XXII* LEÇON. ORGANES REPARAT. DES MOLLUSQUES
E. Les Bmchiojpodes,
Dans les Brachiopodes (lingides et térébratules) , le foie est de nouveau distinct et entrelacé dans les circonvolutions de l'intestin, et même dans les muscles.
[On voit dans les térébratules de gros canaux hépatiques, dont les troncs s'ouvrent dans l'estomac, et dont les dernières divisions paraissent former de petits culs-de-sac sur les parois desquels se ramifient les vaisseaux sanguins (1). La masse de ce viscère se divise en deux parties dans ces mêmes animaux ; la couleur de sa substance est verdàtre.
Dans la lingule, M. Cuvier Ta trouvée d'un jaune d'orange ; sa substance était pénétrée de beaucoup de vaisseaux sanguins ; ses lobules formaient comme des grappes.
Dans les orbicules, le foie est d'une belle couleur verte. Sa substance se compose de follicules alongés. Les canaux hépatiques ont de nombreux orifices dans l'estomac]
Dans tous ces animaux, comme dans ceux à sang rouge , la bile est d'un jaune plus ou moins verdàtre.
F. Les Cirrhopodes .
Le foie est remplacé par un tissu glanduleux qui revêt extérieurement les parois de l'estomac , du moins celles qui sont bosselées et dont la couleur est brune ; il leur est intimement uni (2).
(1) Mémoire cité de M. Owen. Ann. des se. natur. Nouvelle série, t. III, pi. I , fig. 12 et 13. Et Trans. of the zoologie. Society of London. vol. 1 , p. 2.
(1) Cuvier, Mémoire cité, p. 10 et 11, et pi. 3. fig. 9 et 10.
IL Des soutiens et des enveloppes du canal intestinal.
On peut dire, en général, que le canal alimentaire des mollusques n'est pas soutenu par un mésentère. Ses différentes circonvolutions sont fixées entre elles et entre les lobes du foie par de la cellulosilé , et par des vaisseaux sanguins et des nerfs, mais non suspendues à une membrane. Un véritable péritoine contient cependant Ja totalité des viscères , et forme même une lame de séparation pour le cœur, qui est dans une cavité à part, ainsi que l'organe delà respiration, quand celui-ci n'est pas tout-à-fait extérieur; mais je n'ai point vu que ce péritoine se repliât en dedans pour embrasser l'intestin.
[Cela est, en effet, difficile à démontrer dans la plupart des cas. L'enveloppe péritonéale est cependant évidente dans plusieurs mollusques, et entre autres dans tous les céphalopodes , qui ont les estomacs et le canal intestinal flottants dans une cavité péritonéale distincte. Ici le péritoine se réplie évidemment sur eux, après avoir formé un véritable mésentère, ainsi que l'a démontré M. Cuvier (1).
M. Cuvier adopte encore l'opinion que, même dans les cas d'absence de mésentère , comme dans les ascidies (£) , la membrane qui tapisse en dedans l'enveloppe intérieure de l'ascidie , se réfléchit sur les viscères à la manière du péritoine. Je pense qu'on doit généraliser cette observation, et que, dans tous les cas, le canal alimentaire est enveloppé par quelque chose d'analogue
(1) Mémoire sur le poulpe , déjà cité , p. 10 et 29.
(2) Mémoire sur les ascidies, p. 8.
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au péritoine des animaux vertébrés. C'est l'opinion que j'ai émise en parlant des membranes du canal alimentaire. ]
Dans les céphalopodes , le péritoine est un sac, plongé dans un autre sac, dans celui qui constitue proprement le corps j mais ce dernier n'enveloppe pas entièrement l'autre; son ouverture laisse le péritoine à découvert par-devant ; il n'a alors sur lui qu'un prolongement mince de la peau. [Le péritoine divise la cavité du corps en plusieurs poches analogues à celles des oiseaux. ] Il est encore remarquable en ce qu'il est ouvert de deux orifices qui communiquent au-dehors, et qui peuvent en laisser échapper les sérosités. Je ne crois pas qu'il y ait d'autre exemple de cette conformation, si ce n'est dans les raies, [dans les squales, les lamproies, et dans quelques poissons osseux, ainsi que nous l'avons vu en décrivant le péritoine des animaux vertébrés.
A la vérité, ces poches péritonéales, ainsi ouvertes au dehors , ne contiennent pas de viscères , mais les veines caves avec les corps spongieux qui les entourent (1).]
Comme les céphalopodes ont une tête distinguée par un cou, et un vrai crâne cartilagineux, leur péritoine, qui ne va que jusqu'au cou , n'embrasse pas le cerveau ni la masse de la bouche , ainsi que cela arrive dans les autres mollusques.
(1) M. Meyer , professeur à Bonn, dans des mélanges d'anatomie comparée, publiés en 1835 (en allemand) , émet l'opinion que ces corps spongieux sont les reins de ces animaux , et que les cavités qui les renferment forment une double vessie urinaire. Nous reviendrons sur cette détermination en décrivant les reins. D.
Le péritoine des gastéropodes double presque toute la peau extérieure du corps ; cette tunique si épaisse et si musculeuse le contient et le protège éminemment. Dans ceux qui ont une coquille , la partie du corps qui reste toujours dans cette armure n'est point enveloppée de muscles ; elle n'est revêtue que du péritoine et d'une lame mince de la peau : on pourrait presque la considérer comme une hernie naturelle qui aurait échappé à la pression de la partie musculeuse, de celle qui peut à volonté rentrer ou sortir de la coquille.
Le péritoine des acéphales testacés occupe , en vertu de la forme de leur corps , une moindre place que celui des autres mollusques ; il est embrassé par les muscles qui se rendent au pied, et lorsqu'il n'y a point de pied, il est simplement recouvert par la peau générale. [Leur canal alimentaire est comme collé aux viscères ou aux membranes environnantes, et Savait pas besoin de prolongements mésentériques pour être maintenu en place ; aussi en manquent-ils tous.
Dans les ascidies , il n'y a point de mésentère , quoique la cavité qui renferme le canal alimentaire soit plus grande que cela ne serait nécessaire pour le contenir ; et la connexion de la membrane péritonéale qui , après avoir tapissé en dedans l'enveloppe extérieure, se replie sur les viscères, n'a lieu que vers la bouche et l'anus (1).]
Aucun mollusque ne m'a rien montré qui eût l'air d'un épiploon.
(1) V. le mémoire cité de M. Cuvier sur les ascidies, etc.
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