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DES MUSCLES DE LA JAMUE

A. Dans l’homme.

Les extenseurs de la jambe se terminent tous par un tendon commun qui s’attache à la rotule, et se continue jusqu’à la tubérosité antérieure du tibia. Ces muscles sont au nombre de quatre, dont les trois premiers, savoir: le vasteinterne , 1 e vaste externe et le crural, sont regardés par plusieurs comme un seul muscle qu’ils nomment triceps clc la cuisse (Irifémoro-rotulien). Le crural est attaché à toute la l'ace antérieure du fémur; le vaste externe vient delà région du grand trochanter, et l 'interne de celle du petit.

Le quatrième extenseur est le grêle ou droit antérieur (iléo-rotulien ). Il lient à l’épine de l’os des îles, et s’étend tout le longdu devant de la cuisse.

Les fléchisseurs de la jambe s’attachent au côté interne de la tète du tibia, excepté un seul qui s’attache au péroné : c’est le biceps (ischio-péronien) qui reçoit une partie de ses fibres de la tubérosité de l’ischion, et une autre du milieu de la ligne âpre du fémur. Ces deux portions s’unissent en un tendon grêle qui s’insère à la tête du péroné.

De la même tubérosité de l’ischion, viennent deux muscles placés derrière le biceps.

Le demi-membraneux (ischio-sous-tibien) et le demi-nerveux (ischio-prétibien). Le premier s’insère au tibia par un tendon plat et mince, et le second un peu plus bas, par un tendon grêle et rond. Sous le demi-nerveux s’insère le couturier (iléo-prétibien), qui vient de l’épine de l’os des îles, et passe en écharpe sur le devant et le dedans de la cuisse; et un peu plus bas le grêle ou droit, interne (pubio- prélibien) qui vient du bas de la symphyse du pubis, et descend droit le long de la face interne de la cuisse.

Enfin, le poplité (poplito-tibien) est un petit muscle situé derrière le genou, et qui va du condyle externe du fémur obliquement à la tête interne du tibia.

Tous ces muscles forment, conjointement avec les adducteurs du fémur, etc., cette masse longue et arrondie qui entoure cet os et que nous appelons la cuisse. Ils sont tous renfermés dans une gaine aponévrotique nommée fascia- lata, qui est pourvue d’un muscle particulier (iléo-fascien), dont les fibres sont recouvertes entièrement par les aponévroses.

B. Dans les mammifères.

Les singes ont la cuisse un peu moins ronde que 1 homme; leurs muscles diffèrent peu des siens, excepté le biceps.

Dans les mammifères en général, la cuisse étant pressée contre le flanc, la masse charnue qui la forme est comprimée. C’est le couturier et le droit antérieur qui en forment le tranchant antérieur dans les carnivores et les rongeurs, et les demimembraneux et demi-nerveux, le tranchant postérieur.

Dans le cheval, le couturier devient plus considérable, et porte le nom de long adducteur, par opposition avec le grêle interne, qui s’y nomme le court adducteur.

[ Le couturier est tout à fait confondu dans le castor avec les pcctiués. Il s’insère au fémur dans l’aï, comme le remarque M. Mcckel, mais il vient de l’iléon, et nullement, comme cet anatomiste le dit, de l’aponévrose du grand oblique de l’abdomen : évidemment M. Meckel a pris ici un faisceau du peaucier pour le couturier.]

Dans presque tous les mammifères et même dans les singes, excepté dans le coaïla, le muscle analogue du biceps de l’homme n’a qu’une seule tète à l’os ischion; il couvre une grande partie de la face externe de la cuisse, et donne non-seulement des fibres au péroné, mais encore à toute la longueur de l’aponévrose fascia lata; en sorte qu’il fait aussi l’office d’extenseur de la cuisse. C’est lui que Bourgelat nomme long-vaste dans le chien et le cheval .

[Dans l'orang-outang, il y a une portion fémorale, mais elle constitue un muscle distinct qui s’insère à la moitié moyenne du bord externe du fémur et descend sur l’aponévrose jambière en passant obliquement sous la portion ischiale.

L’aï présente la même particularité, et dans le fourmilier diclactyle où ce muscle accessoire du biceps existe aussi, il s’insère à la moitié inférieure du bord externe du fémur, et descend par un long tendon jusqu’à la portion inférieure du péroné.

Dans un grand nombre de mammifères, le biceps a une seconde tête à la partie latérale antérieure du coccyx. Il y a en outre souvent sous lui, un muscle extrêmement étroit, mais très long, qui s’insère également au coccyx ou au ligament sacro-sciatique et qui vient se perdre sur la face latérale de la jambe; on peut regarder ce muscle comme un accessoire du biceps. On le trouve dans l'hyène, la loutre, le lion, le phoque, et dans beaucoup de rongeurs et d'édentés. Quelquefois, comme dans la fouine et la genette, cet accessoire du biceps ne va qu’au fémur, il devient alors presque le lémoro-coccygien des ovipares; enfin, comme dans l'hyène et les chats, le long accessoire et le court existent ensemble.

Le biceps, dans la plupart des mammifères, recouvre une grande partie de la jambe; dans les tatous et l 'oryctèropo, il descend jusqu’au calcanéum. Dans le cheval et dans les ruminants, il y a une portion supérieure qui vient de l’aponévrose sacrosciatique dont les fibres, dirigées obliquement d’a-

180 CINQUIÈME LEÇON. — I)E L’EXTRÉMITÉ POSTÉRIEURE OU MEMBRE ABDOMINAL.

vaut en arrière, forment une espèce de raphé avec les fibres de la portion iscbiatirjue qui descendent presque verticalement..

Dans tous les mammifères, le fascia lata a un muscle assez fort qui se sépare difficilement du grand fessier.]

Le grêle interne s’élargit dans les mammifères, et surtout dans ceux qui ont le fémur court. Aussi forme-t-il, surtout dans les animaux à sabots, un muscle très considérable, c’est lui que Bourgelat nomme court adducteur, tandis qu’il donne le nom de grêle interne à l’analogue du demi-nerveux.

[ Ce muscle présente dans les loris, ceci de remarquable, qu’il a trois faisceaux d’origine bien séparés, lesquels se réunissent pour former un tendon grêle qui s’insère un peu au-dessus de celui du couturier. L’un vient du pubis, les autres de l’ischion, et ceux-ci semblent se détacher du demi-membraneux et du demi-nerveux.]

Le demi-membraneux et le demi-nerveux se trouvent dans tous les mammifères comme dans l’homme; mais ils s’insèrent l’un et l’autre au tibia par une aponévrose large. Il faut remarquer aussi que leur insertion s’y fait beaucoup plus bas que dans l’homme, ce qui retient toujours la jambe dans un éLat de demi-flexion, qui est une des causes qui empêchent les quadrupèdes de marcher debout. Les singes ont aussi cette insertion très bas.

[Ces deux muscles, ou quelquefois seulement le demi-membraneux, reçoivent une porLion accessoire coccygienne. C’est principalement dans les rongeurs et les édentés que l’on trouve cette disposition.]

Les extenseurs, c’est-à-dire le droit antérieur et le triceps, se retrouvent dans tous les mammifères comme dans l’homme, à quelques différences près dans les proposions.

Les chauves-souris, dont les exl rémi tés postérieures paraissent retournées de manière qu’elles se fléchissent en devant, n’ont que deux muscles propres à la jambe, l’un qui remplace le couturier, le grêle interne , le demi-membraneux et le demi-nerveux; il naît par deux ventres charnus séparés entre eux, et entre lesquels passe l 'adducteur de la cuisse. Le premier vient de la partie antérieure de l’iléon, et l’autre en partie du pubis et de l’ischion. Ils forment un tendon commun qui se porte à la partie antérieure de la jambe (qui devrait être la postérieure), et il s’insère sur le tibia au-dessous de son articulation avec le fémur. C’est le fléchisseur de la jambe.

L’extenseur de la jambe s’attache par un seul ventre charnu sur l’extrémité supérieure du fémur. Son tendon est grêle et s’insère à l’extrémité postérieure de lajambe qui, nous le répétons, est ici comme retournée.

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