ART. I. GLANDES SPERMAGÈNES DES POISSONS
mince et s'étend sous toute la face inférieure de la portion tuberculeuse.
[Ces petits grains ronds très fins, que nous avions dit remplir les vessies pisif ormes qui composent la partie principale de la glande, ont une complication organique que le microscope seul pouvait faire connaître. M. Stannius a reconnu que ce sont de petites capsules contenant un grand nombre de spermatozoïdes, réunis en écbeveaux, disposés comme des rayons près de la périphérie, et roulés en spirale dans le centre de l'ampoule (i).
M. Hallmann est allé plus loin en montrant la composition compliquée de ces vésicules, la génération de cellules dans les unes, et le développement successif des spermatozoïdes dans les autres (2).
La grande capsule pisiforme qui renferme ces vésicules, que nous appellerons primaires en a , du côté de sa dépression centrale , de plus petites, dont la forme est ovale. Vers le fond, ou la paroi opposée, elles sont plus grandes et spliériques. Toutes tiennent entre elles par un pédicule qui se ramifie et va d'une vésicule se joindre au pédicule de plusieurs autres. Ce pédicule est un canal excréteur dans lequel se meut le contenu des vésicules.
Ce canal a oram,o32 de diamètre, et les plus grandes
(1) Sur les organes mâles de la génération des Sélaciens, par M. H. Stannius. Archives d'anatomie et de physiol. de J. Muller, — p. \\» Berlin, i84o.
(2) Structure des testicules des Raies et développement des animalcules spermatiques , par Edouard Hallmann ; mêmes Archives et même volume de 1840, p. 4^7*
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vésicules ont un diamètre de o^snS; leur grandeur moyenne est de omm,i62.
Les parois transparentes de ces vésicules primaires montrent des cellules cubiques ou polygonales, pressées les unes vers les autres., attachées à ces parois, qui contiennent un noyau et celui-ci un ou plusieurs nucléoîules.
La compression des vésicules primaires détache de leurs parois ces vésicules secondaires et fait passer leur noyau dans le canal excréteur des premières. Ces cellules ou vésicules secondaires ontomn,,0 2i à onim,024 (o",ooo8 à o",ooo9) et leur noyau omm,oio à omtn,oi3 (ofr,ooo4 à of',ooo5).
M. Hallmann a vu de nouvelles cellules en formation recouvrir plus ou moins parle côté leur noyau, comme un verre de montre; tandis que ce même noyau était complètement enfermé et libre dans la cellule entièrement développée. C'était évidemment la génération cellulaire surprise par l'observateur , dans certaines de ces vésicules primaires et de leurs cellules polygonales ou vésicules secondaires (1).
Dans un autre ordre de ces cellules ou de ces vésicules secondaires, le même observateur a pu suivre le développement successif des spermatozoïdes.
Elles se distinguaient des précédentes par leur plus grand diamètre , l'absence de noyau et par leur contenu (2).
Beaucoup sont limpides et incolores comme de
(1) Voir les fig. 1 et 2 a. 6. c. a, pi, XV de ce mémoire.
(2) Iliid. fift, 3, a. b. c. d.
l'eau, de forme sphérique, et renferment une, deux, trois et même un plus .grand nombre de vésicules plus petites.
Leur grandeur moyenne est de o",ooi8 (omm,o486).
D'autres ont un grand nombre de taches obscures.
Les autres ont des vésicules tertiaires remplies d'une masse granuleuse opaque, qui les rend plus évidentes.
Enfin, beaucoup de vésicules primaires contiennent un grand nombre de vésicules secondaires, dont chacune renferme un écheveau de spermatozoïdes (i).
En dernier lieu , ces faisceaux de spermatozoïdes éelosent, rompent la cellule secondaire dans laquelle ils se sont développés, et paraissent disposés dans la vésicule primaire comme M. Stannius les a vus.
il y a la plus grande analogie entre cette structure intime et celle que nous avons fait connaître chez les salamandres. ]
ARTICLE II
DES CANAUX EXCRÉTEURS DES GLANDES SPERMAGENES OU DES VOIES QUE SUIT LA SEMENCE POUR PASSER DE CETTE GLANDE HORS DU CORPS OU DANS LES ORGANES d' ACCOUPLEMENT.
[La semence peut être immédiatement rejetée au dehors par un très court canal excréteur, comme cela a lieu chez la plupart des Poissons osseux ; ou bien elle n'y arrive qu'après avoir été versée dans la cavité abdominale, ainsi que cela se voit chez quelques Poissons des deux sous-classes.
Chez les Sélaciens et dans les trois autres classes des
(l) Ibitl. f. 4. a.
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vertébrés, elle est toujours versée dans les organes ou l'organe d'accouplement , par un canal déférent plus ou moins sinueux, dont le commencement peut être singuîièremert pelotonné^ et porte , dans ce cas, le nom particulier d'épididyme. ]
A. Chez V homme.
[La glande spermagène proprement dite supporte , du côté externe et supérieur, une partie accessoire distincte , de forme irrégulière , plus développée dans les deux extrémités qu'au milieu , où elle est amincie. C'est à cette partie accessoire qu'on a donné le nom d'épididyme.
Ce corps n'est formé que d'un canal unique, très replié , puisque dans l'étendue de deux centimètres environ , qui est la mesure de la longueur de l'épididyme, son canal aurait, suivant Monro, om,58 ou seulement om,38 d'après Al. Lauth, ou om,4s au plus.]
Le canal de l'épididyme reçoit la semence des conduits efférents qui sortent du corps d'Highmore.
[ Ces conduits portent encore le nom de cônes vasculaires , parce qu'en pénétrant dans l'extrémité correspondante de l'épididyme, qui est l'interne, et qu'on appelle encore la tête de ce corps, leurs inflexions se déploient graduellement de manière à figurer un cône; on a compté de 9 à 3o de ces cônes.
Dans quelques sujets , les replis de ces canaux efférents se resserrent de nouveau avant de se terminer dans l'épididyme, et prennent la forme de navette. Ces canaux efférents ont à leur origine dans le rete, i/64 de pouce ( on,ni,421) de diamètre moyen; et à leur terminaison dans le canal de L'épididyme, 1/1 5g de pouce
ARÏ. II. DE LEUBS CANAUX EXCRÉTEURS. 125
(on,ra,i6g); de sorte qu'ils ont alors une ténuité moindre que celle des canaux sécréteurs de la semence , dont nous avons dit que le diamètre moyen avait été trouvé par M. Lauth de i/i4-7 de pouce(omm,i8). Leur longueur totale est de près de 2m,548.] Le canal unique de l'épididyme grossit vers la partie externe de ce corps, prend des parois plus consistantes, cesse bientôt d'être tortueux , et devient canal déférent, ou le canal excréteur de la semence. 11 porte plus spécialement ce nom , dès l'instant où il remonte vers l'anneau sus-pubien , qu'il traverse pour passer dans l'abdomen, et s'enfoncer dans le bassin; il y suit la face postérieure de la vessie , en se rapprochant de son semblable , jusqu'à ce qu'il arrive à la partie inférieure de la vésicule séminale de son côté ; là il se joint à son canal excréteur, et s'ouvre avec lui dans le commencement du canal de l'urètre.
B. Dans les Mammifères.
[C'est toujours par l'intermédiaire d'un épididyme que la semence arrive, des efférents séminifères du testicule, dans le canal excréteur de cette glande, ou dans le canal déférent. ]
La forme et la grandeur relative de X épididyme sont très différentes dans les divers Mammifères. Les Rongeurs sont ceux où il nous a paru le plus grand; dans Xéchidné, chez lequel il se prolonge bien au-delà du testicule , il dépasse encore les proportions des animaux de cet ordre. Il n'est pas toujours collé contre le testicule , comme dans l'homme et la plupart des mammifères. On le trouve libre dans les Animaux à bourse et chez la plupart des Rongeurs, et ne
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tenant à cet organe que par Jeux cordons minces, dont le supérieur renferme les conduits efférents, et dont l'autre est un simple ligament.
Lorsque les testicules sont hors de l'abdomen , les canaux déférents remontent dans cette cavité, avec le cordon des vaisseaux spermatiques, en traversant l'anneau sus-pubien.
Les canaux déférents ont généralement des parois fermes et épaisses, le plus souvent un diamètre égal dans toute leur étendue, et une marche directe, sans autre inflexion que celle nécessaire pour qu'ils arrivent à leur destination. Mais, à tous ces égards , on trouve encore des exceptions remarquables. Leurs parois nous ont paru beaucoup moins épaisses et moins consistantes dans les animaux dont les testicules ne sortent jamais de l'abdomen, tels que les fourmiliers, Y èchidnè, Y éléphant , le marsouin et le dauphin, etc., que dans ceux qui ont constamment ou momentanément ces organes hors de la même cavité. Dans ce premier cas , ils ont d'ailleurs une marche extrêmement flexueuse clans une partie de leur trajet.
Ceux de Y éléphant, par exemple, forment un très grand nombre de sinuosités et d'inflexions dans la partie qui passe le long de la face supérieure de la vessie jusqu'à son col.
Ceux de Yéchidné restent très flexueux jusque très près de l'endroit où ils se terminent ; de sorte qu'il est difficile de déterminer exactement l'endroit où ils commencent xet où finit l'épididyme. Ils sont à la vérité moins flexueux dans les dauphins: cependant cette disposition s'y trouve encore d'une manière remar-
quable. Il sont également ilexueux dans le daman et le fourmilier.
Quant à leur diamètre, il croît quelquefois considérablement, peu de temps avant leur insertion, par l'augmentation en épaisseur de leurs parois ; et même, dans certains animaux, par la dilatation de leur canal. Dans Y ours, le blaireau, le raton, celles-là , après s'être épaissies peu à peu , se soudent et se confondent avec les parois du canal opposé, et semblent ne plus former qu'un seul corps, tandis que les cavités restent séparées. Cette augmentation a lieu également dans la loutre et le phoque, mais la réunion se fait plus tard. On la trouve de même dans plusieurs Rongeurs, tels que les lièvres, les cochons dinde, le castor, le hamster, les rats. La cavité des déférents est en même temps dilatée dans ces derniers. [C'est ce que nous avons encore observé dans la gerboise de Mauritanie.} U éléphant , la plupart des Ruminants , les Solipèdes, nous offrent encore des exemples d'une semblable augmentation. Chaque déférent forme, dans Y éléphant , lorsqu'il est arrivé entre la vessie urinaire et les vésicules séminales, une ampoule globuleuse très considérable, qui adhère fortement, par toute sa face interne, à celle de l'autre côté, et dont les parois sont les mêmes que celles du canal et présentent au moins autant d'épaisseur.
Rien de plus singulier que la structure que montre le déférent dans les Solipèdes. A peu près à Om,i8 de son embouchure, il se renfle subitement, et son diamètre augmente de om,oo5 à om,o3o; ce qui dépend de l'augmentation en épaisseur de ses parois. Celles-ci prennent en même temps un tout autre aspect : on y remarque des cellules nombreuses, dont
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les ci oisons principales sont dirigées en travers et qui renferment une matière muqueuse , blanche , épaisse comme de la gelée qui se fond, qui transsude par la compression dans la cavité du déférent ; celle-ci est très étroite relativement au diamètre total, et présente un réseau de cordons fins d'un blanc de lait, dont les mailles sont les issues qui donnent passage à l'humeur renfermée dans les parois du canal.
La dilatation qu'éprouvent les déférents du bélier est à la vérité très comparable à celle du cheval; leurs parois y sont moins glanduleuses, et leur cavité plus grande à proportion : mais la surface de celle-ci a des plis en travers, entre lesquels on en voit de plus petits, formant un réseau, dans les mailles duquel découle l'humeur de ces parois.
Dans le bubale , ces canaux sont encore plus dilatés que ceux du bélier; l'humeur de leurs parois, dont la surface interne est lisse et sans réseau, en découle par de larges ouvertures , aboutissant à des culs-de-sac.
Dans le daim et le bœuf, ils se dilatent subitement lorsqu'ils sont arrivés à la hauteur des prostates, en même temps que leurs parois prennent plus d'épaisseur.
L'insertion des canaux déférents se fait toujours dans la paroi inférieure de l'urètre, tout près de son origine. Ces canaux percent obliquement cette paroi et s'ouvrent ordinairement de chaque côté du verumontanum, ou quelquefois dans cette éminence. Rarement n'ont-ils qu'un seul orifice pour les deux, comme dans le blaireau, où ils se rendent dans un cul-de-sac que renferme le verumontanum , et qui s'ouvre, au milieu de celui-ci, par une fente longitudinale. Lors-