‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 14 sur 174 · DIVISION DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

DIVISION DES ANIMAUX

qu’un osselet ; son limaçon est en cône légèrement, courbé. Leur langue a un os intérieurement. Les poumons son t a t tachés aux côtes, ctsc laissent traverser par l’air qui communiquedanstout le corps. La trachée a un larynx h chacune de ses extrémités ; leur bouche est un bec revêtu de corne, sans lèvres, ni dents, ni gencives, dont les deux mandibules sont mobiles.

Le pancréas et le foie produisent chacun plusieurs canaux excréteurs, qui entrent dans l’intestin par divers points. Le chyle est transparent, et il n’y a point de glandes mésentériques ni d’épiploon. La rate est au centre du mésentère. Les uretères aboutissent dans une cavité commune aussi aux excréments solides, et nommée cloaque. Il n’y a point de vessie; ils n’ont qu’un oviductus qui aboutit auprès de l’anus, etc.

Les ovipares à sang froid sont les reptiles et les poissons.

Les reptiles diffèrent entre eux par des points très importants, et ils n’ont pas peut-être des propriétés et des parties communes en aussi grand nombre que les autres classes. 11 y en a qui marchent, d’autres qui volent, d’autres qui nagent, et leurs membres et leurs sternums varient en conséquence. Un grand nombre ne peut que ramper et n’ont point de membres ni de sternum, ou les ont seulement en vestiges. Leurs organes des sens, et surtout l’oreille, varient presque autant que ceux du mouvement; elle n’a cependant jamais devrai limaçon. Leur peau est ou nue, ou revêtue d’écailles. Leur cerveau est toujours très petit. Leurs poumons flottent souvent dans la même cavité que les autres viscères, mais ne se laissent pointtraverser par l’air ; les cellules en sont fort grandes. Il n’y a qu’un larynx sans épiglotte. La mâchoire supérieure n’est pas mobile. Il n’y a ni épiploon, ni glandes mésentériques; la rate est au centre du mésentère, ou rapprochée du pylore et du pancréas. La femelle a toujours deux ovaires et deux oviductus. Il v a une vessie.

Quelques reptiles, les batraciens, dans leur premier âge, respirent l’eau par des branchies suspendues à des appendices de leur os hyoïde, et qui s’atrophient à mesure que leurs poumons se développent. Us forment en cela une sorte de passage aux poissons.

Les poissons respirent par des organes en forme de peignes, placés aux deux côtés de leur cou, suspendus comme ceux des batraciens, et entre lesquels ils font passer l’eau; ils n’ont en conséquence ni trachée, ni larynx, ni voix. Leur corps est disposé pournager; leurs nageoires manquent quelquefois. Outre les quatre qui représentent les membres, ils en onldc verticales surfe dos,sousla queue el à son extrémité, soutenuespar des rayons dont les autres classes ne montrent point de ves-

PREMIÈRE LEÇON. - ÉCONOMIE ANIMALE

tiges. Leurs narines, placées dans des fossettes sans issue, ne servent point à la respiration; leur oreille est entièrement cachée dans le crAne; leur peau est nue, ou recouverte {l’écailles; leur langue est osseuse; leurs deux mAchoircs sont mobiles; le pancréas est souvent remplacé par des cæcums ; il y a une vessie; les ovaires sont doubles; il n’y a d’oviductus que dans quelques chondroplérygiens. Dansles derniers des poissons, les lamproies, le squelette est réduit à une mollesse extrême, on a peine à distinguer le corps des vertèbres; il y en a même un genre, les ammocètes, où tout le squelette est ù peu près membraneux.

Les animaux du deuxième embranchement, ou les mollusques, ont le corps charnu, mou, sans membres articulés, quoiqu’il ait quelquefois en dedans des pièces dures, et qu’il soit souvent recouvert par des écailles pierreuses. Ils ont des vaisseaux artériels et veineux, dans lesquels le sang subit une véritable circulation et même une circulation double; celle-ci, lorsqu’elle n’a qu’un ventricule, l’a toujours à l’aboutissant de la veine ou des veines pulmonaires et à la base de l’artère du corps.

Ils respirent l’eau par des branchies en forme de peignes, de lames, ou de panaches, ou bien ils offrent à l’air une cavité pulmonaire, mais dont les parois sont seulement tapissées d’un lacis de vaisseaux; leur cerveau est une masse distincte, de laquelle partent des nerfs, et leur œsophage est entouré d’un collier d’où il en part d’aut res. Ces nerfs se distribuent diversement, et il y a desganglionsnerveux en divers endroits du corps.

Leurs sens extérieurs varient pour le nombre, quelques-uns ayant des yeux et des oreilles bien marqués, tandis que d’autres paraissent réduits au goût et au toucher. Il y en a beaucoup qui peuvent mâcher, et d’autres qui ne peuvent qu’avaler. Leurs sécrétions se font par des glandes conglomérées. Ils ont un foie volumineux qui fournit beaucoup de bile, mais on ne leur voit point de pancréas, et ils n’ont pas de vaisseaux lymphatiques.

Leurs classes ne sont ni moins nombreuses, ni moins distinctes que celles des vertébrés.

La première, ou celle des céphalopodes , a le corps en forme de sac; un crâne cartilagineux renfermant le cerveau et contenant des oreilles; de grands yeux, autant et plus compliqués que ceux d’aucun vertébré; des organes du mouvement d’une structure toute particulière, entourant la bouche, et servant également à la natation, à la marche et à la station; un bec, formé par deux mandibules cornées; un gésier charnu; des branchies; trois cœurs, un aortique, deux branchiaux; des sexes séparés, etc., etc.; leur coquille est souvent cachée dans l’épaisseur du dos.

La seconde, celle des gastéropodes, rampe sur le ventre, pourvu à cet effet d’un disque musculaire,

et n'a qu’un cœur aortique; sa tête, simple production de son enveloppe générale, n’a que des tentacules médiocres et de très petits yeux; le cerveau n’a point d’enveloppe propre : il n’y a point d’oreille; les mâchoires, la force de l’estomac, la longueur des intestins, la forme et la position (les branchies, varient à l’infini; quelquefois il n’y a qu’une cavité pulmonaire; tantôt les sexes sont séparés, tantôt ils sont réunis dans le même individu, mais avec nécessité d’accouplement réciproque; quelquefois enfin, chaque individu peut se féconder lui-même. A cette classe appartiennent la plupart des coquilles univalves et quelques multivalves; mais beaucoup de ces genres n’ont point de coquille du tout.

La troisième, celle des acéphales, n’a point de tête saillante; sa bouche s’ouvre sous un manteau ployé en deux, et quelquefois fermé par-devant; il n’y a ni enveloppe propre au cerveau, ni oreilles; les yeux lui manquent; son cœur est aortique; ses branchies consistent en quatre grands feuillets vasculaires, entre lesquels est le pied, qui est quelquefois organisé en filière et quelquefois manque tout-à-fait. Tous ces animaux sefécondent euxmêmes; c’est à eux qu’appartiennent toutes les coquilles bivalves et la plupart des multivalves; beaucoup de leurs espèces sont fixées et condamnées à vivre sans mouvement.

A ces trois grandes et principales classes des mollusques, il s’en jointeinq moins considérables; les ptéropodes, dont le corps, en forme de sac, nage au moyen de lames latérales; leur cerveau n’a point d’enveloppe; ils manquent presque toujours d’yeux et n’ont que de petits tentacules, qui manquent même quelquefois. Leurs branchies varient en position, et sont quelquefois à la surface de leurs nageoires; ils n’ont qu’un cœur aortique, et leurs sexes sont réunis; il y en a de nus, et d’autres pourvus de coquilles.

Les bracliiopodes, qui ont deux longs bras frangés, roulés en spirale dans l’état de repos, et dont les branchies sont attachées à leur manteau; le reste de leur organisation n’est pas suffisamment connu.

Les cirrhopodes, remarquables par des tentacules articulés, cornés et ciliés, et par quelque ressemblance de leur système nerveux et de leurs organes de la manducation, avec ceux des animaux articulés, ont d’ailleurs le corps sans articulations, des branchies sur les côtés, et un cœur aortique; ils manquent d’yeux et se fécondent euxmêmes; on n’en connaît que munis de coquilles multivalves, et qui vivent toujours fixés.

Les biphores, dont le corps nu, en forme de sac ouvert aux deux bouts, est traversé en écharpe par un ruban vasculaire, qui est la branchie ; ils n’ont point de tête saillante; leur cœur est aortique ; ils nagent et passent une partie de

ARTICLE CINQUIÈME. — DIVISION DES ANIMAUX

leur vie réunis en groupes (le diverses sortes *.

Les ascidies , dont le corps, toujours fixé et non symétrique, a deux orifices, un qui donne dans un grand sac branchial au fond duquel est la bouche, l’autre qui est l’anus. Plusieurs espèces se groupent et s’unissent en masses comparables à celles de certains zoopliytes.

Le troisième grand embranchement, celui des animaux articulés, a toujours le corps symétrique, formé d’une suite d’anneaux de consistances diverses, ou à peu près égaux, ou enflés et étranglés dans diverses proportions; en avant est la tête, quelquefois cependant soudée aux anneaux suivants, et qui porte, comme dans les vertébrés, les organes des sens et ceux de la manducation ou de la succion; les mâchoires, lorsqu’il y en a, sont toujours latérales et sc meuvent de dehors en dedans, ou de dedans en dehors; le cerveau, toujours sur l’œsophage, donne, comme nous l’avons dit, deux filets qui se rapprochent en dessous, et marchent le long du ventre, se renflant d’espace en espace en ganglions qui sc soudent et d’où partent les nerfs. Leurs membres, leurs oi'ganes des sens, leurs organes de la circulation et delà respiration varient beaucoup, et ont motivé leur division en quatre classes bien tranchées.

Ceux de la première, les annelides, ou vers à sang rouge, ont le corps mou, toujours dépourvu de pieds articulés; leur sang, généralement coloré de rouge, circule dans un système double et clos d’artères et de veines, quelquefois renforcés de ventricules charnus; des soies ou des faisceaux de soies raides tiennent lieu de pieds à plusieurs. Il y en a qui ont leurs branchies en panaches ou en lamelles répandues uniformément sur toutes leurs articulations; d’autres où elles 11e sont que sur quelques-unes; d’autres où les organes respiratoires restent à la surface de la peau ou s’enfoncent dans l’intérieur; leurs yeux, quandils en ont, sont

*Le Bulletin, des Sciences, tome II, page 212, annonce que M. Van Hasselt a observé à Java, sur la circulation de ces animaux , un fait qui, lorsqu’il sera complètement connu, changera quelque chose à cet énoncé. Le cœur, après avoir , pendant un certain nombre de pulsations, poussé le sangdansun sens, le pousse, pendant un temps à peu près égal, dans l’autre sens; de sorte que ce fluide paraît n’éprouver qu’un mouvement de va et vient dans un seul ordre de vaisseaux. J ai fait la même observation sur les bipliores de la Méditerranée ; mais je crois que le cœur est plus compliqué et que le phénomène de ce changement de direction du sang est plus complexe que M. Van Hasselt ne le dit ; car avant de pousser le sang dans une nouvelle direction , le cœur éprouve un mouvement violent qui change la position relative de ses parties. M. Quoy m’a dit avoir, dans son dernier voyage, observé le même fait. r

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simples , mais quelquefois assez multipliés. Les organes de la génération sont fort variés.

Les crustacés, qui forment la seconde classe, ont le corps revelu d’arliculaLions solides. Ils ont des membres articulés souvent très nombreux; le plastron de leur tète se prolonge dans plusieurs, pour recouvrir les branchies qui adhèrent àux anneaux suivants. On leur voit des yeux composés, durs, le plus souvent mobiles, et dans plusieurs il y a des oreilles, mais très imparfaites. Us ont, pour le toucher, des antennes et des palpes comme les insectes; leur circulation sc fait par des vaisseaux artériels et veineux, et ils ont, sur les côtés ou sous la queue, des branchies pour la respiration; leur cœur est du côté du dos et aortique, c’est-à-dire, recevant le sang des branchies. Leurs mâchoires sont latérales, fortes et par paires souvent nombreuses; dans plusieurs, l’estomac a des dents à l’intérieur j de nombreux cæcums réunis en groupe fournissent une humeur brune qui lient lieu de bile. Le male a généralement deux verges, la femelle deux ovaires.

Les arachnides forment la troisième classe ; leur cœur est sur le dos et aortique ; leur respiration est aérienne et se fait par des orifices latéraux qui donnent dans des poches où les vaisseaux viennent ramper; leur tète est soudée au corselet; ils n’ont que des yeux simples et manquent d’antennes, mais leurs membres sont toujours articulés, leur bouche a toujours deux paires de mâchoires.

Les insectes, qui forment la quatrième classe, sont pour la plupart encore soumis à des métamorphoses après leur éclosion. A leur état parfait, ils ont, comme les crustacés, des jreux composés, des membres articulés et des antennes; la plupart même ont des ailes membraneuses qui leur permettent de voler; mais ils 11’ont point de vaisseaux sanguins, et ne respirent que par des trachées. Un vaisseau qui règne le long de leur dos et qui a des contractions régulières, semble être un dernier vestige de cœur. Non seulement le foie, mais toutes les glandes sécrétoires sont remplacés chez eux par de longs tubes qui flottent dans leur abdomen. La forme de leur canal intestinal est souvent très différente dans le même individu, selon ses trois états.

Le quatrième embranchement, celui des zoo phyles, présente, dans l’organisation des animaux qui le composent, des degrés plus divers qu’aucun des autres. Sa classe la plus compliquée, celle des cchinodcrmcs, a un intestin distinct, flottant dans une grande cavité, accompagné de plusieurs autres organes pour la génération, pour la inspiration, et même pour une sorte de respiration partielle. Plusieurs de scs genres ont des organes du mouvement d’une espèce singulière, et semblables à des tentacules qui peuvent sc gonfler ou se contracter, etc.

PREMIÈRE LEÇON

La classe des vers intestinaux , qui paraît, au premier coup d’œil, semblable, à l’extérieur, à celle des aunelides, dont plusieurs genres ont même le corps divisé en segments, diffère cependant de tous les articulés, en ce cju’clle n’a ni double cordon ganglionnaire, ni organes séparés île circulation et de respiration. Leurs organes sont disposés longitudinalement, mais autour d’un axe, car ils ont au moins deux lignes nerveuses ou tendineuses semblables, partant d’un collier autour de leur bouche; plusieurs ont pour bouche quatre orifices autour d’une proéminence épineuse ou couronnée de filets; en un mot, ils mollirent toujours quelque trace de la disposition rayonnante.

Les acalèphcs ou orties de nier ont l’intestin creusé et souvent ramifié dans un corps gélatineux, dont les parties minces, parcourues par les dernières ramifications nourricières, sont le seul organe de la respiration. Leur bouche est généralement aussi leur anus. Elles tiennent de près aux polypes, ces animaux simples, dont la bouche, entourée de tentacules, tient le plus souvent aussi lieu d’anus, mais où l’on ne voit que des ramifications nutritives peu compliquées, ou qui même ne montrent qu’une substance homogène autour de leur cavité alimentaire.

Ces grandes classes, appartenant à chaque embranchement, se subdivisent elles-mêmes en familles d’un degré inférieur et fondées sur des caractères moins importants.

Ainsi, la classe des mammifères nous présente d’abord un ordre dont les espèces sont privées de pieds de derrière, et ont le cou si court et la queue si épaisse, qu’on les prendrait, au premier coup d’œil, pour des poissons : aussi se tiennentils constamment dans l’eau, quoiqu’ils ne puissent respirer que l’air ; mais dans la plupart les narines s’ouvrent au sommet de la tête, afin qu’ils puissent inspirer cet air sans faire sortir leur museau de l’eau, et ces narines servent aussi à expulser l’eau superflue qui entre dans leur bouche chaque fois qu’ils veulent avaler leur proie. Elles sont par là moins propres à exercer le sens de l’odorat, et les nerfs olfactifs manquent même à quelques espèces.

Les cétacés, c’est le nom qu’on donne à cet ordre de mammifères, ont la peau lisse, recouvrant un lard épais; point de pavillon à l’oreille; des dents qui servent à retenir la proie et non à la mâcher, et qui dans les baleines sont remplacées par des lames de corne; un estomac multiple; un canal intestinal uniforme, sans cæcum , à l’exception des baleines, où il est distingué par un cæcum en gros et petit intestin; des reins très divisés; des poumons et un foie dont les lobes sont peu nombreux; un larynx en forme de pyramide, qui va s’ouvrir dans les arrière-narines; des testicules cachés en dedans, et des mamelles si-

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tuées aux côtés de la vulve. Leurs pieds de devant sont tellement contractés, les os et les articulations en sont tellement cachés sous la peau, qu’ils représentent des espèces de rames, uniquement propres à nager. Leur queue se termine par une nageoire horizontale.

Parmi les autres mammifères, qui ont tous quatre extrémités, il y en a un assez grand nombre qui ont les doigts tellement enveloppés de corne, que leurs pieds ne peuvent servir qu’à les soutenir dans la course et dans la marche.

Us sont tous herbivores, et ont en conséquence des dents disposées pour broyer les substances végétales; leurs intestins sont très longs, et rendent leur ventre gros : ils forment trois familles.

Celle des ruminants, qui est la plus nombreuse, a le pied fourchu : leur mâchoire supérieure manque de dents incisives; elles y sont remplacées par un bourrelet de substance calleuse. Leur estomac est divisé en quatre cavités, et les aliments qui ont traversé les deux premières, reviennent à la bouche pour être mâchés une seconde fois. Leur canal intestinal est exlraordinairementlong, ainsi que leur cæcum. Leur graisse devient dure et cassante par le refroidissement. Leurs mamelles sont situées entre les cuisses de derrière. La verge du mâle n’a point d’os à l’intérieur.

Celle des pachydermes a plus de deux doigts aux pieds, des incisives aux deux mâchoires et souvent d’énormes canines. Leur estomac a quelques étranglements, mais il n’est point divisé en plusieurs poches, et ces animaux ne ruminent point. Leurs mamelles s’étendent sous le ventre lorsqu’elles sont nombreuses.

Celle clés solipèdes n’a qu’un doigt apparent à chaque pied; des incisives aux deux mâchoires; un estomac simple, petit, mais de très gros intestins, et surtout un énorme cæcum. Leurs mamelles sont dans l’aine, comme celle des ruminants. Les cétacés et les animaux à sabot, en général, ont le foie très peu divisé.

Les mammifères, dont les doigts sont distincts, et seulement armés d’ongles à leur extrémité, présentent aussi plusieurs familles, auxquelles ou peut assigner des caractères communs, tirés de l’ensemble de leur organisation.

La moins nombreuse et la moins parfaite est celle des paresseux. Plusieurs parties de leur corps s’opposent à la facilité des mouvements; leurs pieds de devant, d’une longueur disproportionnée, gênent leur marche; leurs doigts sont réunis parla peau jusqu’à la base des ongles et ne peuvent se mouvoir séparément. Les dents incisives manquent aux deux mâchoires. L’estomac est quadruple, comme dans les ruminants, mais les aliments ne reviennent point à la bouche, et le reste du canal intestinal est court. Les mamelles sont placées à la poitrine.

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Une seconde famille, qui ressemble aussi h la précédente par le peu de liberté des doigts cl par le défaut d’incisives, est celle des édenté»; plusieurs de leurs espèces manquent même absolument de dents. Leur estomac est simple; leurs mamelles sont sous l’abdomen ; ils ont tous le museau plus ou moins alongé, et plusieurs sont couverts d’armes défensives, comme des écailles, des cuirasses, etc.

Les rongeurs forment une troisième famille de mammifères onguiculés, caractérisée par deux longues incisives à l’extrémité de chaque mâchoire, que suit un intervalle vide, sans canines. Cette organisation les force de limer leurs aliments, ou de les réduire en petits fragments, au lieu de les couper en morceaux, comme font ceux qui ont beaucoup d'incisives courtes. Les rongeurs se nourrissent de matières végétales ou animales, ou mêlent les unes aux autres, selon que leurs molaires ont des couronnes plates ou armées de pointes, ou seulement élevées en tubercules mousses. Leurs intestins sont longs, leur estomac simple; ils ont presque toujours un grand cæcum. Leurs pieds de derrière, généralement plus longs que les autres, leur donnent une marche sautillante; quelquefois même ils sont si longs, que ces animaux ne peuvent employer ceux de devant à la marche.

Les carnassiers , qui ne diffèrent pas beaucoup des rongeurs par la disposition de leurs ongles, ont une denture bien plus complète; leurs incisives sont courtes et fortes, leurs canines grosses et pointues, leurs molaires dentelées et tranchantes, et ces trois sortes de dents forment ensemble une série non interrompue. Le canal alimentaire des carnassiers est court; leur estomac et leur cæcum petits. Ce dernier n’existe même pas dans ceux d’entre eux qui marchent sur la plante entière du pied, ou dont le corps très alongé est porté sur des pieds très courts : tous ont le ventre plus ou moins grêle, à cause de la petitesse de leurs intestins.

Les mammifères amphibies forment une petite tribu semblable aux carnassiers par beaucoup de circonstances, mais dont les membres sont si courts qu’ils ne peuvent guère s’en servir que pour nager ; ils manquent aussi de cæcum.

On doit aussi distinguer les carnassiers insectivores, dont les mâchelières sont hérissées de pointes. Il en est quelques-uns dont les canines sont plus courtes que les autres dents; leurs intestins n’ont pas de cæcum; cependant le galéopithùque a des intestins et un cæcum aussi longs que ceux des rongeurs.

Ces deux familles, les rongeurs et les carnassiers, ont les mamelles situées sous le ventre, et 1 urètre le plus souvent enveloppé en partie dans un os. Tous les quadrupèdes dont nous avons

parlé jusqu’ici ont la verge renfermée dans un étui attaché au ventre.

Les chauve-souris sont encore une petite tribu assez semblable aux insectivores par ses dents et ses intestins, mais dont les doigts très alongés ont leurs intervalles remplis, ainsi que eeux des membres, par une peau fine qui les met en état de voler. Elles n’ont point de cæcum. Leurs mamelles sont sur la poitrine, et leur verge est pendante.

Ces deux dernières circonstances sc retrouvent dans les quadrumanes, ceux de tous les mammifères qui ressemblent le plus à l’homme. Ils ont, comme lui, le pouce des mains séparé des autres doigts, ctsusceptible de leur être opposé lorsqu’il s’agit de faire quelque operation délicate : celui des pieds l’est de même ; mais il est plus court que les autres doigts, qui sontaussi longs que ceux des mains. Les dents ressemblent à celles de l’homme ; mais les canines sont plus alongées que les autres. Le canal alimentaire est composé, comme dans l’homme, d’un estomac simple, de petits et de gros intestins, et d’un cæcum le plus souvent gros et court, excepté dans quelques espèces. Le foie des animaux onguiculés est divisé en lobes plus nombreux que dans l’homme et les animaux à sabots.

A côté de la série ascendante dont nous venons de parler, la classe des mammifères en présente une autre, celle des marsupiaux, dont tous les genres se distinguent par un utérus conformé de manière que les petits ne peuvent y prendre leur développement complet, et qu’ils en sortent à l’état d’embryon pour s’attacher aux mamelles de leur mère, souvent siluées.dans une bourse formée par la peau à l’arrière de l’abdomen. Tous ces animaux ont au bassin deux os surnuméraires attachés au pubis. Ils sont aussi tous onguiculés; maisparrapportà leurs dents, les uns ressemblent aux insectivores, d’autres aux rongeurs, et d’autres ont des caractères intermédiaires.

On a même découvert à la Nouvelle-IIollandc des quadrupèdes couverts de poils, comme les mammilères, et ayant de même une double circulation complète et le sang chaud; mais où l’existence des mamelles n’est pas encore bien constatée , et où l’utérus est conformé île manière que quelques naturalistes les soupçonnent d’être ovipares. Ce sont les monotrèmes.

La classe des oiseaux ne présente pas autant de caractères anatomiques que celle des mammi- I ci es, pour distinguer en lamillcs les espèces qui la composent. La forme de leurs pieds ne détermine pas, comme dans les quadrupèdes, le genre de leurs aliments, parce que la faculté de voler, et celle de nager et de plonger, leur donnent d’autres moyens de poursuivre leur proie.

Les oiseaux de proio proprement dits ne sont

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pas les seuls qui vivent de chair. On les distingue à leur bec et à leurs oncles crochus. Leur estomac est membraneux; leurs cæcums liés courts; leur larynx inférieur n’a qu’un seul muscle.

Les oiseaux piscivores , de la famille des oiseaux de rivage, tels que les hérons, etc., ont un grand estomac membraneux, et un cæcum unique et très court.

D’autres piscivores, de la famille des oiseaux nageurs, les cormorans, pélicans, etc., et de celle des passereaux, les martins-p&cheurs, ont aussi un estomac membraneux. 11 se retrouve tel dans des oiseaux vivant de vers, comme les pics, etc. ; mais il est très musculeux dans la plupart des autres oiseaux, et surtout dans ceux qui vivent uniquement de grains.

Les autres parties intérieures ne fournissent point des caractères assez saillants; ou bien ces parties n’exerçant point une grande influence sur l’cnsemble, elles sont trop variables dans leur structure.

En nous bornant donc à la considération des organes du mouvement, nous trouvons, outre la famille des oiseaux de proie dont nous venons de parler, celle des oiseaux nageurs, qui ont les pieds courts, palmés, le plumage serré, huilé, et qui se tiennent sur les eaux; celle des oiseaux de rivage, qui ont des pieds longs, les jambes nues par eu bas, le cou et le bec alongés, et qui marchent à gué sur le bord des eaux, ou dans les ruisseaux et les marais; celle des gallinacés, qui ont les pieds courts, le vol pesant, ou même qui ne volent pas du tout, le bec court et voûl é, et qui se tiennent à terre, où ils vivent de grains; ceux-ci ont un jabot très simple, un gésier fort charnu, des intestins et surtout deux cæcums très longs; leur larynx inférieur n’a point de muscle propre. Leur sternum, formé originairement de cinq pièces, tandis que dans les autres il n’en a que deux, conserve toujours de grandes échancrures.

La famille des grimpeurs se distingue par scs doigts disposés deux en avant et deux en arrière, et par la faculté que cette organisation leur donne de grimper dans toutes les directions sur les troncs des arbres. Il yen a parmi eux qui ont un estomac membraneux et manquent de cæcum, les pics; d’autres l’ont musculeux et manquent également de cæcum, les perroquets; d’autres enfin ont des cæcums et un gésier, les coucous; les uns vivent d’insectes, les autres de fruits.

Les genres très nombreux d’oiseaux qui n’ont pu cnti’er dans les familles précédentes, sont connus sous les noms généraux de passères et de coraces par les naturalistes. Il est difficile de leur assigner des caraclèrcs communs; mais on peut encore établir parmi eux des tribus d’un ordre inférieur qui forment des réunions assez naturelles. Telles sont : celle des petits oiseaux à bec fin,

qui vivent d’insectes et quittent nos climats en hiver; celle des petits oiseaux à gros bec, qui vivent de graines et dévastent les champs cultivés; celle des oiseaux à bec long et épais, qui vivent de fruits, de graines et de substances animales, et dont, plusieurs ne dédaignent pas même les charognes, etc.

Les reptiles se prêtent beaucoup mieux que les oiseaux h une division régulière; et d’abord on pourrait en détacher, même comme une classe à part, les batraciens, qui ont la peau nue, pondent des œufs mous qui s’enflent dans l’eau, et d’où sortent des petits, d’abord assez semblables à des poissons et respirant comme eux par des branchies, mais qui prennent par degrés la forme de leurs parents et la respiration pulmonaire. Cette famille est, h quelques égards, plus rapprochée des poissons que les autres reptiles.

Parmi les reptiles ordinaires, il y en a qui n’ont point de pieds, les serpents; la forme du corps est très alongée, celle des viscères correspond; dans la plupart, les mâchoires sont mobiles l’une et l’autre, et les deux branches de chacune peuvent s’écarter au point que l’animal avale des corps plus épais que lui. La langue musculeuse et fourchue rentre et sort à volonté d’une sorte de gaine; quelques-uns néanmoins ont les mâchoires non dilatables et la langue courte; mais tous ont la peau écailleuse, l’estomac alongé, membraneux, le canal alimentaire court et sans cæcum; les poumons très inégaux. Le mâle a deux verges hérissées de pointes : la femelle produit des œufs revêtus d’une coque, mais qui éclosent quelquefois dans l’oviductus.

Quelques genres, avec la forme alongée des serpents, ont la tête des sauriens, et même des vestiges de membres cachés sousla peau; tels sont les orvets, les ophisaures; dans d’autres on voit même en dehors ou les pieds de devant, ou ceux de derrière.

La plupart des sauriens ont cependant quatre pieds; leur peau est aussi écailleuse, et ils ont, comme les serpents, deux verges; leurs mâchoires ne se dilatent point. On peut distinguer parmi eux les crocodiles, dont la tête, construite plus solidement, a les narines prolongées jusqu’au gosier et dont la verge est unique.

Les tortues ou les chcloniens ont aussi la verge unique, et diffèrent d’ailleurs de tous les animaux parleurs côtes dilatées, soudées ensemble et avec les vertèbres, pour former une voûtesous laquelle se retirent la tète et les membres; un sternum composé de neuf pièces forme le plastron du dessous de leur corps. Les muscles de leurs membres et tle leur cou adhèrent au-dedans de ces deux boucliers; mais ils sont en dehors des os qu’ils ont à mouvoir, ce qui ne permet pas de les rapprocher de ceux des insectes.

ARTICLE CINQUIÈME. — DIVISION DES ANIMAUX

Les sauriens, les crocodiles et les tortues pondent des eeufs revêtus d’une coque; leur cœur, surtout celui des deux derniers, est plus compliqué que celui des batraciens et que celui des poissons, sans permettre toutefois une circulation entièrement double.

Les poissons se distinguent en deux subdivisions principales, très différentes en nombre, et qui doivent être considérées comme parallèles pour le rang; car, dans celle des chondroptérygiens , les premiers genres, raies, squales, etc., ressemblent assez à certains reptiles par leur oreille renfermée dans une cavité séparée du crâne, par les organes delà génération de la femelle, qui consistent en deux oviduclus très longs, aboutissant d’une part aux ovaires et de l’autre à une matrice commune; tandis que les derniers, les lamproies, les ammocètes, ont un squelette si imparfait que l’on a cru pouvoir les rapprocher des animaux non vertébrés.

La seconde subdivision comprend tous les autres poissons, partagés en famille d’après des caractères pris des mâchoires, des branchies et des nageoires.

Les classes qui se partagent l’embranchement des mollusques ne sont pas susceptibles de subdivisions d’une importance égale; c’est à peine s’il y a lieu d’en établir : si ce n’est dans celle des gastéropodes, dont les uns, les pulmonés, respirent l’air et sont hermaphrodites avec accouplement réciproque; lesautres, hermaphrodites aussi, mais respirant l’eau, ont tantôt les branchies nues, les pectibranches , tantôt recouvertes de coquilles, les tcctibranches; les troisièmes, qui sont les plus nombreux, les pectinibranches , respirent l’eau et ont des sexes séparés. Enfin il parait qu’il y en a qui respirent l’eau, mais qui se fécondent eux-mêmes sans accouplement; ce sont nos tubulibranches, nos sculibranches et nos cyclobranches.

On pourrait aussi mentionner les subdivisions des acéphales, suivant que leur manteau est ou non ouvert sur sa longueur et qu’ils ont un pied ou en sont dépourvus; mais il en résulte peu de différences anatomiques.

Dans l’embranchement des animaux articulés, la principale distinction entre les anne/ides est fondée sur leurs branchies, tantôt, comme nous l’avons déjà dit, formées de ramuscules ou de filets répartis le long du dos ou rapprochés sur l’extrémité antérieure, tantôt réduites à une expansion vasculaire de la peau.

Les crustacés se divisent d’après leur bouche, propre à mâcher ou seulement à sucer; d’après la position de leurs branchies, tantôt latérales et couvertes par le test, tantôt pendantes sous l’abdomen; d’après leurs yeux fixes ou mobiles; enfin d’après la diversité de leurs pieds ou de leurs nageoires.

Les arachnides, d’après leur tronc, divisé en thorax et en abdomen, ou en thorax et en longue queue articulée. Quelques-unes des premières paraissent avoir des trachées incomplètes, ce qui leur donne quelque rapport avec les insectes. Mais un caractère spécial aux arachnides et qui les sépare à la fois des crustacés et des insectes, c’est l’absence des antennes.

La classe immense des insectes se divise d’abord en deux grandes ramifications; l’une d’elles comprend ceux qui ne peuvent mâcher des corps solides et ne vivent qu’en suçant des liqueurs végétales ou animales. Les uns, les hémiptères, ne subissent qu’une demi - métamorphose, c’est-àdire, que les larves ne différent des insectes parfaits que parce qu’elles n’ont point encore d’ailes. Ces insectes ont un bec aigu, qui contient plusieurs soies capables d’entamer la peau. Leur estomac est simple, musculeux; leurs intestins sont assez courts.

D’autres, les diptères, subissent une métamorphose complète. Leur larve ressemble à un ver; dans presque tous la nymphe est immobile et enveloppée de la peau du ver. L’insecte parfait n’a que deux ailes et six pieds; son suçoir est armé de soies ou de lancettes, et il y a souvent, en outre, une trompe charnue à deux lèvres; les trachées donnent dans des sacs à air, qui occupent dans plusieurs la plus grantle partie de l’abdomen.

Un troisième ordre, celui des papillons (lépidoptères), subit aussi une métamorphose complète. Sa larve, la chenille, est pourvue de fortes mâchoires, d’un canal intestinal court, droit, gros, très musculeux, de vaisseaux hépatiques ti’ès longs, et de vaisseaux propres à produire de la soie. L’insecte parfait a six pieds et quatre ailes recouvertes d’écailles qui à l’œil semblent de la poussière; des boyaux très minces, tortueux; un estomac boursouflé, des trachées garnies de vésicules, etc. ; sa bouche est un double syphon contourné en spirale.

Enfin, il y a un petit nombre des insectes de cette ramification qui n’ont point de métamorphose du tout, et ne prennent jamais d’ailes : ce sont pour la plupart des insectes parasites.

L’autre ramification, celle des insectes pourvus de mâchoires, et se nourrissant de substances solides, comprend aussi plusieurs ordres. Les coléoptères ont deux ailes qui peuvent se replier sous deux étuis; leur métamorphose est complète; leur larve a six pattes courtes, un corps en forme de ver, une tête écailleuse, des mâchoires fortes, un intestin court et gros, quatre longs vaisseaux hépatiques, des trachées tubuleuses, etc. ; l’insecte parlait a quatre mâchoires, dont les deux inférieures portent les palpes, et sont en partie recouvertes parla lèvre inférieure, qui en porte aussi. Son canal intestinal est souvent beaucoup plus long

PREMIÈRE LEÇON. — ÉCONOMIE ANIMALE

que celui île la larve, cl ses trachées beaucoup plus vésiculaires. Les parties de lu génération remplissent la plus grande partie de l'abdomen.

Cet ordre pourrait être lui-même subdivisé en familles dont plusieurs ont de très bons caractères anatomiques, par exemple, les scarabées ; leur larve a un canal alimentaire divisé en estomac, intestin grêle, colon et rectum; le colon est gros et boursouflé ; l’estomac a plusieurs couronnes de cæcum; les trachées sont tubuleuses; l’insecte parfait a des intestins très longs, minces, sans dilatations sensibles; ses trachées sont vésiculaires; ses testicules sont très nombreux. Les carnassiers , qui ont six palpes : leur canal intestinal, dans l’état parfait, est très court; ils ont deux estomacs, dont le second est velu par dehors, etc.

Le second ordre des insectes à mâchoires est celui des orthoptères. Les étuis de leurs ailes sont mous; elles se replient en éventail dessous. Leurs mâchoires sont recouvertes par une pièce particulière, nommée galette. Leur estomac esL quadruple, souvent même il y en a plus de quatre: leurs vaisseaux hépatiques sont extrêmement nombreux et multipliés. Ces insectes ne subissent qu’une demi-métamorphose; on voit même souvent, dans leurs larves, l’ébauche des parties de la génération.

Le troisième de ces ordres comprend les névroptères , dont les quatre ailes sont garnies île nervures qui se croisent en forme de treillis. Il parait peu naturel dans son ensemble, n’ayant pas beaucoup de caractères anatomiques communs; mais il comprend quelques familles naturelles remarquables, comme les libelles ; leur larve atteint sa proie de loin, par l’extension subite qu’elle peut donner à la lèvre inférieure; son canal alimentaire est court, droit, et peu dilaté à l’endroit de l’estomac; le rectum est en même temps l’organe principal de la respiration; les trachées y prennent presque toutes leurs racines : les parties internes île l’insecte parfait sont plus grêles que celles de la larve, et ses trachées sont vésiculaires. Les éphémères ou agnathes : leur larve est long-temps sans se métamorphoser, mais l’insecte parfait périt au bout de quelques heures; il n’a que des vestiges de mâchoires, etc.

Le quatrième ordre est celui des hyménoptères, qui ont quatre ailes veinées, mais non en treillis. Ces insectes ont des rapports avec les coléoptères par la disposition de leurs mâchoires et par leur métamorphose complète. Leur canal intestinal, fort gros dans l’état de larve, l’est beaucoup moins dans l’inscctc parfait, où il n’a qu’une ou deux légères dilatations. C’est parmi les hyménoptères que se trouvent les plus industrieux, et notamment les abeilles et les guêpes.

Enfin il y a un petit nombre d’insectes â mâchoires, sans ailes, dont les uns n’ont que six

pieds et le corps divisé en tête, thorax et abdomen comme tous les précédents, mais dont les autres ont le corps divisé après la tête en un grand nombre de segments qui portent tous des pieds; ou les nomme les myriapodes.

Parmi les zoophytes, la classe des échynodermes se divise en astéries, h corps divisé en branches rayonnantes portant des pieds sous ses branches, une bouche au centre, des intestins eux-mêmes divisés en rayons et en nombreux cæcums, mais sans anus; en oursins, à corps enveloppé d’un test pierreux armé d’épines mobiles, entre lesquelles sont des rangées de pieds; leur bouche entourée d’un appareil masticatoire très remarquable donne dans un canal intestinal simple, volumineux, contourné, qui se termine à un anus distinct; en holothuries, semblables à beaucoup d’égards à des oursins dont le test serait simplement coriace et dépourvu d’épines mobiles.

Les vers intestinaux se divisent anatomiquement eu cavitaires, qui ont un canal alimentaire suspendu dans une véritable cavité alimentaire, et en parenchymateux, où le corps ne montre qu’une substance cellulaire traversée seulement par des organes génitaux ou par des ramifications nourricières. Ceux-ci se subdivisent d’après des caractères moins importants.

Parmi les acalèphes, il y a peu de distinctions importantes pour l’anatomie, et les polypes n’offrent guère que celles qui résultent de la substance solide qui sert d’enveloppe ou de base à ceux d’entre eux qui forment des animaux composés.

Enfin on ne commence guère que depuis les découvertes microscopiques de M. Ehrenberg, à apercevoir les différences anatomiques des infusoires, et de long-temps elles ne pourront tenir une grande place en anatomie comparée.

Notre ouvrage intitulé le Règne animal donnera, sur les genres et les principales espèces qui entrent dans les diverses subdivisions que nous venons de caractériser, tous les détails nécessaires pour préparer à l’étude de l’anatomie comparée-. Nous invitons le lecteur à y recourir lorsqu’il voudra connaître plus particulièrement les animaux dont nous tirerons nos exemples dans les leçons qui vont suivre. Mais nous devons dire ici quelques mois de la constance des formes et des caractères, que, malgré l’expérience des siècles, quelques naturalistes ont attaquée dans ces derniers temps.

Les uns, ne considérant la question que sous le point de vue métaphysique, et se proposant seulement de concilier la variété de la nature avec l’hypothèse de l’idéalisme ou du panthéisme, se sont fait la besogne aisée en demeurant dans des termes abstraits; ou lorsqu’ils ont voulu arriver au positif îles êtres, ils ont eu besoin à chaque pas

DEUXIÈME LEÇON. — ORGANES DU MOUVEMENT

d'ajouter à des suppositions arbitraires, d’autres suppositions arbitraires.

Les uns, admettant le prétendu passade du {renne et de l’embryon par les formes des classes inférieures, ont présenté l’idée de l’être comme allant sans cesse en s’anoblissant, en se compliqua lit, en s’élevant en puissance. D’autres, appliquant à la physiologie les lois de polarité observées dans quelques branches de la physique, ont prétendu déduire toute la variété du monde par des polarisations successives, en positif et en négatif, à partir de l’absolu ou du zéro, et en assimilant à du positif ou à du négatif non seulement des qualités physiques ou chimiques opposées, mais des dilTérenccsd’organisation, des différencesde fonctions, des différences de position, et recourant sans cesse à des expressions figurées quand les termes propres rendraient leurs paralogismes trop évidents. Examinée à la lueur d’une logique sévère, il n’est pas une de leurs propositions qui ne s’écroule à l’instant.

Des naturalistes plus matériels dans leurs idées, ne se doutant même pas des abstractions philosophiques dont nous venons de parler, sont demeurés humbles sectateurs de Maillet. Voyant que le plus ou moins d’usage d’un membre en augmente ou en diminue quelquefois la force et le volume, ils se sont imaginé que des habitudes ou des influences extérieures long-temps continuées ont pu changer par degrés les formes des animaux, au point de les faire arriver successivement à toutes celles que montrent maintenant leurs différentes espèces ; idée peut-être la plus superficielle et la plus vaine de toutes celles que nous avons déjà eu à réfuter dans celte introduction. On y considère en quelque sorte les corps organisés comme une simple masse de pâte ou d’argile qui se laisserait mouler entre les doigts : aussi, du moment où ces auteurs ont voulu entrer dans le détail, ils sont tombés dans le ridicule. Quiconque ose avancer

sérieusement qu’un poisson, à force de se tenir au sec, pourrait voir ses écailles se fendiller et se changer en plumes, et devenir lui-même un oiseau ; ou qu’un quadrupède, à force de pénétrer dans des voies étroites, de se passer à la filière, pourrait se changer en un serpent, ne fait autre chose que prouver la plus profonde ignorance de l’anatomie. Quel rapport y a-t-il entre l’organisation compliquée et admirable de la plume, ses vaisseaux, ses cupules transitoires, sur lesquelles se moulent ses barbes, et dont il reste une partie dans son tuyau, ses barbules de plusieurs ordres, toujours si bien adaptées à la nature de l’oiseau; quel rapport, dis-je, y a-t-il entre tout' cela et une écaille qui se fendillerait? Il y a mieux, c’est que l’écaille n’est pas même d’une texture qui lui permette de se fendre ainsi en se desséchant; et voilà cependant un échantillon de ce que nous proposent des auteurs vantés!

Je n’irai pas plus loin ici : tous les chapitres de ce livre prouveront également combien sont étrangers aux connaissances anatomiques, ceux qui peuvent croire que l’oiseau n’a pas été fait pour être un oiseau, le papillon pour être un papillon, l’étoile de mer pour être une étoile. Toutes ces transformations, aisées à imaginer pour celui qui rêve, s’évanouissent pour celui qui dissèque.

Il y a d’ailleurs un argument également puissant contre les deux systèmes; c’est qu’il ne suffit pas que les parties de chaque être soient entre elles dans cette harmonie , condition nécessaire de l’existence; il faut encore que les êtres euxmêmes soient entre eux dans une harmonie semblable pour le maintien de l’ordre du monde. Les espèces sont mutuellement nécessaires, les unes comme proie, les autres comme destructeur et modérateur de propagation. On ne peut pas se représenter raisonnablement un état de chose où il y aurait des mouches sans hirondelles, et réciproquement.

DSUZI3M3 L3ÇOIT.

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