Les Branchiopodcs, et 7, les Pœcilopodes
Nous avons décrit, dans Vargule foliacé, deux appendices cœcales du canal alimentaire qui pourraient bien tenir lieu de foie; de même que, dans les daphnies, il y a deux cœcums , tout au commencement du canal alimentaire , qui nous ont paru remplacer les glandes salivaires; car nous n'avons guère, pour déterminer les analogies de ces organes , que le rapport qu'ils ont avec le commencement , la partie moyenne , ou même une portion plus reculée du canal alimentaire.
Dans le limule géant , le foie verse la bile dans l'intestin, par deux canaux de chaque côté (1).]
B. Dans les Arachnides.
[Les opinions des auteurs sur ce qu'on doit appeler le foie dans les animaux de cette classe varient presque autant que le nombre des anatomistes qui ont cherché à le décrire. On ne Ta d'ailleurs déterminé jusqu'ici que dans les aranéides ou les arachnides pulmonaires , du moins comme organe distinct du canal alimentaire.
Le foie des araignées ( epeïra diadema ) est très con-
(!) Règne animal, t. IV, p. 187.
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sidérable et remplit une grande partie de l'abdomen. Il enveloppe le canal intestinal entre les deux ovaires , dans les femelles, et s'en distingue, entre autres, par une teinte d'un gris rougeâtre , tandis que les ovaires sont blanc de lait.
Son tissu se compose de vésicules irrégulières qui s'affaissent facilement, et de canaux excréteurs qui les lient. L'intervalle de ces vésicules et de ces canaux forme des vides également irréguliers , qui donnent à l'ensemble de ce tissu une apparence spongieuse. On y voit aussi des taches rondes d'un jaune brun qui semblent formées par de petits amas de matière contenue dans les vésicules.
Une partie des canaux excréteurs principaux se rend dans la portion dilatée du canal alimentaire dont on ne peut, à cause de cela, détacher le foie; il est même possible d'apercevoir, en ouvrant cette portion de l'intestin, quelques unes de leurs embouchures. C'est à la suite de cette incision qu'on distinguera bien le tissu du foie , tel que nous venons de le décrire , et ses rapports avec l'intestin.
Deux canaux excréteurs plus considérables se détachent de la glande, assez en avant, et se dirigent en arrière pour joindre le canal intestinal près de sa terminaison , un peu avant sa réunion avec le cœcum (1). Celui-ci est d'ailleurs recouvert par le tissu hépatique, comme le reste de l'intestin , et ce tissu paraît aussi lui adhérer un peu. Mais il n'adhère pas du tout à la por-
(1) Ne serait-ce pas là deux des quatres canaux biliaires que Tréviranus a décrits et figurés, t. 2, fig. 24 B.
tion rétrécie de l'intestin, qui est entre le cœcum et la portion dilatée.
Pour comprendre ce que nous regardons comme le foie dans les scorpions, il faut d'abord l'avoir étudié dans les araignées et se rappeler la description du canal alimentaire des scorpions. Ce canal, ainsi que nous Favons dit, va directement et sans détour de la bouche à Fanas. Il reçoit successivement de chaque côté , pendantson trajet dans la poitrine., à des intervalles inégaux, quatre troncs vasculaires considérables, dont les deux derniers sont plus gros et plus rapprochés et peuvent avoir chacun la moitié du diamètre de l'intestin; qui se ramifient immédiatement ou après un court trajet, en se portant directement en dehors ou un peu obliquement en arrière (le dernier) dans un corps granuleux qui remplit, en grande partie, le thorax, et que Ton compare communément au corps graisseux des insectes.
Nous regardons ce corps, comme le foie, très comparable par sa position et par son volume au foie des crustacés décapodes , et ces canaux comme ses conduits excréteurs (1).
31. Tréviranus, à la vérité, décrit comme des vaisseaux biliaires des canaux extrêmement déliés, bien plus fins conséquemment que ceux que nous venons d'indiquer, qui sortent aussi de cette même masse thoracique , s'y ramifient de même et paraissent également se terminer au canal intestinal, mais beaucoup plus en arrière , à
(1) Cette opinion est aussi celle de Meclsel. Syst. (Canat. comp.t t. IV, p. 146.
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un étranglement qui serait dans le premier anneau de la queue.
Deux de ces canaux prétendus biliaires sortent du foie vers la seconde paire des troncs hépatiques , et se portent directement en arrière parallèlement au canal alimentaire qu'ils touchent. Ils paraissent s'y terminer immédiatement après leur sortie du thorax. Deux autres sortent du même organe, plus en dehors et plus en arrière, sont encore plus fins et n'aboutissent au canal qu'à l'étranglement dont nous avons parlé. M. Millier, qui les a observés avec beaucoup de soin, a suivi une de leurs ramifications jusque la rencontre d'un des vaisseaux principaux qui sort du cœur. Celte anastomose considérable nous empêche , avec plusieurs autres motifs, de les considérer comme des canaux biliaires. Le principal est la nécessité d'expliquer la fonction des canaux précédemment décrits, et la conviction que le foie peut avoir, dans un animal dont le sang est contenu dans un système de vaisseaux clos, une organisation plus compliquée que dans les insectes, et qu'il ne se réduit pas à un simple canal. Nous verrons d'ailleurs que , dans ce dernier cas , ce canal n'est pas du tout ramifié à la manière des vaisseaux sanguins.
M. Midler pense que les petits vaisseaux, considérés comme biliaires par M. Tréviranus, portent vers la fin du canal intestinal quelque humeur excrémenlitielle qu'ils ont prise dans le corps graisseux (le foie) (1).
Dans les mygales, le foie n'aurait que deux canaux biliaires considérables qui joindraient l'intestin à l'en-
(1) Archives d'anat. et de phys. de Meckel de 1828. Mem* sur le scorpion.
droit de sa seconde dilatation abdominale. A la vérité, Meckel, qui donne cette indication, ne dit pas si ces canaux proviennent d'une masse hépatique plus compliquée, comme celles que nous venons de décrire dans les autres aranéides; ce qui est probable (i).
Parmi les arachnides trachéennes , on a indiqué (2) , comme pouvant remplir les fonctions du foie dans le phalanghim , une membrane composée de plusieurs séries de petits grains, laquelle occupe la face inférieure de l'estomac ; mais on sent combien cette détermination est incertaine].
Le Trombidium, autre arachnide trachéenne de la famille des Holètres, aurait, à l'origine d'un canal alimentaire droit, plusieurs cœcums latéraux (3); mais je les regarde plutôt comme des poches accessoires de ce canal que comme des tubes de sécrétion.]
v G. Dans les Insectes.
Le foie, dans les Insectes proprement dits, a encore moins l'apparence d'une glande conglomérée que dans les crustacés ordinaires, [ou plutôt il ne l'a plus du tout dans cette classe]. Comme le défaut de vaisseaux san guins empêche les insectes d'avoir aucune glande [dont le tissu ou le parenchyme serait composé d'un entre-
(1) Dans la mygale, le canal alimentaire forme dans le céphalo-thorax une sorte de gésier ayant la figure d'un sac oblong, des parois charnues revêtues intérieurement d'un épidémie sensible; au-delà, il éprouve un étranglement; arrivé dans l'abdomen , il se dilate de nouveau, se resserre ensuite, puis se dilate encore pour recevoir deux canaux hépatiques considérables. Il n'y a aucun cœcum à son extrémité. Meckel, O. C. t. IV, p. 148.
(2) Tréviranus. Mélanges, pi. I.
(3) Tréviranus. Mélanges, p. 48, pi. VI.
lacement plus ou moins compliqué de ces vaisseaux] , la bile est produite chez eux , comme toutes les autres sécrétions, par des vaisseaux minces, à parois spongieuses, lesquels flottent dans le fluide qui baigne toutes les parties, et y puisent, par Inorganisation de leur tissu, les éléments propres à former cette liqueur.
Ces vaisseaux existent également dans l'état de larve et dans celui d'insecte parfait ; la liqueur qu'ils produisent et qu'ils contiennent les teint de sa propre couleur; le plus souvent ils sont jaunes : quelquefois, comme dans les scarabés et les cerambyx, ils sont d'un blanc opaque; d'autres fois, comme dans les ditisques, d'un brun foncé. [ Quelquefois la liqueur qu'ils renferment est transparente et tout-à-fait incolore. ] Leur goût amer est dû à cette même liqueur, et il est probable qu'elle aurait beaucoup des qualités de la bile, si Fou pouvait en obtenir assez pour l'analyser.
Les vaisseaux biliaires varient pour le nombre quand ils sont plus nombreux; ils sont aussi plus courts; de manière que la totalité de leur surface reste à peu près la même. [ Du moins cette compensation peut avoir lieu pour les insectes d'un même régime. Mais quand le régime diffère beaucoup, il y a généralement des différences marquées dans le développement et dans le nombre des canaux biliaires. Les insectes carnivores en ont moins et de plus petits ; ils sont, au contraire, beaucoup plus longs et plus nombreux dans les herbivores, toutes choses égales d'ailleurs. ]
Ils aboutissent quelquefois tous à un canal excréteur commun, qui se rend dans l'intestin. C'est le cas très rare du grillo-talpa. Leur insertion se fait d'ordinaire à la fin de l'estomac duodénal ; [ quelquefois cependant
elle k «eu en partie dans le pylore de cet estomac, et en partie dans le gros intestin. (Test ce qui a lieu dans la plupart des coléoptères hétéromères, tétramères ettrimères , tandis que dans les pentamères il n'y a généralement qu'une insertion pylorique.
Enfin , dans beaucoup d'hémiptères hétéromères , il n'y a qu'une insertion intestinale; encore est-ce dans le gros intestin, celui où semassent les excréments, quelle a lieu.
On conçoit combien ces différences, bien appréciées, comparées à toutes les autres conditions organiques des appareils dans lesquels on les a observées , et avec les différences de régime , peuvent jeter un grand jour sur les usages de la bile.
Nous ferons remarquer que dans ce dernier cas elle n'est plus qu'une humeur excrémentitielle qui se mêle aux excréments ; mais si Ton observe qu'il n'y a point ou très peu d'intestin grêle dans les Hémiptères hétéroptères où cette disposition existe, on concevra que la bile pourra refluer, comme à l'ordinaire , à la fin de l'estomac duodénal, pour y remplir sa fonction habituelle.
La double communication observée dans un grand nombre de Coléoptères, surtout parmi les phytophages ,; communication qui peut porter la bile, soit en avant, à la fin de l'estomac duodénal , et lui donner une part dans la digestion, soit en arrière, dans le gros intestin, et n'en plus faire qu'un excrément, montre à la fois ce double but fonctionnel , si souvent controversé , lorsqu'on veut expliquer les usages de la bile chez l'homme.
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