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ORGANE DE LA VOIX DES INSECTES

[Les mâles de beaucoup iï Insectes appellent leurs femelles, et celles-ci, dans quelques espèces, appellent leurs mâles , par un chant varié selon les espèces, quoique monotone pour chacune délies. C'est une sorte de sifflement ou de stridulation qu'ils produisent le plus souvent hors des instants du vol, et indépendamment de cette action.

D'autres font entendre en volant, par les vibrations de certaines parties voisines ou accessoires de leurs ailes, ou par une organisation particulière des stigmates qui en sont le plus rapprochés, le bruit connu sous le nom de bourdonnement, qui caractérise, entre autres, le genre bourdon parmi les Hyménoptères , et qui distingue beaucoup de Diptères.

transitoires et la métamorphose des Batraciens, Annales des se. nat, t. XXIV, p. 254 et suiv. ; et pour celui de tous les. reptiles , la Monographie intitulée Anatomie comparée du larynx, ayant plus particulièrement pour but la description de celui des Reptiles, par M. HenJe , vol. in-4°, avec r> planches. Leipsift, ï83p„

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Les bruits que produisent certains Coléoptères, tels que les ceramhix, par le frottement de parties saillantes du méso-thorax, introduites rapidement dans des cavités correspondantes du prothorax; ceux que font entendre \esvrillettes, en frappant de leurs mandibules l'intérieur des galeries qu'elles creusent dans les meubles de nos maisons , ont pour instrument des organes dont la description ne doit pas entrer dans cette exposé anatomique des organes particuliers de la voix et des bruits. Nous n'avons donc à nous occuper que des organes de la stridulation ou du bourdonnement.

A. Des organes de la stridulation.

Cette sorte de bruit ou de chant est propre à plusieurs familles à' Orthoptères, et aux cigales, parmi les Hémiptères homoptères.

Chez les Acrydiens, parmi les Orthoptères, les instruments en sont fort simples. Ce sont en général leurs cuisses de derrière qu'ils meuvent en guise d'archet contre certaines parties de leurs élytres, dont ils déterminent ainsi les vibrations. La face interne des cuisses de la dernière paire de pattes est armée, dans sa longueur, d'une lame saillante finement dentelée , ou tout unie. Le mâle la frotte plus ou moins rapidement en montant et en descendant , à la manière d'un archet, contre une nervure longitudinale de la face externe des élytres. Chaque espèce a une manière particulière de se servir de cet instrument, pour produire les sons qui lui sont propres.

Dans le pneurnora urceolata, c'est, par exception , contre une lame cornée saillante et dentelée , située obliquement de chaque côté du second anneau abdominal, que l'archet de la face interne des cuisses posté-

Heures doit se mouvoir, suivant l'observation de M.Siebold.

De Geer, Latreil/e(\)et Burmeister ont décrit comme l'organe du bruit exclusif ou comme servant à le renforcer, dans la famille des Acrydiens , un tambour, c'est le nom que Latreille lui donne , qui se trouve précisément au-dessus de l'articulation des cuisses postérieures. M. Siebold, dont nous avons adopté la manière de voir sur la détermination des organes destridulation de ces animaux , a décrit avec soin cette caisse membraneuse, et Ta déterminée comme l'organe de rouie de ces animaux (2).

Les Locustaires produisent la stridulation qu'on leur connaît, par le frottement de certaines parties de leurs élytres, dont la face inférieure est armée d'une sorte de lime, beaucoup plus forte dans 1 elytre gauche.

Lorsque l'animal veut produire son bruit, il soulève un peu ses deux élytres en les agitant, et porte, suivant le môme auteur, l'angle interne arrondi, et bordé d'an fort bourrelet corné, de 1 elytre droite, contre la lime de l'élytre gauche.

îl paraît que, chez les Grylloniens , ce sont encore les élytres, par leur frottement réciproque, qui produisent la stridulation. Les fortes nervures qui y sont multipliées rendent leurs vibrations pins sonores. Le miroir, cette partie plus lisse en forme de disque, qui se voit à la base interne des élytres , chez les mâles de beaucoup d'espèces des deux dernières familles,

(1) De Pot-gaine musical des criquets. Mémoires du muséum d'histoire naturelle, t. VIII, p. \iZ.

(2) Sur les organes de la voix et de l'ouïe des Orthoptères, Archives aEnchson pour 1 844- Cest M- Gourcan qui a proposé le premier cette signification. Annalpsdela Société entoinolojriqiiF de Francp, pour i83?.

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n'est pas, comme on l'a dit, l'organe de leur stridulation. On peut le détruire sans faire cesser leur chant.

Dans les cigales proprement dites, les organes du chant sont situés de chaque côté, à la base et dans la profondeur des deux premiers anneaux de l'abdomen, et recouverts en dessous par une espèce de volet, 1 epimère du métathorax.

Une cloison divise leur cavité en deux loges. C'est sur la paroi interne des cavités latérales que sont tendues les timbales.

Le muscle qui les meut tient à une pièce triangulaire qui se voit dans le second anneau abdominal. Ce muscle se rend à la membrane de la timbale. C'est par son action sur cette membrane que les sons se produisent. Sans doute que l'air, qui sort par un stigmate inférieur, est mis en vibration par ces timbales (1).

Nous rapportons, avec doute, dans cette catégorie le bruit que produit le sphinx atropos, et qui aurait pour organe un tympan tendu sut' une cavité située à la base de la trompe, dans le mâle comme dans la femelle {i\

B. Organes du bourdonnement.

En général, le bourdonnement que produisent en volant certaines espèces à' Hyménoptères et de Diptères paraît dû aux vibrations de quelque partie de leurs ailes frappées par l'air qui sort des stigmates thoraciqnes.

On a encore indiqué , chez les bourdons et les xilocopes , un corps élastique, de forme cylindrique, qui répond a la face supérieure et antérieure de chacune

(i) Voir les figures de cet organe, planche 95 des Insectes du Règne animal de Cuvier. Elles sont de M. Doyère.

(2) Suivant M. Passerini. s/nnales des se. nat., t. XIII. p. 332.

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des grandes vésicules trachéennes abdominales (1). M.L. Dufour suppose que cette organisation se rapporté au bourdonnement, puisque ce bruit se fait encore entendre après îa soustraction des ailes.

Enfin, dans les Diptères , les sons clairs du bourdonnement seraient dus à une organisation particulière du dernier stigmate du thorax (2).

La lèvre postérieure de cet orifice de la respiration a une lame rentrante, opposée à l'embouchure de la trachée. Sur cette lame sont attachées par un côté et libres par l'autre , neuf lamelles parallèles , de nature cornée, que l'air qui sort avec rapidité de la trachée, ou qui y pénètre, dans l'agitation du vol, soulève et fait vibrer.

M. L. Dufour regarde les cuillerons comme l'instrument principal du bourdonnement des Diptères. Il se fonde sur l'existence de ces cuillerons, et sur leur développement proportionnel à l'intensité du bourdonnement, chez les espèces (les Diptères cali/ptérés) qui peuvent le produire, et sur l'absence des cuillerons chez les espèces muettes (les Diptères acalyptérés).

Sans doute, le sujet traité dans ce dernier article n'est encore qu'ébauché, comme beaucoup d'autres sujets concernant la science de l'organisation. Mais cette ébauche ne peut manquer d'être améliorée par les progrès incessants de cette belle science, que ce livre continuera peut-être de provoquer.]

(1) M. Léon Dufour, Journal de physique, septembre 1828, cité par Latreille dans le Bè/jne animal de Cuvier, t. V, p. 267.

(2) Suivant M. Burmeisler, Manuel d' entomologie , t. I.

ADDITIONS fiï CORRECTIONS AU TOME IV. 823

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