Les Hétérobranches
Le foie compose en grande partie dans cet ordre ce qu'on appelle le nncleus , c'est-à-dire , une portion du corps qui se détache de la face dorsale , comme le pied se détache de la face ventrale, qui est toujours plus reculée que ce pied , et constamment logée dans la coquille lorsqu'elle existe. Ce nucleus répond parfaitement à la masse des viscères des gastéropodes qui semblent faire hernie hors de leur enveloppe commune, et qui est toujours contenue dans la coquille comme dans une enveloppe protectrice.
Nous ferons remarquer, dans les Hétéropodes nncléo~ branchidés, le très-petit volume de ce viscère, relative-
(1) Dans le PL tuberculatus , suivant Meckel (0. C. p. 186), le canal de la bile aboutirait au milieu de la longueur de l'intestin ; aussi cette espèce doit-elle faire partie d'un autre genre. M. Valenciennes s'en était convaincu par l'inspection de la coquille intérieure ; celle de soii canal alimentaire me le persuade.
92 XXI Ie LEÇON. ORGANES REPARAT. DES MOLLUSQUES.
ment à celui qu'il présente dans les gastéropodes ordinaires , son éloigneraient de l'estomac ou du commencement de l'intestin , ses rapports avec l'extrémité postérieure du canal alimentaire, et enfin son rapprochement des branchies.
On dirait que la bile, dans ces animaux, n'est plus qu'une humeur excrémentitielle , qu'elle ne sert plus qu'à décharger le sang de son excès de carbone, et qu'elle n'a plus d'action sur le canal intestinal pour la composition du fluide nourricier.
On dirait même que l'importance du foie , comme organe réparateur de ce fluide, est en raison inverse de l'étendue de la peau extérieure et de la surface de cet organe, qui est propre à la respiration.
Ces considérations expliquent, il nous semble , pourquoi ce viscère , dans les atlantes , est plus considérable que dans les autres hétéropodes, et se rapproche, ainsi que les branchies, du développement qu'ils présentent dans les autres animaux de la classe.