XXII*5 LEÇON. ORGANES RÉI»A11AT. DES MOLLUSQUES
Dans le pyrosoma , le canal alimentaire occupe un très-petit espace , comparativement à la cavité branchiale. On y distingue aussi un œsophage, un estomac charnu, ovoïde, ou cordiforme. L'intestin se*coude et se replie en travers , pour se terminer derrière l'estomac (1).
Parmi les thalies, ou les biphores à crête, la T. pinnata (2) a le pharynx formant une ouverture lâche dont les bords sont plissés ; cette entrée du canal alimentaire est rapprochée d'ailleurs de l'ouverture des téguments communs , qui est ronde et donne ordinairement issue à l'eau, ainsi que nous l'avons dit (art. bouche). Elle communique avec un petit cul-de-sac membraneux dont le fond est dirigé vers le haut, dans le sac de cette ouverture. Le canal intestinal est un boyau simple, lequel se porte directement vers l'ouverture du corps , qui est en fente transversale ; c'est derrière la valvule interne de cette ouverture qu'il se termine.
E. Les Brachiopodes.
Dans la lingule, le canal alimentaire se continue de la bouche, qui est entre les deux bras, jusqu'à sa terminaison , en conservant le même diamètre ; il fait deux replis avant de se rendre à l'anus qui est sur le côté, entre les deux lobes du manteau, au milieu d'une petite saillie en cône tronqué. Sa longueur est à peu près deux fois celle du corps.
Dans les térébratules (3), après un court renflement
(1) là. pi. XXII, fig. 1-3, 1-4, 1-5.
(2) Cuvier, Annales du Muséum, IV, pi. LXVIII, fig. 1-2 et p. 370.
(3) Terebratula psittacca.
qui répond à la cavité buccale, on voit l'œsophage se porter en arrière, où il se dilate considérablement pour former le sac stomacal, dont l'issue opposée à l'entrée donne dans l'intestin. Le calibre de celui-ci est un peu plus grand que celui de l'œsophage ; il se termine en avant, un peu à droite.
Dans les orhicules, l'œsophage se porte directement en arrière et ne tarde pas à se dilater pour former l'estomac, dont le fond répond à celui de la cavité viscérale. De là le canal alimentaire se replie en avant et se rétrécit beaucoup pour former l'intestin qui va se terminer sur le côté droit, entre les lobes du manteau, en arrière de l'arc que fait le bras de ce côté. Les parois de l'estomac sont plus épaisses et glanduleuses (1).
F. Dans les Cirrhopodes.
Le canal alimentaire se compose, dans Yanatife vulgaire, d'un premier canal court et étroit, qui est l'œsophage. Celui-ci se dilate considérablement pour former l'estomac, dont les parois, un peu au-delà du cardia, sont toutes bosselées à l'extérieur et caverneuses intérieurement. Mais la portion cardiaque de la poche stomacale est unie et doublée par un épidémie corné (2) qui tapisse de même l'œsophage et se prolonge sur les parties de la bouche jusqu'à la lèvre supérieure. L'estomac a en outre deux appendices de structure également celluleuse (3). Le pylore, qui est opposé au cardia et qui n'a aucune valvule, conduit
(1) Mémoire cilé de M. Owen.
(2) M, Martin Saint-Ange a bien indiqué cet épidémie dans l'estomac et l'œsophage. Mémoire sur l'organisation des ciripèdes. Paris, 1835.
(3) M. Burmeistcr les décrit comme les deux lobes du foie»
dans un intestin très court, à parois transparentes, d'abord dilaté, se rétrécissant ensuite jusqu'au rectum, ou il y a une valvule. Cette seconde portion du canal intestinal est de nouveau plus grosse et à parois plus épaisses jusqu'à sa terminaison, qui se voit à la base de la trompe (1).]
ARTICLE IV
DE L^ANUS OU DE L'iSSUE DU CANAL ALIMENTAIRE.
La position de l'anus varie ; les mollusques n'observent à cet égard aucune règle.
[ Nous croyons cependant pouvoir expliquer ces variations, et faire voir qu'elles dépendent généralement : 4° de la disposition symétrique ou asymétrique des Organes de la respiration ;
2° De ce que ces organes sont centralisés ou dispersés ;
3° Des rapports du cœur et du rectum.
M. Cuvier remarque ailleurs (2) que si la branchie a une étendue bornée, Tanus en est très rapproché, et que, s'il y a une cavité respiratoire, c'est généralement à l'entrée de cette cavité que l'anus se trouve percé.
Ce rapport s'explique, à notre avis, par celui de l'intestin, dont la dernière portion parcourt souvent,
(1) M. Cuvier n'a pas tu ce cœcum intérieur décrit et figuré dans le mémoire cité plus haut. M. Burmeister ne l'indique ni dans les anat/fes, ni dans les balanes. Je l'ai cherché moi-même vainement.
(2) A la fin de la description du canal intestinal du colimaçon, ancien texte de ce volume.
du moins dans les gastéropodes, une partie de la cavité pulmonaire ou des parties très rapprochées (les céphalopodes), et se trouve ainsi a portée d'être comprimé par les muscles qui peuvent diminuer la capacité de cette cavité. C'est la même raison qui, dans les vertébrés , fait dépendre , en partie , l'expulsion des matières fécales des efforts de la respiration.
Le cœur, dans quelques gastéropodes et dans les acéphales testacés, devant servir de gaine au rectum, et sa fonction le plaçant en même temps très-près des branchies, la terminaison du rectum a dû encore, dans ce cas, se trouver très rapprochée de ces derniers organes.
Enfin, la position symétrique de Fanus sur la ligne moyenne, subordonnée aux deux rapports que nous venons d'indiquer, semble dépendre à la fois de la position symétrique du cœur et de la forme symétrique des organes de la respiration.
Les détails dans lesquels nous allons entrer feront comprendre ces propositions générales.
A. Les Céphalopodes
Ont l'anus au-devant du cou. C'est du moins la place qu'occupe l'issue commune des excréments, du noir et des produits de la génération, ou l'orifice de l'entonnoir dans les céphalopodes à deux branchies. Mais cet entonnoir, qui forme un canal complet demi-musculeux dans ce dernier groupe, n'est qu'un demi-canal dans le nautile , céphalopode à quatre branchies ; et c'est à sa base, vers Feutrée de la bourse, dans les uns et les autres, beaucoup plus en arrière conséquemment que l'issue de cet entonnoir , qu'il
74 XXIIe LEÇON. ORGANES REPARAT. DES MOLLUSQUES.
faut chercher Fextrémité du rectum, dans Fun ou Fautre de ces groupes.
Cette extrémité se termine plus en arrière ou plus en avant, suivant les familles. Les seiclics Font plus reculée; les calmars Pont au niveau du bord de la trompe; les poulpes de même. Elle est suspendue à la ligne médiane de la paroi supérieure ou viscérale de cette bourse, par un repli de la peau qui Pentoure (les seiches et les calmars), ou bien appliquée immédiatement à cette paroi (les poulpes). Deux papilles en forme de feuilles bordent les côtés de Fanus dans les deux premières familles (1); la marge de Fanus est sans papille dans les poulpes.
Chez tous, elle est entourée d^un sphincter en-deçà duquel se voit, du côté dorsal, Pissue du canal excréteur de la vessie du noir.
Dans cette position, les contractions de la bourse doivent agir sur Fextrémité de l'intestin , et contribuer à Fexpulsion des matières fécales.
Remarquons que ces contractions font partie du mécanisme de la respiration, et que les branchies étant symétriques , c'est entre ces deux organes sur la ligne moyenne, que Fanus est placé.
B. Les Ptéropodes
L^ont à droite sur le côté du cou ( dans les clio , pneumoderme et spongiobranche , d'Orbigny ) ; en arrière ou sous la nageoire de ce côté , et entre les lobes du manteau , du même côté , dans les hyale et cuvierie ,
(1) Cimcr. Mémoire cite, p. 44.
akt. iv. dis l'anus. 75
où il forme un petit tube saillant analogue à celui que nous décrirons dans les acéphales.
Cette détermination à regard des hyale , adoptée par M. Cuvier, dans ses mémoires sur les mollusques, dans laquelle la face bombée de la coquille de Yhyale est la partie dorsale, et la face aplatie, la portion ventrale, nous paraît indiquée et absolument commandée par la position du cerveau , qui se rapporte toujours à la face dorsale du corps, L'adoption d'une opinion contraire ne pourrait qu'embarrasser les descriptions et leur ôter l'avantage d'une juste comparaison avec les autres mollusques. Le cœur se trouve du même côté , quoiqu'assez éloigné du dernier intestin , et l'orifice des organes de la génération sur le côté opposé du cœur (4).