, formaut ainsi une sorte de chapelet de ganglions, d’où émanent les nombreux filels qui accompagnent les artères du tronc, et ceux qui se rendent aux glandes et aux muscles involontaires des viscères. ]

La portion du nerf grand sympathique qui est la plus voisine du cerveau s’observe dans le canal

végétative, etc. Paris, i84r, m-4°), décrivent des filets nerveux qui, se rendaot du plexus caverneux à la glande pituitaire, établiraient une communication directe entre le grand sympathique et le cerveau.

ARTICLE SEIZIÈME. — NERF GRAND SYMPATHIQUE

carotidien de l’os temporal, où elle forme un plëxtls autour de l’artère carotide. Nous avons indiqué déjà les filets qui l’nnisseflt à la troisième, à la cinquième ét à la sixième paire, [ au glossopharyngien, au pneumogastrique et à l’hypoglosse, ainsi que ses communications avec les ganglions ophthalmique , sphénopalalin , optique et sousmaxillaire. ]

tes filets nerveux qui produisent le plexus carotidien sc rassemblent à la base du crâne en un seul tronc qui forme un renflement allongé, de couleur gris-rougèâtre , qui s’étend jusqu’à la troisième vertèbre, et qu’on nomme ganglion cervical supérieur. Ce ganglion reçoit des filets dès son origine de la première et de la seconde paire cervicale, quelquefois de la troisième et de la quatrième : il est toujours uni avec le nerf vague, ainsi qu’avec l’artère carotide, par une toile celluleuse très-serrée. Sa figure est oblongue, ovale, plus pointue inférieurement.

Après avoir subi ce renflement, le tronc du nerf, qui est alors assez grêle, descend le long et derrière l’artère carotide jusqu’à la partie inférieure du col, où il forme un nouveau ganglion nommé cervical inférieur . Dans ce trajet, il reçoit ou donne des filets à chacune des branches cervicales par sa partie postérieure. Il s’en détache d’autres de sa partie antérieure pour le pharynx et pour les glandes, dont les filaments, en s’unissant entre eux, produisent autour des artères carotides des plexus très-grêles. Les muscles de la facé antérieure du col en reçoivent aussi un grand nombre. Enfin, parmi les autres filaments qui, par leur ténuité, échappent aux recherches, on en remarque quelques-uns qui, s’unissant aux filets de la paire vague, pénètrent dans la poitrine et vont former le plexus cardiaque inférieur, ainsi que nous l’avons indiqué en décrivant le nerf vague.

Le ganglion cervical inférieure st aplati. Sa figure varie; elle est oblongue, triangulaire ou carrée, selon les individus. 11 est ordinairement situé audevant del’apophyse transversede la septième vertèbre du col, et se confond quelquefois avec le premier ganglion thoracique. 11 reçoit ordinairement des filets des quatre dernières paires cervicales, rarement des paires dorsales. 11 paraît en produire d’autres qui, se portant du côté interne, vont se joindre au récurrent delà paire vague, au nerf diaphragmatique, aux nerfs qui produisent les plexus cardiaques supérieur et inférieur. [Il reçoit ou donne un filet qui accompagne l’artère vertébrale dans le canal des apophyses transverses cervicales, et qui s’anastomose avec les sixième, cinquième, quatrième et troisième paires vertébrales, en formantde petits renflements semblables à ceux qui existent sur le rameau carotidien du ganglion cervical supérieur.

Il arrivé assez souvent qu’il existe à la hauteur

de la cinquième ou dé la sixième vertèbre cervicale, un ganglion intermédiaire, de volume et de forme variables, qu’on appelle cervical moyen ou thyroïdien, cl qui dürine des rameaux à l’artère thyroïdienne, au nerf cardiaque, et une anastomose avec le nerf récurrent. Ces rameaux sont fournis par le cordon qui fait communiquer les ganglions cervicaux supérieur et inférieur, lorsque le ganglion cervical moyen manque. ]

Le tronc du nerf sympathique, situé derrière l’artère vertébrale, entre dans la poitrine; et parvenu au-dessus ou un peu au-dessoUs de la tète de la première cote, encore recouvert par l’artère sous-clavière, il éprouve un nouveau renflement qu’on a nommé ganglion thoracique supérieur. A ce ganglion viennent se rendre des filets nerveux des paires cervicales inférieures, de la première paire dorsale, et quelquefois même tin autre de la seconde paire. 11 produit trois ordres de filaments : les uns vont s’unir au plexus cardiaque; les seconds forment un plexus autour des artères sousclavière et vertébrale; les autres se perdent dans les muscles scalètieet long du col. [Ainsi que tous les autres ganglions thoraciques , il fournit, de sa partie interne, un filet qui traverse le ligament vertébral antérieur et pénètre dans la vertèbre.]

La suite du nerf grand sympathique dans la cavité de la poitrine est un peu plus grosse que sur le col ; elle est collée au-dessous de la plèvre, et passe par-dessus les têtes des eûtes. Dans son trajet jusqu’au diaphragme, elle reçoit les filets des paires dorsales à angle aigu. A chacun des points d’union, il se forme un renflement ou ganglion qu’on désigne par des dénominations numériques. Leur forme varie ainsi que leur grosseur.

A la hauteur du sixième ganglion, il se détache ordinairement des ganglions suivants cinq ou six branches qui se portent eu bas et en dedans, vers le corps des vertèbres. Elles s’unissent là, et il en résulte un cordon particulier, qui pénètre dans le bas-ventre par une ouverture du diaphragme, muscle auquel il donne quelques filets : on nomme ce cordon grand nerf splanchnique.

Arrivé dans le bas-ventre, le cordon dont nous venons de parler s’aplatit presque aussitôt, et forme une espèce de lunule nerveuse au-devant de l’aorte. Sa forme l’a fait désigner sous le nom de ganglion semi-lunaire . Inférieurement, il se joint à celui du côté opposé. 11 en sort un grand nombre de filaments : les uns sont pour le diaphragme, beaucoup d’autres sc portent, sons forme de plexus, autour de l'aorte et des artères rénale, c ofcliaque et mésentérique supérieure.

On nomme en particulier plexus solaire celui qui enveloppe l’artère cœliaque, et qui reçoit beaucoup de filets de In paire vague. Les autres plexus ont tiré aussi leur nom de leur situation sur les artères

DIXIÈME LEÇON. — NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS

coronaire stomachique, splénique , hépatique et mésentérique supérieure.

Quant an tronc même du grand sympathique, que nous avons laissé dans la poitrine, il continue de descendre jusqu’au diaphragme ; mais des deux ou trois derniers ganglions thoraciques, il se détache un filet appelé petit nerf splanchnique , qui s’approche du grand, lors de son passage au travers du diaphragme, [et qui se porledans le plexus solaire et dans le plexus rénal. ]

La manière d’être du grand sympathique dans l’intérieur du bas-ventre est à peu près la même que dans la poitrine. Il éprouve sur chaque vertèbre lombaire un renflement auquel viennent se rendre deux ou trois filets de chacune des paires lombaires. Il s’eu détaebe aussi beaucoup de filets qui vont se joindre aux plexus que nous avons fait connaître. Us en forment un particulier autour de l’artère mésentérique inférieure, des artères spermatiques et hypogastriques, dont ils prennent les noms. Le dernier plexus donne des filets à toutes les artères voisines, au colon et au rectum, aux uretères, à la vessie et aux parties de la génération.

Parvenu dans le bassin, le grand sympathique continue de se porter sur l’os sacrum ; arrivé vers les vertèbres caudales, les deux troncs devenus très-grêles s’unissent et forment à leur point d’union un dernier ganglion. Dans ce trajet, il y a autant de renflements que de nerfs sacrés : il arrive cependant quelquefois qu’il n’y a point du tout de ganglion terminal.

Ainsi se termine le nerf grand sympathique dans l’homme.

B. Dans les mammifères.

Le nerf grand sympathique des mammifères est à peu près semblable à celui de l’homme. Nous allons en présenter une description faite d’après des recherches exactes dans le loup , le raton, le porcépic, le mouton et le veau.

Le grand sympathique s’unit manifestement dans l’intérieur du crâne et dans l’épaisseur de la dure-mère avec la cinquième et la sixième paire de nerfs : cette anastomose est très-remarquable.

A son entrée dans le crâne par le trou déchiré, il est très-distinct du nerf vague, mais très-adhérent au périoste de l’os de la caisse. Lorsqu’on tend le cordon qu’il forme, en le tirant à soi, on voit qu’il se divise en six ou sept filets qui forment entre eux un réseau à mailles très-serrées. A deux ou trois lignes de là, selon la grosseur de l’animal, tous ces filaments se serrent entre eux et s’unissent si intimement de nouveau, que le ganglion qu’ils forment paraît comme cartilagineux dans sa coupe. De ce ganglion partent des filets extrêmement nombreux dont les nos, très-courts, vont se

porter dans le nerf de la cinquième paire, et dont les autres, plus longs et plus grêles, forment une espèce de réseau de couleur rougeâtre, entremêlé de vaisseaux sanguins. C’est ce réseau que Willis a regardé comme un petit rote admirahile. 11 parait que la communication avec la sixième paire se fait à i’aide de ce réseau qui enveloppe le nerf de toutes parts, et dont il est très-difficile de le dégager. Au reste, nous n’avons pas remarqué de branche particulière d’anastomose dans le veau et dans le bélier.

Dans son trajet au travers dn trou déchiré, le nerf grand sympathique donne un filet nerveux qui entre dans la caisse du temporal ; il s’unit aussi là d’une manière intime avec la huitième paire, dont il se détache à la base du crâne pour former un gros cordon.

A quelques lignes de distance de sa sortie du crâne, le grand sympathique se renfle en un gros glanglion rougeâtre, de forme allongée et ovale ; c’est le ganglion cervical supérieur. La manière dont il s’unit aux nerfs voisins est analogue à ce qu’on observe dans l’homme.

Après avoir donné ou reçu les différentes anastomoses avec les nerfs voisins, le ganglion cervical supérieur se termine en un filet grêle qui se porte à la partie antérieure du col au-devant du muscle long du col jusqu’à la septième vertèbre. Dans ce trajet il reçoit des filets nerveux trèsgrêles de toutes les paires cervicales.

Au-devant de la dernière vertèbre du col il forme une anse qui se porte de dedans en dehors vers la première côte, sur la tête de laquelle il s’unit au premier ganglion thoracique.

De la convexité de l’anse parlent plusieurs filets qui, parvenus dans la poitrine, glissent le long du médiastin sur le péricarde où ils sc perdent. D’autres forment un plexus autour de l’artère sousclavière.

Le premier ganglion thoracique est de figure semi-lunaire plus ou mois allongée, selon l’animal. Sa concavité est interne. Par son bord convexe, il reçoit ou donne quatre ou cinq filets nerveux. Le plus supérieur sc glisse le long de l’artère vertébrale, et pénètre avec elle dans le canal en formant autour d’elle un plexus qu'on suit trèshaut, et qui probablement entre dans le crâne avec l’artère. Les autres filets s’unissent à la dernière paire cervicale et aux deux premières dorsales.

De la concavité, ou du bord supérieur et interne de ce premier ganglion thoracique, parlent un, deux ou trois filets qui se portent transversalement ou obliquement en en -bas vers les artères pulmonaires à leur entrée dans le poumon ; ils s’unissent là au nerf .vague pour former les plexus pulmonaire et cardiaque inférieur.

Le tronc du nerf grand sympathique continue de descendre dans la poilrinejusqu’au diaphragme,

ARTICLE SEIZIÈME. — NERF GRAND SYMPATHIQUE

en formant au-dessus de la tête de chaque côte un ganglion qui reçoit un filet nerveux de chacune des paires vertébrales; enfin, il traverse le diaphragme, en formant un cordon unique qui est le véritable nerf splanchnique.

Parvenu dans la cavilé abdominale , le nerf splanchnique se porte vers la ligne moyenne audessous de l’estomac; il se divise souvent là en deux cordons qui se réunissent ensuite. De cette sorte d’anneau nerveux sort un tronc principal ou quatre à cinq filets, qui se réunissant entre eux auprès de l’artère cœliaque forment un ganglion souvent de figure semi-lunaire. Des bords de ce ganglion partent beaucoup de filets qui enveloppent les artères stomachiques, spléniqueet hépatique, et qui tiennent lieu du plexus solaire. D’autres filets enveloppent l’artère rénale, autour de laquelle ils forment aussi un plexus.

Le tronc du nerf grand sympathique continue de descendre dans la cavilé abdominale sur les parties latérales du corps des vertèbres. Chacun de ses ganglions est à peu près de forme quadrangulaire allongée. Des deux angles supérieurs, l’un reçoit la continuation du tronc, l’autre la paire vertébrale. Des deux inférieurs, l’interne donne une branche qui va se porter sur l’aorte, et concourir à quelques-uns des plexus qui entourent chacune des artères qui en proviennent ; l’autre produit la continuation du tronc.

Au reste le nerf grand sympathique se comporte, à cc qu’il parait, dans tous les mammifères comme dans l’homme ; il produit les mêmes plexus, avec quelques différences dans le nombre des filets et dans les figures que forment les ganglions; mais ces dispositions sont mêmes sujettes à varier dans l’homme.

[Les différences les plus essentielles se trouvent dans la région cervicale. Elles consistent dans l’absence presque constante du ganglion cervical inférieur et du ganglion cervical moyen : en outre, dans beaucoup de carnassiers, de pachydermes et de ruminants, le grand sympathique est renfermé le long du cou, dans la même gaine que le nerf vague, et il devient, dans quelques espèces, très-difficile de séparer ces deux nerfs. Nous avons trouvé dans le magot un grand sympathique tout à fait semblable à celui de l’homme, et on doit présumer qu’il en est de même dans les autres singes. Le lièvre et le lapin ont ce nerf séparé du vague dans la région cervicale, ainsi que le castor, 1 e porc-épic, le marsouin et le phoque. Il y a, dans ce dernier animal, un second ganglion cervical situé sur la carotide primitive, à environ vingt millimètres du ganglion cervical supérieur ; le

(1) M. Cuvier disait, dans la première édition, que l’on ne retrouvait aucune trace dn grand sympathique sur le col des oiseaux, et il ne décrivait le cordon noueux

nerf passe ensuite par-dessous l’artère, croise le nerf vague, et descend tout le long du reste du col au côté externe de la carotide, tandis que le vague est au côté interne.

Dans le chat, selon M. Weber, la réunion des deux chaînes ganglionnaires a lieu par une anastomose de l’une des branches du premier ganglion sacré avec celui du côté opposé, et à la fin du coccyx par un ganglion allongé. ]

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