‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 5)Chapitre 56 sur 133 · HIT. STRUCTURE DES POUMONS · texte numérisé non relu

HIT. STRUCTURE DES POUMONS

L'autre partie des poumons se compose de capacités aériennes en forme de cellules, à parois simples ou celluleuses, dont les vaisseaux sanguins n’appartiennent pas aux vaisseaux pulmonaires. [ Nous décrirons successivement ces deux parties, que nous trouverons confondues en une seule vessie dans les Ophidiens, qui sont beaucoup plus séparées, par leur forme et leur position, dans les oiseaux ; mais qui sont très-analogues pour les circonstances essentielles de leur structure.

Après que la bronche est parvenue sous la partie moyenne du poumon de son côté, entre l’artère pulmopaire qui est en avant, et la veine qui est en arrière, elle pénètre dans son tissu, un peu en deçà de son bord externeet inférieur. De là elle se porte obliquement d'avant en arrière et en dedans, jusque non loin du bord postérieur de ce viscère, où elle se continue avec un tuyau secondaire, quis’ouvre dans la grande cellule laterale correspondante. Durant ce trajet elle s'enfonce peu dans le tissu pulmonaire, etreste à peu près superficielle. Le plus souvent ses parois paraissentse dépouiller immédiatement, en entrant dans le poumon , des cerceaux cartilagineux quiento urent la portion libre de la bronche. D’autres fois, et on l’observe généralement dans les grands oiseaux, la première portion de la bronche intra-pulmonaire montre encore quelques cerceaux cartilagineux, au nombre de six jusqu’à neuf, qui en soutiennent les parois du côté interne.

Le canal de la bronche intra-pulmonaire, plus dilaté que la bronche extra-pulmonaire, au moment où elle touche le poumon, diminue peu à peu de diamètre, à mesure qu'il fournit des branches qui prennent différentes directions, Elles proviennent presque toutes de

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deux séries régulières d'embouchures, dont la première, rapprochée de la ligne médiane et plus élevée, se voit au commencement de la bronche, et se compose de quatre, rarement de cinq orifices considérables ; lesquels peuvent être bordés de saillies sémilunaires membraneuses, soutenues par des cerceaux cartilagineux, qui maintiennent ces embouchures béantes. C’est ce qu'on voit, entre autres, dans le Cygne, où ces arceaux sont plus durs et plus complets même que dans l’Autruche (1).

La première embouchure est celle d’un rameau qui contourne Ja bronche en se portant en dedans et en avant. La seconde conduit dans un autre rameau qui va plus directement en avant. La troisième et la quatrième appartiennent à des rameaux qui se dirigent en arrière, et qui, comme les deux précédents, répondent à la face inférieure ou viscérale du poumon.

Plus en arrière et un peu plus bas se voit, dans le le même canal, une seconde série d’orifices, au nombre de cinq, six ou sept, suivant les espèces, qui diminuent régulièrement du premier au dernier; ils conduisent à autant de rameaux bronchiques , qui se dirigent vers la face dorsale du poumon, silionnent cette

Li]

(2) Ce sont les Pleureaux de M. Geoffroy Saint-Hilaire, Voir sa Philosophie anatomique, pl. vir, f. 75 et 80 pour ceux de l'ote, et 84 pour ceux de l’autruche. Le casour, l'outarde, le héron, le bulor, la cygogne, la bécasse, parmi les Echàssiers ; le paon, le cog domestique, le coq de bruyère, le pigeon ramier, parmi les Gallinacées; l’oie et plusieurs espèces de canards, parmi les Palmipèdes ; l’'ara bleu, le perroquet amazone, le pic-vert, le coucou, parmi les Grimpeurs ; le corbeau, Va corneille, parmi les Passereaux; le faucon, la buse, le srand duc, parmi les Oiscaux de proie, nous ont montré de semblables cerceaux. Leur existence paraît générale. (Anatomie comparée de l'appareil respiratoire dans es vertébrés, par M. Lereloullet, Strasbourg, 1838, p. 56.)

III. STRUCTURE DES POUMONS. 413 surface, et s’y terminent dans les grandes cellules aériennes correspondantes.

Chacune de cesembouchures est bordée (1), dans sa moitié antérieure, par un repli membraneux qui peut faire l'office de valvule, et doit, sinon la fermer, du moins la rétrécir beaucoup lorsque la colonne de l'air inspiré vient avec force le comprimer.

Ün dernier rameau bronchique commence à peu près vis-à-vis le troisième orilice de cette seconde série, et se dirige vers le bord postérieur du poumon, le long de la surface inférieure de ce viscère (2).

Ces dix ou onze ramifications bronchiques vont toutes se terminer et s'ouvrir aux deux surfaces du poumon; elles y dirigent l’air dans des cellules aëriennes que nous décrirons bientôt, ou le reçoivent de ces cellules, aux moments des inspirations ou des expirations de l'oiseau. |

Lorsque les bronches se sont introduites dans Îles poumons, sont-elles dépourvues, comme celles qui sont hors des poumons, de toute fibre musculaire? Cette question, qu’il était [plus où moins] important de résoudre pour expliquer le niécanisme de la respiration dans les oiseaux, et pour apprécier la part que les pouons peuvent avoir dans ce mécanisme, nos propres observations l'ont résolue, par l’aflirmative, dans le casoar et l’autruche.

(1) Nous en avons compté dix dans l'autruche pour la seconde série; M. Retzius en admet 7, 8 ou 9 en général ; mais il y comprend l'orifice hors de rang, que nous décrirons le dernier.

(2) Dans l'autruche il y aici quatre embouchures au lieu d’une, et conséquemment quülre canaux. Û

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La broncheintra-pulmonaire estenveloppée évidem= ment, dans ces oiseaux, de fibres musculaires transversales, qui ne sont pas tout-à-fait parallèles, mais qui se rencontrent obliquement en différents sens (1).

[Ces fibres sont très-visibles dans la premiére portion de la bronche, qui n’est point encore criblée des orifices des canaux ou des rameaux aériens tertiaires. Nous avons encore constaté leur existence dans l'aigle 4 commun , l'outarde, la grue, le cygne sauvage. M. Tiedemann les a vues dans Vo l'outarde, le paon, le hibou.]

De semblables fibres existent-elles FÉRÉNSTSE 4 dans les bronches des oiseaux? C’est ce que nous n 02 sons affirmer, les ayant cherchées vainement dans plusieurs autres. La loi des analogies rend cépendant,s 1 leur existence très-probable. i

[Chaque bronche a d’ailleurs ses parois percées d’un : 4 grand nombre d’orilices s plus petits que ceux des canaux aériens secondaires qui appartiennent aux cellules. Ces orifices ne commencent qu'au-delà de la première … série des grandes embouchures; ils font l’origine des. " canaux secondaires qui conduisent l'air directement : dans les poumons. 4 4

La muqueuse qui tapisse la bronche intra-pulmo- # uaire est assez épaisse, tout unie, etne montre aucun " réseau , interceptant des cellules; tandis que le ca= “4 ractère des canaux secondaires qui partent de la bronche est de montrer ce réseau.

Mais sous la muqueuse de la bronche, on distingue à

(4) Si l'on fait attention à cet ancien texte, on verra que nous avions sienalé et décrit ces fibres musculaires bien avant notre célèbre ami M. Hiedemann, auquel M, felzius ar lue celle découverte.

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fort bien, dans les grands oiseaux, des fibres élastiques dont la continuation doit s'arranger en réseau, dans les divisions de ce tronc aérien.

‘C’est ce défaut de structure réticulée qui me fait penser que la bronche s'arrête avant d’arriver au bord postérieur du poumon, et que le canal qui en est la continuation, et qui conduit immédiatement l'air dans la grande cellule latérale, n’est plus cette bronche, mais une de ses branches ; ses parois se distinguant de celles de la bronche proprement dite, par ectte structure en réseau qui montre qu'elles sont déjà respiranse.

La bronche intra-pulmonaire est done, pour nous, un tronc aérien à parois non respirantes , percées d’embouchures de canaux aériens secondaires. Les unes de celles-ci sont disposées en séries régulières ; elles appartiennent à des canaux qui se terminent hors des pouions proprement dits, dans les grandes cellules aériennes; ces canaux, en traversant une partie de l'épaisseur du poumon, ou en longeant leur surface, communiquent dans les canaux aériens intra-pulmonaires du troisième ordre.

Les autres embouchures, dont les parois de la bronche intra-pulmonaire sont percées, plus petites, plus nombreuses, de grandeurs variées, sont celles des canaux qui vont immédiatement et exclusivement dans le tissu pulmonaire.

Leurs parois sont réticulées et criblées des orifices des canaux tertiaires. Les parois de ceux-ci montrent un réseau à mailles polygonales qui limitent des cellules de même forme, dont les plus grandes en reaferment de plus petites et de plus profondes.

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C'est contre les paroisde ces cellules, soutenues par un réseau élastique, à filet de plus en plus fin ou délié , que viennent s’étaler les vaisseaux sanguins respiraitcurs.

Les canaux acriens intra-pulmonaires secondaires, ceux qui partent de la bronche; et tertiaires, ceux qui ont leur origine dans les canaux secondaires, traversent le poumon dans tous les sens , se rencontrent souvent, se terminent les uns dans les autres ; ne montrent tout au plus, et dans les grands oiseaux seulement, qu'un trajet de 4, 5 ou 6 lignes, droit ou arqué, dans lequel il n’y ait pas d'embouchure d’un autre canal de même ordre; dans ce dernier cas, leur canal reste béant et paraît soutenu par des filets du réseau élastique très-résistants, devenus conrme cartilagineux, qui cerclent ces tubes tertiaires et fontmême saillie dans leur paroi interne, de maniere à intercepter un peu les mouvements de flux et de reflux des colonnes d'air qui les traversent.

Ces filets rendent comme frangée la coupe longitudinale des tubes en question. Le réseau qui circonserit les mailies Les plus fines dans lesquelles doit s'opérer la respiration, s'aperçoit à peine dans l'intervalle de ces petits arceaux, dont j'ai constaté l'existence dans l’autruche, Ve casoar, et mème dans le cygne, où il est déjà plus difficile de les voir. M. Retzius les admet généralement.

Je les regarde comme une modification du réseau fibro-élastique, qui forme la trame du tissu pulmonaire, dans tous les poumons des vertébrés.

Dans le poumon des oiseaux, ce réseau élastique montre extérieurement un cordon plat et large, en-

III. STRUCTURE DES POUMONS. 117 tourant immédiatement les orifices des canaux aériens tertiaires, qui viennent se terminer à la surface des poumons; ce cordon est lui-même percé de petites mailles.

Dans les intervalles des orifices en question, ce méme réseau, formé d’un cordon plus fin, intercepte des mailles plus petites, que tapisse la muqueuse respirante, derrière Jaquelie s'etalent les vaisseaux sanguins.

Dès qu'on a enlevé cette couche extérieure pius forte du réseau élastique (1), le réseau intérieur ne montre plus qu'un cordon fin, à mailles très-petites; mais interceptant et formant les parois des canaux tertiaires, circonscrivant leurs embouchures (2), et remplissant les intervalles de ces dernières.

I est d’ailleurs facile de distinguer, par leur forme ronde, tous les orifices de canaux aériens; tandis que ceux des cellules aériennes de différentes grandeurs, ont toujours la forme polygonale.

Les canaux aériens tertiaires qui pénètrent dans tous les sens le tissu pulmonaire, viennent se terminer à la surface du poumon, où leurs nombreux orifices ronds seraient béants, s'ils n'étaient pas fermés par la plèvre, à la surface viscérale, où par le tissu cellulaire, à la surface vertébro-costale de ce viscère. Ge tissu cellulaire semble même prolonger le poumon de ce côté, en formant des cellules régulières en ruche d’abeille, dans

(1) Telle qu'on la voit fig. 6, dans la planche annexée à la dissertation de M. Lerchoullet, déjà citée. — (2) Gn voit iiois de ces embouchures indiquées par des taches rondes plus foncées, dans la Hg.,7 de la même planche.

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lesquelles les vaisseaux pulmonaires se divisent comme dans l'intérieur du poumon.

Nous avons dit que les canaux aériens secondaires sillonnent, en partie, la surface des poumons, avant d’aboutir dans les grandes cellules. Les canaux tertiaires : viennent aussi se continuer à cette surface; ils y forment des sillons nombreux, figurés par des cannelures arrondies.

Celles-ci figurent des zigzags ou des ondulations continues ou interrompues, dirigées principalement en travers, à la surface inférieure et le long du bord vertébral du poumon; disposés obliquement ou en éventail à la surface dorsale.

Les mailles rondes du réseau aérien le plus superficiel sont fermées, comme nous venons de le dire, soit par la plèvre qui revêt la surface inférieure du poumon, soit par le tissu cellulaire qui unit la face dorsale à Ja voûte du thorax; elles sont mises en évidence dans les sillons qui séparent les cannelures que nous venons de décrire , des qu'on à enlevé ces enveloppes (1).

On comprendra la disposition et la structure des voies aériennes, dans le tissu intime du poumon des oiseaux, si l’on se représente un réseau, dont le cordon formerait de grandes mailles rondes, à peu près d’égales dimensions, ouvertes et formant les embouchures des canaux aériens tertiaires ; dont le filet, de

(4) C’est ce qui nous avait fait dire, dans notre première édition, t. 1v, p. 327; d’une part, que la surface d'un poumon d'oiseau est percée comme un crible; et d'autre part, que les dernières ramifications bronchiques ne se terminent pas toutes par des euls-de-sac. Aucune des voivs aériennes n’est fermée que par les enveloppes du poumon, comme nous venons de l'indiquer.

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