III. Des muscles des côtes et du sternum
A. Dans l’ homme.
Les côtes ne servent guère qu’aux mouvements de l’inspiration et de l’expiration. Les muscles qui agissent sur ces os les élèvent ou les abaissent.
Les releveurs des côtes sont :
Le scalène (Irachélo-costien), qui naît des apophyses transverses des cinq dernières vertèbres du cou, et s’insère par quatre digitations à la partie postérieure des trois premières côtes.
Les intercostaux internes et externes (intercostiens). Ces muscles forment deux couches, et occupent tous les intervalles compris entre les côtes. La direction de leurs fibres est oblique en sens contraire : celles de la couche externe se portent d’une côte supérieure vers le cartilage de la côte qui suit; celles de l’interne se dirigent du cartilage de la côte inférieure jusqu’à la supérieure du côté de l’angle, ou postérieurement.
Les releveurs des côtes (transverso-costiens) s’étendent des apophyses transverses de la dernière vertèbre du cou, et des onze premières du dos, jusqu’à l’angle des côtes.
Le petit dentelé postérieur supérieur (dorso-costien) vient des apophyses épineuses des deux dernières vertèbres du cou, et des deux premières du dos, et s’insère aux trois ou quatre vraies côtes supérieures, la première exceptée.
Les abaisseurs des côtes sont :
Le petit dentelé postérieur inférieur (lombo-cost ien), qui liait sur les apophyses épineuses des trois dernières vertèbres du dos et sur les deux premières des lombes, et s’insère par des digitations aux quatre dernières fausses côtes. Il les tire en bas et eadehors.
Le sternum n’a qu’un muscle qui agit, manifestement dans Rabaissement des côtes. On l’a nommé le triangulaire du sternwj«(sterno-coslien); il vient de la partie inférieure et moyenne de cet os, et monte jusqu’aux cartilages des cinq dernières vraies côtes.
D’autres muscles s’attachent encore aux côtes; mais ils ont une action moins marquée sur ces os, qui paraissent en grande partie destinés seulement à leur donner des points fixes. Ce sont le diaphragme et les muscles de l’abdomen, qui ser-
vent à la respiration et à la formation des parois mobiles du bas-ventre.
Le diaphragme est une cloison charnue et tendineuse qui sépare la cavité de la poitrine de celle du bas-ventre. Il est siluéobliquement entre l’appendice sternal et les corps des vertèbres lombaires. Ce muscle s’attache à l’appendice sternal, aux deux dernières vraies côtes, et au bord des cartilages de toutes les fausses côtes. Il s’insère en arrière au corps des vertèbres lombaires par deux colonnes charnues, qu’on nomme piliers. Ce muscle esL tendineux dans sa partie moyenne, charnu sur ses bords. Il est recouvert en dessus par la plèvre, en dessous par le péritoine. Nous reviendrons plus particulièrement sur ses usages en traitant de la respiration. Il est percé de trous en arrière : celui qui est à droite donne passage à la veine cave; par celui qui est à gauche passe l’œsophage; enfin le postérieur laisse passer l’aorte, la veine azygo et le canal thoracique.
II y a cinq paires de muscles, qui forment les parois de l’abdomen ; ce sont :
L 'oblique externe ou grand oblique (costo-abdominieu ); il s’attache aux huit dernières côtes par autant de digitations, et s’insère à la crête des os des iles et du pubis. Ses fibres descendent de dehors en dedans.
L 'oblique interne ou petit oblique ( iléo-abdominien ), qui naît sur la crête des iléons et du pubis, et s’insère au bord de toutes les fausses côtes, et même à la dernière des sterno-vertébrales et à l’appendice sternal; ses fibres descendent de dedans en dehors.
Les droits du bas ventre (sterno-pubiens), s’attachent à la branche supérieure du pubis, et s’insèrent sur les trois dernières côtes sterno-vertébrales, sur la première vertébrale et sur l’appendice sternal par quatre digitations. Dans leur trajet, ces muscles sont recouverts par une gaine aponévrotique que produisent les muscles obliques. Us s’y s'insèrent même en quelques points; ce qui forme plusieurs lignes tendineuses transversales, ordinairement au nombre de quatre.
Les pyramidaux (pubo-ombiliens) naissent aussi sur la branche supérieure du pubis, et se terminent, en diminuant beaucoup de largeur, dans la ligne blanche, près de l’anneau ombilical.
Les transverses du bas-ventre (lombo-abdominiens) s’attachent, d’une part, par un tendon large et mince, presque aponévrolique, aux apophyses transverses et épineuses des quatre vertèbres supérieures des lombes. Ils portent leurs fibres presque transversalement à la ligne blanche.
Les muscles droits et pyramidaux fléchissent le tronc en avant; les obliques peuvent le fléchir latéralement ; enfin les transverscs agissent sur les parois de l’abdomen comme une sangle, et lecornpriment de toutes parts.
ARTICLE QUATRIÈME. — MUSCLES
B. Dans les mammifères.
Les muscles des côtes ne présentent pas de différences remarquables dans les mammifères. Seulement les scalènes sont divisés en deux ou trois parties et s’étendent plus ou moins loin selon les espèces. Dans le paresseux tridactyle, par exemple, ils arrivent jusqu’à la huitième côte; quelquefois lespetits dentelés s’étendent jusqu’au point de se confondre presque en un seul. Ceux du basventre diffèrent de ceux de l’homme dans leur longueur proportionnelle et dans le nombre de leurs lignes tendineuses. C’est surtout dans les muscles droits et pyramidaux que ccLte différence est très sensible; car dans les carnassiers, les droits se portent souvent jusqu’à l’extrémité antérieure du sternum, confondant leurs attaches avec celles des sterno-cosliens , et alors les pyramidaux le plus ordinairement n’existent pas.
[Il était à craindre que dans l’éléphant les muscles de l’abdomen ne pussent pas résister au poids des intestins; la nature y a pourvu en garnissant cet abdomen d’une lame épaisse de cette substance jaune élastique qui forme le ligament cervical, et qui empêche les fibres musculaires de se rompre.
Le diaphragme des mammifères qui ont un nombre plus considérable de côtes que l’homme, ne s’attache point au bord des fausses côtes; il s’en éloigne d’autant plus que la cavité du tronc est plus profonde. ]
Le diaphragme des chauves-souris a deux piliers très forts qui foi ment une espèce de cloison charnue sur la longueur de l’épine, en dedans de l’abdomen.
Nous décrirons, à l’article de la génération, les muscles propres à la bourse abdominale des didelphes et autres animaux à bourse.