‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 53 sur 211 · Terrasse, ouv. cit., p · texte numérisé non relu

Terrasse, ouv. cit., p

2. Cf. J. SiMÉON, La prescience divine et la liberté humaine.

nir et son accomplissement sont un fait extérieur, perceptible aux sens.

2) Ilest facile de voir que l'événement prédit n’ést pas connu dans ses causes naturelles. Celles-ci sont de deux sortes : physiques et morales. Les cause Physiques produisent infailiblement leur effet, une éclipse de lune ou de soleil, par exemple : elles sont aveugles et n’ont rien à voir avec les libres volontés dont dépendent les faits qui constituent l’objet de la véritable prophétie. Les causes morales, comme celles qui engendrent tel changement politique, tel bouleversement dans la société, n'ont pas la précision et l'exactitude de la vraie prophétie. L'assurance bien caractéristique des véritables prophères est ignorée des sociologues et des politiques, si pénétrants et si avisés soient-ils. Aussi bien les causes naturelles, physiques ou morales, des événements, portent toujours en elles un cachet Propre qui les rende facilement connaissables.

3) Quant aux fausses prophéties, elles sont possibles comme les faux miracles. Afin de les discerner des véritables nous n'avons qu’à nous, servir des moyens mis en usage pour faire la distinction entre les vrais et les faux miracles (66).

75. Force probante de la prophétie. — 1) La véritable prophétie ne peut avoir que Dieu pour auteur. Elle est donc une preuve rigoureuse de la divinité de la religion en faveur de laquelle elle est faite ?.

a) La définition de la prophétie démontre sans aucun doute sa causalité divine. Pour prophétiser, en effet,

1.“ Annoncez-nous des choses futures, et nous saurons que vous ètes Dieu” , (Is, 41).

‘Voici deux choses réciproques : s’il y a des prédictions, il a des

dieux ; s’il y a des dieux, il y a des prédictions ” (Cicéron, De divinis Liv. I, C. V.).,

il faut connaître l’avenir d’une façon certaine. Or cette connaissance certaine de l’avenir est le propre de Dieu seul, puisque pour Dieu, tout est présent. D'autre part, l’avenir, objet de la prophétie, est une réalité qui ne peut être connue dans ses causes naturelles, réalité cependant conçue de toute éternité par l'intelligence divine.

b) Les peuples ont toujours admis la causalité divine de la véritable prophétie.

2) Comme pour le miracle, Dieu ne peut pas permettre que de véritables prophéties soient faites en faveur des fausses religions. Ce serait cousacrer officiellement l'erreur, le mensonge et l’imposture.

76. Objections. — I. Pour constater vraiment qu’il y a prophétie, J.-J. Rousseau soutient qu’il faudrait être à la fois témoin de la prédiction et de la réalisation de l’événement. N

Réponse. — Il peut arriver que l’on soit témoin des deux, mais ce n’est pas toujours facile, et d’ailleurs, ce n’est pas nécessaire. Le témoignage historique étant un excellent critère de vérité, voilà pourquoi nous pouvons admettre sans crainte les prophéties prédites et réalisées dans le passé, pourvu, il va sans dire, qu’elles soient entourées de toutes les preuves qui en garantissent l’authenticité.

II. Toutes les religions, les païennes surtout, ont eu leurs prophéties. Elles sont donc toutes divines

Réponse. — 1) Il serait absurde d’identifier les prophéties avec les oracles anciens. Ceux-ci, nous le savons, sont dus aux artifices des devins et ont pour cause l'intervention des démons. Mis au service des passions, ils n’ont pour but que la satisfaction des sens et la poursuite des intérêts temporels. Les divinateurs en effet se plaisent dans l’orgie et les jouissances voluptueuses, ce

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