‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 87 sur 367 · II. Muscles des doigts · texte numérisé non relu

II. Muscles des doigts

Les muscles des doigts sont des extenseurs, des fléchisseurs, des adducteurs, des abducteurs : ils sont communs ou propres, et longs ou courts, c’est-à-dire, ou situés le long de l’avant-bras, ou provenant seulement du carpe et du métacarpe.

A. Dans l’homme et les mammifères.

Les muscles longs des doigts.

1° Les extenseurs : ils sont tous situés à la face externe.

Vexlenseur commun ( épieondylo-sus-phalan- ■gettieu commun) vient du condyle externe de l’humérus. il donne des languettes à tous les doigts, excepté au pouce. On le trouve dans tous les quadrupèdes. Le nombre de ses languettes égale celui des doigts, sans compter le pouce : quatre dansla plupart; deux dans les ruminants, un dans les solipèdes. C’est Vexlenseur antérieur de Bourgelat, et l'extenseur du pied de Lafosse.

L 'extenseur propre du petit doigt (épicondylosus-phalangetlicn du petit doigt) placé du côté cubital du précédent, a les mêmes attaches. Dans l’homme, il ne donne de lendou qu’au petit doigt. Dans les singes, dans l'hyène, dans les marsupiaux, dans les rongeurs et quelques édentés, il en donne un aussi au quatrième. Dans les chiens et les ours et la plupart des carnassiers digitigrades, il en donne untroisième au médius. Dans les chais, il en donne un quatrième qui va se réunir à celui de l’extenseur de l’index.

[Dans l’aï et le fourmilier, il ne va qu’au doigt externe.

Dans les pachydermes, ce muscle ne suit point déréglé générale : il fournit un tendon au troisième doigt de la main de l’éléphant; dans les cochons et les tapirs aux deux doigts externes. ]

Dans le cheval, il y a deux muscles : un plus éloigné de l’extenseur antérieur analogue de l’extenseur commun. Il a élé nommé l’extenseur latéral par Bourgelat, et l’extenseur du paturon par Lafosse. Son tendon va au côté de la première phalange du doigt unique. Un second, placé entre deux, dont le tendon, après être passé au devant du carpe, va s’unir obliquement à celui du précédent. Les hippotomistes cités regardent ce tendon comme une digitation de l’extenseur antérieur.

[Dans les ruminanls on trouve également deux dispositions pour ce muscle : chez les cerfs, dont les doigls rudimentaires jouissent de mouvements propres, il fournit deux tendons pour les deux doigts externes.

Chez les bœufs, les chèvres, les moutons, les antilopes, son tendon fournit également deux attaches; l’une à la face postérieure du doigt externe et l’autre au tendon de l’extenseur commun.

Vexlenseur propre de l’index (cubito-sus-phalaugettien de l’index) est situé profondément contre la partie inférieure externe des os de l’avantbras dans l’homme. Il ne donne de tendon qu’à l’index; mais il est quelquefois accompagné d’un extenseur propre du médius.

Dans les singes, dans quelques rongeurs claviculés et dans les fourmiliers, il donne un tendon à l’index et au médius, ou plutôt il existe un extenseur propre du médius.

Dans le chien, Vhyène, et le chat, il est comme dans l’homme, mais il s’étend jusqu’à la dernière articulation.

[Dans l'ours, il est réuni à l’extenseur du pouce, et dans 1 e phoque il ne fait qu’un muscle avec l’extenseur du petit doigt. Ainsi réunis, ces deux muscles fournissent quatre tendons pour les quatre doigls externes.

Dans Véléphant, son tendon se réunit à celui de l’extenseur commun; dans les cochons et les cerfs il se rend aux deux premiers doigls; dans les autres ruminants, au doigt interne seulement.]

Le pouce a deux extenseurs propres.

Le long (cubilo-sus-phalaugeltien ), placé audessus de 1 extenseur de 1 index, passant sous le ligament annulaire externe, et étendant son tendon jusqu’à la première phalange.

Le court (cnbito-sus-phalangien), placé au bord radial du précédent, dont le tendon accompagne celui de l’abducteur, et s’étend jusqu’à la deuxieme phalange.

Dans les singes , le dernier unit intimement son

ARTICLE NEUVIÈME. — DES MUSCLES DE LA MAIN

tendon à celui de l’abducteur, ou manque tout à fait.

[Après les singes, le pouce n’a plus d’extenseur propre que dans l 'ours, le phoque, les marsupiaux et les rougeurs à clavicule; encore est-il déjà réuni supérieurement à celui de l’index.

Comme auxiliaires des extenseurs, nous devons, dans les carnassiers à ongles rétractiles, signaler les ligaments jaunes élastiques, cause de cette ré- Iractilité. Ainsi, dans le «a», trois de ces ligaments existent pour chaque phalange onguéale; l’un s’attache à la tubérosité inférieure externe de la deuxième phalange et s’insère à l’angle postérieur du dos de la gaine de l’ongle; les deux autres viennent îles côtés de la deuxième phalange et même de la première, et s’insèrent à la base du tubercule inférieur de cette même gaine.

Par ce mécanisme, lorsque les fléchisseurs n’agissent pas, ces ligaments retiennent la phalange onguéale couchée sur le côté externe de la deuxième phalange un peu tordue à cet ciTet, comme nous l’avons vu.]

2° Les abducteurs des doigts.

Le long abducteur du pouce (cubito-sus-métaearpien ), placé au-dessus et du côté radial des précédents; il croise les tendons des radiaux sur la tete intérieure du radius et se porte au côté radial de l’os métacarpien du pouce.

Ce muscle existe dans tous les mammifères, même dans le cheval et dans les ruminants, où il s’attache au côté interne de la base de l’os métacarpien unique, et devient l'extenseur oblique du canon île Bourgelat.

5° Les fléchisseurs des doigts; ils sont tous à la face interne.

Le fléchisseur sublime (épitrochlo-phalanginien) est un composé de plusieurs muscles distincts, qui s’unissent de différentes manières, et finissent par fournir îles languettes tendineuses perforées aux doigts qui suivent le pouce.

Le long fléchisseur du pouce (radio-sous-onguien) paraît lui être uni d’une manière fort intime. Il est a son côté radial: il s’étend jusqu'à la deuxième phalange.

Le fléchisseur profond (cubito-sous-onguien), placé contre les os, donne des languettes perforantes aux quatre doigts qui suivent le pouce. Telles sont les choses dans l’homme.

[ Il n’y a déjà plus, même dans les singes, de fléchisseur propre du pouce; mais le fléchisseur profond a ordinairement un ventre radial qui le remplace. Ce dernier muscle est composé de plusieurs ventres; il en reçoit souvent un ou deux de la tubérosité interne de l’humérus et un du fléchisseur sublime, et il se partage en autant de tendons qu’il y a de doigls.

Le fléchisseur sublime existe chez presque tous les mammifères, ou il se comporte comme dans

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l’homme, c’est-à-dire qu’il donne des tendons perforés à tous les doigts, excepté au pouce.

Dans l’at, ce muscle est intimement uni au fléchisseur profond : on serait même tenté de croire qu’ils ne font qu’un, si, arrivés à la deuxième phalange, les tendons ne se renflaient et ne présentaient à leur face inférieure un sillon longitudinal, vestige de la division du perforé, pour laisser passer le perforant. Ces deux tendons réunis présentent aussi dans cet animal ceci de particulier, qu’au moment où ils se renflent, ils abandonnent la seconde phalange, et vont s’attacher au bas et en avant de la gaine de l’ongle, de telle manière qu’étant, entre leur issue de la gaine et leur insertion, plus courts que la portion des phalanges comprise entre ces deux points, ils maintiennent la troisième phalange toujours fléchie dans l’état de repos, et forment la hase d’un triangle, dont la deuxième phalange et la gaine osseuse de la troisième fout les autres côtés.

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