‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 90 sur 367 · BE L’EXTRÉMITÉ ANTÉRIEURE DES POISSONS · texte numérisé non relu

BE L’EXTRÉMITÉ ANTÉRIEURE DES POISSONS

1° Des os.

L’extrémité antérieure des poissons est leur nageoire pectorale. Elle est composée, comme toutes leurs nageoires, d’un grand nombre de rayons ou de filaments osseux, formés chacun d’une multitude d’articulations, et soutenant une membrane commune. Il y a quelquefois un ou deux de ces rayons qui sont d’une seule pièce osseuse. On les nomme épineux.

Dans la plupart des poissons, cette nageoire se ment dans un plan horizontal qui est à peu près perpendiculaire à son propre plan; c’est-à-dire que dans l’état du repos, elle est collée contre le côté du corps, et qu’elle peut s’eu écarter plus ou moins jusqu’à faire avec lui un angle droit ou plus que droit.

Mais dans quelques-uns, comme les raies , les squales, etc., tes deux nageoires sont dans un même plan horizontal, et lorsqu'elles se meuvent, cites frappent de haut en bas, ou de bas en haut, suivant une direction verticale.

La nageoire pectorale ne manque qu’à un petit nombre de poissons, comme les murènes, les optérichtes , etc.

Dans ceux qui l’ont, elle est généralement articulée et attachée fixement avec la tête dans les poissons osseux, ou avec l’épine dans les raies, etc.

[Dans les poissons osseux, les nageoires pectorales sont attachées à une ceinture osseuse qui entoure le corps derrière les branchies, limite leur

orifice en arrière et forme une espèce de chambranle sur lequel vient battre l’opercule quanti il se ferme.

Celte ceinture, lorsqu’elle est complète, se compose de trois os de chaque côté, réunis par suture écailleuse, ou plutôt par imbrication, articulés à l’angle postérieur supérieur du crâne, et descendant sous la gorge pour s'unir le plus souvent, au moyen d’un ligament et quelquefois par une suture, avec ceux du côté opposé. Ces os peuvent être regardés comme ceux de l'épaule. En arrière et en bas, il leur en adhère deux ou trois autres tenant lieu de bras et d’avant-bras et portant la nageoire pectorale, laquelle représente la main.

L’os qui forme la partie supérieure de la ceinture est ordinairement fourchu; il s’appuie par ses deux apophyses sur les crêtes de l’occipital externe et du mastoïdien. Cet os a quelquefois une troisième apophyse qui s’appuie sur les parois du crâne dans l’intervalle des deux crêtes. Le deuxième os est toujours simple; il manque quelquefois ou se soude avec le précédent. Le troisième est celui qui porte la nageoire; il est toujours plus grand et s’unit avec son semblable sous la gorge; il a souvent une lame interne qui porte le premier os du bras et qui forme, avec la lame externe, un sillon dans lequel vient aboutir le faisceau inférieur du grand muscle latéral du corps.

Si nous considérons que dans tous les ovipares les os coracoïdiens viennent sc toucher, en tout ou en partie, sur la ligne moyenne inférieure, ou ne sont séparés quelquefois que par une très mince lame cartilagineuse, nous regarderons cette troisième pièce comme l’analogue du coracoïdien, la seconde comme l 'omoplate, et la première comme le sur-scapulaire .

La lame interne du coracoïdien donne attache ou au moins appui aux deux extrémités d’un os impair, qui porte immédiatement ou médiatementtous les autres os de la nageoire, et que nous croyons être l’analogue de l'humérus, dont il conserve la forme générale dans quelques genres, et notamment dans les salmo.

A la moitié externe de l’extrémité supérieure de cet humérus (car ici comme dans quelques mammifères et presque tous les sauriens, la tête de cet os est dirigée en bas et les tubérosités en haut) correspond un os, le plus souvent en forme d’éventail, qui s’appuie également contre le coracoïdien et qui est échancré profondément ou percé d’un trou. Ce dernier porte un, deux ou trois os du carpe, et en outre sur une tête articulaire plus ou moins arrondie, située plus eu dehors, le rayon antérieur ou supérieur de la nageoire; celui que l’on peut regarder comme le doigt interne ou le pouce; c’cst cet os que nous appellerons radius.

Dans les salmo, les dupées, les cyprins et les silures, on trouve un troisième os articulé en ar-

DU MEMBRE PECTORAL

rièresur le condyle interne de l’humérus, sur une saillie du radius, et sur le coracoïdien; cet os, qui sert d’arc-boutant aux deux premiers, est pour nous le cubitus.

Les os du carpe, ou mieux du métacarpe (car l’exemple des oiseaux nous montre que le carpe et le tarse disparaissent avant le métacarpe et le métatarse) le plus ordinairement alongés, excepté le premier, sont au nombre de quatre; mais nous venons de dire que le radius n’en porte quelquefois que deux, ou même qu’un seul; les autres s’articulent directement avec l’humérus, comme nous avons vu que fait le pisiforme dans la chrysochlore.

Celte rangée de quatre os du métacarpe porte, avec le radius, les rayons qui constituent la nageoire.

Ces rayons, analogues aux doigts des autres vertébrés, mais bien plus nombreux, sont divisés en un nombre considérable d’articulations ou de phalanges. Us se divisent aussi longitudinalement chacun eu deux moitiés, l’une antérieure et l’autre postérieure; à leur base se trouve un talon recourbé, garni d’apophyses pour l’attache des muscles.

Le cubitus n’existe pas toujours; il manque au plus grand nombre des poissons.

L’humérus descend quelquefois jusqu’à la ligne médiane et prend, aussi bien que le coracoïdien, Comme dans le chrysostose lune, dans la castagnole et les chétodons, des dimensions extraordinaires. Ces os constituent dans ces animaux une carène protectrice des viscères, nécessitée par la grande élévation de leur corps.

Dans les anguilles, où l’épaule est très petite, il n’y a d’osseux que le coracoïde, plongé dans les chairs et libre de toute adhérence avec le crâne ou avec les vertèbres; les autres os sont presque cartilagineux, mais existent cependant.

Les os du métacarpe, au lieu d’être alongés, sont quelquefois très aplatis et pleins (les trigles); d’autres, aplatis et rétrécis dans leur milieu, de manière à laisser un trou rond ou oblong entre eux ( les synancées ); d’autres enfin formés de deux triangles réunis par leur sommet (les clinus).

Quelquefois, au contraire, les os du métacarpe sont tellement alongés, qu’ils ont été pris pour les os du bras. On voit des exemples de celte structure dans les baudroies, où il n’y a que deux osdans les batraciens, où il y en a cinq, et dans les polyptères, où il y en a trois. L’humérus et le radius sont très peu développés dans les deux premiers genres.]

Lorsque le premier rayon de la nageoire pectorale est épineux, comme dans la loricaire , quelques silures, etc., il s articule immédiatement avec le coracoïdien.

Cette articulation est remarquable dans quelques silures et quelques épinochos , qui peuvent à

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