II!. STRUCTURE DES POUMONS
paroi du sac pulmonaire sur laquelle doit s'étendre le réseau des vaisseaux sanguins.
La trachée se compose donc des deux parties organiques qui entrent essentiellement dans la composition du poumon des ophidiens. Il suffit que les cerceaux s'amincissent et se raccourcissent; que, d'un autre côté, la partie membraneuse prenne de l'extension, pour que la trachée soit ainsi transformée en poumon. Cette transformation est encore plus complète, lorsque les parois de cette partie membraneuse sont soutenues par un filet, dont les principaux cordons partent des cerceaux et leur sont comme suspendus.
Ces considérations font comprendre d'ailleurs la formation des canaux ou des cellules aériennes dans tous les vertébrés , et les rapports intimes entre ce que nous appelons les voies aériennes extra-pulmonaires, et les voies aériennes intra-pulmonaires. Elles montreront pourquoi, dans beaucoup d'animaux de cet ordre, les limites des unes et des autres ne peuvent plus être assignées d'une manière précise, ainsi que nous l'avons déjà expliqué en décrivant leur trachée-artère.
Tantôt les cerceaux de celle-ci s'insinuent dans la paroi inférieure et interne du sac pulmonaire, en diminuant rapidement d'étendue , et en se terminant en pointe après un intervalle assez court, de deux ou trois centimètres au plus. On voit partir du sommet de ce cône cartilagineux de la trachée intra-pulmonaire , une bande ligamenteuse étroite et plate, qui s'étend plus ou moins en arrière dans le sens de la longueur du poumon, et forme le point de départ du cordon compliqué qui compose le réseau de ce viscère.
C'est au milieu d'un des cerceaux de ce cône qu'il
136 XXIXe LEÇON. ART. II. POUMONS DES VERTEBRES.
faut chercher l'orifice d'un second poumon rudimentaire , quand il existe ; on trouve plus rarement cet orifice à côté.
Dans d'autres cas, les cerceaux s'étendent plus en arrière, restent développés, résistants, et servent plus long-temps à fixer le cordon.
Nous verrons des cas plus rares, où leurs extrémités font saillie dans le sac pulmonaire , et sont assez longues pour se rapprocher de manière à y former un canal intérieur, distinct de la cavité du sac.
Les ophidiens ne montrent plus dans leur sac pulmonaire unique , ou dans leur double sac, quand il existe, de sous-divisions en poches latérales.
Les cellules qui divisent les parois intérieures de leur poumon varient plus encore que dans les sauriens, en nombre et en étendue. L'espace qu'elles occupent dans ces parois, n'estpas du tout proportionné à l'étendue de celles-ci; c'est-à-dire que la vessie qui constitue le poumon, peut être très-longue et peu celluleuse, ou plus courte, et montrer des cellules dans un plus long espace. Il y a, à cet égard , des différences dont les rapports avec l'activité, ou l'inertie naturelle de certaines espèces, mériteraient bien d'être étudiés.
La partie celluleuse du poumon des ophidiens, celle conséquemment où s'exerce plus complètement l'acte de la respiration, est plus généralement placée, pour sa plus grande portion, entre le cœur et le foie , et se prolonge un peu vis-à-vis la partie antérieure et mince de ce dernier viscère.
Il est remarquable que dans certains serpents venimeux, cette partie en réseau soit en avant du cœur, et s'avance beaucoup.