I. Des ovaires , de Uoviducte et de ses brandies
Les organes préparateurs et éducateurs, sinon tous] les organes de la génération sont , chez les femelles , beaucoup plus uniformes ^ue chez les mâles, dans toute cette classe.
Ils consistent, en général, en un oviducte commun, ouvert à la vulve, et se divisant à son origine en deux branches qui se séparent même chacune en un certain nombre de boyaux coniques, plus ou moins longs. Les œufs sont disposés dans l'intérieur de ces boyaux , de manière que les plus gros sont les plus près de l'ovi-
ment profite pour nos descriptions de ces organes, nous les indiquerons icj dans l'ordre chronologique de leur apparition.
i° Recherches anatomiques sur les Carabiques et sur plusieurs autres Insectes Coléoptères. Annales des sciences naturelles, t. 6. 1825.
2° Recherches anatomiques et physiologiques sur les Hémiptères., etc. Mémoires des avants étrangers de l'Institut de France , t. IV. Paris, i833.
3° Recherches anatomiques et physiologiques sur les Orthoptères , les Hyménoptères et les Névroptères , présentés à l'Académie des sciences le 3 mars 1 S34-» imprimées dans les Savants étrangers, t. Vil, Paris, 1 84 * -
4° L'anatomie générale des Diptères , imprimée Annales des sciences naturelles, 3e série, avril et mai ï844«
Et le Mémoire détaillé encore manuscrit sur les mêmes Diptères, accompagné de planches, qui paraîtra dans le prochain volume des savants étrangers de l'Institut de France. Comptes -rendus des séances de l'Aca-? demie des sciences, t. XVilI , p. 192.
Outre ces Mémoires sur un ordre entier, M. Dufour a publié des Mémoires particuliers sur telle ou telle espèce que nous citerons à part. Quant aux mémoires généraux, nous nous contenterons dorénavant d indiquer les numéros de la planche et des figures , auxquelles nous ren~ verrons souvent, pour l'intelligence de nos descriptions.
312 XXXVe LEÇOtt. ORG, DE GENERATION DES ARTICULÉS.
ductc, et que les autres vont en diminuant par degrés , jusqu'à la pointe du boyau, où ils deviennent imperceptibles. Lorsque les œufs sont sortis, les boyaux restent vides. On les voit déjà dans les chrysalides , un peu avant leur métamorphose (i). Dans Foviducte commun aboutissent des vaisseaux secrétaires de diverses formes , qui y déposent une liqueur propre à enduire les œufs ou à en faire la coque.
[Dans la description générale, bien succincte, qu'on vient de lire, on peut déjà comprendre que les organes préparateurs et éducateurs , chez les femelles de cette classe nombreuse, se composent :
i° De boyaux ou de tubes ovigères groupés en deux faisceaux, correspondants aux deux ovaires;
'2° D un oviducte particulier appartenant à chaque
ovaire ;
3° D'un oviducte commun qui résulte de la réunion des deux oviductes particuliers , et se continue avec le vagin ou le canal d'accouplement;
5° D'un appareil de sécrétion et de réservoirs annexés au commencement, au milieu ou vers la fin de loviducte commun.
Entrons dans quelques détails descriptifs sur les caractères généraux et les différences les plus remarquables que nous ont offerts les cpsatre parties principales de cet appareil compliqué.
(i) Le sujet intéressant du développement des organes de génération dans les larves et les chrysalides a été particulièrement étudié , il y a peu d'années, par M. Héroîd. Voir Ann. des se. nat., 2e série, t. XII, page 190.
ART. I. ORG. PREPARATEURS ET EDUCATEURS FEMELLES. 313
i° T^es boyaux coniques ou tubes ovigères ou proligères (gui/ies ovigères de M. L. Dufour) sont autant d'ovaires partiels, dans la cavité desquels les ovules se développent successivement. Leur sommet est ordinairement plein et surmonté d'un fil délié donnant attache au ligament qui rassemble en un seul faisceau tous les tubes d'un même ovaire.
Ce ligament, réuni à celui de l'ovaire opposé, vase fixer très avant dans la cavité thoracique, à sa paroi dorsale et sous le vaisseau de ce nom (i).
En suivant le tube , depuis cette première partie, qui est ordinairement stérile, jusque vers la base de son embouchure dans l'oviducte,on le trouve étranglé par intervalles, et renfermant un ovule, entre deux étranglements, d'autant plus développé qu'il est plus rapproché de la base du tube prolifère.
Le nombre des ovules qui se développent dans un même tube, et celui des tubes composant chaque ovaire, varient beaucoup, même d'une espèce à l'autre ; à plus forte raison d'un genre, d'une famille et d'un ordre à l'autre.
(i) Ce ligament commun des deux ovaires, le ligament particulier appartenant à chaque ovaire , et les ligaments de chaque gaine ovigère qu'il rassemble, sont tous canaliculés.
Cette suite des tubes ligamenteux jouerait un rôle très important, suivant quelques physiologistes, dans la nutrition et le développement des ovules. Suivant M. J. Miiller, ils communiqueraient dans le vaisseau dorsal , et y puiseraient le fluide nutritif (Nova acta phys. med. natur. curios..., t. XI, pi. II, p. 555). D'autres leur attribuent le premier développement des ovules , qui passeraient de ces tubes ligamenteux dans le sommet des gaines ovigères. Nous ne les de'crivons ici que comme de simples ligaments. C'est aussi l'opinion de M. L. Dufour.
314 XXXVe LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULÉS.
Chaque dilatation de ces tubes, qui renferme un ovule, doit être considérée comme sa capsule ovarienne, analogue à la vésicule de Graaff des Mammifères, ou à la capsule ovarienne de l'ovule des oiseaux , etc.
M. L. Dufour se sert des expressions uni-loculaire , bi, tri. quadri, multi-loculaire , pour indiquer que chaque tube sert au développement d'autant d'ovules qu'il y a de loges dans ce tube. Nous les appellerons indifféremment uniloculaire ou unipare, ôi, multipare.
11 faut encore remarquer, pour l'intelligence du mode de fécondation, que, parmi les ovules qui se développent dans chaque tube et peuvent mûrir à peu près en même temps , il n'y a que celui qui est rapproché de l'embouchure du tube , laquelle est ouverte dans les organes éducateurs, qui communique avec ces organes , et qu'il ferme cette communication à tous ceux du même tube qui le précèdent.
La fécondation de ces ovules ne peut donc s'opérer que successivement, tout au plus tôt à mesure qu'ils prennent la place du premier (î).
Les tubes ovariens d'un même ovaire aboutissent dans une cavité commune, l'oviducte particulier, dont la capacité et la forme varient beaucoup. M. Guvier l'appelle branche de l'oviducte; M. L. Dufour lui donne le nom de calice.
C'est souvent un simple boyau de longueur et de
(i) Malpighi. De Bombyce, London , 166g. Hunier. Trans. philos., 179a, et M. Audouin , Lettre sur la géue'ration des Insecte?. Ann. des se, nat., t. II, p. 181. Paris, i8?4»
capacité médiocres, un peu dilaté à son fond, recevant les embouchures des tubes ovariens.
D'autres fois il est très dilaté à son origine, comme le calice des uretères, dans les reins des mammifères. Dans d'autres cas, il est en grande partie dans l'ovaire même, c'est-à-dire que les tubes nombreux qui constituent cet ovaire sont attachés à ses parois comme des rayons, soit tout autour de ce canal, soit qu'ils laissent sa face inférieure libre, soit qu'ils forment une ou plusieurs séries d'un côté seulement. Il paraît que les ovules séjournent plus ou moins dans cette branche de loviducte et qu'ils y prennent un certain accroissement, du moins dans leurs enveloppes.
Les oviductes particuliers sont branchus dans la cigale de F orne, dont les nombreux tubes ovariens se réunissent par faisceaux à six ou sept branches , formant, par leur confluence, chacun de ces oviductes.
3° Loviducte commun naît de la réunion de ses deux branches, les oviductes particuliers.
C'est toujours un canal membraneux , dont la longueur , la forme et la capacité varient beaucoup, qui reçoit les œufs des oviductes particuliers et les transmet au dehors par l'intermédiaire du canal de copulation ou du vagin.
Il a souvent la forme cylindrique ; mais il peut être dilaté dans sa partie moyenne ou dès son origine, et diminuer ensuite de diamètre; il peut même prendre la forme sphérique.
4° L'appareil glanduleux annexé à l'oviducie commun diffère singulièrement dans sa forme, dans ses proportions , dans sa position , dans sa composition ,
316 XXXVe LEÇOjS. oeg. de geinération des articulés. dans les rapports cle ses différentes parties et même dans- ses usages suivant les familles, les genres et les espèces.
Sous le point de vue de ses usages, il y a une grande divergence entre les deux anatomistes qui ont fait le plus de recherches sur cet appareil. M. L. Dufour lui a donné le nom de sèbifique, dès 189.4? et pense avec M. Cuvier qu'il sécrète une humeur propre à compléter les enveloppes de l'œuf.
M. Siebold : i) a découvert que la poche ou les poches qui font partie de cet appareil, et qui tiennent par un canal plus ou moins délié à loviducte, sont farcies , après le coït, d'innombrables spermatozoïdes. C'est cet appareil sébifique qu'il appelle réservoir séminal, et non, comme on la dit et imprimé, la poche copulatrice d'Audouin.
Dans le réservoir séminal , les spermatozoïdes ne sont pius par écheveaux, comme dans les testicules, mais désunis , quoique formant une masse serrée , et ne montrant leur état vivace que lorsqu'on leur donne plus d'espace pour leurs mouvements. Dans l'eau , ils ne tardent pas à se friser et à se boucler.
La poche copulatrice d' Audouin, à laquelle M. Siebold conserve ce nom , est souvent unie à l'appareil précédent; mais elle peut en être distincte; elle ne servirait qu'à la copulation, suivant M. Siebold, après laquelle elle retient souvent la verge du mâle (dans le hanneton, par exemple). On la trouve remplie d'une
(1) Fernere Beobaehtungen iïber die Spermalozoen (1er wirbellosen Thiere. V. G. T. Siebold. Archives de J. Mùller pour i83y, p. 392 et suivantes.
ART. I. OHPr. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 317
masse granuleuse et vésiculeuse, sans spermatozoïdes ou avec quelques unes de ces machines animées qui n'y montrent plus signe de vie et qui y paraissent déplacées.
Enfin l'extrémité postérieure de l'oviducte, et même le vagin , reçoivent les canaux excréteurs d'un autre appareil de sécrétion , qui n'existe que chez les femelles qui enveloppent leurs œufs d^un cocon. C'est l'appareil sérifique de M. L. Dufour.
Citons quelques exemples, pris dans les divers ordres de la classe, pour faire comprendre les différences principales que présentent les organes préparateurs et éducateurs dont nous venons de donner une idée générale, et celles encore plus nombreuses des organes de sécrétion ou des réservoirs annexés à ces derniers. Nous les exposerons dans les deux paragraphes suivants, en ayant soin de conserver ceux que M. Cuvier avait choisis pour le texte de notre première édition.]
§ 1. Dans X Ordre des Coléoptères.
a. Les Pentamhres. Dans la famille des Carnassiers^ les Carabes ont dix ou douze tubes ovigères , et les dytisques douze ou quinze. Ce nombre de tubes varie cependant d'un genre et d'une espèce à l'autre.
[Le carabe doré n'en a que sept pour chaque ovaire. Us ont leur embouchure dans un calice ou dans une dilatation de l'oviducte particulier, qui forme immédiatement après un canal cylindrique (i).
Le dytiscus marginal us a jusqu'à trente tubes ovigères pour chaque ovaire.
(i) L. Dufour, ouv. cit. PL XVII, Hg. i.
Parmi les Brachèlytres , le staphylinus olens se distingue par le petit nombre de gaines ovigères ; il y en a trois pour chaque ovaire; par la longueur des oviductes particuliers, et par une dilatation en forme de sac, qui est le commencement de l'oviducte commun, dans laquelle ils aboutissent. Après cette dilatation , l'oviducte commun est court, pyriforme (1).]
Dans le silpha atrata , parmi les Clcwicornes, les tubes sont au nombre de sept ou huit , contenant chacun quatre œufs. Ceux-ci ne grossissent que dans les branches de l'oviducte , qui sont fort larges (2).
[Le clerus alveolaris a chaque ovaire composé d'environ trente gaines ovigères , au plus biloculaires , mais dont la disposition est toute particulière dans cet ordre: elles sont rangées en travers pour aboutir à un oviducte inférieur qui règne dans la longueur de ces ovaires (3).]
Dans la famille des Palpicornes , Y hydrophile a les tubes ovigères très nombreux formant deux grappes ovales très épaisses (4).
Parmi les Lamellicornes, le scarabè nasicorne a six tubes ovigères de chaque côté , contenant chacun cinq ou six œufs.
[Le hanneton a six gaines ovigères par ovaire ? renfermant chacune quatre œufs se développant. Elles aboutissent à l'extrémité de chaque oviducte particulier, qui est un peu dilaté à cet effet. L'oviducte commun est assez long (5).
(i)ibid. pi. xyn, %. 7. (2)md. pi. xvii, fig. 7. (3)ibid. pi. xviii,
hg. 3. (4) Ibid. fig. 5. (5) Ibid. PI. XVIII, fig. 9.
Parmi les Lucanides, le cerf-volant se distingue par ses douze tubes ovigères pour chaque ovaire, lesquels ont au plus trois ovules développés, ou se développant. Leur extrémité est terminé par une petite sphère surmontée dïm filet délié. Les tubes aboutissent au calice par un col étroit. Ce calice est assez dilaté , et renferme un certain nombre d'ceufs qui s'y complètent (i).
b. Les Héléromères . Nous ne citerons, dans cette division, que le blaps gigas, qui a, pour chaque ovaire, environ trente tubes ovigères biloculaires, aboutissant par plusieurs faisceaux dans leur calice. Leur extrémité libre est renflée en massue (2).
c« Les Tétramères. Le lixus angustatus, de la famille des Rhincophores, se distingue par ses deux tubes ovigères pour chaque ovaire. Par compensation , ils sont, multiloculaires.
Chaque oviducte particulier est court et dilaté ; Toviducte commun est un boyau flexueux (3).
h' hamaticherus héros, de la famille des Longicomes, a une organisation bien différente. Chaque ovaire se compose de trente à quarante gaines ovigères multiloculaires. Le calice est grand et contient un grand nombre d'œufs mûrs.
L'oviducte commun est dilaté dans sa première moitié, et cylindrique dans la seconde (4).
ha. cassida viridis, de la famille des Cycliques, a deux ovaires de chacun vingt tubes ovigères , quadrilocu-
(i) IbiJ. Hfî. 10. (2) Ibid. PI. XIX, %. 1. (3) Ibid. PI. XX, .fig. 1. (4) Ibid. fig. 3.
320 XXXVe LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULES.
laires. Le calice est un grand réservoir dans lequel se complètent les œufs. Il se termine dans l'oviducte commun par un tube court et cylindrique,]
§ 2. Les Orthoptères*
[Ils ont, comme tous les Insectes, deux ovaires, composés de capsules ovigères dont le nombre est très variable, ainsi que leur disposition, relativement à l'oviducte.
Celui-ci varie, par sa forme, par son développement et par ses divisions, en oviducte ovarien ou intérieur, en oviducte extérieur particulier, et en oviducte commun,
Ylœnantus italiens, parmi les Grilloniens , a deux ovaires de forme ovale, composés d'un grand nombre de capsules ovigères multilocuiaires, réunies par leur sommet à un ligament commun et aboutissant, en ar* rière, par leur autre extrémité, au calice ou à l'origine élargie de l'oviducte particulier. Celui-ci commence par un col étroit, forme une dilatation ovale et se rétrécit de nouveau avant de se terminer à l'oviducte commun (1).
Les Locustaires ont des ovaires très analogues à ceux des Grilloniens.]
Les saute/ elles ont, de chaque côté, une trentaine de tubes courts, ne contenant guère que trois ou quatre œufs visibles , et réunis par les trachées et par une substance muqueuse en deux masses ovales.
[Parmi les Acridiens , Xœdipoda cœrulescens et ses gaines ovigères peu nombreuses, multilocuiaires dis-
(i) L. Du four. Rechercltes sur les Orthoptères , PI. III, fig. 3i.
ART. I. OBG. PBÉPABATEUBS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 321
posées par série sur un côté de l'oviducte ovarien.
Celui-ci a beaucoup de capacité et se prolonge en avant, avec un long boyau replié , en forme de coecum, qui prépare sans doute quelque bumeur propre à fournir aux oeufs leur enveloppe protectrice (1).
L'ovaire des Mantes [mantis religiosa (2)) a beaucoup d'analogie avec celui que nous venons de décrire. Quatre ou cinq gaines ovigères aboutissent ensemble , par leur col, dans un canal commun. Sept de ceux-ci se rendent latéralement dans l'oviducte particulier, dont ils forment autant de rameaux: seulement, cette branche de l'oviducte n'a pas d'appendice cœcal.]
§ 3. Les Hyménoptères.
[Les organes préparateurs femelles des Hyménoptères ne diffèrent pas de ceux des autres Insectes.
Les gaines ovigères sont généralement peu nombreuses, même dans la famille des Apiaires , dans laquelle la Pleine ou la femelle de l'espèce domestique se distingue seule par un grand nombre de ces gaines. Swammerdam en a compté jusqu'à i5o par ovaire, qui sont multipares, et peuvent contenir une série de 17 ovules de grandeurs différentes.
Dans la même espèce , les gaines ovigères aboutissent toutes au fond de chaque oviducte particulier, qui sert de réservoir aux œufs mûrs, en attendant la ponte.
L'oviducte commun a à peu près la même étendue.]
Les chapelets , disait M. Cuvier dans notre ancien texte, dans les ovaires des abeilles, sont nombreux de chaque côté. 11 m'a paru y en avoir de très petits
(i) Jbîd. PI. H,fig. 17. (2) Ibid, PJ. IV, fig. 4a.
dans Jes abeilles neutres , ce qui confirmerait l'idée que ce sont des femelles non développées (i).
[Le nombre des gaines ovigères peut n'être que de quatre (les bombus , les xylocopes) , ou même de trois : c'est le cas le plus fréquent.
Les oviductes particuliers commencent souvent par un calice ou une dilatation, au fond de laquelle s'ouvrent les gaines ovigères. L'oviducte commun est un boyau court.]
§ 4. Les Nêvroptères.
[Les libellules et les éphémères ont des gaines ovigères nombreuses, multipares, rangées le long du bord interne de l'oviducte ovarien ou du calice.
Dans Xœshna grandis, les gaines des deux ovaires forment, par leur rapprochement, une seule masse oblongue , composée de nombreux ovules. Ces ovaires ne se distinguent que par les oviductes particuliers qui se dégagent de leur extrémité postérieure , et qui se portent, séparés l'un de l'autre, vers l'oviducte commun , qui est court.
Dans lesperles , l'oviducte ovarien est un long boyau replié, autour duquel sont, comme implantées plusieurs centaines de gaines ovigères à cinq ou six ovules.
Ce tube est commun aux deux ovaires, qui sont ainsi fondus en un seul.
La partie qui ne supporte plus de gaines, ou l'oviducte particulier, ne tarde pas à se dilater en une poche ovale, où s'arrêtent les œufs mûrs.
(1) Cette observation ancienne a été constatée par M. L. Du four. (V. les Recherches sur les Hyménoptères t pi. VI, fig. 67.) Cet arrêt fie développement, si bien réprimé , 3 pu être la source de toute une théorie.
Au-delà de chaque poche, Foviducte particulier redevient un boyau cylindrique, assez long, replié, se terminant, avec son symétrique, dans un oviducte commun , fort court et dilaté.
La panorpe a dix gaines ovigères multipares, pour chaque ovaire. Elles aboutissent , en arçière , à un calice qui se resserre immédiatement en un boyau cylindrique, assez long : c'est l'oviducte particulier. L'oviducte commun est court.]
§ 5. Les Hémiptères.
[La composition des organes préparateurs et éducateurs chez ces Hémiptères femelles n'est pas essentiellement différente de celle que nous ont offerte les Ordres précédents. Il y a des tubes ovigères peu nombreux , réunis en un paquet pour chaque ovaire.
L'oviducte particulier dans lequel se continue le calice, qui reçoit les embouchures des tubes de chaque ovaire, a des proportions très variables, selon les espèces , ainsi que l'oviducte propre.
Nous n'en citerons que peu d'exemples.
Parmi les Amphicorises , les gerris n'ont que quatre tubes ovigères par ovaire. Ces tubes sont multipares et fort longs. Il y a deux oviductes particuliers courts et un oviducte commun , recouvert en dessus par la vésicule copulatrice, de forme arrondie, à parois d'un tissu dense et serré (i).
Les Hydrocorises ont des ovaires à longs tubes ovigères, multipares, au nombre de quatre; cinq ou six pour chaque ovaire.
(i) L. Dttfour, Recherches sur les Hémiptères . fig. 176.
324 XXXV* LEÇON. ORG. DE GENERATIOiN DES ARTICULES.
Les oviductes particuliers sont longs dans le naucoris cimicoides , et l'oviducte commun forme une poche dilatée, rectangulaire, sur laquelle un tube replié, tenant lieu de glande sébifique, vient se terminer (i).
Parmi les C/cadaires , les ovaires de la cigale (cicada orni) se distinguent par le grand nombre de tubes ovigères dont ils se composent; il y en a 70 à 80 par ovaire. Ils y sont réunis par paquets de quatre , cinq ou plus, à un oviducte partiel, de manière que l'oviducte particulier de chaque ovaire est comme un tronc qui se divise en branches et en rameaux portant ces faisceaux de tubes ovigères (2).
Dans le puceron du rosier, les gaines ovigères, au nombre de dix à douze , sont réunies en un seul paquet, de sorte qu'il n'y a quun seul ovaire. Elles se divisent en cinq ou six loges (3).]
§ 6. Les Lépidoptères.
Les papillons ont de chaque côté quatre très longs tubes remplis dune grande quantité d'oeufs, et formant , surtout dans les espèces fécondes, des chapelets cinq ou six fois plus longs que le corps. L oviductus commun est si court, qu'il est à peu près nul. Malpighi, Swammerdam , Réaumur et de Geer ont bien représenté ces organes dans différentes espèces.
§ 8. Les Diptères.
[L'appareil des organes préparateurs et éducateurs femelles dans cet ordre a été décrit avec beaucoup de
(i)Ibid. PI. XVI, 6g. i79.(a)76trf. PI. XVIII, fig. 188 et 189. (3) Ibui. fig. 192.
ABT. ï. ORG. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 3*25
détails, dans une espèce au moins, des principaux groupes naturels de cet ordre nombreux , par M. L. Dufour.
Il varie beaucoup dans toutes ses parties , principa* lement dans les organes éducateurs, suivant que les espèces sont ovipares, et c'est l'immense majorité, ou quelles sont larvipares.
Les organes préparateurs ou les ovaires, qui sont toujours au nombre de deux et symétriques, se composent, comme dans les autres Insectes, de boyaux coniques implantés , pour ainsi dire, autour d'un réservoir commun, ou d'un oviducte intérieur.
Ces tubes ovigères servent au développement d'un seul ovule , de deux , de trois ou de six ou sept , suivant les espèces. Ils peuvent être innombrables ou réduits au nombre de quarante (les piop frites) , ou même de vingt à vingt-cinq (le trichomjzd).
L'oviducte intérieur peut se prolonger bors de cbaque ovaire, comme oviducte extérieur particulier, avant de se réunir à l'oviducte commun. Celui-ci est long ou court; il prend des dimensions considérables dans les larvipares , quand il devient oviducte incubateur, ou qu'il se joint à celui-ci , qui en est distinct :.
Ce dernier cas est celui de l1 ec/rinomi/a grossa. Cette espèce a des ovaires d'un type que nous n'avons pas encore décrit. Ils sont en forme de plateau rond , sur lequel des capsules ovigères rnultiloculaires , très nombreuses, sont rangées par cercles concentriques.
Cette forme d'ovaires en plateau est encore celle de la plupart des Muscies.
Dans cette même espèce , chaque ovaire a son oviducte extérieur particulier qui aboutit à un oviducte
commun. L'extrémité de celui-ci reçoit les canaux excréteurs des glandules dites orbicelles, des deux vésicules copulatrices et du réservoir ovo-larvigère , qui est latéral comme dans le type précédent, et comme surajouté à l'appareil génital.
Ce réservoir est un long boyau , contourné en spirale, aux parois duquel les œufs sont attachés par un bout et rangés comme des pavés.
Dans Xhippobosque et le melophagus ovinus , les ovaires sont deux corps ovales, de grandeur très inégale, qui tiennent, de chaque côté, à l'oviducte commun.
Ils laissent, en avant, dans le mèlophage , une portion de celui-ci, qui forme un cul-de-sac de ce côté. L'oviducte commun conduit directement dans une vaste poche dont l'autre ouverture donne dans la vulve membraneuse (1). Cette vaste poche est l'oviducte incubateur ou l'utérus.]
IL Des annexes de Voviducte, ou de la poche copulatrice, du réservoir séminal et des glandes sébifiques et sérifiques.
j.T'ai adopté, dans la description qui va suivre, relativement à la poche copulatrice et au réservoir de la semence, les déterminations de M. Siebold (2), tout en reconnaissant, avec ce savant physiologiste, l'exactitude des nombreux détails anatomiques publiés par M. L. Dufour: aussi aurai-je recours aux mémoires
(t) M. L. Dufour. Annales des se. natur., 3e série, t. 3, pi. 3. (a) Les Zoospermes dans les organes des Insectes femelles. Archives <\e h Miiller pour no;, p. 392 etsniv., et pi. XX , fig. i-io.
ART. I, OFHx. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEUR» FEMELLES. 3*27
si riches de faits du célèbre entomologiste , pour les descriptions particulières dans lesquelles je vais entrer.
ha poche copulatrice n'est pas toujours distincte de Foviducte ; elle peut être réduite à une simple dilatation circulaire, ou latérale seulement, d'une partie de ce canal.
Chez d'autres, ce cul-de-sac latéral se développe en une poche distincte , et prend même un pédicule qui la sépare de plus en plus de l'oviducte ou du vagin.
L'intérieur peut en être revêtu d'un épithélium plus ou moins solide.
La poche copulatrice n'est bien évidente que dans les deux dernières formes. Quand elle manque, le vagin seul reçoit la semence et la transporte dans le réservoir séminal, ou directement dans l'oviducte.
Le réservoir séminal de M. Siéboîd et la glande appendicuîaire (le réservoir sébifique de M. L. Dufour) se composent : i° d'une ou plusieurs poches ou capsules, vides et affaissées avant la copulation, farcies de spermatozoïdes après cet acte ;
q° D'une glande annexée à ce réservoir, simple ou multiple;
3° D'un canal qui conduit du réservoir séminal dans l'oviducte commun, et souvent d'un autre canal qui communique avec la poche copulatrice.
La capacité du réservoir séminal est quelquefois très petite; mais la présence de spermatozoïdes nombreux et très vivaces, après la copulation, ainsi que M. Siébold l'a constaté dans beaucoup d'insectes , ne peut laisser de doute sur son exacte détermination de ces organes.
Toutes ces circonstances varient d'ailleurs beaucoup dans les divers ordres, familles et genres de la classe.]
§ î, Les Suceurs.
[ha puce du chien a un réservoir séminal et une poche copulatrice annexés tous deux à l'oviducte. On trouve le réservoir rempli de spermatozoïdes après la copulation; ses parois sont fermes et résistantes.]
§ 2. Les Coléoptères. *
a. Les Pentamères. Dans la famille nombreuse des Carnassiers , M. Guvier avait observé que le dytisque n'a qu'une vessie simple et petite annexée à loviducte, qui se prolonge davantage dans le carabe.
[Ce réservoir séminal dans le dytiscus marginalis s'ouvre dans le premier tiers de loviducte; il reçoit, un peu en deçà de son fond , un tube sécréteur.
Un semblable tube sécréteur se rend dans le réservoir séminal du carabe doré.
Le zabrus obesus , le chlœnus velutinus , n'ont qu'un simple réservoir pyriforme , sans tube , qui communique chez le premier à la fin d'un long oviducte, et chez le second près du milieu de la longueur de ce conduit.
Dans ces divers exemples, je ne vois pas de poche copulatrice distincte du réservoir de la semence, et j'hésite à déterminer comme poche copulatrice, dans ce dernier, la vésicule unique , à cause de son éloignement de la vulve (î).
Dans la famille des Serricornes, la partie glanduleuse du réservoir séminal de M. Siébold est très compli-
(i) M. L. Dufour, Annales des se, nat., t. VI, p, 227 et suïv., et pi. XVII, fig. 1, 2, 4 et 5.
quée. Elle se compose de tubes ramifiés dichotomiquement et ayant des dilatations triangulaires aux divisions des rameaux dans Xelatcr murinus, qui manquent dans Yélatergilvellus. Un petit réservoir arrondi, annexé au commencement de l'oviducte, produit, dans la première espèce, trois autres réservoirs en entonnoir, desquels partent les troncs de ces ramifications.
Dans Xelater gilvellus , cet appareil diffère encore du précédent par l'existence de deux vessies , en forme de massue, qui communiquent dans le premier réservoir, au commencement de l'oviducte et à une grande distance de la vulve (1). Ces différences, même d'une espèce à l'autre , sont très remarquables.
Dans la famille des Palpicornes, le grand hydrophile paraît avoir l'appareil glanduleux sébifique et sérifique, avec le réservoir séminal et la poche copulatrice. Le réservoir serait un tube impair assez long, dilaté à ses deux extrémités , qui aboutit dans une poche oblongue, volumineuse , à parois épaisses , s'ouvrant dans l'oviducte.]
M. Guvier avait remarqué, autour de la base de chaque grappe des gaines ovigères, cinq longs et gros vaisseaux sécrétoires qui contiennent une liqueur verte.
[Outre ces tubes isolés , il y a un faisceau de tubes plus fins, renflés à leur extrémité libre, dont les ramifications dépassent en avant les tubes ovariens, et dont les troncs, au nombre de six ou sept, viennent s'insérer à la partie la plus avancée du calice de chaque ovaire.
(i) Ibid. Fig. 8, 9 et 10,
330 XXXVe LEÇON, OBG, DE GÉNÉRATION DES A.BTICULÉS.
L'un de ces appareils doit servir à compléter les enveloppes de l'œuf, et l'autre à fournir la soie dont cet insecte file son cocon. Ici tous les organes qui peuvent être annexés à l'oviducte sont en présence (1).
Dans la famille des Lamellicornes , le réservoir séminal et la poche copuîatrice sont séparés ou annexés 1 un à l'autre.
Dans le hanneton (2), la poche copuîatrice est plus en arrière que le réservoir séminal et son tube glanduleux.
b. Les Hétéromères. S'il y a? dans le genre Blaps ^ une poche copuîatrice et un réservoir séminal . celui-ci n'est qu'un long tube avec deux branches pelotonnées, dans le Blaps gigas ; tandis que ces branches sont courtes et ont leur extrémité libre dilatée en une vessie pyriforme, dans le Blaps similis. Le tronc de ce tube séminal s'ouvre dans une grande poche , cylindrique dans la dernière espèce, en navette dans la première , qui serait la poche copuîatrice (3).
Les autres familles de cette division paraissent avoir assez généralement une poche copuîatrice et un réservoir séminal , soit réunis , soit séparés.
c. Les Tétramères. Dans la grande famille des B h incop ho r es, nous ne citerons que le lixus angustatus, dont l'oviducte semble se terminer par une grande poche copuîatrice de forme sphérique ; elle reçoit le canal excréteur d'un petit réservoir séminal, ayant une partie glanduleuse en forme d'hameçon.
Parmi les Longicornes , Xhamalicherus héros a une
(i) Ibid. Fig. 5. (2) lbid. Fig. 9, et M. Strauss Dùrkheim, Anal, des animaux articules, pi. VI, fig. 1 . (3) lbid. Pi. XIX, fig. I , 3,3.
vésicule pyriforme dont le pédicule grêle a un orifice commun , dans le commencement de Foviducte , très loin de la vulve, avec un tube glanduleux bifurqué; cet appareil est le réservoir séminal. Je ne vois pas de poche copulatrice.
Dans la famille des Cycliques , la cassida viridis a une poche copulatrice qui couvre la dernière moitié de Foviducte. Cette poche reçoit, en avant, le canal excréteur du réservoir séminal, qui est long, très sinueux et renfermé dans un tube glanduleux transparent. Ce canal aboutit à son réservoir, qui est anguleux à sa base , et représente un tube cylindrique , recourbé et un peu dilaté à son extrémité (1). Dans le cassida equestris , le réservoir séminal est courbé en fer à cheval, et tient à une partie glanduleuse (2).
Il y a d'ailleurs un appareil de six capsules pyrif ormes, dont le canal excréteur commun s'ouvre dans le vagin. C'est la glande sérifique de M. L. Du four.
On vient de voir, par ces exemples : i° Que, dans cet Ordre, la poche copulatrice n'existe pas toujours : 19 Que le réservoir séminal existe plus généralement : 3° Que ce réservoir peut être annexé à la poche copulatrice : 4° Que Ie vagin ou Foviducte peut tenir lieu de cette poche ;
5° Qu'il y a toujours une glande annexée au réservoir séminal. Comme les vésicules séminales, chez les mâles des mammifères, c'est à la fois un réservoir et un organe modificateur de la semence ;
6° Que les organes annexés à Foviducte, qui vien-
(1) Jbid. PI. XX , fig. 6 et 7. (2) Mémoire cité de M. Siébold , pi. XX , fig. 1, pour la Cassida equestris»
nent d'être décrits varient dans les détails , même dune espèce à l'autre.]
%^ 3. Les Orthoptères.
[Ils ont un réservoir séminal qui pourrait bien servir à la fois , dans quelques cas, de poche copulatrice. Il y en a qui ont un ou plusieurs tubes glanduleux sébifiques ou sérifiques.
Dans Xœnanthus italicus, parmi les Grylloniens, on trouve un réservoir séminal en forme de vésicule pyriforme, pédiculée, qui s'ouvre tout au commencement de l'oviducte, bien loin de la vulve. Plus en arrière est annexé, vers la fin de l'oviducte, un long tube replié, qui pourrait être considéré comme la glande sébifique(i).
Dans le gryllus biguttulatus , la vésicule qui sert de réservoir séminal est annexée à la fin d'un long tube grêle qui tient au vagin (2).
On la voit à l'extrémité de son canal excréteur, dans Xœdipoda cœrulescens , parmi les Acridiens (3).]
Chez les Sauterelles (les Locustaires), l'oviducte commun reçoit une vessie, [le réservoir séminal] et un long vaisseau [le tube sébifique).
[Dans les Blattes, le réservoir séminal se compose de deux tubes grêles, repliés, entourés dune substance ayant l'apparence glanduleuse et enfouis dans la graisse ; ils ont un canal commun qui s'ouvre dans le vagin. On les trouve, après le coït , remplis de spermatozoïdes.
Il ne faut pas les confondre avec les tubes fins, rami- • ■■<■■■ ■ ■ ■ ■
(i)L. Dufour. Recherches sur les Orthoptères, pi. III, fig. 3i. (2) M. Sie'bold, m. c, pi. XX, fig. 3. (3) L. Dufour, ouv. cit., pi. II, fig. 17.
ART. 1. ORG. PREPARATEURS ET EDUCATEURS FEMELLES. 333
fiés (1) , qui séparent la soie dont ces Insectes enveloppent leurs œufs.]
§ 4» &es Hyménoptères.
[Ceux qui ont un appareil vejnimeux me paraissent manquer ou du réservoir de la semence ou delà poche copulatrice.
Parmi les Apiaires , loviducte de V abeille à miel reçoit, dans le milieu de sa longueur, le réservoir séminal , capsule sphérique , et un petit tube à deux branches. Ces circonstances organiques avaient été indiquées par M. Guvier dans notre ancien texte.]
Les abeilles ont aussi la vessie et le vaisseau.
[M. L. Dufour a de plus observé que ces organes manquent dans l'appareil rudimentaire des abeilles neutres (2).
Le réservoir séminal a été pris à tort pour la poche copulatrice (3).
L " anthidiummanicatum n'a ni poche copulatrice ni réservoir séminal, à moins qu'on ne considère comme tel la glande sébifique de M. L. Dufour (4).
La femelle du frelon (yespa crabro) parmi les Guépiaires ;.? a, vers la fin de loviducte, un réservoir cylindrique qui me paraît devoir être à la fois la poche copulatrice et le réservoir séminal (5).
Cette poche copulatrice . ou réservoir séminal , est petite et cylindrique dans le scolia intercepta (6).
(1) L. Dufour. Pi. V, fig. 47. (2) Ibid. PI. VI. fig. 67. Voir encore la Zoologie médicale de Brandt et Ratzbourg, p. 3o3 , pi. XXV, fig. 34~c. (3) Par M. Audouin , Annales des se. nat., t. II, p. 284- (4) Pi» VH» %« 68-b. (5) Ibid. Fig. 85, (6)Ibid. PI. VIII,, 6g gS.
334 XXXVe LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
Dans le larra ichneumoniformis, de la famille des Crabronites, je ne vois ni vésicule copulatrice ni réservoir séminal (1).
La parnope, de la famille des chrysidid&s, n'a qu'un petit tube bifurqué , qui s'insère à la fin de l'oviducte (2).
Nous retrouvons dans les familles suivantes les diverses annexes de Poviducte, et surtout le réservoir séminal et la poche copulatrice coexistant plus généralement.
Le banchus pictus (3) , de la famille des Ickneumo* nidesj a un appareil glanduleux composé d'un .grand nombre de tubes , qui aboutissent au fond d'un réservoir séminal considérable courbé en crosse.
Une autre vessie cylindrique , se réunissant à l'oviducte, plus en arrière, doit-elle être considérée comme la poche copulatrice?]
§ 5. Les Nèvroptères.
[Ils ont une poche copulatrice, qui tient lieu de réservoir séminal , ou ce dernier organe sans poche copulatrice. Ils sont aussi pourvus d'une glande sébifique simple ou multiple. Mais ces diverses circonstances organiques peuvent varier, comme dans les ordres précédents , d'une famille à l'autre.
Dans celle des Libellules, 1 ces/ma grandis a un court oviducte commun, auquel est annexée , dès son origine, une poche sphérique, qui pourrait bien être copulatrice, et vers sa terminaison, deux boyaux ridés,
(1) Ibid. PI. VIII, fig, 106. (2) tbici. Pi. IX, fig. ug. (% Ibid. PI. IX, fig. i3a.
ÀBT. I. ORG. PREPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 335
que nous déterminons comme des glandes sébifiques(i).
La panorpe montre d'autres différences. La fin dé l'oviducte reçoit les canaux excréteurs de deux oroanés distincts. Le premier se compose de deux lon^s boyaux cylindriques d'un grand diamètre comparativement à celui de leur canal excréteur commun : c'est la glande sébifique. L'autre organe est une vessie ayant un très long et très fin canal excréteur. Serait-ce } à la fois, la poche copulatrice et le réservoir séminal (2)?
Les phryganes se font remarquer par la forme particulière et la complication des annexes de l'oviducte.
Il y a un réservoir séminal rectangulaire, dont la cavité communique avec l'oviducte par un tube excréteur étroit. A ce réservoir aboutit un long tube sécréteur, et un autre tube plus court, à son canal excréteur.
Deux boyaux vésiculeux, plus longs que l'oviducte, se joignent en arrière pour se terminer dans ce canal ; chacun de ces boyaux, avant sa terminaison, reçoit le col d'une vésicule trilobée (3).
VoiLà de nouveau un appareil compliqué de sécrétion qui doit servir à compléter les enveloppes protectrices des œufs; mais en même temps un réservoir considérable , qui peut servir à leur fécondation , en absorbant la semence au moment de la copulation.]
§ 6. Les Hémiptères.
[On a décrit (4) avec beaucoup de soin, chez les Géo-
(i) L. Ducour, Recherches sur les N évr aptères , pi. II, %. i65. (2) ïhid. PI. XU, %. i74. (3) Ibld. Fig. 3 et 12. (4) Recherches sur les Hémiptères , par M. L. Dufour, pi. XIV, Hg. i59~i85.
cotises, un appareil très compliqué , soit comme glande sébifique, soit comme réservoir de la semence.
Après le coït , M. Siébold (1) a reconnu , en effet , que sa cavité la plus intime était farcie, après cet acte , de spermatozoïdes.
Le réservoir séminal, dans les scutellères,pentatomes et cimcx n'est pas la seule annexe de loviducte. La scutellera mora a deux grosses vésicules , non compris la vésicule pyriforme impaire qui se voit à la face supérieure (2).
Dans le iniris carcelii , il y a une poche copulatrice ou un réservoir séminal entouré dune guirlande de tubes sécréteurs (3).
La punaise des lits a deux réservoirs séminaux vésiculeux , annexés , par extraordinaire , aux oviductes particuliers (4).
Le pelogonus marginatus (5) a une seule vésicule en forme de boudin arqué , communiquant avec l'oviducte par un long canal excréteur très fin. C'est sans doute le réservoir séminal.
Une simple vésicule couchée sur loviducte, servant sans doute à la fois de réservoir séminal et de poche copulatrice , est la seule annexe de Foviducte , dans le gerris canalium, parmi les Amphicorises.
L'annexe unique de ce canal, dans le Naucoris ci/nicoides, parmi les Hydrocorises, est un long tube sécréteur de forme grêle. Il est vrai que Toviducte éprouve ici une large dilatation , qui peut bien tenir lieu à la fois de réservoir séminal et de poche copulatrice (6).
1 ■ - ii - - - - - -- — — — ..-
(i) M. c, fig. 5 et 6. (2) M. L. Dufour , ouv. cit., fig. i5g, c, c. et e. (3j Idtd. PI. XV, fig. 168. (4) Ibid. Fig, 170. {S)Ibid. Fïg. 176. (6) Ibid. Fig. 179.
AKT. I. OBG. PKKPAIUTEUBS ET EDUCATEURS FEMELLES. 337
La Cigale de forne, parmi les Cicadaires, a un premier ovicîucte commun, coudé à son origine, où ii reçoit deux longs tubes sécréteurs; ce premier oviducte se termine par un mamelon saillant, dans une sorte de vestibule copuiateur. Ce vestibule communique à la fois, au dehors, par un canal copuiateur ou un vagin, et par un second oviducte, qui reçoit dans une espèce d'entonnoir le mamelon terminal du premier oviducte , et donne par son autre extrémité dans ioviscape, où il conduit les œufs. Le vestibule copuiateur reçoit encore l'embouchure du col de la poche copulatrice (i).
Il y a plusieurs tubes glanduleux qui s'ouvrent dans le deuxième oviducte.
La poche copulatrice existe généralement dans cette famille, et paraît devoir servir de réservoir séminal. M. Siébold détermine avec doute, comme réservoirs pairs de la semence, deux tubes annexés au vagin, dans les cicadelles.
La vésicule copulatrice mauque chez les pucerons vivipares. Lorsqu'il y a accouplement et fécond:;:"; , les oeufs sont nécessairement fécondés dans l'ovaire , puisque c'est dans les deux dernières loges des gaines ovariennes que l'embryon se développe. On ne voit, dans ces Apkidiens (apàis rosœ) aucune annexe de Toviducte (2).]
§ ,7. Les Lépidoptères.
[Cet ordre se distingue par le nombre et souvent la
(i) Voir L. Dufour, ouv. cit., fig. 188 et 189; et un Mémoire de M. Dovère, qui le premier a distingué le vestibule copuiateur, l'ouverture particulière du vagin, séparée de la tarière, et le premier et le second oviducte. Annales des se. nat., t. VII, pi. 8. (2) Ibid. Fig. 192.
338 XXXVe LEÇON. ÔRG. DE GENERATION DES ARTICULÉS.
complication des organes annexes de l'oviducte et du
vagin.
La poche copulatrice existe toujours. C'est une poche sphérique ou pyriforme, aboutissant dans un canal copulateur musculo-niembraneux qui commence à l'extrémité de l'abdomen, par un orifice distinct de celui de l'oviducte et du rectum. C'est à îa fois le plus inférieur et le plus profond des trois. On ne peut manquer de saisir l'analogie de cet arrangement avec celui que nous venons de décrire dans la cigale (1).
Le canal de copulation communique avec l'oviducte, par un autre canal plus étroit, également musculeux (q).
Le réservoir de la semence s'ouvre dans l'oviducte par un conduit très fin, au côté opposé à l'embouchure du conduit séminal. C'est une capsule pyriforme, à parois transparentes. Une glande sébifique, conforme, pour la structure et la transparence, à celle des coléoptères , est annexée à son col ? par son canal excréteur. Plus en arrière , on trouve l'embouchure du canal excréteur d'une glande paire,
La détermination des organes précédents est la suite de la comparaison qui a été faite de leur contenu avant et après la copulation.
La poche copulatrice et le réservoir séminal sont
(i) Malpighi avait déjà observé toutes ces circonstances. Voir IViarceili Malpighi, Dis&ertatio epistolica Se Bombyce, Soccetati regitë Londini dicata, pi. XII, f-î.
(2) HeroM , Histoire du développement de* Papillon*, p. VII» pL IV, fi§. i.n,
ART. I. ORG. PRÉPARATEURS fit ÉDUCATEURS FEMELLES. 3&9
vides au moment où le papillon femelle sort de sa chrysalide.
Après la copulation , le réceptacle de la semence fourmille de spermatozoïdes, et la poche copulatrice renferme la verge rompue du mâle. Celle-ci a pris la forme d'une vessie , remplie dune substance granuleuse, qui provient sans doute des vésicules séminales. C'est en se remplissant ainsi , comme un boudin , que la verge peut pénétrer à travers le canal de copulation, souvent tortueux, jusqu'à la poche copulatrice.
F^s trois Sortes d'organes, annexes de l'oviducte, varient \ pour la forme et les proportions, dans les divers genres de Lépidoptères (1).
M. Guvier avait bien indiqué, dans notre ancien texte , la poche copulatrice , le réservoir séminal et les deux tubes sébifiques, mais sans déterminer leurs fonctions respectives.]
Ij'oviductus commun est si court qu'il est à peu près nul ; il reçoit une ou deux vésicules, et deux longs vaisseaux. Malpigni, Swammerdam , Réaumur et De Geer , ont bien représenté ces organes dans différentes espèces.
§ 8. Ijes Diptères.
[Ils ont non seulement le réservoir de la semence, se divisant en plusieurs cavités, mais encore uu appareil glanduleux qui lui est annexé. FI peut exister encore une poche copulatrice, ou une paire de vessies ou de tubes, qui peut-être en tiennent lieu.
Dans le culex annulatus , le réservoir séminal se corn-
<,i) M Siébold , t'ferU. p. 4i8, J VU,
pose de trois petites poches sphériques, dont les canaux excréteurs se réunissent pour s'ouvrir à la fin de Foviduete. M. Siébold les a trouvées remplies de spermatozoïdes après le coït. Ce sont les orbicelles de M. L. Dufour. Ce dernier décrit, sous le nom de réservoir sébifique une grosse vessie pyriforme qui aboutit dans le vagin, et me semble devoir remplir la fonction de poche coptilatrice.
Dans la tipula oleracea , l'oviducte reçoit le canal excréteur des trois petits réservoirs séminaux, et tout à la fois \ celui des deux vésicules pyriformes annexées à ces glandes (1), qui pourraient avoir la fonction de poches copulatiïces.
Dans le beris vellata, de la famille des Stratyomides , au lieu de cette double vésicule, il y a deux longs tubes cylindriques (2).
Dans Xasilus crabriformis , les réservoirs séminaux sont deux longs tubes filiformes (3).
Ce dernier appareil se compose, dans le bombilius cruciatus, de trois réservoirs en palette, avec une diia tation dans le trajet de leurs longs cols; de deux antres réservoirs pyriformes , vésiculeux ; et de deux tubes capillaires (4).
La piophile du jambon. (5) a pour annexes de l'oviducte une poche copulatrice, qui n'est qu'un cul-desac ; un orbieelle ou un petit réservoir séminal , sessile sur le commencement de ce même oviducte ;
(i) Voir M. L. Dufour. Mémoire sur les Diptèies, fig. 28, rt M. .Sï<;bold, m. c. fig. 10, pour h; Tipula nubiculosa.
(2) Ibid. Fig. 5l.
(3) M. L. Dufour, fig. 60. (4) Ibid., fig. 65. (5) Annales des 'sciev.. nalur., 3* >rnc , t. I , pi. XVT. p. 365.
une paire de réservoirs vésiculeux , avec un canal excréteur commun; une autre paire de tubes cylindriques, avec un canal excréteur plus fin, se réunissant aussi dans un canal commun, pour s'ouvrir dans r origine de l'oviducte, comme le précédent.
Chez les PupïpaVes , c'est au collet de l'oviducte commun, avant l'oviducte incubateur, que se voient les réservoirs séminaux et les glandes sébifiques.
Dans le melophagus ovinus, comme dans VhippohosqueÇi), il y a un réservoir séminal et une glande sebifique. Chez le premier, ce sont deux petites vésicules qui ont un canal commun «'ouvrant dans le commencement de l'oviducte. Dans le dernier, au lieu de vésicules simples, ce sont des tubes ramifiés. La glande sébifique se compose, dans l'un et dans l'autre, de deux troncs tubuleux ayant des ramifications nombreuses et un orifice commun dans l'oviducte après le réservoir séminal.]
B. Des organes préparateurs et éducateurs des femelles dans la classe des Arachnides.
§ 1. Les Arachnides pulmonaires.
[Dans ce groupe, les Aranéides , ou les /lieuses , ont deux ovaires bien séparés, situés de chaque côté de l'abdomen, et entourés par les granulations du foie.
On distingue, dans ceux de la mygale maçonne, une cavité centrale en forme de navette , qui s'étend d'ar-
(i) Voir le mémoire de M. L. Dufour, Annales des sciences naiur., 3 e série, janvier et février s 8-43 1 l. III, p., V, et le même déjà cité de M. Siébold, p. ^2 1, note 3.
342 XXXV* LEÇON, OKf, DE Ci- \£HaTIO.\ DES AfinCÇLi??.
rière en avant dans une grande partie de la longueur de 1 abdomen , et aux parois de laquelle sont attachées les grappes nombreuses des ovules. A l'extrémité antérieure de l'ovaire , cette cavité centrale se continue dans un canal étroit, qui se rend presque directement à la vulve, sous la base de l'abdomen, en se coudant une seule fois; ce canal est l'oviducte proprement dit.
Lorsque les œufs sont mûrs, ou à peu près, ils remplissent en très grande partie la cavité abdominale. Leurs grappes, composées d'oeufs serrés les uns près des autres, se réunissent en avant à l'oviducîe.
Dans une grande espèce d'Epeire dont l'ovaire était ainsi rempli d'œufs mûrs, rions avons trouvé chaque oviduete formant un canal encore assez long, plusieurs fois replié, avant de se terminer à la Vulve.
l)ans XEpeire diadème , chaque ovaire est divisé par une cloison transversale, fermée dans les jeunes, largement ouverte dans les adultes, pour le passage des œufs, de la chambre nostérieure à la chambre antérieure.
Les Scorpions , parmi les Pédipalpes , ont les deux ovaires réunis par des canaux qui vont transversalement de l'un à l'autre, et qui font d'un organe binaire i\\\ organe impair.
Cet ovaire nous a présenté Jeux types, au moins , dans les divers genres de cette famille.
Le seul type connu jusqu'à présent , si je ne me trompe, a été décrit par. T. Miiller m). Nous l'avons observé dans le scorpion d Afrique (scorpio af ricanas). W est constitué par un seul ovaire , composé de trois
(i) Archives de Merkel pour 1828, p!. tî, fig. 16-3 1,
ART. I. OfiG. P£ÉPABAT£L'KS ET ÉDUCATEURS FEMELLES, 343
tubes principaux , dont, un médian plus court et deux latéraux, qui se continuent, en avant, dans les deux oviductes. Ces trois tubes sont unis par quatre paires de tubes transverses, qui vont du tube moyen aux tubes latéraux.
A ces divers tubes , sont attachés , par intervalles, au moyen d'un court pédicule, de petites capsules ovariennes, rondes ou lenticulaires. Chacune de ces capsules renferme un ovule se développant. Ces mêmes tubes ont, comme appendice, un nombre variable de cœcums (i) d'une forme singulière, qui sont autant d'utérus ou d'oviductes incubateurs. Ceux que nous avons pu observer ne renfermaient pas de fœtus. Leur pédicule était étroit et s'élargissait peu à peu jusque vers une espèce d'anneau saillant. Au-delà t!e cet anneau, le cœcum formait une assez large poche cylindrique, un peu plissée ; c'est dans cette partie que se développe le scorpion. Après cette poche, ce n'est plus qu'un boyau étroit, qui se termine en formant un léger renflement ovale.
Les deux oviductes, continuation des deux tubes latéraux, se rapprochent de la ligne médiane, après s être portés en avant à la rencontre de la vulve, et se réunissent en un seul canal avant de s'y terminer.
Dans le second type, que nous avons observé dans une grande espèce du Chili (2) et dans Xandroctonus paris , l'ovaire est de même unique et composé dune
(r) Nous en avons compté vingt dans notre exemplaire. (2) Bnthus glaber, Eidoux et Souleyet. Rapporté par M. le Dr Ackeraian,
344 S.XXY8 LEÇON. OttG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
double échelle de tubes; c est-à-dire qu'il y en a trois longitudinaux, un médian et deux latéraux parallèles, tous trois de même longueur, réunis par cinq paires de tubes transverses qui vont du tube moyen aux deux tubes latéraux.
Dans l'exemplaire de ce dernier que nous avons étudié, tous ces tubes, les longitudinaux comme les transverses , sont garnis en dehors d'ovules nombreux , égaux et très développés, assez rapprochés; on voit, dans leurs intervalles, de très petits ovules, de différentes grandeurs , également extérieurs , et tenant au tube ovarien par une portion étroite de leur capsule ovarienne. C'est donc la paroi des tubes qui forme la gangue des ovules , lesquels s'y développent de dedans en dehors.
Cet ovaire occupe la plus grande partie de la longueur de la cavité abdominale.
Deux oviductes naissent de chaque côté , en avant de l'angle de réunion du tube latéral avec le premier tube transverse. D'abord étroits, ils ne tardent pas à se dilater, en s avançant obliquement l'un vers l'autre et en descendant vers la face abdominale, où ils aboutissent séparément clans la vulve , sans se réunir en un seul canal, comme l'indique la figure publiée par M. J. Mùller pour le premier type.
Les ccecums du premier type manquent d'ailleurs dans ce second type. Dans notre exemplaire du Chili, chaque tube a une partie jaune axillaire, formant son canal et une partie grisâtre , composant la paroi du tube et la gangue dans laquelle se développent les ovules. Les plus développés de ceux-ci ne tenaient
ART. I. ORCt. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 345
aux tubes que par un court pédicule. Ceux qui avaient un degré de développement de moins étaient sessiles. Les plus petits étaient encore enfoncés, en partie, dans la gangue de cet ovaire tubuleux.
Dans une femelle d'androctonus troïlus , dont les œufs étaient très développés et avaient; sans doute été fécondés, ceux-ci étaient entièrement contenus dans le tube de l'ovaire, extraordinairement dilaté autour de chaque oeuf, et conservant un petit diamètre dans Tinter valle de deux œufs.
Enfin, dans une femelle de la même espèce, les fœtus paraissaient à la surface du vitellus à travers les parois de ces mêmes tubes ovariens, que les œufs dilataient de même extraordinairement , par intervalles. Dans ce haut degré de développement, les ovaires remplissent presque toute la cavité abdominale, et leur disposition première n'est plus reconnaissable.]
§ 2. Les Arachnides trachéennes.
[L'ovaire des Faucheurs (Phalangium) est un boyau cylindrique replié en cercle dans la cavité abdominale; il aboutit dans une dilatation en forme de saa, qui reçoit les ovules pour leur dernier développement, et qui occupe une bonne partie de l'abdomen lorsqu'elle en est remplie. L'autre extrémité de ce sac ovarien s'ouvre dans l'oviducte , canal cylindrique assez long, dont la dernière partie, qui est très courte, se distingue par un plus petit diamètre.
Elle se termine dans l'oviscape , sorte de vagin exsertile qui occupe la ligne médiane abdominale dans presque toute la longueur de cette cavité.
34o XXXV* LEÇON. 0£G. DE GÉNÉRATION Q£S ARTICULÉS.
Nous le décrirons avec les organes d'accouplement (1).
Dans \& trombidium holosericeum > herm , il y a deux ovaires situés de chaque côté de la cavité abdominale, contenant des œufs nombreux réunis par grappes, lis aboutissent à un seul oviducte, canal un peu sinueux qui se termine dans la vulve (2).
Les tardigrades n'en ont qu'un , en forme de sac ; situé au-dessus de l'intestin, et sétendant très en avant quand il est rempli d'œufs développés. Deux ligaments, qui partent de son extrémité antérieure et se fixent dans le premier anneau du corps, rappellent ceux qui attachent l'ovaire de beaucoup d'insectes (3).]
G. lies Myriapodes.
§ 1. Dans V Ordre des Chûopodes.
[11 n'y a qu'une seule glande ovigère dans les Lithobies (Lithobius fortifi catus) , les Géophiles (Geopbilus subterraneus), etc.
Cette glande se compose, dans la première espèce, dune grande poche oblongue , plus étroite en avant , plus large eu arrière, que l'on trouve farcie d'ovules à l'époque du rut; son extrémité postérieure se rétrécit subitement pour former l'oviducte.
Ce canal traverse lavant-dernier segment du corps, après ou sans s'être dilaté de nouveau, et s'y termine dans le vagin.
Dans les géoplules, l'ovaire unique est de même
(1) Voir Treviranus ;, Vermischte Sehriften , t. I, p. 35 à 3j, et pi. IV. fift. ?.o et a3. Gœttingen, 1816. (2) o. c, pi. VT,fig. 32. (3) Mémoire sur t^éPffetuHfittféft et fcs rapports des Tardigrades , par M. L. DoyèrC. Paris, i84a.
ART, l, Q%%. J>BgP4»AX^H8 ET EDUCATEUR FEMELLES. 34?
un simple boyau , qui se rétrécit peu à peu en arrière pour se changer en oviducte; celui-ci aboutit dans le dernier segment du corps. La fin de l'oviducte, ou le commencement du vagin, a des annexes glanduleux , ou des réservoirs vésiculeux , qui sont comparables à ceux que nous avons décrits dans la classe des Insectes.
Chez les lithobies , les glandes génitales accessoires, au nombre de quatre, ayant la forme de fer de lance , se composent dune agglomération de petites poches. Chaque glande a un canal excréteur distinct et très grêle, qui joint l'oviducte ou Je vagin dans l'avant-dernier segment du corps (1).
Dans l'espèce citée de géophile , ce sont deux longs tubes grêles ayant les mêmes rapports.
Les vésicules que Ion peut comparer au réservoir de la semence, chez les Insectes, sont paires dans l'un et l'autre genre. Elles sont pour ainsi dire sessiles dans le premier; elles ont, dans le second, un long canal excréteur (2).]
§ 2. Dans F Ordre des Chilognathes .
|Ce groupe se rapproche beaucoup des Crustacés décapodes par l'appareil extérieur de génération, que nous ferons connaître dans les articles suivants.
Il y a deux ovaires , composés de deux longs tubes séparés, mais rapprochés , qui se changent en oviducte non loin des vulves. Ils s'étendent, l'approchés l'un de
(1) L. Dufour, Jnnales des se. nat., t. II , pi, V, fig. i ; M. F. Setuin , sur les rapports des Myriapodes dans les organes et les fonctions de génération. Archives de .T. Miiller pour 1843, p. 338 h 3So , et pi. XII, XIII et XIV. (?) M. St$in, m. <•., pi. XII, fig. 2 et 8.
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l'autre , dans presque toute la longueur de la cavité viscérale , sous le canal alimentaire.
Dans Y iule des sables, Xiule terrestre, Y iule fétide, ce sont deux tubes simples, qui se prolongent à partir des vulves jusque dans le dernier segment du corps.
Dans Yiulus maximus , nous les avons trouvés rapprochés sous le canal intestinal, et remontant du côté gauche de l'intestin , comme si l'ovaire de ce côté était plus développé que le droit. Ils étaient remplis d'ovules développés, dans un de nos exemplaires, sphériques, un peu déformés par la pression.
Les ovules, dans cette espèce , m'ont paru se développer, en premier lieu, dans des faisceaux de tubes formant comme des houppes , et qui aboutissent ensemble, par intervalles, au côté externe de chaque tube principal. Ce dernier devient un oviducte en s'approchant des premiers segments du corps , où se trouvent les vulves.]
D. Dans les Crustacés.