Les Pectinibranches
Nous avons déjà vu , en décrivant la bouche , que les gastéropodes de cette section sont tous pourvus d'une trompe charnue contenant une langue hérissée de crochets. Ils ont tous un estomac membraneux , situé à la base du foie , et donnant dans un intestin de longueur variable. Ils diffèrent entre eux par la longueur de la trompe; par un jabot plus ou moins marqué , qui se voit quelquefois en avant de l'estomac; par la forme de celui-ci , qui peut être un cul-de-sac, ou un canal ; par les parties dures , épidermiques , dont ses parois peuvent être armées; par l'épaisseur de la couche musculeuse de ces mêmes parois ; par la longueur et le diamètre proportionnel de l'intestin.
a. Les trochoïdes.
Dans \apaludine(\), l'œsophage est long et replié sur lui-même ; il donne dans un estomac membraneux , assez vaste poche sans cul-de-sac, mais dont les parois sont divisées en plusieurs sinus. L'intestin forme plusieurs replis , le dernier a lieu près du cœur où il a une valvule qui sépare le rectum de la première partie.
b. Les capuloïdes.
Lesigaret(2), qui appartient à cette section, a un œsophage assez long qui se rend dans un estomac membraneux, formant un cul-de-sac profond; de telle sorte que le pylore se trouve très rapproché du cardia,
(1) 0. C. Mémoire sur la vivipare d'eau douce, p. 8.
(2) O. C. Planche du Sigaret. fig. 7, a, d, e, y.
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comme dans la forme type des estomacs de poissons. L'intestin est de longueur médiocre; il fait deux replis avant de se rendre à l'anus, qui se voit, comme à l'ordinaire pour les pectinibranches, dans la cavité branchiale.
Le canal alimentaire des cabochons ressemble au précédent (1).
Dans la calyptrée (2) (calyptrœa sinensis), après un œsophage analogue à celui des cabochons, se voit un estomac d'une toute autre forme; c'est une simple dilatation globuleuse du canal alimentaire dont les parois sont épaisses, musculeuses, ridées intérieurement, ce qui indique toujours une forte contraction de la tunique musculeuse. Le pylore est opposé au cardia, et l'intestin, de longueur médiocre, s'élargit sensiblement dans sa seconde portion. ]
c . Les h uccinoïdes ,
Dans les buccins (3), l'œsophage, long et mince, produit un petit jabot latéral, et entre, quelque temps après , dans un estomac en sac arrondi.
L'intestin est très court; arrivé dans le côté droit de la cavité branchiale, il se dilate en un très large tube à parois épaisses, dont la tunique intérieure est ridée longitudinalement, et qui se rétrécit tout d'un coup avant de s'ouvrir à l'anus.
Dans les murex , l'estomac n'est qu'une légère dilatation membraneuse. Le rectum ne se dilate point.
(0 Mcckel. O. G., p. 178.
(2) Mémoire sur la Calyptrée , par M. G. P. Deshayes, Ann, des se, matur. , t. 3, p. 340 , et pi. XVII, flg. 7 et 8.
(3) Planche du Buccinum undatum. O. C, fi g. 15.
mais il est placé comme dans les buccins. L'intestin est court.
[ Cependant, le murex brandaris a l'estomac en culde-sac globuleux comme les buccins. Le cardia est très rapproché du pylore ; c'est entre ces deux orifices que se voit l'embouchure commune des canaux hépatiques. L'intestin, d'abord étroit, s'élargit pour former le rectum; il est court et montre des plis longitudinaux dans toute son étendue (1).
Mais dans les tritons, que l'on confondait ci-devant avec les murex, on trouve en effet, comme le dit M. Olivier, que Festomac est sans cul-de-sac, et ne forme qu'une simple dilatation du canal alimentaire. Seulement celui-ci fait un coude à l'endroit de l'estomac, ou plutôt une anse à branches rapprochées , dont la seconde surtout paraît appartenir plus particulièrement à l'estomac par sa structure singulière (le triton nodosum). Quelquefois cette structure particulière commence déjà dans la première anse.
Il peut y avoir un jabot (le triton nodosuni), ou ce jabot peut manquer.
J'indiquerai ces différences, en détail, dans les descriptions du triton nodosum et d'une espèce que je présume très— voisine.
Je commence par le premier.
Un peu au-dessus de son origine, que je prends vis-à-vis du cerveau, hors de la trompe (je suppose Fanimal rampant), l'œsophage se dilate beaucoup et forme une sorte de jabot un peu boursoufflé et plissé
(1) Observations anatomiques Sur le Murex brandaris , par le docteur Leiblein. Annales des se. natur, , t. 14, p° 177 et suiv. et pi. X et XI.
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par une bande musculense longitudinale, qui règne tout le long de son côté postérieur.
Il reprend, en sortant de la partie charnue du corps, un diamètre petit et égal. Après un trajet assez long, le canal alimentaire se coude et forme une anse à branches maintenues rapprochées par un mésentère. C'est immédiatement avant ce coude que se voit le commencement de l'estomac qui se prolonge dans la seconde branche de Panse. On le reconnaît à des parois plus épaisses et aux plis réguliers de sa membrane interne. Il y avait d'abord une série de plis transverses ou plutôt de tubercules larges, que j'ai trouvés revêtus, dans l'espèce suivante, d'un épiderme jaune, résistant, corné.
Dans cette seconde espèce voisine de la première (1),
(1) Nous doutions ici quelques dimensions de ces deux espèces, particulièrement de leur canal alimentaire. J'ai reçu en 1829, de Marseille, un exemplaire de l'une et de l'autre, par M. Laurillard, sous le nom de Tritonium mediterraneum. L'année dernière, M. Ackermann, chirurgienmajor de la marine royale , qui nous a fait souvent des envois précieux , m'ayant adressé , entre autres , un triton nodosum Lam., avec son animal, j'ai pu déterminer l'un des beaux individus qui nous avaient été envoyés sans la coquille. Voici les dimensions comparées de plusieurs de leurs parties; surtout de leur canal alimentaire.
Dans le Triton nodosum.
Le plus grand diamètre de l'opercule était de mètres 0,078 Le plus petit de 0,044
La trompe avait 0,055
La partie de l'œsophage contenue dans les chairs, formant un jabot dans la plus grande portion deson étendue, lequel se distingue de la suivante, qui a un diamètre étroit, par un véritable étranglement 0,070 \ Depuis cet étrangle- / ment jusqu'au cardia, > 0,200 un peu avant le coude l que fait l'estomac 0.130 > Longueur de l'estomac de-
Et dans l'espèce voisine.
l'œsophage 0,048
le canal alimentaire présentait quelques différences ; il avait généralement moins de longueur, F œsophage n'y formait point de jabot. A sa sortie de la partie charnue du corps , il éprouvait un étranglement marqué. Ses parois présentaient, dans un court espace, beaucoup d'épaisseur et des plis longitudinaux intérieurs très prononcés, persistants et maintenus par de petites brides transverses; plus loin, ces plis étaient frangés et garnis de tubercules cornés de différentes grandeurs, comme ceux de l'estomac. Celui-ci était compris dans l'anse qui.* formait le canal alimentaire, et la structure plissée ei frangée de la membrane interne commençant plutôt , on n'y pouvait assigner, comme dans l'espèce précédente, les limites du cardia. Dans la seconde anse , la série de tubercules cornés, qui fait de cette partie, dans l'une et l'autre espèce, une sorte de gésier, étaii très remarquable.
Une bande tout unie séparait cette série de tubercules, d'une série de plis plus larges, formant comme autant de valvules conniventes , ayant d'abord une di-
puis son fond jusqu'au pylore 0,037 0,036 Du pvlore jusqu'à la por- .
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! ■" " v «n-nlnonn intestin ou les plis devien- \ n „„,,
po& 0,021 Gros »«»"» °>154 )
Le reste de l'intestin 0,225 '
Longueur totale du canal alimentaire 0,537 0,400
La longueur de l'œsophage était Les mêmes parties étaient
donc à celle de l'intestin : : 2 : 3 : : 1 1/2 : 2
Le pied fortement contracté avait de long 0,065
Toute sa surface présentait de La surface du pied était seulement gros plis comme des ondulations ridée, cérébrales.
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rection transversale , puis très oblique. La membrane interne qui montrait cet arrangement était partout blanche. Les plis cessaient subitement au pylore, endeçà duquel j'ai vu un orifice des canaux hépatiques.
L'intestin avait d'abord des parois minces et lisses intérieurement ; elles ne tardaient pas à prendre de nouveau beaucoup d'épaisseur dans un court trajet , un plus petit diamètre, et des plis résistants et transverses. Plus loin , et jusqu'à la terminaison de l'intestin, ses parois étaient moins épaisses et les plis de sa membrane interne avaient une direction longitudinale; ceux-ci étaient très-nombreux dans le rectum.