SOS
DIXIÈME LEÇON. ^ NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS
Chacun des ganglions qui suivent forme ainsi une irradiation nerveuse, composée de cinq, six on sept filets, dont deux supérieurs et deux inferieurs servent d’union an ganglion qui précède ou qui suit; un ou deux à la formation d'un cordon nerveux qui tient lieu du nerf splanchnique, et un dernier qui va s'unir avec la paire de nerfs dorsaux située au-dessous.
Le cordon qui est formé par toutes les branches internes du nerf grand intercostal, cl qui lient lieu de nerf splanchnique, suit l’artère aorte de l’un et de l’autre côté. Parvenus à la naissance du trépied de la cœliaque, les filets nerveux qui proviennent des ganglions Iboraciqties produisent en s’unissant avec lui un, deux ou trois renflements, desquels portent une infinité de filets qui enveloppent les artères de toutes parts. Les ganglions remplacent ici sensiblement ceux qu’on désigne par le nom de semi-lunaires dans l’homme, et les filets qui en proviennent tiennent lieu du plexus solaire. Il se forme encore d’autres plexus sur les artères rénale et mésentérique inférieure.
Le tronc du nerf continue de suivre le corps des vertèbres ; mais les ganglions deviennent moins sensibles lorsqu'il n’y a plus de côtes, et on ne s’aperçoit plus alors que d’un petit renflement au point où s’unit la paire vertébrale. Mais il part du côté interne de chacun de ces petits renflements deux ou trois filets qui viennent former un plexus sur l’artère aorte, en s’unissant avec ceux du côté opposé.
On voit évidemment la continuation du nerf grand sympathique jusque sur les dernières vertèbres de la queue. Il est très-facile de les suivre dans le cygne. [ Mais les ganglions terminaux ne se réunissent pus en un seul, comme dans les mammifères.
Selon M. Weber (1), dans quelques oiseaux, le pic-vert, par exemple, tous les ganglions thoraciques ne contribuent pas à former le nerf splanchnique; ce nerf ne commence qu’au quatrième ganglion.]
D. Dans les reptiles.
Le nerf grand symphaliquc de la tortue bourbeuse (Dmys europœu) n’esl bien distinct que dans l’intérieur de la carapace. Il y a bien une disposition analogue à celle du premier ganglion cervical ; cependant le nerf vague lui est tellement adhérent qu’on ne peut l’en séparer. Sur le col nous n’avons vu aucun filet qu’on puisse regarder comme le tronc du nerf.
On voit très-bien sur le péritoine et sur le corps dos vertèbres des ganglions nerveux qui sont manifestement produits par le grand intercostal.
(i) Anat. comp. nervi sympath. Lipsiæ, 1817, in -8°.
Les ganglions sont absolument semblables à ceux des biseaux; ils ont deux filets supérieurs et deux inférieurs qui passent sous l’apophyse transverse de la vertèbre qui s’uitit à la carapace. Du bord interne de chacun d’eux part un nerf splanchnique qui va former des plexus aiitour de Chacune des artères que produit l’aorte; il en part un aussi qui concourt à la formation du plexus pulmonaire.
On suit très-bien ce nerf jusque sur les parties latérales des premières Vertèbres de la quelle.
[Bojanus, qui a donné iiUe figure du grand sympathique de la même espèce, le représente accompagnant dans le crâne l’artère carotide et s’unissant au nerf vidlen et aü nerf facial. A sa sortie du crâne, ce nerf est accolé au vague et au glossopharyngien, en sorte qu’il est difficile de dire s’il y a un ganglion cervical supérieur ; et comme les vertèbres cervicales manquent de canal vertébral, le nerf est également accolé au vague dans presque toute la longueur du col. Au-dessous de la sixième vertèbre cervicale, peu après la séparation du sympathique de la gaine du nerf vague, il existe un ganglion cervical moyen, duquel partent des filets qui se rendent à l’aorte, au plexus cardiaque et au plexus cœliaque. Entre les septième et huitième vertèbres cervicales sé trouve le ganglion cervical inférieur, qui n’est guère qu’un renflement allongé du nerf; viennent ensuite deux ganglions dorsaux; puis, vers le milieu du dos, un troisième et dernier ganglion qui fournit les nerfs splanchniques. Le resle du grand sympathique est formé par un ou deux cordons qui fournissent à la région sacrée un grand nombre de rameaux doht les divisions forment les plexus rénal, hypogastrique et sacré.
Dans la tortue franche , le grand sympathique, longtemps accolé au nerf vague, lui envoie, peu après s’en être séparé, un rameau considérable. Le premier ganglion thoracique est allongé; ses filets externes forment un plexus axillaire ; les internes se rendent au cœur, aux poumons et à l’aorte. Les ganglions suivants sont plus petits, et unis les uns aux autres par deux et même trois filets. Les nerfs splanchniques sont nombreux, et donnent des plexus considérables autour des artères.
D’après M. Swan (2), dans le caret le sympathique est libre et distinct le long du cou, mais il envoie au nerf vague des filets de communication. Une de scs branches passe avec une division de l’artère carotide dans un canal de la base du crâne, donne un filament au facial, et communique avec le second rameau de la cinquième paire.
Dans les crocodiles, il y a un grand sympathi-
- (2) Illustrations of the comparative anatoiny of the nervous System. By Jos. Swan. London, 1837.
ARTICLE SEIZIÈME. - NERF GRAND SYMPATHIQUE
que tout à fait régulier. Les ganglions sont en meme nombre que les vertèbres, aussi bien ù la région cervicale qu’à la région dorsale et à la région lombaire. Au col, le nerf passe entre les deux têtes des côtes cervicales. Le ganglion de la huitième vertèbre dorsale, et ceux des quatre vertèbres suivantes donnent plusieurs filets chacun, qui s’enlacent entre eux, et fournissent des rameaux à l’estomac et aux artères cœliaque et mésentérique. Les ganglions des vertèbres lombaires et sacrées donnent les plexus rénal, hypogastrique et sacré ; les nerfs des ganglions coceygiens accompagnent l’artère sacrée moyenne et ses diverses branches.
Dans les sauriens, il n'existe qu’un petit nombre de ganglions. Le ganglion cervical supérieur ; un autre à la région du cœur pour les plexus pulmonaire et cardiaque; deux ou trois vers les dernières vertèbres dorsales pour le nerf splanchnique, le plexus rénal et le plexus spermatique, et enfin un ganglion à la région sacrée pour le plexus anal et les artères de la queue ; mais le nerf n en reçoit pas moins des filets de toutes les paires spinales (1).
Dans les ophidiens on a longtemps douté de l’existence du grand sympathique. Nous l’avons observé dans un pithon et dans une couleuvre à collier, où il est d’une ténuité extrême. Les ganglions de la partie antérieure du tronc étaient très-visibles dans le premier, et difficilement apercevablesdans la seconde. On doit remarquer qu’ils ne sont point appliqués contre la tète des côtes, mais qu’ils se trouvent dans l’épaisseur de la membrane cellulaire qui attache l’œsophage et la trachée-artère au corps des vertèbres et aux côtes, et que leurs filets de communication avec les ganglions intervertébraux sont très-allongés. Dans l’une et l’autre espèce, dès qu’il a fourni les nerfs cardiaques, le symphatique s’approche de l’aorte, et finit par s’y accoler tellement, qu’il devient presque impossible de l’apercevoir autrement que
dans l’animal frais. M. Swaii l’a étudié et figuré dans le boa constrktor. Sa description s’accorde avec nos observations sur le pithon : seulement il n’a pas aperçu d’atUre ganglion que le cervical supérieur. De ce ganglion sortent deux rameaux qui longent le crâne, et vont s’anastomoser avec des rameaux de la seconde branche de la cinquième paire, en formant un petit renflement à chaque point d’union. On pourrait assimiler au ganglion sphéno-palatin un de ces renflements qui donne un filet à la membrane du nez.
Le grand sympathique existe également dans les batraciens, et M. Weber assure que son dernier ganglion, qui est assez gros, communique par deux rameaux avec le nerf ischiatique, mais qu’il ne se réunit point au nerf sympathique du côté opposé.]
E. Dans les poissons.
Le nerf sympathique des poissons est extrêmement grêle : c’est un simple filet nerveux qui se trouve situé de l’un et de l’autre côte de la colonne vertébrale. On reconnaît manifestement qu’il fournit des filets ail péritoine, et que ces filets se prolongent autour des artères des intestins; ou voit aussi qu’il y a, comme à l’ordinaire, des filets de communication pour chacune des paires vertébrales. Au point où s’opère l’union, les ganglions sont généralement peu sensibles : [cependant où les trouve assez grands dans quelques espèces, entre autres dans le pois.vnn~lUhe et dans la Iule. On peut suivre le sympathique dans la tête jusqu’au nerf de la cinquième paire, aussi bien daùs les poissons osseux que dans les cartilagineux, quoiqu’on ait nié qu’il existât dans les derniers. Ob ne l’a point encore vu dans les lamproies, et l’on suppose qu’il y est remplacé par le UCrf vague qui va jusqu’à l’anus; mais il nous paraît vraisemblable que, dans des individus très-frais, on parviendra à le découvrir (ü) .]
©rrs:ÈM3 lbooh.