I. Dans la Sous -classe des Reptiles propres
[A cet égard comme à beaucoup d'autres, les trois Ordres qui composent cette Sous-classe diffèrent de la Sous-classe des Reptiles amphibies. Les pièces cartila-
f. Et le Manuel de physiologie par J. Mtiller. Paris, i84!,p. i59 et suiv.
Pour l'anatomie du larynx de l'homme, outre le mémoire de M. Al. Lauth que nous avons cité, on pourra consulter le travail de M. Malgaigne (Archives générales de médecine pour i83i,t. XXV).
Le § VII de la I'iiilosophic anatomicjne (par M. E. Geoffroy-Saint- Hilaire) , ayant pour titre : Correspondance des pièces laryngiennes des mammifères et des oiseaux, comprend une juste détermination du thyroule , du cricoïde et des aryténoïdes dans cette dernière classe. Nous n'avons pu adopter celle de l'épiglotte.
gineuses qui entrent dans la composition de leur larynx sont généralement réduites à trois :
i° Un cartilage principal formant un anneau complet, considérable et de forme très variée, qui répond à la fois au thyroïde et au cricoïde des mammifères : c'est donc un thyro-cricdide ;
2° Deux autres cartilages , ordinairement petits et grêles, plus ou moins arqués dans la totalité ou dans une partie de leur longueur, forment une partie ou toute Tétendue du bord de la glotte; ils occupent le devant du larynx , depuis le bord supérieur et antérieur du thyro-cricoïde , auquel ils s'articulent , vers son bord inférieur, du même côté, auquel ils s'attachent par l'intermédiaire d'un ligament. Ces cartilages pairs sont les aijténoïdes ; dans beaucoup de Sauriens ou à' Ophidiens , ils peuvent même être réduits à l'état de simples apophyses du cartilage principal.
Trois muscles sont ajoutés à ces parties solides , pour ouvrir ou fermer la glotte:
Les deux dilatateurs de cette fente, qui s'avancent de la partie la plus reculée du crico-thyroïde jusqu'à une apophyse de chaque aiyténoïde à laquelle ils s'attachent;
Le constricteur, muscle impair dont les faisceaux transverses partent de chaque côté d'une ligne blanche, longitudinale, qui se voit sous la face externe et supérieure du cartilage principal. Ce muscle l'entoure comme une ceinture , et va fixer ses deux extrémités, après avoir circonscrit la glotte, soit à la partie antérieure et inférieure du crico-thyroïde, soit à la plaque hyoïde (les Chêloi riens).
La cavité du larynx est généralement tout unie.
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sans corde vocale et sans ventricule, à très peu d'exceptions près. Cependant il ne faut pas perdre de vue que les bords de la glotte peuvent être en partie ligamenteux et susceptibles d'être tendus ou relâchés par les mouvements des aryténoïdes. Dans quelques cas rares, ceux des Crocodiliens, il y a des rubans vocaux, et. des ventricules, propres à faciliter et à exciter même leurs vibrations.]
A. Les Chèloniens
[Ont généralement un petit larynx, comparativement à la large plaque de l'hyoïde qui le reçoit dans une fossette plus ou moins profonde de sa partie moyenne , et dans laquelle il est comme enchâssé. Cette fossette n'est fermée quelquefois que par une membrane, comme nous l'avons vu dans Xérnyde peinte y dont le larynx est très bombé de ce côté].
De même, la tortue bourbeuse (emy s europaea) a, au plancher de son organe , un enfoncement arrondi , qui n'est point aussi marqué à la tortue de mer, mais elle n'a pas davantage de rubans vocaux.
J'ai trouvé de plus, dans une grande tortue de terre de Madagascar, une crête membraneuse, triangulaire, attachée au bas du larynx, et montant dans la glotte, qu'elle partage en deux. C'est la répétition d'une structure très commune dans le larynx supérieur des oiseaux. Les bords de la glotte sont plats, tranchants en dehors, et se joignent parfaitement.
[Dans la trionix spinifer, le thyro-crieoïde forme une boîte cartilagineuse considérable, cylindrique en arrière, conique en avant, ouverte obliquement de ce côté pour recevoir les aryténoïdes, qui sont un peu
irqués. La cavité de la plaque hyoïde qui reçoit le laynxest profonde.
Le larynx de la chelone midas est le plus compliqué rai ait été observé parmi les Reptiles, puisqu'il a un hyroïde complètement annulaire, distinct du cri- :oïde. Celui-ci a une forme pyramidale, et occupe, enre les deux aryténoïdes, la partie moyenne de l'é- :hancrure profonde que présente vers le haut le bord intérieur du thyroïde.
La fente de la glotte est recouverte en avant par un epli membraneux tenant lieu d'épiglotte , et pouvant ervir peut-être à la production de quelques sons.]
B. Les Crocodiliens.
La charpente cartilagineuse du larynx du crocodile ;st formée de [trois] pièces; une plaque à peu près ;arrée, qui fait tout le dessous de la cavité; deux arcs le cercles, [fes aryténoïdes] ou espèces d'anses, satlamant d'une part l'un près de l'autre, au milieu du bord intérieur de la plaque, et allant fixer leur autre extrénité chacun au milieu du bord latéral de son côté, jeur corps se tient un peu élevé au-dessus de la plaque carrée, et laisse de chaque côté, entre lui et elle, un espace enfoncé et membraneux en forme de rein. L'exrémité antérieure de chaque anse forme une saillie laérale et verticale, qui est comme un pilier sous le miieu de la glotte. A l'angle postérieur externe de la claque, s'articule, de chaque côté, une branche qui rient se joindre à sa semblable, en dessus, pour f orner avec le bord postérieur de la plaque un anneau complet. [Cet anneau répond au thyw-cricoïde, clans
lequel on distingue rarement une plaque carrée centrale et deux branches latérales.]
La glotte est purement membraneuse (i); elle s'étend depuis la jonction des deux branches dernièrement mentionnées jusqu'à la partie moyenne de l'os hyoïde, où les membranes qui la forment s'attachent.
[Dans le Caïman à museau de brochet, le premier arceau de la trachée-artère forme un bourrelet saillant en dedans du larynx. Celui-ci est un anneau cylindrique, ou une boîte cartilagineuse composée du thyrocricoïde.
Les aryténoïdes forment deux arcs posés en bas et en haut contre le bord antérieur de ce cartilage. Leur sommet présente une apophyse pour l'attache du dilatateur de la glotte. L'arc que forme chaque aryténoïde, en dedans de la glotte, est recouvert et un peu débordé par la muqueuse.
Ce ruban vocal, de forme semi-lunaire, sépare de chaque côté la cavité, moyenne du larynx d'une cavité latérale correspondante , dont les parois sont en partie membraneuses et formées, en partie, parle cartilage thyro -cricoïde, et par l'un ou l'autre des aryténoïdes].
Deux muscles agissent sur cet appareil. L'un d'eux vient de dessous la grande plaque , entoure le larynx, en montant obliquement en arrière, et se joint à son correspondant en arrière de la glotte, qu'il doit fermer. L'autre vient de dessous le bord postérieur de cette même plaque, croise le premier, monte obli-
(i) Les membranes qui la forment sont soutenues parles aryténoïdes, dans une partie de son étendue.
[uement en avant, et s'attache [ à l'apophyse de l'arytéloïde, non loin du bord de la glotte], qu'il ouvre.
[Ce que nous venons de dire de l'existence des ru- >ans vocaux et des deux ventricules de la glotte , la tiobilité de celle-ci par les muscles dilatateurs et contricteurs ? l'existence d'un voile du palais chez ces nimaux (voir notre t. IV, p. I, p. 602) fera comprendre [lie les CrocodiUens peuvent produire des cris plus ou noins intenses, ainsi que plusieurs voyageurs l'ont nnoncé. M. de Humboldt compare celui de Xallirator, dans le jeune âge, au miaulement du chat.]
G. Dans les Sauriens propres et les Ophidiens:
Dans le caméléon il y a des piliers (1) à peu près ommedans le crocodile; mais ils sont garnis chacun l'une membrane tendue, dirigée en arrière et bien vi- >ratile; au-devant d'eux, est de chaque côté une proubérance charnue qui rétrécit la glotte, laquelle est l'ailleurs fort courte, et se termine en avant par une ente transversale. Mais ce que le Caméléon a de plus emarquable, c'est un petit sac membraneux qui s'ouvre en dessous , entre la plaque inférieure du larynx et e premier anneau de la trachée.
Ni les iguanes ni les dragons n'ont aucun sac pa- •eil, quoiqu'on leur voie des goitres à l'extérieur; mais :es proéminences n'ont pas de rapport aux organes de a voix.
Dans X iguane, les piliers sont à peine plus saillants m dedans que le reste des parois; la glotte est fort iourte , et la plaque inférieure se porte en avant et
(1) Les branches de chaque aryténoïde,
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s élargit en se redressant , pour former le rudiment d epiglotte dont nous avons parlé (t. ï V, part. I , p . 597) .
Même simplicité dans les tupinambis , les lézards communs et les Serpents; une plaque inférieure [le thi/ro*cricoïde\ et deux pièces latérales [les aryténoides] rétrécissent un peu les bords de la glotte : tous ces animaux ne doivent pouvoir donner que d essoufflements.
Dans le scinque, le bord même de la glotte rentre un peu en dedans pour y former une membrane tendue et libre, dirigée en arrière.
[Chez les Ophidiens , les différents cartilages du larynx se soudent entre eux, de manière à se confondre, ou du moins à ne devenir que des apophyses du cartilage principal.
Celui-ci est à la fois le thyroïde et le cricoïde: c'est un tln/ro-cricoïdien. Il a souvent une apophyse médiane inférieure, saillante en avant, qui tient lieu d'épiglotte et se replie même en arrière, dans quelques cas, sur la glotte, comme un couvercle. Dans d'autres cas, c'est une saillie médiane, angulaire on arrondie, du corps même de ce cartilage principal.
11 porte sur son bord opposé, le supérieur, deux apophyses de forme variée, quelquefois distinctes par une suture ; ces apophvses répondent aux cartilages aryténoides . Ceux-ci sont même entièrement séparés et individualisés dans le python bwiltatus, où ils ont un muscle abducteur ou dilatateur de la glotte très prononcé et un constricteur impair, disposés comme chez ies Sauriens qui en sont pourvus.
Dans la couleuvre à collier , les aryténoides sont grêles et tiennent à peine au thyro -cricoïde, qui a une longue apophyse épiglottique.]