‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 50 sur 170 · Les Coléoptères · texte numérisé non relu

Les Coléoptères

Les Coléoptères forment un ordre naturel , quoique excessivement nombreux. Leur lèvre inférieure n'est pas placée entre les mâchoires , mais réellement dessous , et en cache une partie quand on regarde la bouche par sa face inférieure; aussi sont- elles articulées entre la lèvre et les mandibules, et non suspendues avec la lèvre dans une membrane commune , comme cela a lieu dans les Hyménoptères. L'ouverture du pharynx est aussi percée sur la langue et non dessous , comme dans les Hyménoptères, de façon que le résultat de la mastication s'y porte naturellement. Voilà les vrais caractères de la bouche dans cet ordre ; mais celui d1avoir la mâchoire libre d'adhérence à la lèvre n est point exclusif, comme a semblé le croire M. Fabricius, en fondant, sur cette idée, la dénomination d'Eleutherata, qu'il a donnée à ces insectes.

[Il faut ajouter qu'il y a deux ou quatre palpes maxillaires , et que la lèvre se compose proprement de trois parties distinctes, sinon dans tous, du moins dans la plupart : le menton qui en fait la base; la lèvre proprement dite (1) articulée sur le menton, ou qui lui est unie par une symphyse , portant sur son bord libre les deux palpes labiaux , le plus souvent écartés , quelquefois rapprochés l'un de l'autre ; enfin la languette, pro-

M. A. Dugès. Annales des sciences naturelles , t. 2" , p. [145 et suir. et pi. 4.

(1) Que l'on appelle aussi languette, mais improprement.

longement étroit de la lèvre, qui se voit le plus souvent entre la base des deux palpes , mais qui manque quelquefois.

Il y a , outre ces parties , une langue charnue et mobile située sur le menton, en dedans de la bouche.]

Il n'y a guère qu'une famille , dans cet ordre , dont le caractère soit déterminé d'une manière frappante par Forganisation de sa bouche, c^est celle des Carnassiers. Ils ont tous les mandibules et les mâchoires proéminentes , crochues et tranchantes , et quatre palpes maxillaires et deux labiaux, six en tout; aussi sont-ils des ennemis terribles pour les autres insectes. [ La lèvre est reçue dans une échancrure du menton et le bord interne des mâchoires est fortement cilié. ]

Ils ne diffèrent guère entre eux que parles figures de leur ganache et de leur lèvre plus ou moins lobées , ou par quelque accessoire peu important, comme des épines aux mâchoires , etc.

[Ainsi, les Cicindèles ont une épine articulée à l'extrémité de leurs mâchoires, et leurs palpes rapprochés, de manière que la languette est plus en dedans, tandis que cette languette existe entre les deux palpes dans les Carabes.1]

Une autre famille, aussi naturelle que la précédente par toute son organisation intérieure et extérieure, celle des Lamellicornes , n'a presque rien de commun dans les parties de sa bouche. Les uns ont des mandibules énormes et proéminentes , plus ou moins semblables à des cornes ou à des bois de cerfs , du moins dans les mâles (les Lucanes), d'autres n'ont que des mandibules courtes, mais robustes (les Géotrupes , etc.); d'antres

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n'ont que des mandibules membraneuses et à peine apparentes (les Coprophages , les Cétoines , etc. ).

Il y en a qui ont des mâchoires vigourtuses et bien armées de dents (les Hannetons) ; d'autres les ont simplement ciliées (les Mëlitophiles) , ou en forme de pinceau (les Lucanes).

Les mêmes variations ont lieu pour les lèvres et les palpes , et ce n'est pas seulement d'un genre à l'autre qu'on en observe, [mais ces différences descendent même jusqu'aux sous-genres. ]

Rien ne prouve mieux combien le projet, si opiniâtrement suivi par M. Fahricius , d'établir, sur la conformation des bouches seulement, une méthode d'insectologie , était impraticable.

Une troisième famille naturelle de Coléoptères, celle des Porte-becs , a pour caractère de porter sa bouche au bout d'un long museau.

Quant aux autres , déjà bien déterminées , elles n'ont rien de tranchant pour la plupart qui soit commun à tous leurs genres , quoiqu'elles aient une certaine ressemblance dans tous.

Les différentes configurations des palpes , de la ganache , de la languette, des mâchoires , etc. , ont été soigneusement décrites par les naturalistes; mais on n'a acquis encore, à ce sujet, aucune généralité utile à notre plan.

G. Les Orthoptères.

Dans les Orthoptères , cet ordre-ci est le plus uniforme par rapport à la bouche ; il a toujours des mandibules fortes, et des mâchoires , sous lesquelles est la lèvre inférieure. Une lèvre supérieure mobile recouvre

toujours plus ou moins les mandibules. Les mâchoires sont fortement dentées et portent toujours un palpe composé de cinq articles, et un autre non articulé, qui s'élargit quelquefois au point de pouvoir servir à couvrir et protéger la mâchoire, d'où vient qu'on Fa nommé Galea ; mais souvent aussi il est grêle comme un cil. La lèvre inférieure porte toujours deux palpes articulés, entre lesquels est la languette plus ou moins divisée en deux ou quatre lanières.

Le pharynx s'ouvre sur la langue , comme dans les Coléoptères et non dessous, comme dans les Hyménoptères, ce qui fait que ces insectes sont vraiment masticateurs.

Ce qu'on a nommé languette dans les Orthoptères , ou l'extrémité membraneuse de la lèvre inférieure, mérite à peine ce nom ; mais il y a sur elle une vraie langue charnue , libre par sa pointe seulement , et qui rappelle la figure de la langue des quadrupèdes. Les Odonates , parmi les Névroptères , offrent aussi quelque chose d'analogue.

Les principales différences des genres tiennent à la division de la languette et à l'égalité ou à l'inégalité de ses laciniures.

Ainsi les Blattes et les Forficules en ont deux oblongues; dans les Mantes [M antis) , il y en a quatre pointues et égales. Dans les Spectres (Phasm «), les deux du milieu sont beaucoup plus courtes.

Les Grillons , les Locustes ou Sauterelles proprement dites, en ont deux extérieures , larges et arrondies, et deux intermédiaires, courtes et pointues.

[La lèvre est également à quatre lobes, dans le sousgenre Tetrix (Latr.) qui appartient au genre Criquet

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(Aci'idium Geoftv.) ]; mais lesPneumores, les Proscopies, les Truxales, les Cliquets proprement dits, qui appartiennent au même genre , n'en ont que deux arrondis.

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