RENFERMÉ HANS LES OS, OU DU LABYRINTHE OSSEUX
Le labyrinthe membraneux, dans les animaux vertébrés, est d’autant plus complètement renfermé dans les os, et d’autant plus étroitement embrassé par eux, que l’animal est plus parfait, et que la communication de son oreille avec l’air extérieur est plus ouverte.
A. Dans les poissons osseux.
Le labyrinthe est renfermé dans la même cavité que le cerveau, c’est à-dire dans le crâne ; les os ne lui présentent que quelques enfoncements dans lesquels il est retenu par des vaisseaux et de la cellulosité : seulement , une partie des canaux semi-circulaires est engagée dans des poulies ou dans de courts canaux osseux. [Un ligament principal suspend les deux canaux semi- circulaires verticaux à la voûte du crâne, près du bord postérieur du pariétal; il est fort analogue au ligament tubuleux qui communique avec la fenêtre ovale des raies. ]
Dans le poisson-lune, le vaste enfoncement latéral du crâne, dans lequel esl l’oreille, n’est divisé que par deux colonnes cartilagineuses minces, dont l’une est horizontale et fournit une poulie au canal semi-circulaire postérieur; l’autre est verticale, et en fournit une au canal horizontal; mais l’intervalle entre ces colonnes et les paroisdu crâne étant dix fois plus grand que le diamètre des canaux, ils sont suspendus dans cet espace par des vaisseaux et de la cellulosité. Le canal vertical antérieur n’a pas même une telle colonne, et le sac, qui est fort petit, n’a point de creux sur le plancher, pour s’y enfoncer,
Dans la baudroye , les colonnes cartilagineuses deviennent plus larges, et se rapprochent davantage des parois du crâne; dans les autres poissons osseux, cela augmente encore, au point que les canaux semi-circulaires ont tous une portion plus ou moins considérable de leur longueur, engagée dans des canaux osseux. Le canal postérieur et l’horizontal y sont toujours plus engagés que l’antérieur. Celui-ci n’a qu’un mince pilier osseux dans l'anguille, le brochet, le rouget, le maquereau; il n’a même qu’un sillon dans la dorée et quelques jugulaires; il a un canal osseux un peu moins court dans la morue, la carpe; les deux autres sont presque entièrement enfoncés dans les os. [Dans l’a/ose les canaux semi-circulaires sont entièrement engagés dans l’épaisseur des os du crâne, et il n’y a que le vestibule qui communique librement avec la cavité cérébrale.] Dans le saumon, la carpe, et plusieurs acantoptérygiens, le sac est enfoncé dans un creux de la base du crâne ; plus ce sac est séparé du sinus ou vestibule, plus la fossette qui le reçoit devient profonde : c’est ce qu’on voit dans la morue, mais surtout dans la carpe, le hareng, les sciènes, où ce sac est étroitement enveloppé dans un antre osseux, qui n’a d'issue que celle par où passe le canal étroit qui joint le sac au sinus.
Dans tous ces poissons osseux, le sinus et les extrémités des canaux sont libres dans la cavité du crâne, et les nerfs n’ont pas besoin de percer les os pour y arriver.
[L,a substance huileuse ou mucilagineuse qui entoure le cerveau pénètre aussi dans les cavités du crâne qui contiennent le labyrinthe membraneux, et remplit tout l’espace qui se trouve entre celui-ci et les os, en sorte que ies vibrations sonores arrivées au crâne sont transmises au labyrinthe par le moyen de ce corps moitié solide et moitié fluide, qui remplit ici les mêmes fonctions que la périlymphe dans les animaux qui ont un vestibule osseux.]
B. Dans les chondroptérygiens.
h' esturgeon commence à avoir son oreille plus séparée de la cavité qui contient le cerveau. Ses trois canaux sont tous engagés dans les cartilages par tome leur longueur; les canaux cartilagineux qui les reçoivent sont un peu plus larges qu’eux. Le sac, auquel ils aboutissent, est appliqué de trèsprès contre la paroi du crâne, et il y a entre lui et cette cavité une membrane très-épaisse, attachée par plusieurs productions ligamenteuses, et percée de plusieurs trous pour laisser passer les nerfs.
Dans les poissons à branchies fixes, tels que les raies et les squales, le labyrinthe membraneux tout entier esl renfermé dans une cavité particulière, creusée dans l’épaisseur des os du crâne, à côté et en arrière de celle qui contient le cerveau, et ne communiquant avec celle-ci que par les