KXX° LEÇON. SECT. I. RESPIRATION DES MOLLUSQUES
B. et C. Dans les Nudibranches et les Inférobranches.
Les branchies saillantes au dehors représentent
tantôt des panaches ou des arbres, comme dans les tritonies, où elles forment une espèce de haie tout autour du corps ; et dans les doris, où elles sont rassemblées en cercle autour de l'anus sur le derrière du dos; [tantôt des houppes distinctes et séparées, disposées sur deux rangs le long du dos, et alternativement plus petites et plus grandes , comme dans les thethys] ; tantôt de petites lames ou écailles, comme dans les éolides, où elles sont disposées comme des tuiles sur le dos. Dans la scyllée, ce sont des pinceaux de filaments, dispersés sur des feuillets charnus, ou espèces d’ailes dressées sur le dos ; dans le glaucus, elles représentent des nageoires rayonnantes, en forme d’éventail.
[Dans les laniogères, elles forment deux séries de petites lames finement divisées en peigne. Les cavolines les ont en forme de filets, disposées sur le dos par rangées transversales.
Dans les flabellines, ce sont aussi des filets à cinq ou six branches de chaque côté du dos, attachés comme des rayons.
Dans les tergipes, elles sont formées d’une rangée, de chaque côté du dos, de petits tentacules cylindriques, terminés chacun par un petit sucoir.
Les phyllidies, que M. Cuvier sépare dans son ordre des Jnférobranches, ont leurs branchies sous le rebord avancé du manteau, et composées de deux longues
suites de feuillets qui se voient de chaque côté du corps (1).
D. Les T'ectibranches
[Ont les branchies divisées, en forme de feuillets non symétriques, etrecouvertes plus ou moins par le manteau. |
Dans le pleurobranche, ce sont de petites lames rangées par séries transversales sur les deux faces d’une lame saillante au côté droit du corps, dans un sillon qu'intercepte du côté supérieur le rebord du manteau, et le pied du côté inférieur.
[ Les branchies des aplysies sont tout autrement situées : c’est à la face dorsale du corps qu’elles sont retirées sous un opercule composé d’un repli du manteau et d'une coquille simple, cornée, contenue dans ce repli. Il est détaché du côté droit pour l'entrée ou la sortie de l’eau des branchies ; elles flottent sous cet opercule et y montrent leur composition tres-compliquée ; ce sont des feuillets qui, après s'être divisés deux ou trois fois dichotomiquement, en ont d’autres plus petits, et ainsi de suite jusqu'à une petitesse extrême.
Les premiers de ces feuillets sont attachés à une membrane en forme de demi-croissant, qui est le pédicule de la branchie et l'organe conducteur des vaisseaux sanguins respirateurs.
(4) Voir les Mémoires de M. Cuvier sur les Doris, les Tritonies, les Théthys, les Seyllées, les Lolides et es Glaueus, enfin sur les Phyllidies; et son Régne Animal, Ke ur, p. 50 et suiv.
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Les subdivisions artérielles et veineuses sont dans le même ordre et le même nombre que ces feuillets.
Les artères branchiales qui viennent du vaisseau situé le long du bord concave de la membrane ou du pédi-' cule en forme de croissant, règnent le long du bord superficiel de chaque feuillet. Les veines règnent au bord de chaque feuillet voisin du bord concave de la membrane générale (4).
Dans les notarches, Cuv., et les bursatelies, BrainviLLE, les branchies restent à découvert; elles formerit dans ce dernier genre, une série régulière et décroissante de feuilles pinnées ou composées, dont les pétioles sont fixés, comme dans les aplysies, à un ligament semi-lunaire (2).
Les dolabelles ont les branchies de même à la face dorsale du corps, mais plus en arrière que les aplysies.
C'est aussi dans la moitié postérieure de la face dorsale qu'il faut chercher, dans les acères, la fosse où elles sont retirées. On voit dans cette partie un creux, du côté droit, qui s'enfonce sous la coquille (dans les bullées et dans les bulles ) et dans lequel sont les branchies. Elles y sont attachées, comme dans les aplysies, aux deux faces d’une membrane triangulaire, adhérente par un de ses côtés au dos, sous le toit que lui prête le manteau ou la coquille; ce sont des feuillets transverses, subdivisés eux-mêmes en feuillets plus petits (3).
(4) Mémoire de AM, Cuvier sur le genre Aplysia, p, 12, et pl. 2 et 9.
(2) Voir is Traité de Malacologie de M. de Blainville ; et la nouvelle édit. du Bègue anal; Mollusques, pi. 51, fig. 3, et fig. 23, pour les branchies des No farches, d'après BE. Rang; Monographie Ges aplysics.
(3) Mémoire de M, Cuvier, sur les ucéres, pi, 1 ctan,
Le gastroptère à cependant sa branchie assez en avant du côte droit ; elle déborde le petit bouclier qui couvre le corps en avant (1).
Dans les ombrelles, on trouve les branchies formées en pyramides lamelleuses et placées sous un léger rebord du manteau, qui est un peu saillant en avant et du côté droit.]
E. Les Hétéropodes
[Ont, pour la plupart, les branchies en forme de plumes, ou pectinées, situées sur l'arrière du dos et protégées, le plus généralement, avec le cœur, le foie, dans une coquille cônique ou contournée.
On voit ainsi les plumes des branchies flotter sous le bord antérieur d’une coquille cônique, dans les Carinaires et les firoles. Les atlantes (l’atlante de Kérodren ), dont la coquille est turbinée, ont une petite branchie pectinée, suivant M. Quoy et Guimard (2).
M. Cuvier n'a pu découvrir de branchies saillantes dans les phylliroës; MM. Quoy et Gaimard, qui ont vu ce singulier mollusque dans l'état frais, pensent aussi que quelque partie plus vasculaire de leurs téguments en tient lieu (3). ]
(4) Voir la nouvelle édit. du Régne Animal; Mollusques, pl. 35, fig. 3, et fig. 3. j., et les Mémoires de M, Dellke-Chiaje, pl 41, fige 1-5.
(2) Voyage de lefstrolabe,t 11, pl. 29, fig. 48 et 23.
(3) Jhid,, pl, 28, fig. 10 et 45,
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F. Dans les Pectinibranches.
Les Gastéropodes à coquilles, dont nous n'avons point parlé ci-dessus, ont leurs branchies saillantes; mais dans l’intérieur d’une eavité qui occupe le dernier tour de la coquille. L'ouverture en est le plus souvent fort large, et s'étend dans tout le dessus du col de l'animal, entre le bord du manteau et le corps.
Souvent aussi une partie du rebord charnu du manteau se prolonge en un petit canal, logé dans un canal pareil de la coquille, et propre à conduire l'élément ambiant dans la cavité branchiale, même pendant que l’animal est tout rentré dans sa demeure pierreuse.
On remarque ces canaux dans tous les genres démembrés de ceux que Linné avait nommés buccin, murex et strombe.
Dans la plupart des genres de cet Ordre, les branchies forment une, deux ou trois séries de lames transversales, occupant presque toute la longueur de la cavité branchiale, et une petite partie de sa largeur seulement. Elles sont attachées au plafond de cette cavité. Ces branchies figurent, tantôt un prisme, tantôt une espèce de plume qui serait fixée par toute la longueur de sa tige. Plusieurs genres s’écartent cependant de cette forme générale.
[Nous allons entrer dans quelques détails sur ces différences, en suivant l’ordre des familles, telles que M. Cuvier les a adoptées dans le Regne Animal.
1° Parmi les Trochoïdes, la valvée, dite le porte-plumet, a la branchie faite comme une plume ; elle sort de dessous le manteau, quand Panimal veut respirer,
et s’agite au dehors par des mouvements de vibration.
Dans la paludine vivipare, les branchies se composent de trois rangées de filaments côniques, disposés très-régulièrement. La cavité qui les renferme est largement ouverte entre le corps et le bord de la coquiile; cependant il y a un demi-canal, qui commence au bord de cette ouverture du côté droit, et se prolonge assez avant dans la profondeur de la cavité branchiale ; c'est un moyen d'y faire entrer l'eau, quand l'animal est dans sa coquille.
I n’y a que deux rangées de feuillets branchiaux, triangulaires et dentelés, dans la janthine.
Dans le turbo pica, les peignes des branchies sont de même au nombre de deux; ils y sont composés d’une multitude de feuillets triangulaires, et séparés vers le fond de la cavité branchiale, par une cloison qui n'occupe pas le quart de Ja longueur de cetie cavité.
Cette cloison est complete dans les phasianelles, et divise en deux loges la cavité branchiale, généralement unique dans les Gastéropodes. Les es peignes qui occupent ces deux loges sont longs, de forme eylindrique et composés d’une multitude de barbes perpendiculaires à une base commune (1).
MM. Quoy et Gaimard ont observé, au plafond de la cavité respiratoire des Æmpulluires, à côté d’un peigne branchial long et unique, une grande poclie remplie d'air, sorte de vessie nataioire,
2° Les Capuloides ont une seule branchie développée, attachée en travers à la voûte de la cavité respiratoire, et composée de lames étroites, ou de filets souvent très-
(2) Mémoire de M. Guvier sur la Janthine et 11 Phasianelle, p. 42 et 12.