Des Acaléphes hydrostatiques
Les Physales auraient autant de bouches que de suçoirs, suspendus avec les appendices tactiles de deux sortes et les ovaires, à la partie inférieure de leur vessie;
(i) Observation sur la structure de la Carybdée marsupiale (Peron et Lcsueur ) , par M. Miïne Edwaras. Ânn. des se. nai. , t. XXVIII, p. 248 et 8uiv. , et pi, 11, 12 et 13.
si tant est que ces suçoirs puissent être considérés comme de véritables estomacs , attendu qu'on y trouve parfois des débris de nourriture (1). Nous reviendrons sur cette description en parlant du canal alimentaire de ces animaux. Nous verrons que les autres Acalèphes hydrostatiques ne paraissent se nourrir que par des suçoirs multiples et capillaires , dont les orifices sont autant de bouches absorbantes.
Dans les physales, les suçoirs ont des parois très musculeuses composées de fibres longitudinales et circulaires , ces dernières formant un sphincter autour de leur orifice (2).
D. De [a bouche des Polypes.
La bouche des polypes , quand elle est ouverte et que toutes ses parties sont développées au dehors , autant que cela est nécessaire pour agir sur les substances alimentaires extérieures, a pour caractère d'être toujours entourée, comme Taxe d'une roue Test de ses rayons, d'appendices à la fois préhensiles et probablement tactiles, qui ne sont que des divisions des téguments communs. Son orifice le plus apparent , dans ce cas , est recouvert par une lèvre intérieure circulaire , percée dans son milieu d'une sorte de pupille, susceptible de se contracter ou de se dilater considérablement, laquelle conduit immédiatement dans l'estomac. Mais cet orifice est alors le pharynx, et cette lèvre intérieure une sorte d'épipharynx , servant pour ainsi dire de couvercle plutôt à l'issue de la bouche qu'à son entrée.
(1) Sur la grande Physale {Physalia Arethusa)t etc., etc., par M. J. S. M. de Olfers. Berlin, 1832, in-4*. (En allemand.)
(2) Même ouvrage, p. 6.
394 XXIVe LEÇON. ORG. d'ALIM. DES ANIM. RAYONNES.
Dans ce même instant de déploiement ou de déroulement au dehors de toutes les parties de l'appareil buccal, les tentacules forment un cercle simple ou double autour de l'épipharynx , comme une lèvre extérieure plus ou moins divisée , et ils en remplissent les fonctions pour toucher ou pour saisir, rendues seulement plus faciles et plus parfaites, par cette division et par la forme plus ou moins alongée de ces tentacules.
Mais si Ton considère ce même appareil dans l'état de repos , et retiré dans le corps de l'animal , on verra que les tentacules sont dans la position d'une lèvre intermédiaire , si Ton compte l'épipharynx pour une lèvre intérieure ; parce qu'il y a un repli circulaire de la peau , plus extérieur, formant une seconde lèvre et un orifice buccal encore plus extérieurs. C'est cette partie des téguments communs qui , dans l'actinie , ferme , en se fronçant, l'orifice de la cavité buccale, lorsqu'elle a replié , dans cette cavité , ses nombreux tentacules.
Il y a même quelquefois un intervalle proportionnément très grand entre cette lèvre extérieure, qui peut devenir en partie , comme dans les eschares , un couvercle mobile , et les tentacules (1).
Dans ce cas , la première portion du canal alimentaire , limitée en dedans par le cercle qui donne attache aux tentacules, est une véritable trompe, analogue à celle des annélidesdorsibranches, et leurs tentacules ont absolument la même position relative queles mâchoires,
(1) V. les Recherches anatomiques <, physiologiques et zoologiques sur les Eschares, de M. Milne Edwards, pi. 1 , fig. 1 , et particulièrement la portion a b du canal alimentaire renfermant les tentacules. Paris, 1826.
ART. I. ORGANES EXTER. h ALIMENTATION. 395
dans les animaux de cette dernière classe qui en sont pourvus. C'est par un mécanisme analogue que ces mâchoires, ou ces tentatules, paraissent au dehors, ou se replient dans le corps de F animal.
Le cercle auquel s'attachent ces tentacules me paraît, dans tous les cas , intermédiaire entre l'orifice le plus extérieur des téguments communs , et celui du pharynx proprement dit.
A la vérité , cet orifice extérieur dans les eschares , les tubipores , Ycdcijonelle , les sérialalres , etc. , qui est celui de la cellule calcaire ou d'un tube de même nature, ou d'un tube subéreux ou corné, pourrait aussi bien être comparé à la bouche d'une coquille univalve, et le tube membraneux qui le prolonge de son bord jusqu'au cercle d'attache des tentacules , à un développement des téguments , à une sorte de manteau destiné à favoriser les mouvements de protraction de la bouche proprement dite et des tentacules dont elle est armée.
Nous n'avons pas à décrire ici les différences multipliées que présentent les tentacules des polypes dans leur nombre, dans leur forme, dans leur disposition et dans leur structure.
Ces différences sont bien connues des zoologistes; nous ne ferons que les rappeler très succinctement.
Les Hydres ont huit à douze bras en lanières simples, presque comme des fils, ordinairement longs.
Les Alcyons en ont huit plus larges, pétaloïdes et dentelés à leur bord.
Les Sérialalres les ont, au nombre de huit à douze, médiocrement longs, simples, grêles, de même dimension dans toute leur longueur, et ciliés.
39$ XXl\8 LEÇON. ORG. D'AUM. DES ANIM. RAYONNES.
' Dans les Eschares, ils sont de même forme, également ciliés, encore plus longs à proportion. On en compte jusqu'à seize (1). Les Polypes à polypiers lame llif ères peuvent en avoir le double.
Dans les genres ou les familles précédentes , ils sont disposés en cercles réguliers. Mais dans les alcyonelles le prolongement de la peau auquel ils sont attachés est interrompu d'un côté et a la forme d'un fer à cheval. Les tentacules manquent dans cet intervalle ; dans les deux autres tiers du pourtour de l'orifice buccal, ils sont placés sur plusieursrangs, et forment une couronne incomplète de filaments grêles, qui paraissent articulés(2).
Dans les Actinies, les tentacules ont des formes très variées, cylindriques, en massue , en feuille, etc. ; leurs couleurs éclatantes les font ressembler aux pétales des plus belles fleurs composées, ainsi que leur grand nombre et leur arrangement circulaire régulier. Chacun de ces tentacules se distingue d'ailleurs de tous les précédents, en ce qu'il est percé, à son extrémité, d'un orifice qui conduit, par un canal qui règne dans toute sa longueur , dans des cellules creusées dans l'intervalle du sac alimentaire et des téguments extérieurs.
Les Eponges, qui sont des polypiers sans polypes, ont pour appareil extérieur d'alimentation , non plus une bouche , mais une quantité de pores absorbants , par lesquels l'eau pénètre dans leurs canaux ou leurs cellules, et qu'il faut distinguer des orifices plus grands par où s'échappent les courants d'eau avec les excréments et les œufs. ]
(1) M. Milnc Edwards. 0. C. p. 17.
(2) Histoire naturelle de Yalcyonelle fluviatile , par M. Raspail. Mém. de ta Société d'hist. nat. de Paris, t. IV, pi. XU, fîg. 1.
E. De la Bouche ou des Organes extérieurs d'alimentation des Infusoires*
[Les 1 nj us oir es forment deux ordres dans la méthode adoptée par M. Cuvier, dans son Règne animal, qu'il serait peut-être mieux diriger en classes , tant sont grandes les différences organiques qui les distinguent.