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ARTICLE DEUXIÈME. — UE LA MARCHE

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lations agissent l’instant d’après , lorsque cette jambe, après avoirpoussé le corps sur l’autre, doit être relevée pour se porter en avant. Les trois articulations principales de chaque jambe sont dirigées en sens contraire, afin que, dans leur flexion , le pied se trouve élevé immédiatement au-dessus de la place qu’il occupait dans leur extension. Sans cela, elles n’auraient pu se fléchir sans jeter le pied en avant ou en arrière.

Ce mouvement d’ondulation du corps ne pouvant se faire d’une manière parfaitement égale des deux côtés, est ce qui empêche l’homme de marcher en ligne droite, et même de conserver une direction constante, s’il ne fait pas une grande attention pour corriger ses écarts. Voilà pourquoi un homme ne peut marcher droit les yeux fermés.

Lorsque l’on marche sur un plan incliné descendant, ou lorsqu’on descend un escalier, la jambe avancée est plus basse que celle qui est restée en arrière; et le corps tomberait sur la première avec une vitesse dangereuse et fatigante , si on n’avait soin de le retenir au moyen des extenseurs de la hanche, qui ne le laissent descendre que par degrés. Voilà pourquoi la descente fatigue les reins.

Lorsque l’on marche sur un plan incliné ascendant , ou lorsqu’on monte un escalier , il faut à chaque pas, non-seulement transporter horizontalement le corps, comme dans la marche sur un terrain plat, mais le soulever contre son propre poids, au moyen des extenseurs du genou de la jambe avancée , et de ceux du talon de la jambe restée en arrière : voilà pourquoi on se fatigue les genoux et les mollets en montant. On a de l’avantage à pencher alors le corps en avant, parce qu’on raccourcit d’autant le levier par lequel son poids agit sur le genou.

Lorsquel’on marcheà très-grands pas, on éprouve une fatigue analogue à celle que produit l’action de monter, parce que les jambes s’écartant beaucoup, le corps est plus bas à l’instant de leur écartement, et qu’il faut qu’il soit soulevé à proportion, en tournant alternativement sur chacune d’elles.

L’homme ne balance guère ses bras pour s’aider dans sa marche que lorsqu’il est sur un chemin très-étroit dont il ne peut s’écarter : alors il emploie tous les moyens possibles pour corriger ses vacillations. Mais les singes, lorsqu’ils veulent marcher, en ont toujours besoin ; et ce sont ceux qui les ont le plus longs qui s’en servent avec le plus d’avantage , comme le gibbon.

[Cependant, dans la marche ordinaire de l’homme, les bras opèrent, lorsqu’ils sont pendants, des mouvements alternatifs peu étendus qui corrigent les vacillations du corps. Chaque bras est porté en avant, en même temps que la jambe du côté opposé; il arrive même un peu avant elle; ce qui établit quelque analogie entre la marche de

l’homme et celle des quadrupèdes. II y a même certaines personnes qui , comme quelques-uns de ces derniers, marchent l’amble, c’est-à-dire qu’elles avancent ensemble les deux membres d’un meme côté.]

R. Marcha sur quatre pieds.

Lorsqu’un quadrupède veulmarcher, aprôsavoir légèrement fléchi les articulations de ses pieds de derrière , il les étend pour porter son corps en avant. La partie du poitrail étantpoussée en avant par ce mouvement, auquel contribuent surtout les extenseurs du genou et du talon, les pieds de devant se trouvent inclinés en arrière ; et l’animal finirait par tomber, s’il ne les portait à l’instant même en avant pour se soutenir. Alors il retire le tronc sur les pieds de devant ainsi fixés, et l’impulsion des pieds de derrière recommence.

Mais il faut bien remarquer que ces mouvements ne se font pas à la fois par les deux pieds de chaque paire, lorsque l’animal ne fait que marcher; car alors l’animal serait nécessairement suspendu en entier pendant un instant au-dessus du sol : et ce ne serait plus une marche, mais une suite de sauts, qui porte en particulier le nom de galop forcé , et dont nous parlerons plus bas.

Deux pieds seulementcontribuentà la formation de chaque pas, un de devant et un de derrière : mais tantôt ce sont ceux du même côté, tantôt ceux des côtés opposés.

Ce dernier cas est celui de la marche que les écuyers nomment le pas dans les choraux. Le pied de devant droit se porte en avant pour soutenir le corps qui y est poussé par l’extension du pied de derrière gauche : en même temps , celui-ci sâ fléchit pour se porter en avant. Pendant qu’ils sont en l’air, le pied de derrière droit commence à s’étendre ; et au moment où ils se posent, le pied de devant gauche se porte en avant pour soutenir l’impulsion du pied droit, qui lui-même se porte aussi enavant. Le corps se trouve ainsi porté alternativement sur deux pieds placés en diagonale.

Lorsque le pied de devant droit part pour soutenir le corps poussé en avant par le pied de derrière droit, cette marche se nomme V amble. Le corps étant porté alternativement sur deux pieds de même côté, est obligé de se balancer à droite cl à gauche pour ne pas tomber; et c’est ce balancement qui rend cette allure douce et agréable pour les femmes et les personnes faibles. [Cethe marche est celle de la girafe, à qui , malgré ses hautes jambes, le peu de longueur de son corps n’aurait permis que de très-petits pas.]

Mais lorsque les pieds de devant sont plus longs et par trop disproportionnés, cl surtout lorsque le train de derrière est faible et mal articulé, comme nous l’avons vu dans la description de

SEPTIÈME LEÇON. DES MOUVEMENTS

celui du paresseux, l'animal ne peut que se traîner au moyen des pieds de devant , en les étendant en avant, et. les fléchissant ensuite pour attirer le corps après eux , les pieds de derrière ne l’aidant que faiblement par leur impulsion. C’est là ce qui rend la marche des paresseux si pénible.

[ V orang-outang est organisé pour vivre sur les arbres plus que sur le sol. Il ne marche pas 5 deux pieds, comme on le croit généralement ; mais cependant son corps trapu, l’extrême brièveté de ses membres abdominaux jointe à l’extrême longueur de scs membres antérieurs, font que sa marche est presque verticale , quoiqu’elle ait lieu à quatre pieds. Dans ce mouvement, l’animal appuie sur le bord externe des pieds, qui sont fortement renversés, et en même temps, non pas sur la paume de la main. ou sur la pulpe des doigts , comme beaucoup de singes , mais sur le poing fermé, et sur la face dorsale des premières phalanges. ]

Les animaux qui ont les pieds de devant trèscourts à proportion de ceux de derrière ne pourraient soutenir assez efficacement leur corps , et tomberaient sur le nez à chaque impulsion de ceux-ci, s’ils n’avaient la précaution de se cabrer , c’est-à-dire, d’élever le train de devant en entier avant de le pousser en avant par le moyen des pieds de derrière : aussi ne marchent-ils point, à proprement parler ; ils ne font que sauter. C’est le cas de la plupart des rongeurs, comme les lièvres, les rats , et surtout les gerboises. Ce n’est que lorsqu’ils montent que ces animaux peuvent marcher réellement. Lorsqu’ils veulent aller lentement en plaine, ils sont réduits à se mouvoir sur leurs pieds de devant, et à traîner simplement ceux de derrière. Cela se voit dans les lapins, et encore mieux dans les grenouilles.

[Dans le kanguroo , non-seulement il y a une disproportion très-grande entrelespiedsdedevant et ceux de derrière; mais l’animal s’aide dans la marche de l’énorme et puissante queue que l’on a souvent comparée , chez lui , à un cinquième membre. L’animal étant penché en avant et reposant sur ses quatre pattes, courbe sa queue en S, en ramenant le ventre de la seconde courbure entre les jambes de derrière. Dans cette position, le tiers inférieur de la queue repose sur le sol : l’animal s’y appuie , soulève ses pattes de dernière , puis , déroulant la première courbure de la queue, il pousse en'avant le tronc etle train clederrière. Alors il projette sespattes antérieures aussi loin qu’il peut, ramène sa queue entre ses jambes, et se retrouve dans la position d’où nous l’avons fait partir. Chaque pas se fait donc en trois temps : 1° rapprochement de la queue entre les jambes de derrière; 2° transport en avant des pattes de derrière, le corps étant durant ce temps appuyé

sur les pattes de devant et sur la queue; 3° projection en avant des pattes antérieures. On voit que ce mode de progression a quelque ressemblance avec celui de ces hommes infirmes que l’on désigne sous le nom de culs-de-jatte. Mais dans ceux-ci , cequi reste des membres postérieurs et le bassin, lorsqu’ils sont portés en avant, viennent se placer entre les deux membres antérieurs, tandis que, dans le kanguroo, ceux-ci sont au contraire au milieu et embrassés de chaquccôté par les postérieurs. Cela explique pourquoi le cul-de-jatte peut marcher par un simple déplacementen avant du centre de gravité, tandis que le kanguroo a besoin pour le même mouvement du secours de sa queue , la surface de ses pattes de devant rapprochées ne lui offrant pas une base assez large. ]

Lorsque les pieds de derrière sont très-écartés, leur impulsion devient plus latérale; il en résulte que le tronc est poussé à chaque pas alternativement sur les côtés, et que la démarche en devient tortueuse. C’est ce qui se remarque dans les animaux nageurs , dont le genre de vie exigeait cet écartement des pieds de derrière. Tels sont les loutres, les castors, les tortues, etc.

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