‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 32 sur 367 · QUEUE · texte numérisé non relu

QUEUE

Otomys du Cap. .

Alactaga. . . .

Hélamys. .

Oryctère des Dunes

Castor. ,

Porc-épic. ... ....

Lièvre. ...

Cochon d’Inde

Agouti

Paca

Mar a

Chinchilla

Aï

Unau. ....

Tatou noir d’Azzara

Oryctérope du Cap. .

Tamanoir. . .

Tamandua. . . .

Fourmilier à deux doigts. . .

Pangolin à queue courte. . . .

Pangolin à longue queue. . . .

Echidné épineux

Ornithorinque.

Éléphant des Indes

Hippopotame

Sanglier.

Babiroussa

Pécari

Rhinocéros des Indes. . . .

— de Sumatra

Daman . .

Tapir d’Amérique

Cheval. .....

Ane

Chameau à une bosse

Lama

Chevrotain

Élan

Cerf commun. ....

Chevreuil

Giraffe

Chamois

Canna (ant. orcas)

Pygraê

Chèvre

Bœuf.

Lamantin

Dauphin turio

Marsouin

Cachalot

Baleine du Cap

Rorqual du Cap

3° Forme des diverses vertèbres dans les mammifères.

« Vertèbres du cou.

1» L’allas.

L’allas et l’axis étant en rapport immédiat avec la tète et donnant attache à ses petits muscles,

ont dû donner des caractères plus marqués et pllls relatifs aux familles naturelles, elles -mêmes si souvent bien caractérisées dans les têtes. Il y a néanmoins des exceptions, mais dont la raison est généralement facile à déduire de la nature particulière de l’animal.

C’est principalement dans la hauteur de l’os dans la grandeur et la configuration des apophyses

ARTICLE DEUXIÈME. — DES OS DE L’ÉPINE

transverses et dans la manière dont elles sont bre des petits carnassiers, les chiens, les chats, percées que consistent les différences des atlas. 11 les phoques, les phascolomcs, les lièvres, l’aï, l’on’est peut-être pas un genre que l’on ne puisse ryctérope, l’éléphant, le tapir, on ne trouve que distinguer par là aussi bien que par toute autre la première et la troisième portion de ce canal; partie du squelette. l’artère, au lieu de traverser l’apophyse trans-

it L’allas des quadrumanes est à peu près sembla- verse, tourne autour de son bord antérieur, quelle au nôtre ; ses apophyses iransverses sont éga- quefois dans une échancrure, lement coniques, mais dans presque tous les au- Dans d’autres animaux, l’artère ne traverse pas très quadrupèdes, ces apophyses sont aplaties en le bord postérieur de l’apophyse transverse, mais lames horizontales. C’est dans les carnivores passe en dessous cl ne la traverse qu’à son ex-

qu'elles ont le plus de développement; elles y forment comme deux larges ailes coupées obliquement, en sorte qu’elles se dirigent un peu en arrière. L’hyène est l’animal qui les a le plus grandes; elles prennent dans la largeur totale de l’os plus des deux tiers; chacune d’elles est en outre aussi large que longue. Elles sont un peu moins obliques dans les chats; elles sont encore assez prononcées dans les rougeurs : mais dans les édentés et les ruminants, elles n’ont guère en largeur que le tiers de leur longueur. Entre eux, les ruminants diffèrent par la largeur proportionnelle de leur allas. Dans le bœuf, les ailes sout plus larges, et s élargissent surtout en arrière, où elles font une pointe. Dans les cerfs elles s’étendent peu en largeur et sont coupées carrément.

Dans plusieurs genres, le canal" artériel de l’aLlas est divisé en trois portions; la première traverse le bord posléricur de l’apophyse transverse (inférieure de l’homme * ), et débouche à sa face inférieure ; la seconde traverse le bord antérieur de cette apophyse de bas en haut, et la troisième perce l’arc supérieur pour entrer dans le canal vertébral. Quelquefois, ces trois portions ont six ouvertures distinctes; mais quelquefois aussi, la seconde et la troisième, ou la quatrième et la cinquième de ces ouvertures se rapprochent tellement qu’elles ne forment plus qu’une fosse commune; alors il semble n’y en avoir que quatre.

Dans l’homme, la première portion de ce canal existe seule à l’état osseux; mais dans les singes, quoique l’apophyse transverse soit peu aplatie, ou les retrouve déjà toutes trois : il cil est de meme dans les chéiroptères, les insectivores, les ours, lcs blaireaux, les hyèues, le plus grand nombre des rongeurs, les tatous, les fourmiliers, les chevaux, les cochons elles chameaux.

Dans les coatis, les ratons, le plus grand nom-

Nous devons remarquer ici que le troue de tous les animaux ayant une position horizontale, c’est dans cette positiou que nous décrirons la tète et les vertèbres : ainsi ce qui était supérieur et inférieur chez 1 homme devient antérieur et postérieur chez les animaux, et ce qui était antérieur et postérieur chez le premier, devient supérieur et inférieur chez les derniers; les membres étant verticaux chez ï’nn comme chez les autres, il n’y a point de changement à opérer daus les positions respectives de leurs laces.

trémiié antérieure; alors on ne trouve que la deuxième et la troisième portion du canal artériel. De ce nombre sont l’unau, l’échydné, 1 hippopotame et les ruminants, moins les chameaux.

Le midaus, les didelpbes, les kanguroos, les rhinocéros, l’aï, les baleines, n’ont que la troisième portion de ce canal; alors l’artère ne traverse point du tout l’apophyse iransverse, clic passe dessous et contourne son bord antérieur.

Enfin l’ormlhorinque, le lamantin, le dugong, les dauphins, le cachalot, u’ont aucun trou à leur allas pour l’artère vertébrale.

Nous remarquerons encore que quelquefois l’entrée de la première portion du canal ne se trouve pas au bord posléricur de l’apophyse Iransverse, mais à sa face supérieure; alors cette portion, qui est ordinairement la plus longue, se trouve être beaucoup raccourcie» Celle disposition se rencontre danstes chiens, les chevaux et les chameaux.

L’arc supérieur de l’allas des mammifères ne porte point d’apophyse épineuse, quelquefois cependant on y rencontre une petite poinic ; mais l’arc inférieur se trouve cire terminé, dans les lapins, par une apophyse médiane dirigée eu arrière, et dans quelques chauve-souris, ainsi que dans l’oruithorinque, par deux apophyses également dirigées en arriéré, qui tout entre elles un angle de 45 degrés environ. M . Meckel pense que dans ce dernier animal, ce sont les racines inférieures de l’apophyse Iransverse; mais clics nous paraissent venir plutôt de la pariie moyenne du cox’ps de la vertèbre.

L’allas se fait encore remarquer par ses facettes articulaires, dont les antérieures sont creusées eu deux cavités, pour recevoir les coudyles de l’occipital, cl dont les postérieures forment le plus souvent aussi une cavité moins profonde qui reçoit les facettes condyloïdicnucs de l’axis. ]

Une particularité digne de remarque, c’cst que l’éléphant a l’atlas singulièrement semblable à celui des singes, si ce n’est que son arc supérieur est bien plus épais, et que l’apophyse Iransverse est plus obtuse.

2° L’axis.

[ Outre l’apophysc antérieure et prolongée du corps de l’axis appelée odontoïde, autour de la-

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

quelle tourne l’are inférieur de l’atlas et qui caractérise cette vertèbre, elle se distingue encore généralement des autres vertèbres du cou par une apophyse épineuse plus haute. Dans l’homme, cette apophyse est fourchue inférieurement, disposition qui ne se retrouve pas dans les singes, où il n’y a qu’une simple épine. Dans presque tous les autres mammifères, l’apophyse épineuse de Taxis forme une lamcverticale, haute, prolongée, soit en avant au-dessus de l’atlas, soit en- arrière au-dessus de la troisième et même de la quatrième vertèbre, et quelquefois dans les deux sens chez le même animal. On trouve un exemple de cette dernière structure dans l’ours, dont le prolongement postérieur est aplati horizontalement et forme une sorte de plafond sous lequel se trouve la troisième vertèbre; dans le tamanoir et le tamandua, le prolongement antérieur repose sur l’arc supérieur de l’allas.

Cette apophyse est presque nulle dans les chameaux, la girafl'e et les baleines, cl peu prononcée dans les rhinocéros, les chevaux cl l’hippopotame; mais elle est beaucoup plus saillante dons les autres ruminants et dans les cochons et les tapirs.

L’apophyse transverse de l’axis est généralement courte et toujours percée pour le passage de l’artère. Relativement au pende longueur de cette apophyse, on trouve une exception chez les monotrèmes, où elle est très large, très alongée et dirigée en arrière, recouvrant celle de la troisième vertèbre. Dans l’ornilhorinque, cette apophyse forme un os particulier qui ne se soude qu’assez tard au corps de la vertèbre.

Les apophyses articulaires antérieures, presque confondues avec le corps de la verlèbre, sont dirigées très obliquement d’avant en arrière, et prennent quelquefois la forme d’un condyle, excepté dans les ruminants, où ces deux apophyses, réunies en dessous, se confondent en un seul plan articulaire, qui se joint et se continue à angle droit avec la surface articulaire, demi-cylindrique, de l’apophyse odontoïde : cette apophyse ellemême est creusée d’une large gouttière qui forme en ce point la moitié inférieure du canal vertébral.

Quelquefois les apophyses anterieures de l’axis sont un peu moins confondues avec le corps; alors il y a pour ce corps une facette lisse entre les deux facettes circulaires, semi-condyloïdiennes dont nous avons parlé; de sorte que si l’on inclinait en arrière l’apophyse odontoïde, cette apophyse, la base de Taxis et les apophyses acticuiaires présenteraient à peu près l’image du trède adopté pour nos cartes h jouer. On en voit un exemple dans le castor, etd’une manière beaucoup plus marquée dans l’ornilliorinque. ]

5» Les cinq autres cervicales.

Dans les singes, elles ne diffèrent guère des ndtres, si ce n’est que leurs apophyses épineuses sont plus fortes et non fourchues, et que leurs corps empiètent plus les uns sur les autres en devant, ce qui sert à mieux soutenir la tête. C’est surtout dans le pongo ou orang-outang adulte, que les apophyses épineuses sont excessivement longues, sans doute à cause de la grosseur de sa tête et de la longueur de son museau.

Dans les chéiroptères il n’y a point du tout d’apophyse épineuse à ces vertèbres, excepté à la dernière. Dans les taupes et quelques autres insectivores, elles ne forment également que de simples anneaux entre lesquels il y a beaucoup de jeu; mais dans la grande musaraigne musquée de l’Inde, ces apophyses sont aussi prononcées que dans beaucoup de carnassiers.

[ Daus presque tous les autres mammifères, l’apophyse épineuse, petite à la troisième, va en augmentant jusqu’à la septième; d’abord dirigées en avant, elles se redressent de plus en plus jusqu’à la dernière, qui est quelquefois verticale ou même déjà dirigée en arrière comme celles des vertèbres dorsales.

Dans les sarigues, l’axis et les trois cervicales suivantes ont les apophyses épineuses hautes, grosses et tronquées, qui se touchent et peuvent se souder ensemble. ]

En général, dans les mammifères, à mesure que le col s’alonge, les apophyses épineuses diminuent : elles sont presque nulles dans les chameaux, la giraffe, etc.; sans cela elles auraient empêché le cou de se ployer en arrière.

[L’apophyse transverse est la partie la plus caractéristique des cinq dernières cervicales : percée à sa hase pour le passage de l’artère, elle semble naître dans l’homme par deux racines; Tune qui viendrait de la hase des apophyses articulaires, et l’autre du corps de la vertèbre : après s’être réunies par une lame qui complète le trou artériel, ces deux portions de l’apophyse transverse se séparent de nouveau pour former la gouttière et les deux tubercules que Ton y remarque.

Dans les singes, la disposition est à peu près la même; seulement la portion inférieure ou trachélienne de la sixième s’aplatit déjà davantage en lame, et la septième n’est plus percée pour le passage de l’arlcre; disposition qu’on remarque déjà dans notre squelette de lu Vénus hottenlote.

Dans les insectivores, les carnassiers, les rongeurs, les édentés, les ruminants et quelques pachydermes, cette portion trachélienue s’étend en une lame longue, large, dirigée un peu en bas, de manière à former une large et profonde gouttière à la face inférieure des vertèbres, qui sert à loger les muscles longs du cou et grand droit antérieur

ARTICLE PREMIER. — DES OS RE L’ÉPINE

de la tête. Le tubercule supérieur ou transverse de cette apophyse ne se fait guère sentir dans cjuel- (I»es genres, qu’à la cinquième et quelquefois même à la sixième cervicale. A la septième le tubercule supérieur, considérablement grossi, existe seul. Cette septième n’est d’ailleurs percée pour le passage de l’artère que dans un très peti, nombre d’animaux. Nous avons vu qu’elle lest dans l’homme : je ne trouve la même disposition que dans les marmottes, les lièvres, le porc-épic et dans l’hippopotame.

Dans les monotrèmes, les apophyses transverses des moyennes cervicales sont, comme celles de l’axis, larges et dirigées en arrière, de manière qu’elles s’imbriquent les unes sur les autres.

Dans le dauphin du Gange, les apophyses transverses, à partir de la troisième et en grandissant jusqu à la sixième, sont également doubles, mais non réunies pour former un canal artériel. Celte disposition se retrouve aussi dans les rorquals, et même dans les baleines, mais eu sens contraire relativement à la grandeur de ces apophyses. C’est l’axis qui porte les plus longues; dans les verlèbres suivantes elles vont toujours en diminuant, de manière à n’ètre plus, dans la sixième, qu’un tubercule à peine sensible.

Le corps des dernières vertèbres cervicales présente quelquefois à la partie moyenne de sa face inférieure une crête assez considérable, surtout en arrière; elle donne attache aux faisceaux du muscle long du cou et partage la gouttière qui sert à loger ce muscle en deux portions. Quelques genres de digitigrades, les chevaux, et les ruminants, moins les chameaux, ont celle crête très marquée.]

La forme des cervicales de l’éléphant rappelle un peu celles des singes; mais elles sont plus courtes à proportion.

t Parmi les cétacés on sait que les vertèbres cervicales des baleines proprement dites sont soudées toutes sept ensemble; quelquefois même la première dorsale est également soudée aux cervicales. Dans les cachalots, l’allas est distinct, et les six autres vertèbres sontsoudées. Dans le daupbin, l’allas et l’axis seuls sont réunis, les cinq autres vertèbres restent séparées, mais elles sont extrêmement minces. Enün, dans les rorquals, le dauphin du Gange, le dugong, le lamantin, elles sont toutes ou presque toutes séparées. ]

/5. Les vertèbres du dos.

[ Les caractères qui distinguent les vertèbres dorsales de toutes les autres, sont d’avoir les apophyses transverses courtes, simples, une apophyse épineuse très élevée, et trois face Ltes de chaque côté pour l’articulation des côtes, l’une à extrémité de l’apophyse transverse, et les autres

à la partie antérieure et postérieure du corps de la vertèbre; encore dans les trois dernières de ces vertèbres, on ne trouve plus qu’une facette antérieure au corps île la vertèbre, et souvent plus de faeelle à l’apophyse transverse. ]

Les apophyses épineuses des vertèbres dorsales de l’homme sont dirigées en bas, de sorte qu’elles saillent très peu sur le plan des apophyses transverses.

Les vertèbres dorsales des singes ne diffèrent pas beaucoup des nôtres, seulement les apophyses épineuses s’alongent et se redressent.

Dans les autres mammifères, ces apophyses sont d’autant plus longues et plus fortes que la tête est plus lourde ou portée sur un plus long cou; il fallait, en effet, qu’elles fournissent au ligament cervical des attaches proportionnées à l’effort qu’il aurait à supporter. Ainsi les ruminans et les pachydermes sont les mammifères chez lesquels elles sont le plus longues. C’est uucerrcurde croire qu’elles forment la bosse du chameau, car cette bosse n’est composée que de graisse. Cependant dans ees animaux l’extrémité de ces apophyses est un peu plus renflée que dans les autres; et dans les dernières dorsales et les premières lombaires, cette extrémité est aplatie, et même un peu fourchue.

[ Les apophyses épineuses des dernières vertèbres dorsales et des premières lombaires des sarigues sont, comme celles du cou, tuméfiées, aplaties à leur sommet, se louchant presque l’une l’autre, et se soudant vraisemblablement quelquefois.

Les apophyses épineuses des premières dorsales qui sont les plus longues, excepté dans les cétacés, sont généralement dirigées en arrière; à mesure qu’elles se raccourcissent elles se redressent, de sorte que l’une des dernières est verticale, et que les autres sont dirigées en avant, comine celle des lombaires. ]

Les chauve-souris n’ont point du tout d’apophyses épineuses; celles-ci sont remplacées par de très petits tubercules, qui manquent même dans quelques espèces ; de sorte que la colonne vertébrale ne présente aucune aspérité eu arrière, sauf l’apophyse de la septième cervicale ou de la première dorsale dans les roussettes et les vampires; leur canal vertébral est d’un très grand diamètre dans cette région.

[Dans les cétacés au contraire, les premières apophyses épineuses des dorsales sont les plus courtes; elles s’alongent toujours de plus en plus jusqu’à la dernière, qui est la plus longue.

Dans les ornithorinques, les apophyses épineuses existent, mais elles sont absolument renversées en arrière et imbriquées les unes sur les autres.

Les facettes des apophyses articulaires, apla-

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

lies horizontalement dans les premières vertèbres dorsales, permettent les mouvements latéraux; mais dans les dernières, comme dans les lombaires, elles deviennent verticales, ou du moins inclinées vers la verticale, cl ne permettent plus guère que des mouvemenis dans ce sens. Le changement se fait en même temps que celui de la direction des épines, et quelquefois, comme dans les petits carnassiers, d’une manière brusque. Cette disposition existe dans tous les mammifères, excepté dans les tatous et les fourmiliers, où il se développe aux dernières dorsales une seconde apophyse articulaire, que nous examinerons à l’article des vertèbres lombaires.

Dans les cétacés, les apophyses articulaires postérieures disparaissent après les premières dorsales; il ne resle plus que les antérieures, qui s’effacent bientôt à leur tour.

Les apophyses transverses des dorsales des cétacés ordinaires diffèrent de celles de tous les autres mammifères en ce qu’elles égalent en longueur l’apophyse épineuse.

Le corps de la première vertèbre dorsale offre quelquefois une épine inférieure; on en voit un exemple, non dans les monotrèmes en général, comme le dit M. Meckel, mais dans l’ornithorinque.

On sait, que le passage des nerfs spinaux a lieu ordinairement par un trou formé de deux échancrures situées à la hase des apophyses articulaires des deux vertèbres contiguës; mais dans quelques genres, ce passage a lieu par deux trous. Outre l’échancrure de la base de l'apophyse postérieure, on trouve un trou percé entre l’apophyse articulaire et l’apophyse transverse qui donne passage à une port ion du nerf. C’est ce qui se voit dans les monotrèmes, dans les cochons pour leurs vertèbres cervicales dorsales et lombaires, et dans les chevaux, les tapirs, les bœufs et quelques grands antilopes pour les dernières dorsales et les lombaires, mais non pour les makis, comme le dit M. Meckel. * ]

y. Les vertèbres lombaires ,

[ Les vertèbres lombaires se font reconnaître à leur volume plus considérable, à leur apophyse épineuse droite ou inclinée en avant, et à leurs apophyses transverses larges, aplaties et dirigées généralement d’arrière en avant. Le diamètre transversal de leur corps est ordinairement plus grand que leur diamètre vertical.

Comme les apophyses épineuses de ces vertèbres donnent attache aux muscles de la queue,

* Son erreur est venue de ce que, dans des squelettes de notre cabinet, mal préparés, il était resté dansl’échancrure très profonde des portions de ligament.

elles sont d’autant plus hautes et plus inclinées en avant, que la queue est plus longue et plus forte. ]

Dans les quadrumanes, excepté les orangs et les loris, il y a, au côié extérieur de l’apophyse articulaire postérieure des dernières dorsales et des premières lombaires, une pointe dirigée en arrière, en sorte que l’apophyse articulaire anterieure de la vertèbre suivante est prise entre deux proéminences, ce qui gène beaucoup le mouvement. Ou trouve déjà dans quelques squelettes humains cette apophyse accessoire, comme l’a remarqué Sœmmering, mais moins développée que dans les singes. Celte pointe existe dans tous les carnassiers, d’une manière plus ou moins prononcée; mais elle prend plus de développement encore dans plusieurs genres de rongeurs , chez 1 outia, 1 bélamys, le chinchilla , le porc-épic, le paca, etc., où on la trouve à toutes les lombaires; elle est absolument nulle dans les paresseux, les pachydermes et les ruminants.

[ Dans les tatous, et les vrais fourmiliers, c’està-dire dans le tamanoir, letamandua et le fourmilier à deux doigts, les vertèbres lombaires et les dernières dorsales offrent une particularité bien remarquable dans leurs apophyses articulaires : celles-ci sont doubles, une interne oblique formée de deux facettes placées comme à l’ordinaire à la base des apophyses épineuses et une externe horizontale, formée de quatre facettes situées à la base des apophyses transverses; le tout est arrangé de manière a iormer entre les vertèbres un double tenon et une double mortaise s’enchâssant les uns dans les autres. En examinant comment cette nouvelle apophyse se forme, on voit que c’est une sorte de dédoublement de l’apophyse ordinaire; sa partie externe se sépare, s’agrandit, se creuse en mortaise d une part, et s’avance en tenon de l’autre. Il résulte de cette double articulation que les mouvements latéraux seuls sont un peu permis.

Il faut descendre jusqu’aux serpents pour trouver quelque chose d’analogue. Chez ces animaux, en effet, on trouve le même nombre de facettes articulaires, douze pour chaque vertèbre, sans compter celles du corps, disposées également en double tenon et double mortaise.

Dans les tatous, on trouve une autre particularité également remarquable, c’est que l’apophyse articulaire ordinaire est prolongée en une pointe oblique aussi longue que les apophyses épineuses. Cette disposition se remarque déjà dnus les lièvres, mais d’une manière moins prononcée. Les sarigues présentent une autre particularité, c’est que dans chaque vertèbre l’apophyse arliculairc antérieure est jointe à la postérieure par une lame mince.

Les dernières apophyses transverses, extrême-

ARTICLE DEUXIÈME. — DES OS DE L’EPINE

ment larges, de l’hippopotame, des rhinocéros, des tapirs et des chevaux, s’articulent au moyen d un prolongement postérieur, et souvent se soudent ensemble. Dans le cheval, par exemple, cette apophyse de la dernière lombaire s’articule dans presque toute sa largeur avec le sacrum par deux facettes qui égalent en hauteur le corps de la vertèbre.

Les apophyses transverses des lombaires manquent tout-à-faitdans l’ornilhorinque et l’échidné soyeux; mais dans l’échidné épineux, la première lombaire en a un rudiment, manifesté par un tubercule.

Dans les lièvres, les trois premières lombaires sont munies d’une épine inférieure, comme le remarque Meekel après Coiter; mais dans nos squelettes, c’est la troisième qui est la plus longue : elle égale au moins l’apophyse épineuse supérieure; elles coïncident avec le grand développement des psoas, et par conséquent avec la rapidité de la course de ces animaux. }

S. Les vertèbres sacrées.

On appelle sacrum, les vertèbres plus ou moins nombreuses, presque toujours soudées ensemble, auxquelles viennent s’articuler les os du bassin.

Le sacrum des mammifères est en général beaucoup plus étroit que celui de l’homme; il forme avec l’épine une seule ligne droite, en sorte qu’il ne lui présente pas une base solide pour la station, comme nous le verrons mieux en traitant du bassin. Vu supérieurement ou intérieurement, sa forme est presque toujours un triangle alongé, dont la base est antérieure et la pointe postérieure. Dans chaque ordre, les espèces qui ont l’habitude de se tenir quelquefois debout, l’ont, proportion gardée, plus large que les autres : tels sont, les singes, les ours, les paresseux, et plusieurs rongeurs.

Les apophyses épineuses, qui sont très courtes dans l’homme et les singes, s’alongent un peu dans les carnassiers et sont tout-à-fait de la même longueur ou même plus longues que celles des lombaires, dans la plupart des rongeurs et. des édentés ; elles viennent à se rapprocher et à former une crête continue dans quelques rongeurs et quelques fourmiliers, dans les rhinocéros et la plupart des ruminants, mais surtout dans les taupes et les musaraignes, qui ont cette crête très longue, ainsi que l’os lui-même.

Dans la roussette, l’os sacrum forme une longue pointe comprimée, dont l’extrémité se soude avec les tubérosités desischions sans porterde coccyx.

[ L’union du sacrum avec l’os des îles se fait ordinairement par une, deux, trois, quelquefois quatre vertèbres sacrées, mais dans les édentés, comme dans les chauve-souris, l’ischion se soude

dans presque toute sa longueur aux première, deuxième, troisième et même quatrième vertèbres qui suivent, et qui ont alors des apophyses transverses si larges, que la longueur de la vertèbre peut n’èlre que le quart, de sa largeur, comme on en voit un exemple dans le tatou noir. Si l’on regarde toutes ces vertèbres comme faisant partie du sacrum, parce qu’elles sont soudées entre elles et avec lui, cet os serait alors beaucoup plus large à sa partie postérieure qu’a sa partie antérieure.

Dans les cétacés ordinaires, les rudiments du bassin qui existent étant suspendus dans les chairs, il n’est pas possible de distinguer les vertèbres sacrées des lombaires ni meme des caudales, si ce n’est au moyen d’un os supplémentaire dont nous parlerons dans le paragraphe suivant. Dans ces animaux, ce sont les vertèbres des régions lombaires et sacrées, qui ont les apophyses épineuses les plus hautes et les apophyses transverses les plus larges; mais alors il n’y a déjà plus d’apophyses articulaires.

Dans le lamantin, il n’y a que trois vertèbres entre les dorsales et celles qui portent des os en V, en sorte qu’on pourrait en compter deux lombaires et une sacrée, et dans le dugong trois lombaires et une sacrée.}

e. Les vertèbres de la queue.

Les vertèbres de la queue des mammifères sont de deux soties; celles qui conservent un canal pour le passage de la moelle épinière, et celles qui n’en ont plus. Ces dernières ont généralement une forme prismatique : elles vont en diminuant de grosseur vers l’extrémité de la queue, elles n’ont que de légères proéminences pour les attaches des muscles. Les autres sont les plus voisines du sacrum; elles ont des apophyses articulaires et transverses, et des épineuses d’autant plusmarquées que ces animaux meuvent leur queue plus souvent et plus fortement.

Dans l’homme, les orangs et les gibbons, les vertèbres de la queue ou coecygiennes , se réduisent au petit nombre de trois, quatre ou cinq, en sorte qu’il n’y a pas de queue extérieure.

Ceux qui l'ont prenante, comme les atelles et les sapajous, ont les vertèbres du bout de la queue plus courtes et même un peu aplaties.

Tous les mammifères qui ont la queue longue ou mobile, ont un os surnuméraire situé à la face inférieure, sur l’union de chaque couple de vertèbres, pour donner attache aux muscles de la région inférieure de la queue. Cet os, en forme de V lorsqu’il est complet, est ordinairement séparé en deux branches dans les premières et dernières caudales. Il existe rarement à toutes les vertèbres de la queue ; mais on en trouve des exemples dans les kanguroos et dans les porcs-épics.

Le castor, qui emploie sa queue, si remarquablement large, pour nager et, dit-on, comme une truelle pour gâcher la terre, a les apophyses transverses des vertèbres coccygiennes extrêmement larges; le corps de la vertèbre lui-même est aplati et ses os en V très forts.

[ L’ornithorinque a la queue très plate aussi, et les apophyses transverses très larges, mais au contraire des autres mammifères, ce ne sont pas les premières qui sont les plus larges, c’est, la cinquième ou la sixième; elles diminuent ensuite lentement et deviennent tout-à-fait triangulaires. Il ne parait pas y avoir d’os en V, mais le corps de la vertèbre lui-même fournit une crête plus saillante en devant, qui sert au même usage.

Dans les cétacés, les vertèbres caudales sont nombreuses. Les apophyses épineuses et transverses très longues dans la région lombaire, se raccourcissent sensiblement en avançant vers la queue, et s effacent enfin tout-à-fait. dans les dernières : les os en V y sont aussi nombreux et très développés. ]

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