‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 135 sur 174 · II. Des muscles · texte numérisé non relu

II. Des muscles

[ Le corps des holothuries et des siponcles , parmi les éebinodermes, est susceptible de mouvements assez variés.] 11 peut se raccourcir et s’allonger au gré de l’animal. Des bandes musculaires longitudinales, dont la largeur et le nombre varient selon les espèces, et d’autres bandes transverses plus minces, étendues sur toute la surface interne de la peau et en dehors des longitudinales, produisent ces deux mouvements. [Les bandes musculaires sont quelquefois si étroites et si épaisses dans les siponcles qu’elles ressemblent à de petites cordes ; et la peau n’étant point assez épaisse chez eux pour effacer la saillie des bandes Iransverses, ces zoophytes ont pu être pris pour des animaux articulés, dont ils ont en effet l’apparence. En chassant avec force l’eau contenue dans l’intérieur de leur corps les holothuries nagent assez rapidement.

Mais outre cet appareil général de locomotion, elles en ont un particulier; ce sont des pieds rétractiles analogues à ceux qu’on trouve dans les astéries et les oursins. ~\

Ces pieds rétractiles sont des espèces de suçoirs dont l’organisation est à peu près semblable dans les trois genres qui composent le premier ordre des éebinodermes (les pédicvllcs). Chacun de ces suçoirs peut se contracter isolément. Leur forme

est, à peu près, celle d’une ampoule à long tube, remplie d’une humeur très-fluide, dont les parois sont formées par des fibres circulaires. La portion tubuleuse ou allongée de ces ampoules est la seule qui paraisse au dehors de l’animal quand il a le pied allongé. Elle est terminée par une espèce de disque à partie moyenne concave. [Son milieu est resserré par l’ouverture de l’enveloppe, à la manière de la portion étranglée d’un sablier;] la portion sphérique esL renfermée dans l’intérieur du corps. D’après cette organisation du pied, il est facile d’expliquer le mécanisme de son action. L’humeur contenue dans l’intérieur île l’ampoule devient, par son déplacement, la cause du mouvement. Ainsi le pied supposé rentré dans le corps, la partie sphérique tic l’ampoule est beaucoup plus grosse. Le pied sort-il au dehors, les parois de l’ampoule se contractent, chassent le fluide qu’elle contient dans l’intérieur du tube, qui grossit et s’allonge. Le pied rentre-t-il, c’est alors la tunique du tube qui se contracte et qui chasse l’humeur dans l’ampoule.

Les animaux compris dans le genre des holothuries ont les pieds disposés de diverses manières, tantôt épars sur tout le corps, tantôt situés du même côté, et quelquefois disposés en rangées longitudinales.

[ L’enveloppe calcaire des astéries et des oursins ne permet guère à ces animaux de mouvements généraux du corps, quoique cependant on ait cru retrouver dans quelques espèces du premier genre des muscles à fibres longitudinales et transversales. Ces animaux se meuvent surtout au moyen des organes tentaculaires ou des pieds dont ils sont abondamment pourvus, et qui sont engagés dans les trous dont nous avons dit qu’étaient percés leurs .ambulacrcs. C’est probablement par le gonflement et le resserrement partiel des milliers de pieds qu’on voit se mouvoir à leur face inférieure, que les astéries peuvent fléchir un peu leurs rayons, et embrasser d’une manière plus ou moins complète les corps sur lesquels elles rampent. Quant aux épines dont leur corps est garni, ainsi que celui des oursins, on a pensé qu’elles servent au mouvement volontaire, conjointement avec les pieds tentaculaires; mais la substance qui les unit à la coquille parait purement ligamenteuse; on ne voit, dans les oursins, aucune espèce de communication entre l’épine et l’intérieur du corps, au travers du tubercule épais qui porte la première; et peut-être ces organes ne servent-ils que de supports ou de garants contre les frottements lorsque ces animaux sont poussés par les flots, ou ne sont-ils qu’un moyen de se fixer dans le sable V

* [ Dans uu oursin commun placé sur une table, nous avons .observé un mouvement lent de rotation qui se

ARTICLE TROISIÈME

Les vers intestinaux, chez lesquels on a pu observer des muscles, nous présentent toujours, comme dans les siponcles et les holothuries, des muscles longitudinaux et des muscles transversaux.]

On ne reconnaît plus [ que très-difficilement ] les organes qui produisent le mouvement dans les autres ordres de zoophytes; ils échappent là h nos recherches par leur transparence. Un grand nombre ont la bouche garnie de tentacules mobiles au gré de l’animal, à l’aide desquels il saisit sa proie. Les méduses nagent en déplaçant l’eau par des mouvements alternatifs qui rendent leur corps tantôt plat , tantôt convexe. Les actinies ont, dans la peau coriace qui les recouvre, une telle faculté contractile , qu’elles prennent à volonté les formes les plus dissemblables : tantôt aplaties en disque , tantôt élevées en cône, tantôt allongées en cylindre, etc. , etc. Dans les hydres on ne retrouve plus que des tentacules mobiles. [ Mais dans ces animaux on ne décrit pas en général de fibres musculaires distinctes. Cependant, si on les examine avec attention, peut-être serat-on conduit à y reconnaître un appareil particulier destiné aux mouvements. Ainsi , dans la (jéryonie hexaphylle( mcd. proboscidalis, Forsk. ), dont l’ombrelle est une calotte demi-sphérique, nous avons pu nous assurer que les contractions sont: dues à une membrane annulaire blanchâtre à fibres concentriques et à fibres rayonnantes qui s’ouvre et se ferme comme une bourse ou comme un sphincter. Une membrane semblable se voit dans les rhizostomes, dans le léroé de la Méditerranée, dans les dyphies, dans les porpiles, dans les pièces vésiculeuscs des rhizophyses , dans celles des hippopodes. Dans les raccmïdes , chaque vésicule, parfaitement globuleuse , mais à demi engagée dans une masse gélatineuse ovoïde, est munie dans sa portion libre d'une nageoire qui embrasse sa ligne équatoriale. Lorsque la vésicule est séparée de la masse , elle ne peut plus que tourner sur elle-même; mais les pièces vé-

faisait par petites secousses successives. Il était dû à l’extension simultanée de tous les tentacules d’un arabulacre qui, déplaçant le centre de gravité, transportait le poids du corps sur d’autres épines, et occasionnait ainsi un petit mouvement auquel en succédait bientôt un second.]

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