DES SINUS QUI AUGMENTENT LA CAPACITÉ DE LA CAVITE NASALE
Il n’est point prouvé que le sens de l’odorat réside aussi dans ces sinus ; la membrane qui les revêt est plus mince que celle du reste des narines; elle ne parait point recevoir de rameaux du nerf olfactif (1). On ne leur attribue d'autre usage que de séparer une humeur aqueuse propre à lubrifier tout l’intérieur du nez; cependant il est certain que les animaux qui ont l’odorat le plus
(i) [Des injections ont été faites avec des substances odorantes dans les sinus frontaux et dans l’antre
fort ont aussi ces sinus les plus grands. Peut-être sont-ils destinés à tenir en réserve une plus grande masse d’air imprégné de particules odorantes, afin qu’elle agisse plus fortement sur la membrane pituitaire.
Ces sinus sont presque nuis dans les jeunes animaux, et ne se développent que lorsqu’ils approchent de l’adolescence.
On ne les trouve que dans l’homme et les quadrupèdes. ils communiquent avec la cavité des narines par des ouvertures plus étroites qu’euxmêmes.
11 y en a de trois sortes, nommés, d’après les os dans lesquels ils sont creusés, frontaux, sphénoïdaux et maxillaires.
Les sinus frontaux s’ouvrent dans le sommet de la voûte du nez. Ils s’étendent à environ un pouce de hauteur, et un peu plus en largeur de chaque côté au-dessus des sourcils ; ils sont séparés l’un de l’antre par une cloison verticale.
Les sinus sphénoïdaux s’ouvrent dans la partie postérieure et inférieure de la voûte du nez. Us remplissent toute l’épaisseur du corps du sphénoïde sous la partie antérieure et moyenne de la selle pituitaire. Ils sont aussi séparés entre eux par une cloison verticale.
Les sinus maxillaires ou antres d’ Highmore occupent tout le corps des os maxillaires : ils s’ouvrent aux côtés de la cavité nasale vers son fond.
B. Dans les mammifères.
1“ Les sinus frontaux sont très petits dans les singes ; ils manquent même entièrement à la plupart des macaques et des guenons ; mais on les trouve, et même assez étendus, dons beaucoup de sapajous.
Parmi les carnassiers, les chiens, les loups, les renards et les hyènes sont ceux qui les ont les plus considérables. Ils y occupent toute l’étendue du frontal, remplissent l’intérieur desdeux apophyses post-orbitaires, et descendent de chaque côté dans la paroi postérieure de l’orbite. Dans Vours, ils sont un peu moins étendus sur les côtés, et dans les chats un peu moins en arrière. Ceux des coatis et. ceux du raton ressemblent à ceux des chats. Ceux des civettes n’occupent que la partie postérieure du frontal. Il n’y en a point dans les blaireaux, dans les loutres, dans les chauves-souris , ni dans la plupart des belettes; les creux des apophyses post-orbitaires y existent bien, mais ils ne sont que des prolongements de la cavité nasale,
d’ïïighmore sans que les personnes qui subissaient ces opérations aient eu la perception d’aucune odeur. ]