TERRASSE, ouv. cit., pp
pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre, dit Notre Seigneur aux apôtres, allez donc, enseignez toutes les nations,les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; leur apprenant à observer toutes les choses, quelles qu’elles soient, que je vous ai commandées. Et voici que je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles.” Comme on le voit, Jésus- Christpromet une assistance spéciale aux apôtres et àleurs successeurs, lorsqu'ils précheront l'Evangile: ‘Je serai avec vous ”, leur dit-il ; ces mots, dans l’Écriture, marquent toujours une aide spéciale en vue d’une œuvre à faire. De plus, le Sauveur ajoute : “ jusqu’à la consommation des siècles ” ; cette assistance doit donc se continuer aux successeurs, puisque les apôtres sont morts en leur temps. Et donc, si l’Église n’est pas infaillible, ces paroles n’ont plus de sens. Ajoutons que cette assistance spéciale est universelle, car elle s’étend à ‘ toutes les choses, quelles qu’elles soient ”, c’est-à-dire à tous les points de doctrine relatifs à la foi et aux mœurs. En résumé, la prérogative de l’infaillibilité est une conséquence nécessaire de cette promesse que Jésus-Christ a faite à ses apôtres d’être avec eux lorsqu'ils enseigneront et prêcheront l’Evangile.
2) Saint Paul prouve l’existence de l’infaillibilité lorsqu’il appelle l’Église la colonne et le soutien de la vérité, l’épouse immaculée du Christ, le corps mystique dont le Christ est le chef (ËPx., 1, 22 ; I Cor., x). En effet, si elle pouvait se tromper, comment l’Église serait-elle la colonne et le soutien de la vérité? Si les taches de l'erreur pouvaient la ternir, comment l’apôtre oseraitil la nommer l'épouse immaculée? Si l’Église n’est pas infaillible, comment Jésus serait-il le chef de ce corps mystique, comment viviferait-il par son influence di-
vine une société qui, à un moment donné, pourrait enseigner des faussetés? Toutes ces métaphores dont se sert le grand apôtre ne sont que de grossiers mensonges si le Sauveur n’a pas donné le privilège de l'infaillibilité à son Église.
3) Si l'Eglise pouvait se tromper dans ses enseignements, Notre Seigneur ne nous aurait pas fait une obligation rigoureuse de croire d’une foi inébranlable les vérités qu’elle prêche. Ilest impossible de supposer que le Sauveur ait pu commander d'admettre des choses peut-être erronées.
4) Fondée par Jésus-Christ, l'Église Romaine a dû être pourvue de tout ce qui lui était nécessaire pour arriver à son but. Or l'infaillibilité lui était nécessaire. En effet, desti:ée à conduire sûrement tous les hommes au salut, elle doit être un guide infaillible. Autrement les fidèles ne sauraient jamais à quoi s’en tenir, partant, ils seraient grandement exposés à ne pas atteindre leur fin dernière.
5) Les sociétés humaines, toutes imparfaites qu’elles sont, ont besoin d’une certaine infaillibilité. En effet, Pour avoir l’ordre et la paix, on reconnaît à quelques tribunaux le privilège de prononcer un jugement définitif, infaillible. Ces tribunaux, il est vrai, peuvent se tromper, mais leurs décisions, on doit s’y soumettre Pour toujours. A plus forte raison, l'Église Romaine, société supérieure, parce que religieuse, doit aussi pouvoir se prononcer d’une façon définitive et infaillible sur les questions de dogme, de morale et de culte. Mais entre elle et les sociétés humaines, il y a cette différence que son jugement ne peut pas être erroné parce qu’il est celui de Dieu qui ne peut pas se tromper ni nous tromper.
6) Les pères grecs et latins ont toujours enseigné l'infaillibilité doctrinale de l’Église Romaine, puisque de tous temps ils ont célébré son invincible constance dans la vérité, et, pour eux, cette constance n’a pas d’autre cause que le secours surnaturel promis à l’Église enseignante. Au reste, ils ont toujours condamné formellement ce qui n’est pas conforme à la doctrine de l’Église, et jamais ils n’ont dit quoi que ce soit contre cette prérogative 1.