ARTICLE QUATRIÈME. — DE L’OS DU BRAS
A. Dans l’homme.
L’os du bras de l’homme est alongé : son extrémité scapulaire se termine par une portion arrondie, convexe et oblique, qu’on nomme la «i/o de l'humérus. Cette portion est distinguée du reste de l'os, par une petite rainure circulaire, qu’on appelle le col. On y remarque aussi deux apophyses peu saillantes : l’une postérieure, plus grosse, qu’on nomme la grosse tubérosité ( trochiler ); l’autre antérieure, plus petite, appelée la petite tubérosité ( trochin ). Ces éminences sont séparées l’une de l’autre par une espèce de canal, ou de gouttière longitudinale, dans laquelle glisse le tendon du muscle scapulo-radien ou biceps. La tête de l’humérus est maintenue dans la fosse articulaire de l’omoplate, à l’aide d’une capsule ligamenteuse, qui, du bord osseux et cartilagineux de la cavité, se porte au col de l’humérus. Le tendon du muscle biceps qui pénètre dans cette articulation, produit aussi l’effet d’un ligament. La partie moyenne de l’os est à peu près cylindrique. Dans l’extrémité scapulaire, il y a cependant quelques éminences pour l’insertion des muscles. L’os s’élargit et s’aplatit insensiblement vers l’extrémitécubitale par deux lignes saillantes qui, nées de ses deux côtés, s’écartent pour finir par deux tubercules considérables nommés condyles, l’interne épitrochlée , l’externe épicondyle. La ligne du côté interne est plus courte; mais son condyle est plus saillant. Cette portion de l’humérus est donc comprimée d’avant en arrière; la face antérieure est convexe, la postérieure plane. Entre les condyles, le bord inférieur a deux éminences qui contournent ce bord. L’interne en forme de poulie, c’est-à-dire de canal circulaire légèrement concave, est un peu oblique, et son extrémité postérieure est plus large et plus en dehors; il y a au-dessus un grand creux pour recevoir l 'olécrane.
La seconde éminence est simplement convexe, et finit en arrière, précisément sous le bord inférieur de l’os; en sorte que son circuit n’esL que moitié de celui de la poulie.
L’humérus, dans quelquesfamilles de mammifères, est tort différent par sa forme de celui de 1 homme. Quant à sa proportion avec le reste de 1 extrémité anl éricurc, on remarque dans les mammifères, qu’il se raccourcit à mesure que le métacarpe s’alonge. C’est ainsi que, dans les animaux à canon, il est caché jusqu’au coude sous la peau; il est très alongé, proportionnellement à tout le corps, dans leso/wijs, les gibbons , les chauves-souris et les paresseux.
Les guenons ont l’humérus plus arqué en arrière
que l’homme. Sa partie supérieure y est en prisme triangulaire, tant ses crêtes sont aigues. La grande tubérosité s’y élève davantage au-dessus de la tête.
Le pongo et les autres orangs l’ont comme l’homme, seulement un peu plus court ou plus long.
[Dans les chauves-souris, l’humérus est à peu près aussi long que le tronc : sa face antérieure devient externe, sa tubérosité interne, antérieure. La crête delloïdienne forte, a un peu plus du cinquième de la longueur de l’os; la tubérosité interne est plus saillante que l’externe; les condyles sont peu prononcés. Mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que l’articulation supérieure comme l’inférieure sont calculées de manière à neproduire qu’un seul mouvement, celui de ginglyrne. La tête inférieure a une poulie entière au milieu, et deux demi-poulies sur les côtés. La tête supérieure présente une poulie en demi-cercle, et la cavité glénoïde de l’omoplate est étroite et longue.
Les carnassiers ont l’humérus arqué : sa tête sort beaucoup de l’axe et son diamètre antéro-postérieur est plus grand que l’autre. La grandetubérosité est fort large, aplatie et élevée au-dessus de la tète; à la partie antérieure et supérieure existe une crête élevée pour l’insertion du muscle deltoïde.
L’articulation inférieure ressemble encore par sa poulie à celle de l’homme, mais elle se fait remarquer par la hauteur et la saillie delà crête du condyle externe dans les ours, les blaireaux, les martes, les mangoustes, les chats, et par un grand trou percé de part eu part au-dessus de la poulie articulaire, dans les chiens et les hyènes; au-dessus du condyle interne, la ligne âpre est aussi percée d’un trou pour le passage de l’artère cubitale : ce trou se remarque déjà dans les sapajous, mais il manque dans les ours, les chiens et les hyènes; et il existe dans les blaireaux, les coatis , les ratons, les putois, les martes, les loutres, les mangoustes, les civettes et les chats.
Les phoques ont l’humérus très court, mais les crêtes eu sont très saillantes.
[ Les rongeurs à clavicules ont un humérus assez semblable à celui des carnassiers par leur articulation; mais ceux qui n’ont point de clavicules ressemblent davantage sous ce rapport aux herbivores, donL l’articulation est en ginglyrne serré. L’humérus du castor est très élargi à sou extrémité cubitale; sa crête delloïdienne forme vers le bas une pointe saillante, qui se trouve également dans les rats, les rats d’eau, l'ondatra , les rats-taupes, et dans plusieurs autres genres. ]
L’humerus de certains rongeurs, les lièvres, les porcs-épics, le cabiai, le paca, l’ agouti , est aussi percé de part en part au-dessus de sa poulie.
[Dans les paresseux l’humérus offre un carac-
QUATRIÈME IÆÇON. — DU MEMBRE PECTORAL
1ère particulier; il est très alongé; sa tête supérieure sc distingue à peine du corps de l’os, ses tubérosités sont peu saillantes, mais sa partie inférieure est élargie.
Dans les fourmiliers , la largeur de l’extrémité inférieure de l’humérus produite par la saillie du condyle interne est remarquablement grande. Ce condyle est, comme dans plusieurs carnassiers, percé pour le passage des vaisseaux. L’os cstd’ailleurs court; la crête deltoïdienne est très saillante, et occupe près de moitié de la longueur.
Dans les monotrèmes , dont les uns sont destinés à nager, les autres à fouir, on trouve un humérus qui rappelle un peu celui de la taupe. La crête deltoïdienne, extrêmement élevée, est très longue et se continue avec le condyle interne. A la partie postérieure de l’os se trouve également une crête presque aussi haute que la crête deltoïdienne, de sorte que l’os parait être aplati latéralement : le condyle externe est également très saillant, et la poulie articulaire, qui est ici toutà faitgiobuleusc, se trouve loin d’être placée au milieu de l’os; elle estau tiers externe. L’apophyse interne est percée pour le passage des vaisseaux, et son développement est si grand, que la largeur entière de l’os d’une apophyse à l’autre, égale les deux tiers de sa longueur.
L’humérus de V éléphant est facile à reconnaître parla longueur desaerêtecondyloïdienne externe, qui remonte à plus du tiers de sa hauteur, en se terminant subitement; et par celle plus grande encore de la crête deltoïdienne, qui descend plus bas que le milieu de l’os. La tubérosité externe est aussi épaisse que la tète de l’os.
Vhippopotame a cette grande tubérosité très saillante en avant, très élevée et se divisant eu deux lobes inégaux : la fosse pour l’olécrâne est très profonde.]
La grande tubérosité du cochon , celles du tapir et du rhinocéros se partagent en deux. La ligne âpre de ce dernier se termine en bas par une tubérosité très saillante.
On la retrouve, quoique moindre, dans le cheval, dontlapctite tubérosité estaussi creusée en canal.
Les ruminants, en général, ont la grande tubérosité très élevée, et la ligne âpre saillante. Dans le chameau, la petite tubérosité estplus élevée que l’autre, et creusée en canal. A la tête inférieure, on remarque trois saillies qui répondent à autant de cavités du radius. Les condyles sont saillants en arrière, et la fosse olécrânienne très profonde.
Dans les cétacés, l’os du bras est extrêmement court, arrondi vert le haut, avec une légère tubérosité extérieurement.
Le plus singulier de tous les humérus des mammifères est celui de la taupe. Il ne s’articule pas seulement avec l’omoplatcpnr une petite tète, mais
encore avec une facette de la clavicule, par une autre que l’on peut regarder comme appartenant à la grande tubérosité. Entre celle-ci ella tête de l’os est une fosse profonde. La crête de la petite tubérosité est si large, que cette partie de l’humérus représente un carré placé verticalement, de manière que la ligne âpre est supérieure. Le reste du corps de l’os qui est très court se courbe vers le liant, de façon que la partie qui s’articule avec l’avant -bras regarde le ciel. Il résulte de cette disposition, que le coude est en l’air, au-dessus de l’épaule, et que la paume de la main regarde en dehors, ce qui était nécessaire pour le genre de vie de cet animal.
[L’humérus de la chrysochlore du Cap n’est guère moins remarquable; il est un peu plus long que celui de la taupe; son articulation radiale est tout à fait en demi-sphère, et son condyle interne est tellement prolongé et incliné en bas, que l’humérus entier est en arc dont la convexité est tournée en dehors. Ce condyle s’articule en outre avec un os du carpe, le pisiforme, qui est aussi long que le radius, de sorte que l’avant-bras est ici composé de trois os. C’est le premier exemple que nous ayons de l’humérus articulé avec les os du carpe sans intermédiaire; nous verrons plus tard que dans les poissons c’est la règle générale. ]