NOS DEVOIRS ENVERS L'ÉGLISE
Sommaire. — 286. Nous devons aimer l'Église. — 287. Nous devons défendre l'Église. — 288. Nous : 0 obéir à l'Église. 289. Nous devons prier pour l’Église. — 290. Conclusion de la Deuxième Partie.
286. Nous devons aimer l'Église. — I. C’Esr un DEVOIR DE RECONNAISSANCE. a) L'Église est la mère de nos âmes, car elle nous a engendrés à la vie surnaturelle par le sacrement de baptême. Peut-il y avoir ici-bas des dons comparables à ceux de la grâce? Que sont tous les biens dont nous sommes parfois comblés en comparaison de ceux que nous procure l’Église dans l’ordre spirituel ?
b) L'Église est encore notre bienfaitrice dans l’ordre temporel. Elle ne s’occupe pas seulement du salut des âmes, — bien que ce soit là sa fin principale, — elle tâche encore d’améliorer le sort de ses enfants. Rappelons-nous ce qu’elle fait pour les individus, les familles et les sociétés.
IT. C’EsT UN DEVOIR D'HONNEUR. Il n’y a rien de plus honorable que d’aimer ce qui est grand, ce qui est beau et ce qui est utile. Or il n’y a rien ici-bas de plus grand, de plus beau et de plus utile que l’Église.
a) L'Église catholique est grande, dans son extension, dans sa durée et dans ses œuvres. Elle s'étend à tous les lieux de la terre, elle remonte jusqu’aux apôtres
et ne finira jamais, Par ses œuvres multiples elle est pour le bien des particuliers et des nations une puissance dont on ne peut calculer ni la portée ni la valeur.
b) L'Église est belle dans son fondateur, dans son organisation et dans ses membres. A la grandeur, Jésus joignait le charme et l'attrait. Sa seule présence en imposait aux foules et les subjuguait. Il a laissé à la sociéré qu'il a fondée ce charme et cet attrait qui faisaient les délices de ses contemporains. En effet, l’Église catholique a quelque chose d'irrésistible, de charmant que les convertis se plaisent à reconnaître. Et que dire de Son organisation merveilleuse, de sa hiérarchie où tout est disposé, de haut en bas, de bas en haut, dans un ordre incomparable qui étonne et ravit, même ceux qui la contemple d’un œil distrait? Les prodiges de vertus, les actes de charité et d’héroïsme dont sont coutumiers les saints de l'Église catholique, voilà certes qui donne encore un nouvel ér! t à cette beauté morale qui est un de ses plus beau. : :.; à l'admiration des siècles.
ce) L'Église est utile. Après tout, l'homme est en ce monde pour mériter le ciel. À cette fin, il doit faire con- Verger ses pensées et ses actes, S'il perd son âme, sa vie est manquée. Or l’Église catholique est précisément la société dans laquelle nous trouvons les moyens de renverser le plus facilement et le plus sûrement les obstacles capables de nous empêcher d'arriver au ciel.
287. Nous devons défendre l'Église. — C'est encore un devoir de reconnaissance, puisque l’Église est notre mère. Et, nous le savons, plus que jamais, elle est attaquée de tous côtés. Nous devons la défendre :
I. EN LA FaIsANT MIEUX CONNAITRE. La plupart du temps les objections contre l’Église, la haine que les
adversaires entretiennent à son égard ont pour cause l'ignorance ; d’où, pour les catholiques, obligation stricte de se bien renseigner sur son histoire et sur sa doctrine.
IT. EN MENANT UNE CONDUITE CONFORME A SES EN- SEIGNEMENTS. Le philosophe ancien se contentait de marcher en présence de ceux qui niaient l'existence du mouvement : c'était une preuve irréfutable de ce qu'il voulait démontrer. Que les catholiques en fassent autant ; qu’ils aient une conduite exemplaire, dans la vie publique, comme dans la vie privée; qu'ils marchent dans la voie de la vertu et de l’honneur, en présence de leurs ennemis ; alors, ils auront rendu un signalé service à l’Église. :
III. EN ENCOURAGEANT LES BONS JOURNAUX ET LA SAINE LITTERATURE. Si les livres, les journaux, les revues où l’Église est ridiculisée et calomniée ne manquent pas, nombreuses aussi, Dieu merci, sont les publications où on la défend. Mais ces écrits, il feut qu'ils soient lus et propagés. Aux catholiques vraiment dignces de ce nom incombe le devoir de s'abonner aux journaux et aux revues qui ont pour mission de défendre et d’enseigner la doctrine chrétienne.
IV. ENÉCR ANT DES ARTICLES, DES TRACTS, DES LIVRES MEMFS. ‘es questions où les intérêts de l’Église sont en jeu ne manquent pas. Quel beau champ d'action ont ouvert devant eux les catholiques qui ont le temps et la facilité! Souvenons-nous que les idées mènent toujours le monde. L'influence du journal, du livre, des écrits de tout genre, s’affirme de plus en plus.
288. Nous devons obéir à l’Église. — Étant notre mère, représentant Notre Seigneur en ce monce, l’Église a le droit de nous commander. Elle peut donc exi-
ger notre obéissance. Ce n’est pas une obéissance quelconque dont l’Église se contente. Cette obéissance, elle doit être intérieure, intégrale, Joyeuse et active.
L INrÉRIEURE. Ce n’est pas une simple attitude que l’Église a le droit d'attendre de nous : un silence respectueux ne suffit pas. Il faut s’abstenir de critiquer ses décisions, il faut les admettre comme elle veut qu'elles soient admises ; il faut condamner ce qu’elle condamne, et dans le sens qu’elle le condamne. La dignité de catholiques nous interdit de mettre sur nos lèvres d’autres sentiments que ceux que nous avons dans le cœur.
IL. INTÉGRALE. Notre obéissance doit être sans réserve. Pas de partage, la vérité est une. Faire ure sélection, ce serait introduire l’anarchie dans la pensée catholique. Nous n'avons pas à distinguer entre notre sens personnel et celui de l'Église.
III. Joyeuse. Notre obéissance ne doit pas être maussade, ou empreinte de mauvaise humeur. Soyons contents qu’il y ait dans l’Église catholique une autorité doctrinale qui, en s’affirmant, nous signale les écueils où, après tant d’antres, nous pourrions faire naufrage.
IV. Acrive. Cette activité est le contraire de la paresse intellectuelle et morale qu* sévit malheureusement chez trop de catholiques de nos jours. Sûrs d’avoir la foi, ils ne font aucun effo:t pour l’éclairer et la fortifier ; aussi bien le doute les envahit parfois, et leurs croyances faiblissent petit à petit. Cette peur de l'effort intellectuel chasse naturellement l'effort moral. C’est dir qu’il ne faut Pas parler du progrès dans la vie spirituelle ! D'autre part, cette activité dans l’obéissance concerne surtout les hommes d'étude. les apo-
logistes. Que l'Église donne parfois certaines décisions qui les contrarient, ce n’est pas une raison de tout abandonner. Ils devraient se convaincre que cette façon d’agir de l’Église leur rend le chemin plus facile puisqu'ils savent par elle où est le péril !
289. Nous devons prier pour l’Église. — ‘“ Prier pour l’Église est bien la meilleure manière de lui témoigner notre affection. Mais pour qui faut-il spécialement prier ? Pour le pape, d’abord, qui est notre Père à tous : en qualité de Chef de l’Église il a une lourde responsabilité, d’écrasants soucis ; il a besoin qu’on prie pour lui et à ses intentions. Prions ensuite pour les évêques, et pour le nôtre en particulier. Prions pour les prêtres, pour tous les religieux, pour tous les fidèles, spécialement pour ceux qui nous sont chers, et surtout pour ceux d’entre eux qui seraient en état de péché
mortel ?.
290. Conclusion de la deuxième partie. — J/ est raisonnable, voire obligatoire, d'embrasser le catholicisme, telle est la conclusion de la deuxième partie de ce manuel. Venu en ce monde pour sauver les hommes, Jésus-Christ devait nécessairement les mettre à même de se servir des moyens à eux offerts pour arriver au salut. Ces moyens, c’est la mise en pratique de sa doctrine. Mais cette doctrine elle-même eût été inefficace s’il ne l'avait pas
confiée à une société avec la mission spéciale de l’enseigner et de la défendre. C’est ce que Jésus-Christ a
1. Cf. Revue pratique d'Apologétique, 1er août 1907, pp. 599-601.
2. ABBé Poey, Instruction religieuse, La vraie religion, p. 243: Les exigences de l'Eglise: la foi, l’obéissance religieuse, le culte, D- SERTILLANGES, Revue de la Jeunesse, 25 déc. 1913. Conseils à de jeunes étudiants, Mar DepLorce, ibid., 25 juin 1913. Humilité, Lacorpaire, ibid., 25 mai, 1912.
dis à Mes
fait en fondant son Église (XXxXuI - xxx ve Leçow). Mais sur la terre il y a plusieurs sociétés religieuses qui se réclament de lui comme leur fondateur. Il fallait donc donner à l’Église véritable des caractères distinctifs qui permettent aux fidèles de la reconnaître sans se tromper (xxx ve - xxx vire Leçon). Ces caractères, seule l’Église Romaine les possède (xxxixe - xce Le- SON). En plus elle jouit d’une autorité infaillible et ses enseignements sont parfaitement conformes à la raison (XLIe - XLIXe Leçon). L'Église Romaine a toujours encouragé la science, elle n’a cessé de s'occuper des intérêts spirituels, voire temporels de l’humanité. Et quelles que soient les accusations calomnieuses lancées contre elle, elle n’en reste Pas moins la grande bienfaitrice du genre humain. Aussi a-t-elle droit à notre
reconnaissance, à notre respect et à notre obéissance (Le - Lxrre Leçon).
LECTURES
Le rôle des laïques dans l'Eglise, Geonce Goxau, Revue des Jeunes, 25 nov. 1916.
Omnia restaurare in Christo, OLLé-LAPRUNE, La vitalité chrétienne.
Les laiques et les études religieuses,
DauLny, L'ignorance religieuse chez nos contemporains, p. 25.