I. il fuselés du grand trochanter
Les muscles qui se portent au grand trochanter du lémur, lont tourner cet os sur son axe dans la cavité cotyloïde, soit en portant la pointe du pied de dedans en dehors, soit en opérant le mouvement contraire : ils peuvent aussi éloigner un peu
la cuisse de la direction de l’épine, ou, ce qui revient au même, l’écarter de l’autre cuisse.
A. Dans l’homme.
La couche la plus voisine des os est composée des suivants:
1°. Le petit fessier [ilii-lrochantérien) qui s’attache à la partie antérieure et. inférieure de l’os des iles, et qui s’insère par un tendon mince au bord antérieur et supérieur du grand trochanter; il relève directement la cuisse de cdté.
2°. Le pyramidal (sacro-trochantérien) qui vient de l’intérieur du bassin où il s’attache à la partie supérieure du bord latéral de l’os sacrum, et qui s’insère par un tendon grêle au haut du bord de la cavité du grand trochanter, derrière le précédent; il fait tourner la cuisse sur son axe de dedans en dehors.
5°. Les musclesjuwteaw.r (ischii-trochantériens) prennent leurs attaches au bord postérieur de l’ischion, et s’insèrent, le supérieur, au haut de la face interne du grand trochanter, derrière le précédenl, et l’inférieur, dans la cavité du grand trochanter; aussi produisent-ils à peuprès le même efTet que le pyramidal.
4°. V obturateur interne (sous-pubio-trochantérien) dont l’attache est à la face interne du rebord et de la membrane du trou ovalaire ou souspubien, et qui s’insère, par un tendon grêle qui se contourne autour du bord postérieur de l’ischion, dans la cavité du grand trochanter, entre les deux jumeaux qui lui forment une espèce de gaine. Il agit comme eux , mais avec beaucoup plus de force, à l’aide de la poulie dérivative sur laquelle il glisse.
5°. L'obturateur externe (sous-pubio-lrochantéricn externe) couvre le trou ovale et s’insère derrière et dans la cavité du grand trochanter; il fait tourner la cuisse sur son axe de dehors en dedans.
Gn. Le carré de la cuisse (ischio-trochantérien) quis’altache à la tubérosilé de l’ischion, et s’insèreau bord postérieur du grand trochanter sous lesprécédents. C’est un rotateur de la cuisse, qu’il porte de dedans en dehors.
7°. Sur le petit fessier et le pyramidal est couché le moyen fessier (ilio-trochantérien). Il s’attache à touLe la grande circonférence de l’os des îles, et ramasse ses fibres pour les insérer au grand trochanter. Il relève la cuisse, et la porte endehors, comme le fait le petit fessier.
8°. Enfin le grand fessier (sacro-fémorien) recouvre une partie des précédents et tous les petits muscles ci-dessus. Il vient du bord postérieur de l’os des iles et même du sacrum, et ils’attachc à la face postérieure du fémur, plus bas que le grand trochanter. C’est un muscle très fort, qui redresse puissamment le tronc sur la cuisse, porte la cuisse
ou arrière, et est un do ceux qui naissent le plus puissamment dans les mouvements du membre abdominal.
IL Dans les mammifères.
Dans les singes, l'alongement de l’os des îles rend le moyen et le petit fessier plus considérables; l’analogue du grand fessier esL le plus petit des trois. Mais, comme son attache au fémur se prolonge presque jusques au bas de cet os, son action est peut-être aussi forte que dans l’homme.
Le carré est proportionné à la grosseur de la tubérosité de l’ischion.
Les chauve-souris ont un petit fessier qui descend presque verticalement de l’iléon sur la cuisse; elles n’ont point de pyramidal, de jumeaux, d’obturateur interne, ni de carré.
Dans les carnivores et les rongeurs, on retrouve la même petitesse proportionnelle du grand fessier que dans les singes.
•[Mais dans la plupart de ces derniers animaux ainsi que dans les tatous et les fourmiliers, il descend plus bas sur le fémur, s’attache au troisième trochanter toutes les fois qu’il y en a un ; ce qui lui donne beaucoup de force.
Il est quelquefois fort difficile de distinguer ce muscle d’un autre que nous verrons ci-après, le biceps, car il y a souvent entre ces deux muscles un faisceau qui s’attache tantôt au fémur, comme dans plusieurs carnassiers, tantôt au tibia, comme dans le porc-épic: on peut le considérer dans le premier cas comme un accessoire du grand fessier, et dans le second comme un accessoire du biceps.
Dans le kanguroo géant, cette portion accessoire ou du fessier ou du biceps est divisée en deux faisceaux dont les tendons se réunissent pour en former un seul qui va se fixer aux côtés de la rotule.
Le moyen fessier est toujours beaucoup plus épais que le grand. ]
Dans le cheval, l’analogue du grand fessier (nommé par Bourgelat petit fessier) est un muscle mince : outre le ventordinaire, il en reçoit un long et grêle, dont l’attache supérieure est au sommet de l’os des îles. Son attache inférieure se fait au troisième trochanter.
Le fessier moyen est très considérable, s’attachant au sacrum, à l’aponévrose des muscles du dos et à toute la membrane qui est entre cet os, celui des îles et l’ischion. C’est principalement ce muscle quiproduit les ruades ; il s’attache au grand trochanter et par un faisceau postérieur, comme le remarque M. Meckel, à la partie inférieure du fémur.
Les autres petits muscles du grand trochanter sont dans la plupart des mammifères comme dans l’homme.
[Mais dans plusieurs on trouve quelques parti-
cularités. Ainsi dans l'ours, le petit fessier forme deux muscles qui ont chacun leur tendon ; la portion antérieure s’insère à la face externe du grand trochanter et la portion postérieure à la face interne. Dans les kangeroos, le pyramidal est également séparé en deux portions, tandis qu’il ne paraît pas y en avoir dans le cheval. Dans le chien, l’hyène et la panthère, sous le petiL fessier existe un autre petit muscle court qui s’attache au bord de la cavité cotyloïde, et qui va s’implanter à la face antérieure du fémur, immédiatement au-dessous du col.
Enfin dans les animaux qui ont l’ischion soudé au sacrum, comme le tamandua, il y a un muscle venant de la face externe de l’ischion, qui tient lieu d’obturateur interne et de jumeaux. ],
D. Dans tes oiseaux.
Les trois fessiers ont les mêmes proportions que dans les quadrupèdes.
L’analogue du grand fessier, toujours réuni antérieurement avec le muscle du fascia lata, est le muscle nommé pyramidal par Vicq-d’Azyr. Le petit qui est attaché au tranchant antérieur de l’os des îles, est son iliaque.
[Immédiatement derrière le moyen fessier et occupant environ le quart de la fosse iliaque, est un muscle qui vient insérer son tendon à la face externe du trochanter au-devant de celui du carré, et qu’on ne peut considérer que comme un pyramidal.
Le carré occupant toute la face externe de l’ischion est fort grand, surtout dans les oiseaux qui ont le bassin très prolongé en arrière, comme les autruches et les casoars.
L'obturateur interne, au lieu de passer par le trou qui correspond à l’échancrure ischiatique, passe par le haut de celui qui est analogue à l’ovalaire. Il y a même dans quelques oiseaux une traverse ossifiée qui lui forme un trou particulier, lorsque cet ovalaire se prolonge dans toute la longueur de l’ischion. Sur les bords mêmes de ce trou ovalaire, il naît quelques fibres musculaires qui vont s’implanter aux deux côtés du tendon de ce muscle; ce sont de très pelhs jumeaux.
Dans le casoar, par ce même trou duquel sort le tendon de l’obturateur interne, vient celui d’un autre muscle qui tapisse toute la face interne de l’aponévrose ischiatique.
On peut le considérer comme un second obturateur interne.
11 n’y a point d'obturateur externe, excepté dans l'autruche où l’on en trouve un très petit qui s’insère au bord de l’ischion et sur l’aponévrose ischiatique, et qui va fixer sou tendon au-dessous de celui de l’obturateur interne.
Dans cette même autruche, au bord antérieur
ARTICLE QUATRIÈME. — DES MUSCLES DE LA MAIN
du carré et s’attachant comme lui à l’ischion et au boni postérieur du fémur, se trouve un muscle dont les deux extrémités charnues sont réunies par un tendon, ce qui en fait un véritable digastrique. ]
II. Muscles du polit trochanter et do la face interne de la cuisse.
Les muscles qui vont au petit trochanter et à la face interne de la cuisse, la fléchissent ou la rapprochent de l’autre. Ce sont :
A. Dans l’homme.
1. Le psoas (prélombo-trocantinien) qui s’attache supérieurement aux côtés des vertèbres lombaires et des dernières dorsales, et s’insère par un tendon grêle au petit tronchanter; il relève la cuisse ou la porte en devant.
2. Viliaque (ilio-trocantiuien) qui s’attache supérieurement à la face interne de l’os des îles, dont l’insertion au petit trochanter est commune avec le psoas et produit le même effet que lui.
5. Le pectine (pubo-fémorien) qui s’attache au bord supérieur du pubis, et s’insère par un tendon prêle au-dessous du petit trochanter. 11 aide un peu l’action des muscles précédents.
4. Les trois adducteurs (sous-pubo, sous-pubi, ischii-fémoriens), ou triceps adducteur, qui prennent leurs attaches : savoir, le premier au-dessus de la symphyse du pubis; le second, sur sa branche descendante; le troisième, sur la tubérosité de l’ischion, et qui s’étendent à la ligne âpre du fémur, où le second s’insère entre les deux autres et un peu plus haut qu’eux; ils portent la cuisse en dedans, ou les rapprochent l’une de l’autre.
B. Dans les mammifères .
Dans les mammifères, en général, le psoas et l’iliaque sont beaucoup plus alongés que dans l’homme.
[Lepectiné de la taupe, de Youra, du chien, des tatous, des fourmiliers est ventru, et prolonge son tendon inférieur jusqu’au bas du fémur; cela n’est pas ainsi dans les autres mammifères. Mais dans les magots, les papions, les mandrills, les chats, les rats, les écureuils, la marmotte, le cahiai, le paresseux Iridactylc, ce muscle est séparé en
[deux portions; alors la deuxième portion prolonge également son tendon jusqu’au milieu ou même jusqu’au bas du fémur.]
Les chauve-souris n’ont ni psoas, ni iliaque. Leur pcctiné est long et grêle, ainsi que l’obturateur externe. Elles n’ont qu’un adducteur de la cuisse qui vient de la symphyse du pubis, et qui s’insère a la partie du fémur qui répond à son tiers coxal ou supérieur.
Les cétacés n’ont aucun muscle de la cuisse. Ceux qui s’insèrent à leur rudiment de bassin, sont des muscles de l’abdomen, de la queue et de l’anus.