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COMPARAISON DES DEUX EXTREMITES

Ou a remarqué depuis long-temps que les deux extrémités de l’homme onL quelques rapports dans le nombre et les formes de leurs os eL dans les dispositions de leurs muscles. Yicq-d’Azyr a consacré

[*Au moment où nous terminons l’impression de cette leçon, M. le docteur Jourdan, directeur du Muséum d’histoire naturelle de Lyon, nous communique une observation fort remarquable : il a trouvé sur une couleuvre de l’Afrique Méridionale ( Coluber scaber , Merr. V Anodon typas de Smith) uue espèce d’appareil dentaire appartenant à la colonne vertébrale.

Les apophyses épineuses inférieures des trente vertèbres qui suivent l’axis présentent la plupart des caractères des dents, et portent comme elles nue couronne recouverte d’émail. Leurs formes distinguent naturellement ces apophyses dentaires en deux séries; les vingtdeux premières fout peu de saillie; leur couronne est tranchante, alongée parallèlement à Taxe du corps, et aplatie transversalement; les plus antérieures sont di-

un mémoire spécial à développer ces rapports, et il n’en a pas fallu davantage pour y voir une répétition complète, pour fonder même un système entier, dans lequel la répétition serait le principe de la composition animale, non-seulement pour les extrémités, mais pour toutes les autres parties.

Cependant, ici comme dans toutes ses autres productions, la nature s’est bornée à employer des moyens semblables pour ce que ses buts avaient de semblable, et elle n’a point hésité à les varier

rigées un peu obliquement en bas et en arrière, les moyennes directement en bas; les postérieures prennent Une direction oblique en bas et eu avant : ces dernières et les moyennes ont perforé les tuniques de l’œsophage , et se sont fait jour dans sa cavité.

La deuxième série comprend huit dents , dont la direction est très oblique en bas et en avant; leur forme est celle des dents incisives; leur longueur est de deux lieues, et leur couronne, qui est libre dans l’intérieur du canal disgestif, est aplatie d’arrière en avant : les membranes œsophagiennes les environnent d’un bourrelet dont la texture se rapproche de celle des gencives. Ce singulier appareil paraît destiné à briser les œufs dont l'animal se nourrit, lorsqu’ils sont assez engagés dans l’œsophage pour que leur contenu ne s’écoule point au dehors.]

ARTICLE DEUXIÈME. — DES OS DE L’ÉPAULE

toutes les fois que ses buts avaient quelque chose de différent, et conformément à ces différences.

Ainsi, il est vrai que dans l’homme et dans la plupart des quadrupèdes, même ovipares, chaque extrémité est divisée en quatre parties; l’épaule qui répond au bassin, le bras qui répond h la cuisse, l’avant-bras qui répond à la jambe, la main qui répond au pied; que dans la main elle même, il v a le carpe qui répond au tarse, le métacarpe qui répond au métatarse, et les phalanges qui portent le même nom dans les deux extrémités.

Mais il est vrai aussi, d’abord que les lieux extrémités se ploient en sens inverse, comme l’avait déjà remarqué Aristote; aussi Vicq-d Azyr fait-il observer que c’est la droite d’une paire qu il faut comparer à la gauche de l’autre; ensuite, que dans les animaux qui marchent, la paire postérieure donnant l’impulsion est attachée fixement à l’épine, tandis que l’antérieure ne l’est qu’au sternum.

La composition, les articulations, diffèrent aussi, et toujours d’après l’usage.

Si l’os des iles a quelque rapport avec l’omoplate, les deux autres os du bassin sont bien mal représentés : soit que l’on prenne la clavicule pour le pubis, soit qu’on la prenne pour l’ischion, comme le voudrait la position inverse des deux extrémités; le vestige de coracoïdien pourra à peine être mis en ligne de compte. Le marsupial des animaux à bourse n’est jamais reproduit à l’épaule, quoiqu’on l’ait dit (nous le prouverons eu détail) : très souvent, la clavicule manque : le coracoïdien est presque réduit à rien, tandis que le bassin garde ses trois os bien développés. L’articulation de la jambe sur la cuisse est très différente de celle de l’avant-bras sur le bras, parce que les mouvements devaient aussi être différents; parla même raison, le tarse n’a qu’une ressemblance très incomplète avec le carpe, et ce peu de ressemblance même s’évanouit entièrement dans les oiseaux, non-seulement entre le tarse et le carpe, mais entre tout le reste de l’extrémité, parce que le mode de leur station, d’une part, et la nature de leur vol, de l’autre, exigeaient des dispositions qui leur fussent propres. Que devient d’ailleurs la loi de la répétition dans les cétacés, qui n’ont pour tout bassin qu’un vestige de pubis; dans les lamantins, les dugongs, les sirènes, les poissons apodes, où il n’en reste aucune trace. La classe tout entière des poissons se serait-elle prêtée à cette spéculation, si l’on avait commencé par elle la comparaison? elle, où l’extrémité antérieure est si compliquée, et où la postérieure est si simple, où, par un arrangement tout contraire à celui des autres vertébrés, c’est l’antérieure qui se fixe solidement au tronc, tandis que la postérieure est si souvent simplement suspendue dans les chairs. On voit, au contraire, très bien la raison de celte

disposition propre aux poissons, dans la part prépondérante que l’extrémité antérieure, la nageoire pectorale, prend dans le mouvement de la natation.

Il ne s’agit donc nullement, dans les ressemblances des'ext rémi tés, d’une vainc loi de répétition que leurs différences réfutent suffisamment ; c’est par celle facilité à généraliser sans examen des propositions qui ne sont vraies que dans un cercle étroit, que l’on est arrivé à l’établir. Ces ressemblances et ces différences sont également déterminées, non par la loi de répétition, mais par la grande et universelle loi des concordances physiologiques et de la convenance des moyens avec le but.

ARTICLE II

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