C. Test des arachnides
[Dans les araignées, la tête est confondue avec le thorax comme dans beaucoup de crustacés : elle ne porte point d’antennes proprement dites ; maisàla place que celles-ci devraient occuper, on trouve des serres didactyles ou monodactyles terminées par un crochet venimeux.
Le thorax est composé, en dessus, d’un seul article corné, mais offrant cependant toujours quelque dépression ou quelque rétrécissement qui indique la portion céphalique. En dessous, la plaque stei'nale paraît être aussi d’une seule pièce, mais elle donne attache à cinq ou six paires d’appendices.
L’abdomen , suspendu au thorax par un pédicule court, est ordinairement mou et sans article; ce qui semble prouver que la subdivision en segments n’est pas une condition essentielle de l’organisation de toutes les parties du corps des arli culés.
SIXIÈME LEÇON. — MOUVEMENT
Les pattes sont composées tic sept articles tic proportions très-diverses. Le premier article, ou la hanche, est court; le deuxième, le trochanter, n’a pas plus de longueur que d’épaisseur ; le troisième, la cuisse , est très-long ; le quatrième, qu’on pourrait appeler la rotule, très-court; le cinquième, oulajambOf est long, mais moins que le troisième; le sixième, ou le tarse , est très-long et grêle; le septième , enfin , ou le doigt , est grêle , court , et se termine par deux ou trois petits. crochets.
Dans les scorpions, tout le corps est revêtu d’un derme solide et corné. Le thorax et la tête sont réunis en une seule pièce ; mais le sternum se compose de plusieurs pièces, et se termine par deux appendices mobiles en forme de peignes.
L’abdomen a les six premiers anneaux larges, aplatis, et composés de deux arceaux ; les six derniers sont plus étroits, et forment ce que l’on nomme la queue de ces petits animaux ; le pénultième est plus long que les quatre autres, et le dernier est armé d’un aiguillon à son extrémité.
La bouche est encore plus simple que dans les araignées; les palpes sont très-grandes, et portent une forte serre qui les fait ressembler aux pinces des écrevisses. Leurs hanches forment des mâchoires. Les pattes, au nombre de huit, se composent de sept articles généralement courts ; ceux qui représentent la cuisse et la jambe sont un peu plus longs et plus aplatis; le dernier est armé de deux crochets *. ]
D. Test des myriapodes.
[Le test des myriapodes est corné et plus uniformément divisé que celui des autres articulés. Il présente chez les iules une suite d’anneaux cylindriques imbriqués, plus évasés de l’arrière que de l’avant, où leur bord se replie en dedans à angle droit, de manière à former une sorte de diaphragme incomplet analogue à ce que nous avons nommé apodème dans les crustacés. Chacun de ces anneaux est formé de deux pièces très-inégales, soudées ensemble : une étroite, qui représente le demi-anneau ventral de l’abdomen des insectes , et qui ne comprend dans certaines espèces qu’environ un douzième de la circonférence totale , et une très-grande qui représente le demi-anneau
DES ANIMAUX SANS VERTÈBRES
tergal. Chaque cylindre porte deux paires de pattes ; mais un sillon, qui semble un reste de suture, pourrait faire croire que deux anneaux se sont réunis pour n’en former qu’un seul. A la vérité, dans ce cas, chaque anneau ne porterait qu’une paire de stigmates, tandis que dans les insectes il en porte deux.
Chez ces animaux, il n’y a point de distinction entre le thorax et l’abdomen; la tête elle-même est peu distincte.
Les pattes ont sept articles , presque égaux en longueur, à l’exception du premier qui est court et gros, .et du dernier qui ne se compose que d’un crochet aigu. Le premier, ou la hanche d’un côté, louche à celle de l’autre, à cause de l’étroitesse de l’arceau ventral.
Dans les scolopendres, le test est un peu moins solide; mais il se compose également de segments semblables entre eux dans toute la longueur du corps, sans distinction de thorax et d’abdomen. La tête elle-même ne paraît être formée en dessus que d’une pièce ovale qui porte les yeux et les antennes. Les segments sont déprimés, composés de deux arceaux réunis par une membrane au milieu de laquelle s’insèrent les pattes par l’intermédiaire de petites pièces assez difficiles à caractériser. L’arceau inférieur, plus étroit et plus plat que le supérieur, est d’une seule pièce; mais deux sillons, qui régnent sur sa longueur, semblent annoncer qu’il a été de trois pièces, une médiane et deux latérales, ou un sternum et deux episternum. L’arceau supérieur est évidemment composé de trois pièces soudées, une moyenne un peu plus étroite et deux latérales, ou un tergum et deux épinières ; et si , comme il arrive souvent , les pièces moyennes sont la réunion de deux autres pièces , il s’ensuivrait que chaque segment d’une scolopendre serait composé de huit pièces, deux tergales, deux sternales, deux latérales supérieures et deux latérales inférieures ¥¥.
Les pattes ont le même nombre d’anneaux que celles des iules.
La hanche est courte; les quatre autres articles suivants sont à peu près égaux en longueur, mais diminuant chacun de grosseur; le sixième est très-petit et porte un ongle crochu qui forme le septième. Les paltcs du dernier article sont plus longues et ont une articulation de moins.]
* [La réunion de la tête au thorax, et la composition plus simple de la bouche des arachnides et des limules, a fait penser à M. Suvigny et à M. Strauss que ces animaux inauquent de tête, et que le cerveau et les organes des sens se sont retirés dans le thorax; mais il nous semblerait plus juste d’en couclurc que l’on a donné trop d’importance aux subdivisions du corps, car les yeux nous paraissent, pour indiquer la présence de la tête, des caractères uu moins aussi bons que peuvent l’être
les mâchoires; d’ailleurs, dans un grand nombre de crustacés où l’existence de la tète n'est pas douteuse, nous l’avons déjà vue intimement unie au thorax.]
[M. Milne Edwards est déjà arrivé au même résultat pour les crustacés : on pourrait doue, en raison de la simplicité de leur composition, prendre les segments de scolopendres pour le type de tout segment d arttculé, dans lequel il n’y a point eu d’avortement, de fusion ou de développement iusolitc départies.]
ARTICLE DEUXIÈME
E. Enveloppe des annêlides.
[ Le corps des annêlides est mou et divisé en segments ou plis transversaux, sans aucune trace de subdivisions. Le nombre en est extrêmement variable : chez les uns, il n’est que de vingt à trente; chez les autres, il est de plus de cinq cents. La tête porte quelquefois des prolongements en nombre pair ou impair, que l’on nomme tentacules. Elle se compose de un à cinq segments, selon quelques auteurs. Dans le plus grand nombre, il est impossible de distinguer un thorax et un abdomen; mais dans les serpules et les amphifrites les segments qui suivent la têle sont plus renflés, ils portent des appendices plus complets et constituent une sorte de thorax; les segments suivants, en nombre considérable, sont d’un diamètre plus petit et portent des appendices moins complets ou moins développés : on pourrait nommer celte partie l’abdomen.
Les pieds varient beaucoup par la forme.
On distingue dans chaque pied : un tubercule ou rame ; les soies , qui composent un faisceau pour chaque rame; et les cirrhes ou filaments charnus, situés soit au bord supérieur, soit au bord inférieur de la rame. La rame est simple ou double. Dans ce dernier cas, les deux rames placées au-dessus l’une de l’autre se distinguent en rame dorsale et rame ventrale. Les soies sont flexibles ou épineuses; les épineuses sont droites ou crochues, ou dentelées, ou barbelées ou en flèche, etc.
D’après M. de Blainville, le pied ou l’appendice des néréides se compose de trois parties , une supérieure, servant à la respiration, une moyenne, servant de tentacule ou d’organe des sens, et une inférieure, servant à la locomotion. Ce serait là, suivant lui. le type de tout appendice des articulés. Il est certain que dans les crustacés les pattes se trouvent souvent avoir ces trois parties, car elles portent les branchies et sont en outre garnies d’un fouet qui paraît être un. tentacule; mais dans la nombreuse classe des insectes, dans les arachnides et dans les myriapodes, les appendices ne sont que des organes de mouvement.
Dans les amphinomes , chaque anneau a sur le dos une paire de. branchies, et de chaque côté deux rangées de rames soyeuses, garnies d’un cirrhc, la supérieure, à son bord dorsal, et l’inférieure, à son bord ventral; en sorte que, si l’on prend ces singuliers organes pour des pieds, il y aurait ici de chaque côté et pour chaque article deux pieds absolument semblables, situés l’un audessus de l’autre.
I’ [M.Savigny les a nommées ély très; M. de Blainville les considère comme des cirrhes squammeux, et MM. Audouin et Edwards comme la paire supérieure des appendices branchiaux.]
ANIMAUX ARTICULÉS. 215
Dans les aphrodites , on trouve entre les branchies, les soies et les cirrhes, des écailles membraneuses qui recouvrent le dos en s’imbriquant .
Dans les tubicoles, la partie supérieure du corps est élargie et garnie de soies roides ; les branchies forment de chaque côté de la tête un panache en forme d’éventail, et dans quelques-uns (les serpules) un des deux filaments charnus, situé à droite ou à gauche du panache, se dilate à son extrémité, de manière à former un disque qui sert d’opercule au tube dans lequel l’animal est logé.
Dans les abratiches} quelques-uns, comme les/o«ibrics, portent aussi de chaque côté deux rangées de soies courtes. La tète ne se distingue que par un simple tubercule que porte le premier anneau.
Enfin, dans les sangsues , il n’y a plus de soies, et la progression se fait par un mécanisme que nous exposerons plus bas en décrivant ses muscles. ]