ARTICLE PREMIER. — DES OS DU RASSIS
Dans le nandou oui’ autruche d’ Amérique , l'iléon se prolonge moins en arrière que l’ischion, et il soude avec ce dernier os; mais les pubis ne s'unissent point entre eux; dans le casoar , ces derniers os ne s’unissent point aux ischions, de sorte qu il n’y a point de trou, mais une échancrure ovalaire, rétrécie cependant par une saillie de l’iscliion à l’endroit où chez les autres oiseaux il y a partage en deux trous.
Dans les échassiers, le bassin est généralement large, la partie supérieure et postérieure de l’iléon, est aplatie et se termine latéralement par une apophyse souvent assez prolongée.
Généralement parlant, le bassin des palmipèdes est étroit, mais celui des plongeons est le plus étroit de tous, à cause du grand prolongement de sa partie postérieure qui est plus de deux fois plus longue que sa partie antérieure. Les pubis sont très grêles; ils se rejoignent en s’élargissant beaucoup, mais ils ne sont complètement soudés ni entre eux, ni avec les ischions qu’ils touchent. C’est ce qu’on remarque, en général, dans tous les oiseaux d’eau. Après les colymbus , ce sont les fous de hassan et les cygnes qui ont le bassin le plusalongé. Les goélands , les mouettes, lespailleen-queue, se rapprochent à cet égard des échassiers.]
D. Dans les reptiles.
Dans les tortues de mer, c’est la partie de l'os coxal qui correspond au pubis, qui est la plus considérable. Elle vient de la cavité cotyloïde, par une portion épaisse qui se porte en avant et s’élargit en une lame plate et mince divisée en deux parties; l’une qui se porte vers la ligue moyenne, par laquelle les deux os correspondants se joignent; l’autre est libre et se dirige du côté externe. La portion qui est analogue à l’iléon est courte, étroite et épaisse; elle appuie sur le test, et se joint au sacrum; enfin la partie qui correspond à l’ischion se porte en arrière et en bas, et forme le véritable cercle osseux du bassin. Comme cet ischion ne sc réunit point en avant au pubis et que cependant les pubis se rejoignent entre eux, il s’ensuit que les deux trous ovalaires n’en forment plus qu’un seul.
Cette conformation est si singulière, que le bassin de ces tortues, vu hors de sa situation naturelle, pourrait très aisément être confondu dans ses parties; car les pubis ressemblent aux iléons, les ischions aux pubis, et les iléons aux ischions.
Il y a de plus une particularité très remarquable dans le bassin des tortues; c’est que l’iléon, et par conséquent la masse entière du bassin auquel cet os est soudé, est mobile sur la colonne vertébrale.
[ Dans les tortues terrestres , c’est la meme disposition générale, seulement les pubis sont moins
prolongés en avant, et leur angle externe est très saillant et sous forme de longue apophyse. La tubérosité des ischions est plus forte, et comme ces os se réunissent avec les pubis, il y a deux trous ovalaires. L’extrémité de l’iscliion qui s’articule avec les vertèbres est un peu plus large que dans les torlues de mer. ]
Dans la matarnala et la tesluda scabra, les iléons au lieu d’être mobiles, sont fortement articulés avec la dernière paire de côtes; les pubis le sont également par leur angle externe, et tes ischions par leurs tubérosités, avec la dernière paire de pièces du sternum.
Dans les trionyx on retrouve ta même disposition que dans les tortues de mer; mais les éniydes se rapprochent davantage des tortues terrestres; dans quelques-unes de celles-ci, Vémys centrât a, par exemple, les iléons sont plus larges à leur extrémité vertébrale.
Dans les crocodiles, l'iléon est plus évasé, mais il n’y a presque point de partie antérieure, tout son développement se portant en arrière de la cavité cotyloïde; celle-ci est très large, formée seulement par l’iléon et l’ischion, et percée non à son fond, mais à sa partie antérieure. Les deux os qui la forment ayant chacun à cet endroit une échancrure, donnent un trou par leur réunion. Le pubis, articulé avec le bord antérieur et externe de l’ischion, prolonge en avant, comme dans les tortues de mer, une lame plate qui donne appui par son angle externe à la dernière paire des côtes ventrales. La symphyse est formée par tes seuls ischions.
Dans les sauriens ce n’est plus la même disposition. Les trois os contribuent à former la cavité cotyloïde. Le pubis a, comme dans les tortues, un angle externe et un autre interne par lequel il touche à son semblable. Son col, percé d’un trou moins évasé que dans les crocodiles, a toujours au-dessus de la cavité cotyloïde une apophyse saillante. Les ischions très larges forment une longue symphyse qui se réunit au moins par un ligament à l’angle interne du pubis, de sorte qu’il y a deux trous ovalaires. Le caméléon seul s’éloigne un peu de cette structure générale des sauriens : l’iléon est plus plat surtout à sa partie supérieure, et il ne présente pas l’apophyse dont nous venons de parler; les pubis presque cylindriques n’ont point d’angle externe.
Dans les orvets et les sheltopusicks il y a pour tout bassin, un petit iléon suspendu aux vertèbres. ]
Dans la grenouille, le pipa et le crapaud, les iléons sont très alongcs postérieurement et tout à lait parallèles à l’épine; les pubis et les ischions sont courts et soudés en une seule pièce solide, dont la symphyse forme une crête plus ou moins arrondie, sans trou ovalaire.
[ Les ailes des os des isles An pipa sont applaties horizontalement, et sont attachées sous les larges apophyses transverses de l’os sacrum. ]
Dans la salamandre et dans Yaxoloti les iléons sont étroits et presque cylindriques, et les pubis soudés entièrement aux ischions ne forment qu’une plaque osseuse sans aucun trou.
[ Dans le metiopoma , l’antphiuma , la sirène et le protée, l’iléon et l'ischion seuls sont osseux : le pubis reste cartilagineux, ou du moins 11e devient osseux que très tard, car dans nos squelettes, qui sont adultes ou près de l’être, cet os n’est point ossifié. ]
ARTICLE II