‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 323 sur 367 · SECTION P*. — ARTICLE QUATRIÈME. — DES LAMES SAILLANTES · texte numérisé non relu

SECTION P*. — ARTICLE QUATRIÈME. — DES LAMES SAILLANTES

cerfs ; et dans les grands ruminants, comme les vaches, les grandes antilopes, ils sont si grands qu’ils ne laissent entre eux que des filets osseux, et que l’os ressemble à de la dentelle.

L’intérieur des cornets est souvent divisé par plusieurs diaphragmes verticaux, percés comme le reste de leurs cloisons.

Dans V hippopotame, les deux cornets sont aplatis horizontalement, tandis qu’ils le sont verticalement dans les autres : cela lient à la forme de sa tête. Les trous y sont très-fins, mais innombrables.

Les cornets inférieurs sont moins réguliers dans les solipèdes; la lame horizontale, au lieu de se bifurquer, se ploie d’abord en dessous, puis se recourbe en dessus, se colle par derrière à l’os maxillaire, monte en arrière pour couvrir le trou du sinus maxillaire inférieur, et même pour y pénétrer; enfin, elle donne vers son milieu deux ou trois lames obliques qui vont s’attacher au bord antérieur de ce trou.

Dans les fourmiliers, les pangolins , le» orycléropes , les tatous, et même dans l’aï, ou paresseux à trois doigts, les cornets inférieurs sont h peu près comme dans les ruminants; mais, dans l 'unau, ou paresseux à deux doigts , ils représentent deux boîtes prismatiques, fermées de toutes parts, et dont l’intérieur est divisé par quelques lames verticales. On retrouve deux pareilles boites dans les makis , mais sans divisions intérieures.

De rat , parmi les rongeurs, a des cornets semblables à ceux des ruminants ; mais ceux des autres genres de cet ordre peuvent se diviser en deux espèces, dont une est la même que dans les carnassiers ; l’autre, qui n’a lieu que dans les porcsépics, les marmottes et quelques autres espèces, consiste en une double lame, attachée longitudinalement, et dont les deux parties s’écartent et montent en se tordant en spirale, et en représentant presque une portion de coquille de sabot.

Les autres rongeurs, tels que lièvres, lapins , écureuils , castors , quelques genres de rats, et la plupart des carnassiers, tels que chiens, ours, blaireaux, râlons, loutres, martes, phoques, chut ordinaire, ont une structure très-compliquée des cornets inférieurs. La lame par laquelle ils s’attachent se bifurque : chaque branche en fait autant ; et, après une dichotomie multipliée, les dernières lames forment par leur parallélisme nn nombre quelquefois très-cousidérable de petits canaux que l’air est obligé de traverser, et qui sont tous revêtus de la membrane pituitaire.

Le nombre de ces dernières lames est très-variable. Les phoques, les loutres et les martes sont les espèces qui en ont le plus; ensuite viennent les chiens, puis les ours. Les castors, parmi les rongeurs, en ont le plus.

La direction des canaux est plus droite dans

les carnassiers, plus arquée dans les rongeurs.

Lorsqu’il y a peu de lames, les dernières se roulent aussi en spirale, comme dans les animaux qui n’en ont que deux.

Quelques carnassiers ont, au reste, des cornets inférieurs aussi simples que les animaux dont nous avons parlé d’abord. Le lion, par exemple, les a bifurques seulement et à double rouleau, presque comme les ruminants. La lame osseuse en est aussi toute criblée de trous : les civettos et les genettes les ont en simple cornet roulé, et sans trous.

2“ Des cornets supérieurs et des cellules elhmo'idales.

Les cellules elhmoïdales sont, dans beaucoup d’animaux, très-distinctes du cornet supérieur. La partie delà cavité du nez qui les contient est même quelquefois séparée du reste par une cloison particulière. Cette cloison est formée, dans les cochons, en dessous par une lame qui appartient aux os palatins, et en avant par une saillie des os maxillaires, qui vient jusqu'au septum des narines, et ne laisse passer l’air que par une issue étroite audessus d’elle. Dans le cheval, cette saillie ne va pas jusqu’au septum; elle produit cependant encore une séparation assez forte, et laisse derrière elle un enfoncement latéral rempli par les cellules etlimoïdales. Il en est de même dans les carnivores, mais non dans les ruminants, ni dans les rongeurs, chez lesquels du moins l’enfoncement est peu considérable.

Pour se faire une idée des cellules elhmoïdales dans la plupart des animaux, il faut se représenter un grand nombre de pédicules creux; tous attenant à l’os cribleux. Il s se portent en avant et en dehors, et à mesure qu’ils avancent, les plus voisins s’unissent, et il en naît des vésicules qui grossissent à mesure qu’elles deviennent moins nombreuses. Toutes sont creuses, et entre elles sont une infinité de conduits ou de rues, communiquant toutes les unes avec les autres. Telle est leur structure dans les édentés, les ruminants, les solipèdes, les pachydermes et les carnassiers ; les derniers de ces ordres en ont plus que les premiers. Les rongeurs en ont très-peu : le porc-épic, par exemple, n’en a que trois ou quatre de chaque côté. Quelques genres, comme le lièvre, n’ont qu’une cellulosité irrégulière, semblable à celle de l’homme. Les quadrumanes sont dans le même cas.

Le cornet supérieur est représenté, dans les ruminants, les pachydermes et les solipèdes, par une de ces cellules qui est plus grande, et surtout beaucoup plus longue que les autres, et qui s’étend jusque sur le cornet inférieur, qu’elle recouvre comme un toit. Dans le cochon, elle s’amincit

QUINZIÈME LEÇON. — ORGANE DE L’ODORAT

vers le bas en une laine qui se soucie sous le bord externe de l’os propre du nez de chaque côté, et ce bord a l’air par là de se recourber en dedans pour former un toit au cornet inférieur. Cet amincissement commence bien plus haut dans les carnassiers, en sorte que la partie creuse de la cellule en question n’y est pas plus longue que dans les autres.

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