‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 5)Chapitre 72 sur 133 · III. STRUCTURE DES POUMONS · texte numérisé non relu

III. STRUCTURE DES POUMONS

brale et costale, et même à la face viscérale de ces organes (1).

Ici le sang vient chercher l'air qui passe à la surface des poumons, et l’'hématose s’y opère encore comme dans l’intérieur de leur tissu. |

HI. Dans les Reptiles.

À en juger par le diamètre des artères pulmonaires, les poumons des Reptiles ne reçoivent que le tiers, au plus, du sang qui cireule dans ces animaux, et quelquefois beaucoup moins. Ainsi que nous l'avons vu dans la leçon précédente, la plus grande partie du sang qui revient au cœur n’a pas besoin de passer à travers ces organes pour retourner dans les différentes parties du corps ; il peut très-bien circuler par une autre route, parce qu'il n'était pas nécessaire qu'il fût soumis aussi fréquemment à l'action de l'air, que dans les deux premières classes. Il en est résulté deux grandes différences entre la structure intime des poumons des Reptiles : la première , que nous avons déjà annoncée, est que ceux-ci forment de grands sacs à parois celluleuses, au lieu d’être composés principalement d’un lacis de canaux aériens ; la seconde, dont la première n’est qu'une conséquence, est que les vaisseaux sanguins y sont bien moins nombreux. On sent que s'il y en avait eu davantage, ils n'auraient pu s’étaler assez sur la

(4) Une injection heureuse de ces vaisseaux, faite sous mes yeux, dans un poumon de garrot , les avait mis si bien en évidence, que j'ai cru utile de faire figurer cette disposition, Elle a été publiée fig, 3 et 4 de la planche annexée à la Dissertation déjà citée de M. Lereboullet.

452 xx1x° LEÇON. ART. II. POUMONS DES VERTÉBRES.

surface des sacs et de leurs cellules, et que cette structure celluleuse n'aurait plus été convenable.

Les artères et les veines pulmonaires se ramifient donc sur les parois des sacs pulmonaires et de leurs cellules, de manière à y former un réseau à mailles généralement peu serrées.

[ Elles le sont cependant beaucoup dans les cellules pulmonaires d’une jeune tortue grecque que nous avons fait injecter, au point que les fils, extrêmement déliés, du réseau vasculaire, sont très-peu séparés, et colorent en rouge la plus grande partie de la surface de ces parois, dans les cellules où l'injection a bien pénétré ces vaisseaux. |

Ces vaisseaux servent en même temps d’artères et de

veines bronchiques ; car, dans les reptiles, on ne trouve aucun vaisseau particulier qui doive porter ce nom. C'est encore une conséquence de la manière dont se fait la circulation dans ces animaux, et de leur mode de respiration. Leur sang veineux étant bien moins different de leur sang artériel que dans les mammifères et les oiseaux, se mêlant déjà dans le cœur avec le premier, celui qui va aux poumons par les artères pulmo= paires n’est pas impropre à nourrir ces organes. Ce-

pendant ces artères ne sont pas toujours les seules qui

distribuent le sang aux poumons des reptiles.

Les Ophidiens nous offrent à cet égard une exception bien remarquable. Nous avons vu que le grand sac qui constitue le poumon de /a couteuvre, perdait les cellules deses parois à deux outroiscentimètres au-delà de l'extrémité antérieure du foie, etque ces dernières étaient absolument simples dans le reste de leur étendue , qui est encore trés-grande, puisque le fond du sac qu'elles

Page 1